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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 19 novembre 2005      N° 934
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Elections générales le 7 décembre à Saint Vincent

Le parlement de Saint Vincent et Grenadines a été dissout le 7 novembre par le premier ministre Ralph Gonsalves. Les prochaines élections se tiendront le 7 décembre prochain.
En principe, le scrutin devait se tenir au milieu de l’année 2006, mais le premier ministre a préféré accélérer les choses. Selon l’opposition du New Democratic Party (NDP, nouveau parti démocratique), c’est pour éviter d’avoir à présenter son budget au terme de son mandat que le premier ministre a précipité la date des élections.
Le parti de Gonsalves, l’United Labor Party (ULP, parti travailliste unifié) avait remporté en 2001 douze des quinze sièges du parlement. Auparavant, le NDP (opposition) s’était maintenu au pouvoir pendant 17 ans sur les 26 qui se sont écoulés depuis l’indépendance en 1979.
Un certain nombre de mesures en faveur des travailleurs des services publics, des jeunes et des personnes âgées ont été annoncées par Gonsalves lors de la commémoration de l’indépendance, le 31 octobre. Notamment 4,5% d’augmentation (11,5% en 3 ans) pour les agents de l’Etat. L’opposition a beau jeu d’affirmer qu’il s’agit d’un «paquet-cadeau pré-électoral», d’autant que ces mesures prendront effet à partir de janvier 2006, soit après les élections.
Quoiqu’il en soit, ni le gouvernement actuel, ni l’opposition, qui après 17 ans de pouvoir avait laissé le pays dans une situation critique, ne représentent un véritable espoir pour les travailleurs et les pauvres de Saint-Vincent et Grenadines.



A propos d’un article publié dans le journal “Spark” (USA) du 18 juillet 2005

C’est la découverte en 2002 dans le port de Dunkerque de patates douces contaminées au chlordécone qui avait attiré l’attention sur la présence dans les plantations bananières en Martinique de ce dangereux pesticide pour la santé et l’environnement. Dans le même temps, près de 10 tonnes de curlone un dérivé du chlordécone stockés dans des exploitations agricoles était saisi, alors que ce produit était interdit depuis 1973.
Les dangers de ces pesticides sont connus. Alors qu’ils sont interdits, les entreprises poursuivent leur utilisation dans des régions où leur impunité est garantie comme dans les Caraïbes, en Amérique latine et en Asie (Philippines). Ces entreprises n’agissent pas par erreur, accident ou imprévus. Leurs actions sont des actes criminels programmés pour le maximum de profit.
C’est ce que nous montre l’article «MULTINATIONALES EN LIBERTE. CRIMES AU NICARAGUA» traduit et reproduit ci-dessous du journal «SPARK» sur le drame que vivent près de 5000 ouvriers de la banane du Nicaragua contaminés par un pesticide, le Némagon, face au mépris des multinationales des USA.
«Plusieurs centaines de personnes ont marché sur la capitale, Managua, où ils ont campé en face de l’Assemblée Nationale durant deux mois. Il s’agit des ouvriers des exploitations de banane qui ont été exposés au Némagon, un pesticide connu pour être à l’origine de très graves maladies. Quelques uns de ces ouvriers sont aujourd’hui à l’article de la mort.
Le Némagon a été inventé au milieu des années 1900 aux Etats-Unis. Dow Chimical a fabriqué et commercialisé ce produit qui est utilisé dans diverses entreprises agricoles, dont Standard Fruit Company, Il combat de manière efficace les organismes qui attaquent les racines des plants. Il permet également de produire de grosses bananes. Et il ne coûte pas cher du tout. C’était la concrétisation d’un rêve pour les entreprises dans ce secteur.
Mais depuis 1958, des études effectuées en laboratoire sur des animaux ont montré que le Némagon était toxique. Ces études ne furent pas divulguées. Enfin, en 1975, l’Agence pour la Protection de l’Environnement des Etats Unis déclara que ce produit est la cause de cancers. En 1977, on a constaté que de nombreux ouvriers états-uniens qui avaient participé à la fabrication de cette substance étaient devenus stériles. En 1979, le Némagon fut interdit au Etats Unis.
Pourtant, le Némagon continue d’être utilisé - d’abord au Nicaragua, mais également en Equateur, en Israël, au Burkina Fasso, en Côte d’Ivoire et aux Philippines – et même aux Etats Unis.
Le Némagon est à l’origine de maladies de la peau, de plusieurs organes, de divers cancers et il entraîne à la fois des déficiences mentales et physiques chez les enfants. Ces problèmes sont même transmis aux générations suivantes étant donné que ce poison se fixe dans les cellules reproductrices.
Les entreprises qui fabriquaient et utilisaient ce poison savaient parfaitement ce qu’elles faisaient: elle ont froidement fait le calcul de laisser souffrir et mourir des gens tant que les profits continueraient de couler.
Combien y a-t-il eu de victimes? Des dizaines de milliers sans doute. Rien qu’au Nicaragua, le nombre est estimé à au moins 20000. Le parlement nicaraguayen, sous la coupe les Etats-Unis, n’a rien fait à ce sujet. Il ignore les quelque deux cents personnes atteintes qui campent en face du parlement.
En 2002 un tribunal nicaraguayen a condamné trois entreprises états-uniennes, leur ordonnant de payer plusieurs millions de dollars à quelque 500 ouvriers. Toutefois, ces entreprises n’ont pas payé et n’ont pas l’intention de le faire. Des vies brisées et un environnement atteint pour des centaines d’années: la conséquence de la marche du capitalisme vers le profit.



France
L’exclusion entraîne la violence

Depuis trois semaines, une flambée de violence embrase les banlieues des grandes villes de France. C’est le résultat d’une exclusion qui touche la population de ces zones urbaines et en particulier les jeunes. Les logements, des barres d’immeubles en général immenses et inhumaines, construites il y a 30 ans ou plus, se sont dégradées au fil des années. 717 quartiers de ce type concentrent 4,5 millions d’habitants, pour la plupart des descendants d’immigrés. Le chômage atteint en moyenne 20,7%, le double de la moyenne nationale. Chez les jeunes de 15 à 25 ans, il touche 36% des garçons et 40% des filles. Dans certaines banlieues, le taux de chômage atteint les 40% de la population active. Et pour ceux qui ne sont pas chômeurs, les revenus sont le plus souvent très précaires. Il est difficile de payer des loyers: en 2004, 103 000 jugements d’expulsion ont été prononcés en Seine Saint Denis, d’où est partie la flambée de violence.
Dégradation de l’habitat, absence d’infrastructures de loisir, chômage, à tout cela s’ajoute une école de plus en plus inefficace du fait de l’augmentation du nombre d’élèves par classe, alors que bon nombre d’entre eux sont déjà en grande difficulté. Cela fait des centaines de milliers de jeunes laissés dans la rue, sans perspective, sans travail…il n’y a rien d’étonnant à ce que la violence explose.



Il y a cent ans la révolution russe de 1905 (troisième et dernière partie)

La révolution russe de 1905 a vu pour la première fois dans l’histoire du Mouvement ouvrier apparaître les «soviets» ou «conseils ouvriers» en langue russe. Ils ont été de véritables organes de pouvoir ouvrier, dans les usines, les quartiers, les villes, création des ouvriers eux-mêmes.
Ce troisième article raconte la suite et la fin de la révolution dans sa période insurrectionnelle dans les villes.


Décembre 1905, l’insurrection de Moscou

Les combattants décident la grève politique générale qui sera suivie surtout à Moscou. Dans de nombreuses autres villes c’est également la lutte armée contre la troupe. A Moscou, c’est l’insurrection ; les ouvriers manifestent, érigent des barricades, désarment les policiers. Le gouvernement fait bombarder la ville. Le courage des combattants ouvriers est immense. Ce sont essentiellement des militants sociaux-démocrates (le parti révolutionnaire de l’époque qui donna naissance ensuite au parti bolchévik puis au parti communiste), des cheminots, des ouvriers d’usines. Des soldats se joignent aux manifestants. Mais le gouvernement remplace les troupes qu’il juge «peu sûres» par des renforts extérieurs. L’ordre de massacrer va avoir raison des manifestants. Le gouvernement a voulu non seulement réprimer mais «tirer vengeance des vaincus» (Trotsky). Il impose arrestations, déportations, assassinats des combattants.

1905. La «répétition générale»

En 1905, l’armée essentiellement constituée de paysans, notamment de cosaques, n’était pas gagnée largement à la révolution. Les ouvriers armés se sont heurtés à cette armée là. C’était aussi la preuve que la classe paysanne dans son ensemble n’avait pas été gagnée à la révolution par les ouvriers.
Les ouvriers ont aussi manqué d’un parti ouvrier suffisamment fort, implanté, pouvant constituer une véritable direction révolutionnaire comme le sera le parti bolchévik en 1917. Mais ce dernier en 1905 était encore trop faible, et manquait d’expérience révolutionnaire. Les soviets avaient encore une assise trop restreinte.
Comme le dit Trotsky dans «Bilan et perspectives»: «le prolétariat ne peut accéder au pouvoir qu’en s’appuyant sur un soulèvement national et sur l’enthousiasme national. Le prolétariat entrera au gouvernement comme le représentant révolutionnaire de la nation, comme le dirigeant reconnu de la nation dans la lutte contre l’absolutisme et la barbarie féodale». Ces conditions n’étaient pas remplies en 1905.
Dans les mois et les années qui suivirent la répression fut impitoyable. Des milliers d’ouvriers, de combattants furent fusillés, emprisonnés, déportés. Des centaines de militants bolchéviks furent déportés en Sibérie. Léon Trotsky fut déporté aussi en Sibérie d’où il s’évada quelque temps après.
Mais à travers cette première révolution russe, la classe ouvrière avait pris conscience de sa force. Elle avait appris à s’organiser démocratiquement dans des soviets élus, elle avait acquis la conviction qu’il n’y avait rien à négocier avec le pouvoir tsariste, mais qu’il lui fallait lutter pour prendre le pouvoir. Elle a fait l’expérience de l’insurrection armée.
Pour ces raisons la révolution de 1905 fut pour les révolutionnaires bolchéviks «la répétition générale» avant la révolution victorieuse de 1917. Au cours de cette deuxième révolution, les ouvriers russes surent tirer toutes les conséquences des conditions objectives qui seront alors plus favorables et se doter d’une véritable direction révolutionnaire qui fut le parti bolchévik.



Martinique
DH: Leaderprice Lorrain qui s’y frotte s’y pique!

Vingt quatre heures après la reprise du travail, la direction du Lorrain a voulu faire un petit accroc à l’accord signé concernant l’organisation du travail dans le secteur «téléphonie». En effet, l’accord prévoyait que les cartes recharges pour la téléphonie seraient encaissées par les hôtesses Bouyghes. Mais la direction a voulu que les caissières du magasin soient chargées de ce travail en plus de celui qu’elles ont déjà. Aussitôt, le personnel s’est retrouvé mobilisé et il a arrêté le travail.
Voyant que le personnel avait gardé intacte sa combativité, le directeur a préféré faire marche-arrière. En fin de journée, tout était rentré dans l’ordre.




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