|
Sommaire > Page précédente > Page suivante > Accueil > Archives > e-mail
Page 3
Guadeloupe
Caraïbes Import: la grève se poursuit
La situation est toujours très confuse à Caraïbes Import. Le patron a déposé le bilan, le tribunal a mis l’entreprise en redressement judiciaire et a nommé un administrateur. Il s’agit de celui qui était déjà mandataire ad hoc et qui devait servir de médiateur. Mais les grévistes se rendent compte que l’administrateur fait le jeu du patron et ne cherche pas à trouver une solution au conflit. Il veut décourager les grévistes qui ont débuté leur grève depuis le 25 juillet dernier. Mais ces derniers ont le moral et tiennent bon malgré la pression qui pèse sur eux pour la reprise du travail sans condition.
Le magasin de Jarry est désormais ouvert avec les non grévistes. Il y a encore 17 grévistes qui tiennent leur piquet devant l’entreprise.
Dernièrement les grévistes ont reçu une lettre du patron les sommant de reprendre le travail sous délai de 24 heures sinon ils seront tous licenciés. Pourtant le licenciement d’un salarié en grève est interdit en principe, mais c’est une façon de faire pression sur les grévistes. Lundi 21 novembre, l’administrateur a reçu les grévistes et le jeudi 25 il a participé à une réunion du Comité d’Entreprise. Aucun accord n’a pour l’instant été signé. Les grévistes sont dans l’attente d’une rencontre avec l’administrateur. Ils sont toujours déterminés et ne veulent pas reprendre le travail sans un accord signé avec la direction.
Guadeloupe
DANONE: début des négociations
Le directeur de Danone a dû avaler son arrogance coutumière et s’asseoir à la table des négociations avec les travailleurs et leur syndicat UGTG. Ce monsieur Delavigne discute depuis mercredi des revendications des ouvriers et des chauffeurs. On note quelques avancées, mais pas d’accord sur la principale revendication des grévistes: les augmentations de salaires. Depuis 5 mois ce monsieur refusait de concevoir que «ses» salariés puissent avoir environ 4% d’augmentation de salaire pour les chauffeurs et 7% pour les ouvriers. Aujourd’hui il a fait l’effort de négocier, il poursuivra ses efforts pour accepter ces augmentations. Il devra avaler toute sa morgue et respecter ses travailleurs.
Grève des personnels enseignants
Diverses organisations syndicales comme la CGT, la FSU ou l’UNSA avaient appelé à un mouvement de grève national le 24 novembre. En Martinique, en Guadeloupe le mot d’ordre avait été repris car les raisons qui le motivaient concernaient également les personnels locaux.
Les syndicats réclamaient entre autres, le retrait de la loi Fillon dans l’Education et particulièrement des mesures sur le remplacement des absences de courte durée des enseignants, l’augmentation des salaires dans la fonction publique, l’arrêt des suppressions de postes.
En Martinique, les organisations syndicales avaient donné rendez vous aux personnels à Terreville pour exprimer les raisons de leur mécontentement au recteur.
Guadeloupe
Les actions de soutien à Fritz et Mathias Mathiasin et à la famille Baudoin
Le comité contre le racisme et l’humiliation (comité de soutien à MM Lefort, Baudoin, Mathiasin, Caroupanin) a organisé plusieurs actions dans le but de soutenir Fritz et Mathias Mathiasin dans leur plainte contre les violences absolument injustifiées qu’ils ont subies de la part des gendarmes. De même le comité a aussi soutenu la famille Baudoin pour les mêmes raisons.
La plainte des Mathiasin contre les gendarmes devait être examinée en audience publique le 1er décembre dernier.
Le comité a tenu une conférence de presse le samedi 26 novembre à la salle Rémy Nainsouta à 10H30, une réunion publique d’information le lundi 28 novembre, et a appelé la population à venir soutenir la famille Baudoin au tribunal de Pointe à Pitre mardi 29 novembre et Fritz et Mathias Mathiasin devant le tribunal de Pointe à Pitre le jeudi 1er décembre.
Martinique
EDF. Après 6 jours de grève, la direction revoit sa copie
Après avoir «tiré la sonnette d’alarme» sur les conditions dans lesquelles était assuré la distribution de l’électricité en Martinique, les agents d’EDF ont observé une grève du vendredi 18 au mercredi 23 novembre.
Dans les agences et sur les différents sites, la mobilisation était importante. Les revendications mises en avant par les électriciens et leur syndicat SEM-CGTM concernaient la dégradation des conditions de production de l’électricité et aussi de sa distribution. Le prétexte pris fut le retard sur les réparations sur les groupes de l’usine de Bellefontaine. La direction en profitait pour revenir sur les conditions de travail de certaines catégories du personnel au lieu d’embaucher du personnel supplémentaire. De même sur le réseau de distribution de l’électricité, elle entendait procéder à des regroupements de sites (Schoelcher-Fort-de-France et Lamentin) en diminuant le personnel. Durant les négociations, la tension est montée plus d’une fois entre direction et délégation syndicale. Les électriciens ont exprimé leur ras-le-bol face à une direction qui voulait leur faire «prendre des vessies pour des lanternes». Des baisses de courant allant de 10 à 50% ont été observées sur le réseau, touchant en particulier les zones commerciales et industrielles.
Le mercredi 23 novembre, la grève était arrêtée. La direction avait accepté de créer 10 postes pour permettre de démarrer les réparations des moteurs de l’usine de Bellefontaine et de revoir la réorganisation du réseau en mettant en place un groupe de travail entre employés et direction.
Les agents d’EDF ont obtenu satisfaction obligeant leur direction «new look» - façon entreprise privatisée -, à revoir sa copie. En effet, il n’était pas question pour eux d’être les premières victimes de la privatisation de leur entreprise avec son cortège de mesures contre les salariés pour augmenter la rentabilité et le profit. Ce faisant, ils se sentent désormais mieux soudés pour ne pas laisser la direction agir à sa guise dans l’avenir.
Martinique
Succès de la grève des municipaux du Robert
Après deux jours de grève, les ouvriers et employés municipaux du Robert ont fait céder le maire Alfred Monthieux.
Pourtant aux dires de celui-ci l’affaire n’était pas gagnée d’avance. Il est vrai que Monthieux est connu pour son arrogance lorsqu’il se trouve face à des salariés en lutte. De plus il a la fâcheuse réputation de ne pas respecter les accords qu’il signe avec les syndicats. C’est donc avec cet élu très spécial que les ouvriers et les employés ont croisé le fer, montant au créneau contre les emplois précaires qui font florès dans cette commune. Il faut dire qu’au Robert sur 600 employés, 277 sont des employés non titulaires. De plus la gestion municipale n’est pas des plus brillantes puisque les finances de la ville sont pointées au rouge par les services de la commission de contrôle.
Mais tout ce climat autour de la gestion municipale relève d’une politique clientéliste que pratique le maire du Robert, comme ceux d’autres communes, et qui a pour conséquence de faire des travailleurs des « boys à tout faire » qui ne peuvent s’offrir le luxe de protester du fait même de la fragilité de leur contrat de travail.
Mais avec le temps, le sentiment de colère a fait son petit bout de chemin et les salariés ont décidé de bloquer le fonctionnement de la Municipalité et de ses services. C’est ainsi que durant ces 48 heures de mobilisation, les 17 et 18 novembre, la mairie, les services techniques, la cantine, même la crèche étaient tous à l’arrêt. C’est sans doute cette paralysie intégrale qui dut convaincre Alfred Monthieux qu’il valait mieux aboutir au plus vite à un protocole d’accord de fin de conflit. Ce fut fait le 18 novembre sur la base d’un premier accord concernant la titularisation de 13 agents pour l’année 2005.
Ensuite, de 7 titularisations en juillet 2006. Et de 6 autres en octobre 2006. Un second point du protocole intitulé: «reclassement des agents» envisage la prise en compte des diplômes des agents pour revoir leur cadre d’emploi. D’autres pourront faire valoir la validation de leurs acquis.
Un dernier point envisage d’organiser de la manière la plus favorable le départ en retraite des agents âgés de plus de 50 ans.
Une fois de plus la démonstration a été faite par les ouvriers et employés municipaux, aidés en cela par le syndicat CGTM-SOEM, que seule la détermination dans la lutte produit des résultats.
Martinique
HÔPITAUX: un premier geste du pouvoir, mais insuffisant
Samedi 26 novembre le directeur de l’Agence Régionale de l’Hospitalisation (ARH) a fait connaître le résultat de la mission d’experts envoyée par le ministère de la Santé pour expertiser les besoins urgents des hôpitaux en Martinique.
12,5 millions d’euros, c’est le montant minimum estimé par la délégation du Rassemblement pour la défense de l’hôpital public qui permettrait aux hôpitaux de boucler leurs budgets. Le ministère serait prêt à verser un peu plus de 10 millions d’euros. Comment seront financés les 2 millions restants? Sur quoi seront faites les coupes sombres pratiquées à cause du manque d’argent?
Les syndicats des salariés de la Santé, le syndicat des médecins, le syndicat national des cadres hospitaliers et l’union hospitalière des directeurs d’hôpitaux qui constituent le Rassemblement pour la défense de l’hôpital public, se posent nécessairement la question.
Après la grande mobilisation du 17 novembre et après les premières rencontres avec l’ARH, la CGTM-Santé appelait à «continuer la mobilisation pour arracher les moyens».
Il ne fallait pas que les propos rassurants des autorités soient utilisés pour calmer le mécontentement qui s’était largement exprimé le 17 novembre et que les demandes restent insatisfaites. En effet, pour permettre un fonctionnement des hôpitaux dans des conditions correctes, le Rassemblement avait évalué dans un premier temps les besoins à 66 millions d’euros.
Le jeudi 17 novembre dernier donc était jour de grève générale dans les hôpitaux de Martinique. Ce jour là, près d’un millier de salariés des hôpitaux ont manifesté dans les rues de Fort de France à l’appel du Rassemblement. La manifestation était très dynamique. Plusieurs prises de paroles ont été faites. Les différents représentants ont informé la population des menaces qui planent sur les hôpitaux et sur les salariés renforcées par l’application de la dernière réforme sur la tarification à l’activité.
Cette journée avait été précédée de mobilisations ou de journées de grève au CH de Trinité, au CHG du Lamentin et au CHU de Fort de France.
C’est suite à cette mobilisation importante que le gouvernement a fait un premier pas et a accepté d’accorder un budget complémentaire. Aujourd’hui il annonce que chacun des hôpitaux bénéficiera de mesures d’accompagnement pendant 18 mois pour faire face à l’application de la nouvelle tarification à l’activité. Mais le compte n’y est pas encore et il convient de rester mobilisé pour obtenir ce qui est vraiment nécessaire au bon fonctionnement des hôpitaux.
Surinam
Trente ans d’indépendance: trente ans d’instabilité
Le 25 novembre dernier le Surinam, Guyane hollandaise célébrait son indépendance. C’est en effet le 25 novembre 1975 que la Hollande signa l’indépendance de son ex-colonie le Surinam. Peu avant, les grèves s’étaient multipliées dans la colonie pour de meilleures conditions de vie et plus d’autonomie. La grève des enseignants en 1969, la grève générale de février-mars 1973 comptent parmi les plus importants événements précédant l’indépendance. Nombre de Surinamiens munis d’un passeport hollandais, poussés par la misère avaient émigré vers la métropole à la recherche de travail.
L’augmentation de leur nombre ne fut pas sans causer quelques problèmes raciaux et sociaux en Hollande même. Les politiciens de la bourgeoisie hollandaise décidèrent donc de ne pas assumer eux mêmes la répression des mouvements sociaux qui se développaient au Surinam. En accordant l’indépendance à sa colonie ils s’arrangèrent pour que, à la tête du nouvel Etat, se trouvent des hommes aptes à réprimer la population et aussi à protéger les plantations et les intérêts hollandais sur place. L’armée surinamienne fit le sale boulot et finit par s’emparer du pouvoir en 1980 avec le lieutenant-colonel Desi Bouterse. Une dictature militaire sans fard s’installa. Dès lors la répression et les coups d’Etat se multiplièrent ainsi qu’une guérilla au sud et à l’est du pays. L’armée répondit par des raids punitifs contre la population. Fuyant la pénurie alimentaire et les exécutions sommaires, des milliers de Surinamiens se réfugièrent en Guyane «française» de l’autre coté du fleuve Maroni.
Aujourd’hui un calme précaire est revenu. Le nouveau président, Ronald Venetiaan, imposé en 1991 par les pressions exercées par les USA, la France, le Brésil et la Hollande tente de maintenir un semblant de démocratie dans un pays pauvre et ruiné par le colonialisme. Quant aux classes dirigeantes autochtones, en pillant les travailleurs et les pauvres et les années de guerre civile, elles ont fini le travail de sape de ce pays brisé.
|