|
Sommaire > Page précédente > Page suivante > Accueil > Archives > e-mail
Page 2
EDF: 6 000 agents en moins dans deux ans
Trois semaines après l’introduction en bourse des titres EDF, ses dirigeants annoncent à grand renfort de publicité la suppression de 6 000 postes dans les deux ans à venir. C’est une technique des plus courantes. La valeur des titres n’arrive pas à décoller. Introduits à 32 euros le 23 novembre, ils coûtent moins actuellement. Donc pour les booster, on annonce un plan d’économie sur le dos des travailleurs. On annonce qu’on fera des économies sur la masse salariale. Entre 2005 et 2007 c’est 1,5 milliards d’euros d’économie qu’ils pensent faire sur les salaires. La direction d’EDF se propose donc au cours de ces deux ans de remplacer un départ à la retraite sur 3 voir sur 4. Moins de personnel, pour plus de travail, c’est une aggravation des conditions de travail qui attend ceux qui auront la chance de conserver leurs emploi. Ce plan de diminution du personnel, la direction d’EDF l’appelle «ALTITUDE». Elle a commencé son application depuis deux ans. Il a permis déjà la suppression de 3300 postes. Devant l’échec de l’introduction en bourse des titres, la direction n’a fait qu’accélérer et amplifier le mouvement et lui donner une plus grande publicité. Le Premier ministre, de Villepin pour justifier cette politique anti-ouvrière d’EDF dit «Altitude fait partie des exigences du monde d’aujourd’hui, de s’adapter, de gérer». Lui et ses copains directeurs d’EDF pensent le faire sur le dos des agents. Mais rien ne dit que ces derniers se laisseront dépouiller sans rien faire.
Guadeloupe
Les affaires Baudoin et Mathiasin ont été renvoyées
Le mardi 29 novembre, Christophe Baudoin était convoqué au tribunal de Pointe-à-Pitre pour détention d’arme. C’est suite à une perquisition qui a eu lieu chez ses parents à Grande Savane Petit Bourg, le 13 juin, que les gendarmes avaient saisi une arme en mauvais état et rouillée, inutilisable, que ce jeune s’est trouvé interpellé. La perquisition s’était déroulée dans des conditions violentes. M. et Mme Baudoin ont été réveillés brutalement, brutalisés. Leurs portes d’entrée ont été défoncées ainsi que des meubles. L’un des fils Gervais a été réprimé violemment et a eu des dents cassées.
Il a porté plainte. Aucun mandat de perquisition n ‘a été fourni aux propriétaires des lieux. Apparemment il n’y avait aucune situation dangereuse pouvant menacer la vie d’autrui qui justifiait une telle violence de la part des forces de gendarmerie. Cette affaire rappelle celle des Caroupanin qui s’est déroulée à Saint-François le 13 septembre. Dans cette affaire le procureur de la République a déclaré qu’il s'agissait d’une bavure mais le mal avait déjà été fait.
L’avocat de Christophe Baudoin étant absent, il a demandé le renvoi de l’affaire en 2006.
Fritz et Mathias Mathiasin étaient convoqués au tribunal de Pointe-à-Pitre le jeudi 1er décembre. Pour des raisons de procédure l’affaire n’a pas eu lieu. L’avocat de la défense a dû porter plainte avec constitution de partie civile. L’affaire doit être reconsidérée par les juges.
Au cours de ces deux affaires, des membres du Comité contre le racisme et l’humiliation se sont mobilisés devant le tribunal pour soutenir ceux qui étaient convoqués devant la justice. Le comité demeure vigilant y compris en ce qui concerne les procédures car la justice peut utiliser tous les moyens pour décourager les victimes et justifier l’intervention des forces de gendarmerie qui sont dirigées par toute une hiérarchie contrôlée par l’état. Le citoyen n’a pas toujours raison face à une hiérarchie représentant les forces de l’ordre. Il est très rare que celles-ci soient condamnées. Mais le comité contre le racisme et l’humiliation est prêt à aller jusqu’au bout non seulement sur le plan juridique mais également en continuant la mobilisation au sein de la population.
Guadeloupe
Un militant du parti communiste devant les tribunaux
Claude Arékian est un militant du Parti Communiste depuis de nombreuses années. Il est actuellement poursuivi devant les tribunaux pour «incitation à la haine raciale, discrimination». Le procureur lui reproche d’avoir dans le journal local de la section de Ste Anne, «Echanges» demandé aux Saintannais de «reconquérir leur place, toute leur place dans les activités commerciales qui se déroulent chez eux». Il fait le constat que la plage serait occupée par des «allogènes». C’est l’utilisation de ce terme qui lui est reproché.
Dans un meeting tenu le 29 novembre sur la plage de Galbas à Ste Anne, de nombreux militants, sympathisants et militants de d’autres partis, dont Combat Ouvrier, ont apporté leur total soutien à Claude Arékian. Il s’agit bien dans cette affaire de liberté d’opinion et de presse.
L’affaire devait passer le 8 décembre au tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre. Mais finalement elle a été reportée à la demande des avocats de Claude Arékian. L’affaire repassera donc le 2 mars 2006 et sera plaidée sur le fond.
On peut être surpris par le zèle de la justice, qui ne bouge pas lorsque certains sur leur radio ou télé déversent toutes sortes d’insanités sur les immigrés et en particulier les Haïtiens. Là c’est l’impunité totale. Mais dès qu’il y a un soupçon d’attaque écrite ou verbale contre des propriétaires blancs ou des gendarmes… Désigner les Blancs ou tous autres récents arrivés en Guadeloupe d’allogènes n’a rien de raciste! Il suffit de vérifier dans différents dictionnaires de langue française pour le savoir!
Le comité contre le racisme et l’humiliation poursuit la mobilisation
Le comité contre le racisme et l’humiliation créé suite à l’affaire Lefort n’a cessé de dénoncer les violences policières dont sont victimes de simples citoyens.
Après l’affaire Lefort, dont personne n’ignore aujourd’hui l’existence, d’autres faits similaires ont été signalés au comité: les affaires Baudoin, Mathiasin, Caroupanin. Le comité a mené toute une campagne dans les communes de la Guadeloupe. Plusieurs milliers de tracts ont été diffusés dans la population. La presse en a été informée. Lors de l’affaire Lefort, une mobilisation a été faite devant le tribunal de Basse-Terre. M. Lefort devait se présenter devant les juges suite à une plainte déposée contre lui par M. Babin, le voisin propriétaire du chien qui importunait M. Lefort. Ce voisin avait fait intervenir ses amis gendarmes de Basse-Terre qui ont fait subir à cet homme de 83 ans les pires violences et humiliations. Grâce à la mobilisation du comité la justice a annulé l’affaire en considérant l’irrégularité de la procédure. M. Lefort a porté plainte contre les gendarmes qui lui ont fait subir des violences. Il a déjà été entendu par le juge et l’affaire est en cours.
Depuis lors plusieurs victimes ont rejoint le comité. A la veille des procès de Christophe Baudoin et des Mathiasin, le comité a organisé un meeting le mercredi 30 novembre à la salle Rémy Nainsouta. De nombreuses personnes étaient présentes, entre autres plusieurs personnes qui sont venues témoigner pour des violences policières dont elles ont été victimes. Un jeune de Port-Louis a témoigné comment lors d’un contrôle il a été bousculé alors qu’il avait signalé qu’il était malade et qu’il avait des troubles respiratoires. Il a eu un malaise au cours de sa garde-à- vue et a été transporté au CHU. Ramené en garde-à-vue il a eu un deuxième malaise et fut transporté une deuxième fois au CHU. Ce jeune était tellement bouleversé en racontant les faits qu’il a eu un malaise dans le meeting. Une autre victime a témoigné comment il a été sauvagement battu, menotté, presque étranglé par des gendarmes de la région du Gosier. Il revenait de la pêche à 4 heures du matin. Malgré ses protestations, en indiquant qu’il avait ses papiers dans la voiture, les gendarmes ont continué à le brutaliser. Finalement ils ont reconnu qu’il s’agissait d’une bavure. Cette victime qui est un agent de l’éducation nationale avait été prise pour un Haïtien! D’autres personnes ont témoigné. Les faits sont les mêmes: violences des forces de police et de gendarmerie. Erreur sur l’identité des personnes recherchées, tentative des forces de l’ordre et de leur hiérarchie d’étouffer l’affaire.
Toutes ces victimes ont compris qu’elles ne devaient pas rester isolées. Elles sont de plus en plus nombreuses aux réunions qui se déroulent tous les lundis soir chez Madly Lefort à Petit Bourg.
C’est aussi le comité qui a été à l’initiative de la rencontre entre plusieurs organisations syndicales et politiques. C’est à cette occasion que ces organisations ont décidé de se mobiliser quand elles ont appris l’arrivée de Sarkosy.
Comité contre le racisme et l’humiliation (soutien à M Lefort, F et M Mathiasin, Baudoin, Caroupanin.) 20 rue Alexandre Isaac. 97170 Petit Bourg. Guadeloupe. Tel 0590.95.71.65 0690.42.45.62. Réunion ouverte à tous, tous les lundis à 18H30
Le rapport des “RG” sur les événements des banlieues
Le rapport des Renseignements généraux (RG) sur la révolte des banlieues en France est édifiant et démonte bien des affirmations gratuites ou mensongères des politiciens de droite particulièrement et de quelques prétendus intellectuels qui ne ratent jamais une occasion d’apporter leur pierre aux réactionnaires (ex: Carrère d’Encausse).
Le rapport déclare que «les islamistes n’ont joué aucun rôle dans le déclenchement des violences et dans leur expansion». Il ajoute: «les jeunes des quartiers sensibles se sentent pénalisés par leur pauvreté, la couleur de leur peau et leurs noms». Il souligne «l’absence de perspective dans la société française» et encore que: «la France a connu une forme d’insurrection non organisée avec l’émergence dans le temps et l’espace d’une révolte populaire des cités sans leader et sans proposition de programme».
«Aucune solidarité n’a été observée entre les cités…» «aucune manipulation n’a été décelée permettant d’accréditer la thèse d’un soulèvement généralisé et organisé».
Les propres services de renseignements du ministre de l’intérieur, Sarkozy, démentent donc de fait un certain nombre de déclarations de certains dirigeants politiques dont Sarkozy lui-même, tendant à faire croire à un quelconque complot et autre manipulation occulte.
Le rapport cible clairement la cause du mal: la désespérance, la pauvreté, les discriminations raciales. Et pour conclure les policiers eux-mêmes écrivent: «les jeunes des cités étaient habités d’un fort sentiment identitaire ne reposant pas uniquement sur leur origine ethnique ou géographique mais sur leur condition sociale d’exclus de la société française... Tout s’est passé comme si la confiance envers les institutions, mais aussi le secteur privé, source de convoitises, d’emplois et d’intégration économique, avait été perdue.» Les «RG» parlent de «ghettos urbains à caractère ethnique » avant de conclure définitivement: «il est à craindre désormais que tout nouvel incident fortuit (décès d’un jeune) provoque une nouvelle flambée de violences généralisées.» On savait déjà tout cela. Mais voilà que le rapport très politique des «RG», officine la plus liée au pouvoir, s’appuyant sur les faits, révèle la crue réalité.
Lionnel luca ou Dupont la joie!
Suite aux manifestations contre la loi du 23 février 2005 sur le rôle positif de la présence française outre-mer, Lionnel Luca, député UMP des Alpes maritimes, a fait la déclaration suivante: «Ceux qui aux Antilles font toute sorte d’amalgames avec l’esclavage ne crachent pas sur le RMI des anciens colonisateurs».
Voilà des paroles qui sortent périodiquement de la bouche de certains politiciens. Elles suent le racisme et le mépris colonial autant que la bêtise ordinaire. Elles sont aussi particulièrement méprisantes envers les pauvres tout simplement. Ce sont ces mêmes députés qui estiment que les travailleurs français seraient des fainéants, bénéficiant de trop de temps libre avec les 35 h, etc. Apparemment, la révolte des banlieues ne leur suffit pas! Au contraire ils en rajoutent. Jusqu’au jour où les pauvres et les opprimés leur feront rentrer leurs propos dans la gorge!
Les majorations de retraite de fonctionnaires mises en question
Le rapporteur de la commission des affaires sociales au Sénat a proposé un amendement visant à modifier les conditions d’attribution des pensions de retraite des fonctionnaires d’Outre Mer. Dans certains DOM (Réunion, St Pierre et Miquelon, Wallis et Futuna, Mayotte, Polynésie française, Nouvelle Calédonie), les fonctionnaires retraités touchent effectivement une majoration de leur retraite de base. L’amendement proposait de la réduire à 20%. Il a été rejeté, suite à l’opposition des parlementaires des DOM. Cet épisode témoigne cependant de la volonté persistante du gouvernement de s’en prendre aux majorations de traitement des fonctionnaires.
Martinique
La loi de février 2005: certains politiciens locaux sortent de leur quiétude
Le refus de la droite française d’accéder à la demande des socialistes français d’abroger l’article 4 de la loi de février vantant les bienfaits de la colonisation a été l’occasion pour de nombreuses organisations politiques locales de se précipiter sur radios, télévisions et presse écrite. Et pourtant cette loi et l’article contesté ont été votés en février, c’est-à-dire il y a dix mois et il aura fallu attendre l’intervention du Parti socialiste français pour que les politiciens locaux réagissent.
Dans l’affaire, de nombreux politiciens vont saisir l’occasion pour se faire voir, histoire, peut être de faire oublier leur absence et leur passivité durant tous ces derniers mois fertiles en attaques contre la population laborieuse.
La prise de position d’Aimé Césaire signifiant publiquement son refus de recevoir le ministre de l’Intérieur a évidemment donné plus de force au mouvement de protestation. En quelques heures, les grandes organisations politiques, MIM ou PPM notamment, mettaient dans la rue entre 100 et 200 personnes derrière leurs banderoles.
Les travailleurs n’ont pas l’habitude de les voir réagir aussi rapidement quand eux salariés sont directement attaqués!
|