logo COMBAT OUVRIER
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 17 décembre 2005      N° 936
Sommaire > Page précédente > Page suivante > Accueil > Archives > e-mail 


Page 3


ÉCHOS DES ENTREPRISES

Guadeloupe
Fin de la grève à Caraïbes Import

Après 4 mois de grève, un accord a été finalement signé le 30 novembre dernier entre les grévistes et la direction de l’entreprise. L’accord stipule que l’employeur doit verser une indemnité de reprise du travail de 2500 € net aux grévistes. D’autre part le problème concernant les congés d’un salarié est réglé et aucune procédure disciplinaire ne sera lancée à son encontre. L’accord prévoit également l’arrêt de la procédure de licenciement concernant un autre salarié, le retrait d’une plainte pour dégradation pour un autre et l’arrêt de la procédure disciplinaire. C’est donc un accord satisfaisant pour les grévistes et le travail devait reprendre le lundi 5 décembre.
Les salariés ont eu la surprise à leur reprise de voir les employés non grévistes manifester contre eux à l’appel de la direction. Cette dernière conteste l’accord signé au motif qu’il l’aurait été sous la contrainte. Les salariés disent que durant toute la négociation les gendarmes étaient présents et le directeur, M. Edouard avait son avocat avec lui. S’il y avait eu contrainte, les gendarmes seraient intervenus et cela n’a pas été le cas.
Les grévistes ont quand même repris le travail, mais la direction de l’entreprise refuse de respecter l’accord et de payer l’indemnité de 2500 €. Pour le moment les grévistes envisagent de porter l’affaire aux Prud’hommes.
Il n’empêche que les grévistes ont repris le travail la tête haute et avec le moral.



Guadeloupe
Extraits du bulletin “écho des Télécom”

PROGRES A RECULONS
Avec la fiche de paye, chacun a reçu une note d’information qui nous apprenait que nous n’avions plus les services bancaires gratuits par la poste. Il semble que cela constituait un avantage en nature qui doit être soumis à la déclaration d’impôt. L’égalité et le progrès ce n’est pas de nous faire payer, c’est la gratuité pour tous.

A CAPITALISTE, CAPITALISTE ET DEMI!
France Télécom s’est vu infliger une amende de 80 millions d’euros pour abus de position dominante sur le marché de l’ADSL. C’est la sanction la plus lourde jamais décidée par le conseil de la concurrence. Dans un communiqué, ce conseil a estimé que FT avait fermé à ses concurrents, jusqu’en octobre 2002, l’accès au marché de gros de l’Internet haut débit par ADSL. Les dirigeants de FT ont trouvé des gens plus soucieux qu’eux du respect des lois du capitalisme.

A FONDS PERDUS
Ces 80 millions d’euros auraient pourtant bien fait notre affaire en terme d’augmentations de salaire. Mais FT préfère prendre le risque de perdre 80 millions d’euros encore une fois en opérations douteuses et à hauts risques plutôt que d’augmenter notre pouvoir d’achat.



Guadeloupe
Extrait du bulletin “écho de l’ANPE”

PAYEZ NOUS NOS FRAIS DE DEPLACEMENT! C’est toute une histoire pour nous faire payer nos frais de déplacements. Alors que nous engageons l’argent d’avance, et que nous usons nos voitures, il n’y a jamais d’argent disponible pour nous payer les frais lorsque nous avons le temps de les entrer en machine.
Faudra-t-il que nous soyons plusieurs à secouer nos chefs pour que l’argent que nous avons déjà avancé soit débloqué régulièrement et rapidement lorsque nous le réclamons?



Guadeloupe
Extraits du bulletin “écho de l’Aéroport”

LA C.C.I. NE RESPECTE PAS L’HYGIÈNE
La C.C.I. demande aux agents de PRONET chargés de nettoyer les toilettes côté piste, de faire la vaisselle au salon où elle reçoit ses invités de marque. Les hôtesses ne font plus la vaisselle.
Mais les agents chargés de la piste aimeraient qu’au moins on fournisse des blouses et du matériel différents pour le salon.

LES TOUR-OPERATEURS METTENT LA PRESSION
Il n’y a pas de petits profits. Les hôtesses des tour-opérateurs à Pôle Caraïbes seront « déchargées » des groupes de moins de six personnes. Ce sont les chauffeurs de taxi qui accueilleront les plus petits groupes.
On peut se poser des questions sur les risques de dégradation du service. Lorsqu’il y aura des difficultés (touristes en retard ou absents) que se passera-t-il?
Les chauffeurs de taxi perdront-ils leur temps à attendre, comme le font les hôtesses?
En attendant, ces dernières qui sont payées à l’heure risquent de voir fondre leur paie.



Martinique
Au CSRM, les salariés font reculer leur direction par la lutte

Après 10 jours de grève, les éducateurs et les employés du CSRM (Centre de Soins et réinsertion de la Martinique) ont fait reculer leur direction.
Le CSRM est composé de 10 éducateurs, un administratif, un intendant et un coordinateur, et sa gestion est assurée par le CHU de Fort de France (Centre Hospitalier Universitaire). Il est financé par l’Etat et la DSDS (Direction Sanitaire Départementale de Santé). Ce centre créé il y a 10 ans, a pour objectif d’accompagner des toxicomanes et réaliser avec eux un programme qui consiste à les éloigner du milieu de consommation. C’est donc tout un projet thérapeutique et éducatif qui est mis en place dans le domaine cognitif et comportemental, en vue de les réinsérer dans la société.
Cette fonction demande aux éducateurs de porter une attention particulière à des individus de tout âge qui ont été tout d’abord des chômeurs, marginalisés et rejetés, dans une société où le profit prime.
Depuis des années, le personnel a été embauché avec des contrats précaires, des conditions de travail difficiles et des salaires très bas. Entre 1996 et 2000, les éducateurs n’ont pas vu leur salaire augmenté d’un iota. En 2000, il a fallu qu’ils fassent une première action auprès de leur direction pour voir celle-ci leur accorder une prime de fin d’année équivalente à 55 % de leur salaire mensuel.
Cette fois-ci, ce qui a fait déborder le vase, c’est le refus systématique de la direction de prendre en compte leurs revendications concernant notamment la prise en compte de leur statut et leur titularisation, leur intégration à l’effectif du CHU avec les avantages qui en découlent et l’amélioration des conditions de travail par des embauches supplémentaires.
C’est alors que l’ensemble du personnel s’est mis en grève illimitée à partir du 30 novembre jusqu’à satisfaction.
Devant la détermination des grévistes et ce malgré les différentes pressions exercées par la direction sur eux, cette dernière a été obligée de faire une première fois machine arrière.
Dans une soi-disant proposition écrite le 8 décembre on pouvait lire par exemple: «La direction porte une attention particulière aux revendications» ou encore «a pris note de… ou la possibilité d’intégration de 3,5 contractuels etc.». Bref rien de concret qui satisfasse les grévistes.
Mais, les grévistes ne se sont pas laissés lanterner par ces paroles creuses. Ils sont restés sur leur piquet de grève et en assemblée générale, ils ont décidé d’exiger que toutes leurs revendications soient revues à la loupe lors de la négociation, ce qui fut fait. C’est ainsi qu’un protocole de fin de conflit a été signé et la direction s’est engagée à
- établir un planning de titularisation pour les plus anciens entre le 1er janvier à juin 2006;
- une deuxième phase de titularisation pour le reste du personnel entre juin et décembre 2006, avec la prise en compte de tout le personnel comme salarié du CHU;
- un congé de détente tous les 3 mois, qui ne soit ni fractionné ni réparti, c’est à dire de 6 jours plus les samedis et dimanches.
Elle s’est engagée également à négocier avec la DSDS pour l’embauche de 5 postes: 3 éducateurs, 1 infirmière, 1 poste d’agent hospitalier et pour obtenir une prime de risque pour tout le monde.
Grâce à leur détermination, et la tête haute, les éducateurs et l’ensemble du personnel ont montré que seule la lutte paie.



Martinique
Agriculture: un patron qui a dû ravaler son mépris

Il y a une dizaine de jours sur une habitation du Lorrain, les ouvriers agricoles, pour la plus part des jeunes, se sont mis en colère en se mobilisant contre l’attitude arrogante de leur patron Philippe De Reynal. Ce dernier a toujours refusé de leur payer les heures supplémentaires effectuées, et ce malgré plusieurs réclamations faites par eux.
Ce qui a fait débordée le vase, c’est la réponse faite par cet exploiteur à des ouvriers. Lors d’une réclamation, il ne s’est pas gêné pour leur dire que dans son entreprise, il ne paie pas les heures supplémentaires effectuées. Une telle réponse a fait réagir l’ensemble des ouvriers. Ils ont décidé d’arrêter le travail sur le champ, d’aller trouver le patron dans son bureau et d’attendre ainsi jusqu’à ce qu’il s’engage par écrit à payer toutes les heures effectuées par les ouvriers depuis plusieurs mois.
Les patrons de la banane croient qu’ils peuvent se permettre de faire la pluie et le beau temps tout en amassant du profit sur le dos des ouvriers sans réactions de leur part. Des fois, heureusement, ils glissent sur une peau de banane et cela a été le cas sur cette habitation.



Grève des employés communaux de Sainte-Rose

Le personnel communal de Sainte-Rose affilié à la CGTG est en grève depuis le 29 novembre dernier. Les revendications portent sur l’application de la loi de 1984 en ce qui concerne la notation, l’harmonisation du volume d’heures, la formation, etc. Comme dans beaucoup de communes, les maires n’appliquent toujours pas une loi votée en 1984 et cela pénalise les agents sur le déroulement de leur carrière et sur leur rémunération.
Il y a un an les agents avaient déjà fait grève pour le même motif et un relevé de décisions avait été signé avec le maire. Ce dernier n’a jamais respecté ce relevé de décisions et ne cesse de harceler ceux qui ont participé activement à la grève.
Actuellement, la Cuisine Centrale ne peut fonctionner car 100 % du personnel est en grève. La grève est bien suivie dans l’ensemble. Mais le maire, R.Yacou, a déclaré sur les ondes qu’il n’avait pas reçu de préavis de grève ni de revendications. Il traite les grévistes par le mépris.
Le 5 décembre, il a assigné 7 grévistes au tribunal par un référé d’heure en heure pour entrave. Le juge a ordonné aux grévistes de libérer les bâtiments communaux sous astreinte de 1500 € par jour de retard. Une façon de les démobiliser et parallèlement le maire devait les recevoir pour négocier. Le mardi 6 décembre il a fait un simulacre de négociation et n’a cessé de répéter aux agents en grève: «je n’ai rien à vous proposer, rien à vous dire».
Mais ces derniers ont appelé la population à un meeting le vendredi 9 décembre sur le piquet de grève. Ce meeting a rassemblé plus de 150 personnes ce qui était un vrai succès. La population a pu ainsi comprendre les motifs de la grève. Les grévistes ont d’ailleurs distribué des documents prouvant qu’ils avaient déposé leur préavis de grève et une copie du relevé de décisions suite à la dernière grève. Ils ont expliqué pourquoi la cantine était fermée, ce qui n’était pas de leur fait, mais la conséquence de l’entêtement du maire à ne pas négocier.
Il est difficile de comprendre l’attitude d’un maire qui est par ailleurs fonctionnaire de l’Education Nationale. Pour lui le déroulement de sa carrière se fait normalement, mais il refuse d’accorder aux employés communaux l’application d’une loi votée au parlement. Il lèse des agents qui risquent de partir à la retraite avec une pension misérable car ils sont restés bloqués pratiquement au même échelon sans évolution.
La population de Ste Rose doit comprendre les grévistes et les soutenir. Elle doit demander des comptes au maire qui veut faire durer inutilement la grève en pénalisant les enfants de la commune qui se retrouvent sans cantine.



Morne-à-l'Eau
Fin de la grève au collège Charles de Gaulle

Les jeudi 8 et vendredi 9 décembre derniers les personnels du collège Charles de Gaulle de Morne-à-l’Eau étaient en grève. Ils exprimaient leur mécontentement devant les agressions du principal envers eux. Il paraît qu’en plus des agressions psychologiques que subissait le personnel, les membres de l’intersyndicale parlaient aussi d’allusions futiles à caractère sexuel ainsi que des jeux de mots sur les noms de professeurs, venant de ce chef d’établissement. Et le stress créé par ce dernier était tel que certains membres du personnel, ne sachant pas où aller, laissaient leurs bureaux pour se réfugier dans les couloirs.
A travers leur grève, les personnels réclamaient la mise en place dans l’établissement d’un service d’écoute. Non seulement le Recteur s’exécuta mais une enquête fut diligentée.
Dans la journée du vendredi le Recteur de l’académie informait qu’à partir du lundi 12 décembre 2005 ce fameux principal ne regagnera plus son poste.
Encore un petit potentat qui gagnerait à se faire soigner dans un centre spécialisé dans la modestie, la simplicité, l’altruisme… etc!




Sommaire > Page précédente > Page suivante > Accueil > Archives > e-mail 

Copyright © 2001-2005 Combat Ouvrier - Tous droits révervés aux militants.

Valid XHTML 1.0! Valid CSS!