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De nouveau, la chasse aux Haïtiens à Saint-Domingue
Depuis le 3 décembre les Haïtiens vivant dans la zone du Cibao sont en butte à une nouvelle poussée de xénophobie. Dans la localité de Villa Trina un jeune Haïtien a été mutilé et 35 maisons ont été incendiées dans un quartier où vivaient les immigrants haïtiens. La commission des droits humains rapporte que suite à l’assassinat d’un Dominicain, les soupçons se sont portés sur les Haïtiens et en représailles une dizaine d’Haïtiens auraient été tués et leurs corps évacués.
Alors qu’il allait au Mexique, Léonel Fernandez, le président dominicain, a fait escale à Port-au-Prince le 12 décembre pour rencontrer Boniface Alexandre et s’entretenir sur les immigrants haïtiens à Saint Domingue. La visite s'est achevée dans la confusion et la protestation. Des étudiants et des militants d'organisations de droits de l'homme manifestaient devant le Palais présidentiel, ils ont enflammé des pneus et érigé des barricades dans plusieurs quartiers. Les policiers ont répliqué aux jets de pierres et de bouteilles, par des grenades lacrymogènes, des tirs d'arme à feu.
Léonel Fernandez a déclaré à la sortie qu’il «condamnait les actes de violence perpétrés contre des citoyens haïtiens», «Quand nous appliquons les lois d'immigration dominicaine, nous ne faisons que faire valoir les garanties de la souveraineté de l'Etat national dominicain».
Quand la bourgeoisie dominicaine a demandé une main-d’œuvre à bon marché pour lui faire suer le maximum de profit, la souveraineté nationale n’était pas invoquée. Et, que ce soit du temps de Duvalier et Trujillo ou de leurs successeurs, l’Etat dominicain a obtenu de l’Etat haïtien que les «braceros» haïtiens puissent traverser par milliers la frontière pour couper la canne dans les bateys. Aujourd’hui, après avoir trimé dans les plantations du Cibao ou dans le bâtiment, les travailleurs haïtiens sont pourchassés et expulsés, le gouvernement dominicain les accuse d’être responsables de la crise économique et canalise la colère des Dominicains victimes de cette crise vers les Haïtiens. Tant que les travailleurs haïtiens seront les boucs émissaires, le gouvernement, les bourgeois dominicains, ne seront pas inquiétés.
151ème anniversaire de l’arrivée des premiers immigrants indiens en Guadeloupe
Le 11 décembre 2005, plusieurs associations: l’Association des amis de l’Inde en parténariat ave la municipalité de Petit-Canal, sous le patronage de l’ambassade de l‘Inde, l’association Gwada d’Inde ainsi que l’association Barathagwa, ont organisé une reconstitution de l’arrivée des premiers émigrants indiens en Guadeloupe. Cette manifestation a eu lieu dans le cadre du 151ème anniversaire de l’arrivée de cette main d’œuvre qui a succédé aux esclaves affranchis. Ces anciens esclaves avaient déserté les plantations, préférant travailler dans les villes, dans les travaux d’artisanat.
La reconstitution s’est déroulée avec une centaine de figurants sur le port de pêche de Petit-Canal où une foule de spectateurs s’était déplacée pour assister à la scène. Des barques remplies de femmes, d’hommes, d’enfants, de bébés blottis dans les bras de leur mère ont débarqué sur le port dans un état de fatigue extrême. Cette main d’oeuvre indienne, après avoir subi les contrôles sanitaires de l’administration coloniale, des officiels militaires, et des békés des plantations accompagnés de leur suite, était dirigée vers l’usine Sainte-Marthe.
En réalité suivant l’histoire, le voilier l’Aurélie commandé par le capitaine Blanc a débarqué en 1854 à la Darse, sur le port de Pointe-à-Pitre. 344 indiens sont arrivés pour la première fois dans la colonie après trois mois de traversée. Certains ont péri au cours de la traversée à cause de la peste et de la malaria. La main d’œuvre était ensuite transportée dans des barques de la Darse aux différentes régions de canne à sucre. Les immigrants avaient un contrat de cinq ans à l’issu duquel ils retournaient dans leurs pays d’origine à Pondichéry ou à Calcutta. Mais la majorité ne repartait pas et restait en Guadeloupe. Ils étaient particulièrement attachés à leurs logis dans les habitations et vivaient en communauté dans les circonscriptions à l’inverse des Africains dits Congos qui, immigrés à la même époque, ont quitté les maisons d’habitation pour se fondre parmi les anciens esclaves noirs.
L’intégration des Indiens n’a pas été facile. Il y a eu des conflits avec les maîtres des plantations mais aussi avec les Noirs. Ils étaient traités de «Kouli malaba». On trouve plus opprimé que soi pour occuper la dernière place! Les propriétaires Blancs encourageaient et organisaient ces oppositions entre Noirs et Indiens, notamment lors des grèves. Mais cela n’a pas duré, car beaucoup des travailleurs d’origine indienne ont ensuite rejoint les rangs de ceux qui se battaient contre le patronat dans les champs de cannes ou de bananes. Ils ont rejoint aussi les syndicats et les partis les plus à gauche!
Certaines traces de ce racisme n’ont pas totalement disparu. Mais les Indiens ont su trouver une place dans la société et se font respecter. Ils sont intégrés dans tous les secteurs de l’économie et beaucoup d’entre eux se sont métissés avec la population noire.
TRINIDAD
Manifestation pour des conditions de sécurité au travail
Plusieurs centaines de manifestants ont crié leur colère dans les rues de Port of Spain, la capitale, le 9 décembre. Ils s’indignent de la mort de 17 salariés cette année sur leur lieu de travail à Trinidad. Les syndicats étaient présents, celui du Port où une grue a tranché le corps d’un jeune père de famille, le syndicat des travailleurs de la mer qui ont perdu deux collègues lors d’une explosion sur un bateau, celui de la fonction publique. Il y avait aussi le syndicat des banques et des assurances. Les chefs syndicaux y sont allés de leurs discours, exigeant du gouvernement la mise en place effective d’une loi déjà votée sur la santé et la sécurité au travail. L’un des chefs syndicaux, V. Cabrera, a même menacé d’une grève générale de 24 heures pour faire pression sur le gouvernement.
Les témoignages les plus poignants sont venus des parents de victimes. Ils disent vouloir mener ce combat jusqu’au bout, sinon pour leurs parents perdu, pour que d’autres familles ne soient pas touchées. En outre, la plupart des familles, outre le fait qu’elles sont dans la douleur, n’ont pas été indemnisées comme le prévoit la loi.
A Trinidad comme ailleurs les gouvernements ne respectent pas leurs propres lois. Ils n’exercent aucune pression sur les patrons pour que ceux ci acceptent de dépenser pour protéger la vie des salariés qu’ils exploitent. Bien sûr, les patrons préfèrent garder cet argent, pour eux la vie des travailleurs ne vaut pas cela.
Colonies et point de vue d’Arlette Laguiller
Nous publions ci-dessous le point de vue de la camarade Arlette Laguiller, représentante de LUTTE OUVRIERE, en France
LES VA-T-EN GUERRE DES COLONIES
Sarkozy, qui devait faire, la semaine dernière, un voyage de tourisme publicitaire en Martinique et en Guadeloupe, a préféré y renoncer. Il faut dire que lui, dont les propos ressemblent de plus en plus à ceux de Le Pen, risquait d'avoir le même accueil que son modèle qui, en 1987, avait dû reprendre l'avion sous protection policière contre les manifestants. Les propos du ministre de l'Intérieur traitant de "racaille" les jeunes des banlieues, où se mêlent des enfants issus des immigrations africaine, maghrébine et antillaise, et promettant de nettoyer leurs immeubles au "karcher", n'ont pas vraiment plu aux Antillais.
Et puis, il y a cette loi scélérate que des députés de ses amis ont votée au mois de février dernier, exprimant la "reconnaissance" de la "nation" aux "femmes et aux hommes qui ont participé à l'oeuvre accomplie par la France dans les anciens départements français d'Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Indochine" et demandant que "les programmes scolaires reconnaissent le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord".
Eh oui, plusieurs dizaines d'années après la fin de l'empire colonial, il se trouve des députés pour voter une loi glorifiant le colonialisme et les infamies commises au nom et dans l'intérêt de la bourgeoisie française!
Positif, le rôle du colonialisme? Positifs, la conquête coloniale, les peuples décimés en Algérie, au Maroc ou en Tunisie pour permettre à la bourgeoisie française de mettre la main sur ces pays? Positif, le rôle du commerce d'esclaves qui a saigné l'Afrique avant même qu'elle soit colonisée, pour fournir en main-d'oeuvre servile les plantations des Antilles et d'Haïti qui ont fait la richesse de la bourgeoisie française de cette époque? Positif, le travail forcé pour construire certes des lignes de chemin de fer ou des routes mais avec la seule préoccupation de faciliter le pillage des richesses naturelles des pays où ils furent construits? Positifs, les centaines de milliers de ressortissants des colonies enrôlés de force pour servir de chair à canon dans des guerres qui ne les concernaient en rien, quand ce n'était pas pour servir d'instrument d'oppression contre d'autres peuples colonisés? Positif, le fait que des peuples entiers aient été considérés comme des sous-hommes et qu'à Paris, lors de l'Exposition coloniale de 1931, des êtres humains aient été exposés comme des bêtes curieuses?
Et lorsque les soulèvements de peuples colonisés firent sonner le glas des empires coloniaux, notre impérialisme fut de ceux qui se cramponnèrent à leur domination jusqu'aux limites du possible, faisant payer un lourd tribut de sang aux peuples opprimés mais, aussi, aux jeunes d'ici envoyés en Algérie ou ailleurs pour mener de sales guerres coloniales.
Et comment oublier que tous les partis qui ont été au gouvernement, les partis de droite mais, aussi, les partis qui se disent socialiste ou communiste, ont participé aux infamies commises dans les colonies?
Lorsque les avions de l'armée française ont écrasé sous les bombes la population insurgée dans la ville algérienne de Sétif en 1945, tous les partis étaient représentés dans le gouvernement de l'époque, y compris le Parti communiste dont un des dirigeants était ministre de l'Aviation.
Tous les partis gouvernementaux ont cautionné également la répression, en 1947, de l'insurrection du peuple de Madagascar. Et si le peuple algérien comme la génération de jeunes soldats qui ont été envoyés en Algérie pour tuer et se faire tuer ont des raisons de se souvenir des généraux tortionnaires à la Massu, Bigeard ou Aussaresses, ils ont aussi des raisons de se souvenir que c'est le "socialiste" Guy Mollet qui avait décidé l'envoi du contingent et que Mitterrand était un de ses ministres les plus concernés par la répression.
Il faut, bien sûr, abroger cette loi qui est une véritable provocation, mais il faut surtout se souvenir que la fortune de ceux qui nous exploitent ici vient, aussi, des souffrances de nos frères, les peuples du Maghreb, d'Afrique, des Antilles et d'Indochine.
Arlette Laguiller
“Cran” ou tremplin pour certains notables noirs?
Le samedi 26 novembre le Conseil représentatif des associations noires, le CRAN, a été fondé. Il a fédéré un grand nombre d’associations noires de France. Il n’a été fondé ni dans un hangar de Stains ou de Saint-Denis, ni dans un local de la cité des 3000, mais dans un salon de l’assemblée nationale! Ce qui est déjà tout un symbole. La réunion de fondation a eu lieu apparemment entre «gens de la bonne société», vedettes, journalistes, petits notables noirs,…
On trouve au CRAN des Noirs de toutes origines, africaines, antillaises et autres. Son président est Patrick Lozes, membre de la direction de l’UDF, l’un des partis de droite, défenseur du capitalisme. Si l’on en juge donc par le lieu de fondation et l’étiquette politique de son principal leader, on peut déjà se dire que le «CRAN» ne sera pas vraiment le défenseur des Noirs pauvres, de ceux qui souffrent! De plus, à l’approche des élections présidentielles on sait déjà que différents futurs candidats à la présidentielle cherchent à glaner des voix dans l’immigration de couleur, noire et arabe, surtout après la révolte des banlieues. Pour quels candidats roulent les dirigeants du CRAN? leur aurait-on, d’ores et déjà, promis des postes et de l’argent en cas de victoire de leur poulain? quel futur ministre noir s’y tapit déjà?
L’assassin terminator a encore tué!
Le gouverneur de Californie Schwarzeneger a refusé la grâce du condamné bien connu Stanley «Tookie» Williams , un chef de gang noir qui était en prison depuis 1981. Condamné à mort pour quatre meurtres, il avait toujours clamé son innocence.
Il s’était, parait-il, reconverti en apôtre de la non-violence, il s’était éduqué en prison, avait écrit des livres pour enfants, etc.. Mais quoiqu’il en soit, cet homme ne méritait en rien d’être assassiné officiellement! C’est ce qu’est la peine de mort encore en vigueur aux Etats-Unis dans certains Etats: un assassinat légal. Cette volonté de punition, de vengeance est bien propre à une société décadente, incapable d’empêcher la renaissance continue de nouveaux gangs, de nouvelles violences. Car elle est elle-même fondée sur l’extorsion, le vol, le pillage, la manière forte et la violence en permanence contre les êtres humains.
Le Terminator californien est tout à fait le symbole de cette société brutale et barbare.
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