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ÉditorialContre la baisse du niveau de vie une seule réponse: la lutte!
Selon l’UFE (Union des Familles en Europe), il y aurait deux millions d’enfants pauvres en France, environ 3% de la population. Ils vivent en dessous du seuil de pauvreté qui est de 645 euros par mois. Selon la revue de l’INSEE «Antiane éco», cette pauvreté des enfants est plus élevée dans ce qu’on appelle les «DOM» (départements d’outre-mer): 16% des enfants en Guadeloupe, 13% en Martinique et 32% en Guyane vivent en dessous du seuil de pauvreté. Voilà qui est dramatiquement significatif de la baisse générale du niveau de vie des travailleurs et des classes défavorisées. Or, parallèlement, l’Etat n’hésite pas à verser toujours plus d’argent aux patrons et aux riches.
Qu’on en juge: la CGM après sept ans de procédure vient de recevoir 2,9 millions d’euros de l’Etat condamné par la justice à verser cette somme. C’est la conclusion de la procédure judiciaire entamée par la CGM suite à la grève des ouvriers de la Banane du 27 novembre 1998 au 11 janvier 1999 sur le port de Fort de France. Les ouvriers de la Banane réclamaient des augmentations de salaire. La CGM avait reproché à l’Etat de ne pas avoir assuré la libre circulation des marchandises. La justice qui est la justice de l’Etat et des classes dirigeantes a tranché évidemment en faveur des patrons.
Aujourd’hui, la réalité c’est que des centaines d’ouvriers agricoles de la Banane sont licenciés alors même que la CGM reçoit ces millions d’euros.
On comprend donc que les patrons se déclarent satisfaits. On l’a entendu de la bouche des Odonnat de la CGPME et Lecurieux-Durival (MEDEF) de Martinique. Et comment pourrait il en être autrement quand l’Etat exonère largement les patrons de leurs charges: 24 milliards d’exonérations prévus en 2006 pour l’ensemble du patronat. Et on leur propose bien d’autres offrandes en cascades du genre défiscalisation, contrats nouvelles embauches, mesures pour l’emploi, etc.
Mais pendant que le patronat se frotte les mains avec les mesures d’un gouvernement tout acquis à sa cause, dès le mois de janvier 2006 ce sont les travailleurs qui payent la note de frais. Car en puisant dans les caisses, l’Etat creuse les déficits sociaux et les organismes tels que l’ UNEDIC ou la Sécurité Sociale accusent des déficits énormes.
Comme conséquence le déficit des comptes sociaux se traduira par des augmentations des contributions salariales. La situation des travailleurs est déjà largement dégradée. Sur le plan de l’emploi, les patrons n’embauchent pas. C’est l’Etat qui finance la précarité (5000 contrats d’avenir pour les patrons et collectivités en Martinique). D’autres indicateurs de la vulnérabilité grandissante des ménages sont fournis par l’IEDOM (Institut d’émission des DOM). Il indique qu’en Martinique, pour le 1er trimestre 2005, pas moins de 22 330 personnes sont tombées sous le coup de l’interdit bancaire. 14 386 ont été victimes du retrait de leur carte bancaire. 26 826 interdits bancaires sont comptabilisés en Guadeloupe. Quant au nombre de Rmistes, il a augmenté de 4% et est passé à 30 847 en Martinique de 2003 à 2004 et à 33 604 en Guadeloupe, soit une augmentation de 4,3% pour la même année.
Autant dire que si les travailleurs ne se battent pas pour la création de vrais emplois, pour des augmentations de salaires substantiels, leur situation continuera à se dégrader. Oui, il faut se battre pour récupérer dans les coffres forts du grand patronat où sont engrangés d’énormes profits, les sommes nécessaires à améliorer le niveau de vie des travailleurs et des pauvres. Souhaitons donc que l’année nouvelle soit une année fertile en luttes et en victoires sur les possédants, les nantis et l’Etat à leur service.
L’assurance maladie: se soigner coûtera encore plus cher
Le 1er janvier est la période des vœux, mais c’est aussi le moment choisi par le gouvernement pour l’application de nouvelles mesures qui vont pénaliser encore plus les assurés sociaux. Ainsi la réforme du parcours de soins entre en vigueur dès le 1er janvier 2006. Les assurés sociaux doivent obligatoirement choisir leur médecin traitant s’ils veulent être remboursés normalement. Le non respect du médecin traitant entraînera une majoration de la participation de l’assuré pour les frais médicaux de 10 %. Mais l’on constate que de nombreux assurés n’ont pas encore choisi leur médecin traitant car ils sont perdus avec toutes ces réformes.
La loi de financement de la Sécurité Sociale pour 2006 a créé une participation forfaitaire de 18 euros pour les actes d’un montant supérieur à 91 euros. Il y a aussi l’augmentation du forfait hospitalier qui est porté à 15 euros et qui doit atteindre 16 euros à compter du 1er janvier 2007. Les mutuelles n’ont pas de droit de compenser les baisses de remboursement car il s’agit de «responsabiliser» le malade. A croire que ce dernier fait exprès de tomber malade. C’est lui qui doit combler le prétendu trou de la Sécurité Sociale alors qu’en même temps on exonère de plus en plus les patrons de charges sociales. En fait toutes ces réformes rendent l’accès aux soins encore plus cher et les plus démunis renoncent tout simplement à se soigner.
Mobilisation contre la loi sur “les aspects positifs de la colonisation”
La mobilisation contre la loi du 23 février et notamment son article 4 rendant obligatoire l’enseignement des "aspects positifs de la colonisation" se poursuit en Martinique. En Guadeloupe, les organisations ayant protesté et organisé le meeting unitaire contre Sarkozy entendent proposer à toutes les organisations de Guadeloupe et des autres "départements d’outre-mer" une manifestation le 23 février prochain.
En Martinique, à l’appel de nombreuses organisations politiques, syndicales, associatives et notamment autour du Collectif “Respè-dénonciation” du colonialisme et du “collectif martiniquais pour l’abrogation de la loi de la honte”, un millier de travailleurs, de jeunes, de femmes, de militants avaient manifesté le 7 décembre 2005 dans les rues de Fort de France contre cette loi inique.
A partir du 14 janvier, sont prévues de nouvelles manifestations publiques, sous forme de caravanes dans les communes, de distribution de tracts, de marche de protestation ou de colloque.
A Combat Ouvrier, nous nous associons à ces manifestations et appelons les travailleurs, les jeunes à y participer largement.
En effet, le vote de cette loi par les députés du parlement français est apparu comme un véritable mépris d’abord contre les peuples colonisés mais aussi contre le peuple français, doublé d’un mensonge inqualifiable et cynique. La colonisation dont ont été victimes les pays de Martinique, de Guadeloupe, ou de la Réunion, de tous les autres pays dits aujourd’hui Territoires d’outremer, et aussi les pays d’Afrique noire et du Maghreb, l’ex-Indochine ou Madagascar, a été perpétrée durant plusieurs siècles par les jeunes nations capitalistes européennes. Son objectif était l’enrichissement de la bourgeoisie de ces pays colonisateurs par le pillage des richesses des pays dominés et le dépeçage de leur économie, l’humiliation et la répression féroce des peuples colonisés.
Aujourd’hui, les gros possédants, ceux des grosses sociétés capitalistes, des multinationales européennes, américaines ou autres, continuent d’engranger le maximum de profits grâce au même système d’exploitation capitaliste inique en continuant de faire des ravages de par le monde. En France, pour augmenter leurs profits, les patrons multiplient les attaques contre les travailleurs, contre les salaires, les conditions de travail.
C’est dans un tel contexte que les politiciens de la droite, s’acoquinant avec les plus réactionnaires, veulent faire passer leurs théories méprisantes et provocatrices sur les soi-disant bienfaits du colonialisme. Ils le font dans le souci de flatter l’électorat le plus à droite en France et de récupérer ainsi une partie de l’électorat de l’extrême droite. Ils le font aussi pour tenter de «domestiquer» l’opinion publique, pour la faire s’habituer à entendre voire accepter un langage de fermeté, celui de la défense de l’ordre et de la patrie bourgeoise et ainsi la mettre au pas.
Alors, la mobilisation du plus grand nombre, des classes laborieuses, contre la loi du 23 février est nécessaire pour débouter l’arrogance et le mépris de tous ces politiciens zélés représentants des capitalistes, nostalgiques de l’époque coloniale. Elle est nécessaire aussi pour freiner l’ardeur de ce personnel politique qui, au delà de la loi de février 2005, entend utiliser le langage, anti-ouvrier, anti-pauvre, anti-jeune, anti-immigré pour faire le lit de la politique va-t’en-guerre d’une bourgeoisie avare et cupide.
Affaire Lefort. La mobilisation se poursuit
Dans l’affaire qui l’oppose aux gendarmes qui ont exercé des violences contre M. Hilaire Lefort il y a un an, la justice a prononcé un non-lieu après la plainte déposée par lui au tribunal. M. Lefort a fait appel par l’intermédiaire de son avocat maître Félix Rodes. Le comité entend se mobiliser d’autant plus pour continuer à dénoncer les violences dont M. Lefort a été victime et exiger que les gendarmes soient traduits devant les tribunaux. Certes ils ont déjà été condamnés par la population et l’opinion publique et c’est déjà une première victoire. Mais il faut aller plus loin et réclamer un procès et une condamnation légales après tant de violences subies par un homme de 83 ans, malade cardiaque, sans commune mesure avec ce qu’on pouvait lui reprocher. Le comité contre le racisme et l’humiliation (comité Lefort) organisera une conférence de presse le samedi 4 février à Pointe à Pitre ainsi qu’une campagne de protestation.
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