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ÉCHOS DES ENTREPRISES
Guadeloupe
Mobilisation des salariés de l’AFPA
Le mercredi 4 janvier 2006, les salariés de l’AFPA (Association pour la formation professionnelle des adultes) affiliés à la CGTG et à FO ont observé une journée de grève. Il s’agissait pour les grévistes de dénoncer la gestion de l’actuelle présidente du conseil d’administration, Lucie Major. On lui reproche également le manque de dialogue et de transparence dans certaines décisions. Elle veut cumuler les fonctions de Présidente du Conseil d’Administration et de PDG et les salariés estiment qu’elle n’aurait pas les compétences pour occuper ces deux fonctions. Depuis son arrivée à la tête de l’AFPA, il n’y a toujours pas de directeur général, le poste est vacant car la présidente a écarté celui qui l’occupait. Les salariés ont le sentiment que la Présidente règle parfois des comptes avec les membres de certains syndicats. Lucie Major, aujourd’hui à la CFDT, est aussi connue comme militante syndicale de longue date ayant appartenu à plusieurs syndicats dont le MASU dans le passé. Mais elle a souvent été critiquée par les travailleurs comme représentante syndicale peu digne de confiance, parfois trop proche et compréhensive à l’égard des patrons.
Il est vrai d’autre part que l’AFPA connaît depuis quelque temps des turbulences. Il y a un gros problème de fond qui concerne le financement par la Région de la formation. La Région tarde à payer ce qu’elle doit et à chaque fin de mois les salariés sont inquiets pour le paiement de leur salaire.
La journée de grève a été suivie par une grande majorité de salariés car tous les centres étaient fermés à l’exception de celui du Gosier. Le jeudi 5 janvier, il y eut une rencontre avec les secrétaires généraux des différents syndicats représentés au sein du Conseil d’Administration. Lucie Major a été maintenue à son poste. Elle devait convoquer une Assemblée Générale avec le personnel le 10 janvier mais a préféré l’annuler, ce que le personnel n’apprécie pas. La situation est donc toujours tendue au sein de l’association.
Le problème financier de l’AFPA Guadeloupe n’est pas un cas isolé. Le même problème se pose dans tous les AFPA de France. Il s’agit d’un problème de financement car l’Etat se désengage de plus en plus et la Région dont le budget est en déficit ne peut faire face. Finalement ce sont les salariés et les stagiaires qui subissent les conséquences de cette situation.
Martinique
La banque postale. Une affaire juteuse pour les promoteurs
Depuis le 1 janvier 2006, tous les clients de La Poste ont dû apercevoir sur les vitrines de chaque agence de grandes affiches de couleur bleue leur annonçant que les services financiers de la Poste ont changé de nom.
En effet, le centre régional de la Poste est maintenant devenu «la Banque Postale». Il s’agit pour la Poste d’inciter ses clients qui sont, pour la plupart, des travailleurs, des Rmistes et des chômeurs, à «capitaliser des fonds», bref de ponctionner leurs maigres revenus.
La vraie raison de ce changement, comme l’explique un dirigeant syndical de la Poste, est que: «la décision de la création d’une Banque Postale montre la volonté claire de l’Etat de donner davantage de priorité à la privatisation qu’à la revendication du personnel d’un service public… et cette création ne correspond pas à une ouverture d’embauches notamment des jeunes pour un meilleur service public».
En effet, il s’agit bien pour l’Etat d’une démarche vers une privatisation de plus en plus poussée des services publics, de donner plus de moyens aux capitalistes de tous ordres pour spéculer, de piocher à leur aise dans tous les services où il y a du fric surtout celui provenant des exploités.
Et cet acharnement de l’Etat à vouloir s’attaquer au service public ne date pas d’aujourd’hui. C’est une volonté délibérée pour ne plus améliorer les services de la Poste dans le sens des intérêts du public, mais au contraire à vouloir s’en débarrasser.
Cette politique a entraîné progressivement une dégradation des conditions de travail des employés de la Poste. Ainsi, les facteurs ne sont plus remplacés, les agents des guichets non plus. Les agents de la Poste se retrouveront avec des statuts différents. Ceux des services financiers en l’occurrence la Banque Postale auront un autre statut que ceux du service courrier. C’est diviser pour mieux régner.
Quant au service clientèle, depuis bien longtemps les longues files d’attente devant les guichets y sont régulières. Les clients ont plus d’une fois manifesté leur mécontentement et parfois leur colère contre cette dégradation.
Ce sont bel et bien les employés de la Poste et la population qui sont visés par cette politique scélérate. Jusqu’à ce qu’un jour cette population et les travailleurs manifestent avec plus de force leur colère devant les guichets et dans la rue.
Martinique
Lutte contre la violence scolaire. De l’affichage mais pas de moyens
Préfet, recteur, policiers, et surtout la presse étaient présents au Lycée Polyvalent (LPO) de Acajou 2 au Lamentin, il y a quelques jours, pour montrer, selon les deux premiers cités, que l’Etat prenait au sérieux la colère exprimée par élèves et enseignants de l’établissement. En effet, des personnes extérieures au LPO s’y étaient introduites et ont agressé, battu, détroussé des lycéens. Et ce n’est pas la première fois que ces faits se produisent.
Seulement, tout ce ramdam médiatique n’est que de l’affichage. En fait, il faut des moyens, en personnel notamment, pour encadrer les élèves et faire fonctionner correctement les établissements scolaires. Mais la politique des gouvernements successifs a toujours été de réduire ces moyens pour divers motifs: économie budgétaire, rentabilité du service public, mise à la disposition des patrons de l’argent public sous forme d’exonérations, de baisse ou de suppressions d’impôts. Et donc, l’Etat recrute de moins en moins d’enseignants, de surveillants, d’infirmières, etc. et supprime toujours plus de postes.
Ainsi, la suppression de plusieurs milliers de postes aux concours, ce qui aura pour conséquence le non remplacement des départs en retraite. Renaud Dutreil, à l’époque ministre de la Fonction publique, avait eu l’occasion de le dire: pour deux départs à la retraite, il n’y aurait qu’un recrutement.
Ainsi, pour la rentrée 2006, dans le second degré (Collèges et lycées), 12000 postes sont mis au concours pour 17500 départs à la retraite. Pour le premier degré (Primaire) 11250 postes pour 16800 départs.
Au niveau national, l’Etat va supprimer 2083 postes dans le second degré, catégorie dans laquelle se trouve le LPO Acajou 2, et dans le premier degré, 694 créations nettes pour 30000 élèves de plus qui seront accueillis.
En Martinique, ce sont 28 postes que l’Etat a prévu de supprimer dans le premier degré et 44 dans le second degré. Certains se rappellent la campagne lancée par le recteur, prétendument pour solutionner le problème des enseignants non-titulaires restés sur le carreau à la rentrée, le fameux Plan Académique de Lutte contre la Précarité (PALP).
Les faits sont là: toutes ces démonstrations faites devant les caméras et les micros ne sont que de la poudre aux yeux. L’Etat n’a nullement l’intention de lutter, ni contre les causes de cette violence, ni contre la violence elle-même, ni pour la sécurité des élèves et des personnels présents dans les établissements scolaires, ni contre le chômage des travailleurs actuellement privés d’emploi, ni contre celui des futurs travailleurs que sont les lycéens et étudiants actuels.
Pour régler le problème de la violence scolaire et du recrutement de personnels, il ne faudra compter, ni sur le préfet, ni sur le recteur, pas sur l’Etat en somme. Ce sont bien les salariés, ceux de l’Enseignement, les parents d’élèves aussi qui devront retrouver des forces et se mobiliser pour régler ces problèmes.
Extrait du bulletin “écho des télécom”
VIVE LA LUTTE DES CONTRACTUELS!
Les contractuels ont fait grève les 20 et 21 décembre en particulier pour réclamer un salaire égal à celui des fonctionnaires de France Télécom. Ils ont reçu le soutien de leurs collègues titulaires qui ont qualifié leur débrayage de tout à fait légitime. Suite à cette mobilisation les contractuels ont obtenu un rendez vous de la direction. Il faudra certainement redoubler de colère pour obtenir satisfaction.
Extrait du bulletin “écho de l’ANPE”
LE CONGRES SUR L’EMPLOI, ENCORE DU BLUFF
Dans la série des vœux il fallait bien que notre Toto national soit de la partie. Et il va user jusqu’à la corde son Congrès minable sur l’emploi. Sans rire, notre brillant politicien nous a assurés que 1000 emplois seront créés avec le concours de la Région Guadeloupe.
S’il avait eu l’honnêteté de préciser que ce ne sont que des emplois pour 6 mois ou 2 ans maximum… Après les grandes annonces faites au Congrès, il faut bien rentabiliser!
Guadeloupe
Hôtellerie. Soutien à ceux du Callinago!
La société gestionnaire de l’hôtel a été liquidée le 22 décembre par le tribunal de commerce de Paris. Donc les agents qui y travaillaient, dont plusieurs depuis plus de 32 ans, se retrouvent du jour au lendemain sans travail et sans revenu. Avec une intersyndicale, ils se sont appropriés l’hôtel et ses 2 hectares de terrain situés à la Pointe de la Verdure au Gosier. Ils ont décidé de l’exploiter pour leur propre compte. Ils louent des chambres, des salles de réunion et assurent la restauration des vacanciers et des congressistes. Les mardi soir, jeudi soir et dimanche midi le public peut manger au son d’un orchestre pour un prix abordable.
Ces entrées d’argent assurent un revenu aux travailleurs et leur donnent les moyens de durer pour concevoir une solution à leurs problèmes ou attendre la manifestation d’un éventuel repreneur.
Ils font appel au soutien de l’ensemble des travailleurs.
Extrait du bulletin “sucrerie en lutte - Gardel”
IDD SOUHAITE UNE CAMPAGNE SUCRIERE 2006 PLUS RAPIDE
Les directives européennes sur le sucre doivent prendre effet en 2006. Il s’agit de diminuer la production européenne de sucre et de baisser de 36 % le soutien au prix du sucre dans la communauté européenne, mais aussi de supprimer à terme les subventions aux exportations.
Les planteurs de canne craignent la baisse des quotas et ils souhaitent que la campagne sucrière soit terminée avant l’application des nouvelles mesures. Ils demandent alors, par l’intermédiaire de IDD, une campagne plus rapide pour qu’elle soit finie en juin 2006. Ce bon vœu d’Ivan de Dieuleveult est-il réalisable?
Violences policières. L’affaire Choisy
M. Choisy Hector, âgé de 60 ans, agent de l’Education Nationale, a été victime de violences policières le 09 février 2004. En revenant de la pêche, à 4 heures du matin, il a été interpellé par des gendarmes sur un barrage, à la sortie de Saint-Félix Gosier. Ces gendarmes, mitraillette au poing, l’ont violemment sorti de sa voiture, l’ont jeté au sol, puis menotté. Malgré les protestations de M.Choisy qui leur indiquait que ses papiers étaient dans le véhicule et qu’il n’avait rien à se reprocher, les gendarmes l’ont roué de coups au point qu’il en perde le souffle. Une autre équipe de gendarmes arrivée sur les lieux a finalement trouvé les papiers dans le véhicule. Les gendarmes ont quitté les lieux, en déclarant qu’ils s’étaient trompés, qu’ils cherchaient des clandestins, c'est-à-dire des immigrés haïtiens en situation irrégulière. Autrement dit si monsieur Choisy avait été un immigré haïtien, ils auraient eu le droit d’agir comme ils l’ont fait. Ils ont donc eu un comportement raciste. Ils n’ont même pas daigné porter secours à leur victime. Ils lui ont simplement conseillé de ne pas porter plainte. M. Choisy a dû gagner le Centre hospitalier par ses propres moyens. Quand il est allé porter plainte au commissariat central de Pointe-à-Pitre, les responsables de la police étaient déjà informés par les gendarmes qui l’avaient agressé. Ces derniers par téléphone ont insisté pour que l’affaire reste sans suite et ont confirmé qu’ils recherchaient des clandestins.
M. Choisy ne s’est pas laissé faire malgré les intimidations. Il a porté plainte et a contacté un avocat. Sa plainte n’a jamais été retenue jusqu’ici. Durant deux ans, il s’est défendu seul. Il a adressé plusieurs courriers aux élus (maires, conseillers départementaux, députés, sénateurs). Il s’est également adressé au préfet et au sous-préfet ainsi qu’au président de la République, à tous les ministères concernés ainsi qu’au ministère de l’Education Nationale. Il s’est adressé à la Ligue des droits de l’homme, à l’Ordre des bâtonniers, à la Chambre syndicale de la magistrature.
Le ministre de la justice a transmis son dossier au premier magistrat de la Cour d’Appel de Basse-Terre, mais jusqu’ici c’est le silence malgré une deuxième plainte.
M. Choisy est encore traumatisé par ces violences, révolté par ces humiliations. Il a finalement appris l’existence du Comité contre le racisme et l’humiliation (comité Lefort) Il a adhéré au comité qui entend dénoncer toutes ces violences, soutenir et défendre M Choisy.
Mais il y a au moins deux autres enseignements à tirer de cette affaire: le premier c’est la façon dont les gendarmes traitent les immigrés haïtiens. Combien de fois ont-ils dû traiter de vrais immigrés cette fois, par la violence, sûrs que ces immigrés ne seraient pas en mesure de protester, vu leur situation. Or, clandestins ou pas, les gendarmes n’ont aucun droit de frapper un homme sans défense sous le seul prétexte qu’il est immigré. Le deuxième enseignement s’adresse à tous ces Guadeloupéens xénophobes qui n’ont que mépris pour nos frères haïtiens et parfois même portent assistance aux gendarmes pour les traquer. Eh bien, qu’ils sachent que n’importe quel Guadeloupéen, et donc eux-mêmes à n’importe quel moment, peut être victime de la même soi-disant méprise des gendarmes. Tout aussi noirs les uns que les autres, comment reconnaître un Guadeloupéen d’un Haïtien?
Bien au contraire de tels faits doivent renforcer la protestation de tous contre les violences policières en général et contre la répression intolérable dont sont victimes les hommes et les femmes d’Haïti, clandestins ou pas.
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