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Sharon: du terrorisme au terrorime d’Etat
Victime d’une nouvelle hémorragie cérébrale, majeure cette fois, le Premier ministre israélien est entre la vie et la mort. Il paraît certain, compte tenu des dégâts provoqués par les hémorragies dans son cerveau, qu’il ne pourra pas, même s’il échappe à la mort, exercer le pouvoir. C’est donc sa fin politique. Cet homme durant toute sa vie aura œuvré pour la constitution du grand Israël: pour l’installation mais des Juifs en Palestine et l’expulsion de ce même pays des Palestiniens d’origine arabe. Pour réaliser ses projets, il s’est mis au service des puissances occidentales et des USA afin d’obtenir leur soutien moral et militaire.
Dès l’âge de 14 ans alors que la région était sous mandat britannique, il combattit dans un groupe terroriste juif, «la Haganah», spécialisé dans les expéditions punitives contre les tribus nomades arabes. En 1953, à 25 ans il commanda la FORCE 101 qui rasa un village palestinien, tuant 69 enfants et femmes. En 1956 quand les forces britanniques et françaises tentèrent de contrôler le canal de Suez, les soldats juifs sous la direction de Sharon assassinèrent 200 soldats égyptiens froidement. En 1971 alors qu’il était commandant du front Sud dans la région de Suez, ses troupes tuèrent 100 civils palestiniens et en emprisonnèrent 200.
En 1982, ministre de la défense, il ordonna à ces troupes de laisser le groupe d’extrême droite libanais: les Phalanges, pénétrer dans les camps Sabra et Chatila où vivaient des réfugiés palestiniens. Ils massacrèrent 2 000 Palestiniens et Libanais d’origine arabe avec la bénédiction de Sharon.
Sharon a fait preuve d’une particulière férocité vis à vis des Palestiniens avec la bénédiction des occidentaux. Quelquefois ils l’ont rappelé à l’ordre, quand ils estimaient qu’il allait trop loin. Sa dernière trouvaille fut l’érection d’un mur qui sépare Israël des Palestiniens, mais qui isole ces derniers du reste du monde et empiète sur leurs terres. Les condamnations pour la forme des instances internationales n’y firent rien. Dans le même temps son armée, sous prétexte de chasse aux terroristes, assassinait des centaines de Palestiniens. Conscient que cette politique guerrière à la longue ne pouvait que rendre Israël de plus en plus faible économiquement , donc conduire à sa défaite, il décida dans les derniers temps de retirer les juifs de la bande Gaza. Ce retrait devenait urgent pour lui car le nombre de Palestiniens à Gaza est trop élevé. De plus, concéder à des modérés palestiniens un territoire pauvre, sans ressources et sans unité pouvait à bon compte faire figure «d’ouverture» vers la paix. Ce geste sans conséquence militaire donna à Sharon une aura d’homme de paix. Dans le même temps c’était un faire valoir pour tenter d’obtenir la paix côté palestinien. Mais il aura fallu malgré tout que les Palestiniens se battent farouchement pour que Sharon contraigne à céder ce bout de territoire.
C’est un représentant de la droite sioniste la plus teigneuse qui se retire de la scène politique internationale. Il accomplit toute son œuvre allant parfois jusqu’à la vraie boucherie pour tenter de soumettre le peuple palestinien. La paix n’a jamais été sa préoccupation. Mais seulement la domination de l’Etat d’Israël sur la population palestinienne et arabe.
Mumia Abu Jamal sera-t-il enfin entendu par la justice?
Le 7 décembre 2005, La Cour d’Appel Fédérale a donné une suite favorable aux recours de la défense de Mumia Abu-Jamal , journaliste noir américain incarcéré dans le couloir de la mort depuis 24 ans, accusé d’avoir tué un policier blanc en 1981. La Cour a accepté d’entendre les requêtes suivantes:
- Les droits bafoués de l’accusé;
- Le choix des jurés;
- La légalité de la procédure.
Au cours du procès d’Assises en 1982, le juge Sabo (décédé depuis lors, de triste mémoire pour avoir battu le record des exécutions) a condamné Mumia à la peine de mort sans tenir compte des droits élémentaires de l’accusé. L’enquête a été bâclée. Des témoins se sont rétractés en déclarant qu’ils avaient subi les pressions de la justice et de la police. Une majorité des jurés étaient des Blancs. Et dans un Etat aussi raciste que la Pennsylvanie, on sait ce que cela veut dire. Le juge Sabo qui a condamné Mumia a influencé les jurés en déclarant à ces derniers avant le vote qu’ils devaient se prononcer pour la peine de mort. Ce juge raciste appartenait à une organisation raciste (l’Ordre Fraternel de la Police), organisation à laquelle appartenait également le policier Faulkner dont Mumia est accusé d’être l’assassin.
C’est à partir de toutes ces irrégularités et du caractère raciste du procès, que la Cour a décidé d’entendre les requêtes. Les avocats doivent déposer leur mémoire le 17 janvier 2006.
Cette décision de la Cour fédérale représente une avancée, une petite victoire après 24 ans de procédures. Selon maître Robert Bryam, avocat principal de Mumia, il s’agit de la plus importante décision judiciaire concernant cette affaire, depuis la suspension de la sentence de mort prononcée en faveur de Mumia en décembre 2001. Mais Mumia n’est pas à l’abri d’une exécution. La partie civile a fait appel de la décision de la Cour. Si elle gagne, Mumia risque de nouveau l’exécution. Par contre, si la défense obtient satisfaction, il y aura révision du procès et Mumia pourra être entendu pour la première fois. Ce journaliste noir qui clame son innocence n’a jamais été entendu par les juges. Il a pourtant été condamné à mort. C’est grâce à la mobilisation internationale que son exécution a été reportée trois fois.
Face à une justice raciste, face à un Etat qui maintient la peine de mort, la vigilance s’impose. C’est en ce sens que les organisations qui soutiennent Mumia maintiennent la mobilisation et continuent de réclamer la révision du procès.
HAÏTI
Quand le patronat appelle à la grève
Lundi 9 janvier à Port-au-Prince les travailleurs n’ont pas trouvé de transport pour aller travailler, les marchandes ambulantes qui voulaient écouler quelques produits étaient incapables de le faire, les rues étaient «blanches». La circulation dans les rues de Port-au-Prince était rare, les propriétaires des magasins du centre ville avaient fermé leurs rideaux, les bus ne roulaient pas, les banques étaient fermées et les propriétaires des «supermarkets» n’avaient pas ouvert leur commerce. Les gérants des stations d’essence en majorité ne travaillaient pas et sur le parc industriel la plupart des entreprises étaient fermées.
C’était la réponse positive au mot d’ordre de grève lancé jeudi par le «secteur privé des affaires». Leur représentant, Réginald Boulos, président de la Chambre de Commerce, avait appelé à une «grève générale contre l’insécurité pour contraindre la Minustah (mission de l’ONU) et le gouvernement intérimaire à prendre les mesures qui s’imposent». Il a été suivi par l’ensemble des patrons, les banquiers, les brasseurs d’affaires de l’import-export.
Ce mouvement d’indignation des nantis face à l’insécurité fait suite à l’assassinat, jeudi à Pétion-Ville, d' Emmanuel Corneille, membre du groupe des 184 et chef de campagne dans le Grand Sud du candidat indépendant à la présidence Charles Henry Backer. Ce dernier est largement soutenu par les patrons et les possédants et cet assassinat a créé une grande émotion dans leur milieu, les médias ont joué leur rôle au service de leurs bailleurs de fonds et ont repris les appels des Boulos et compagnie.
L’annonce samedi 7 janvier de la mort du général Bacellar, commandant en chef de la Minustah depuis le 1er septembre 2005, qu’on dit « suicidé » mais dont les conditions de la mort restent suspectes, a relancé les appels à la mobilisation contre l’insécurité.
Durant la semaine précédente, des dizaines d’habitants des quartiers pauvres de Port-au-Prince ont été blessés lors d’attaques des gangs armés. Depuis la chute d’Aristide, des centaines de travailleurs, de pauvres ont été blessés, lors des attaques des hommes en armes, cela n’a jamais provoqué de réaction de la part du milieu des nantis et leurs acolytes.
Après avoir profité de la situation déréglementée pour faire des bénéfices rapides en spéculant sur les prix des denrées et autres produits de première nécessité, ou en spéculant sur le cours de la gourde, les possédants et les politiciens à leur solde se retrouvent face aux hommes de mains qui ont été lâchés sur la population laborieuse. Ils découvrent que l’insécurité peut aussi les toucher et appellent la population laborieuse à la rescousse. Ils oublient qu’ils sont les grands responsables de cette insécurité.
PORTO-RICO
Vers un nouveau référendum sur le statut?
Un nouveau référendum pourrait avoir lieu à Porto Rico sur le statut de l’île: Etat indépendant ou 51ème état américain. Actuellement, Porto Rico est «un Etat libre associé aux Etats-unis». Les Portoricains sont citoyens américains, mais ils ne peuvent pas voter lors des élections présidentielles américaines. Ils élisent un délégué au congrès américain, mais celui-ci n’a pas le droit de vote. Selon les sondages, l’option de l’indépendance n’obtiendrait que peu de suffrages.
Lors du référendum de 1999, 3% des votants s’étaient prononcés dans ce sens. Il reste le choix entre le statut actuel et celui d’Etat américain.
Ce n’est cependant pas un quelconque changement institutionnel qui changera le sort des travailleurs et des pauvres de Porto Rico. Le coût de la vie et le chômage y sont plus importants qu’aux USA, ce qui contraint de nombreux Portoricains à émigrer vers New York et le New Jersey (USA), pour y connaître un sort à peine meilleur, parfois pire.
Note
L’île de Porto Rico est située à 1610 km au sud-ouest de la Floride. La superficie du pays est de 8897 km2. Elle comprend deux autres petites îles: Vieques et Culebra, ce qui correspond au total à un territoire trois fois plus petit que la Belgique ou approximativement à la Corse (8680 km2). Par sa position géographique Porto Rico a toujours joué un rôle stratégique militaire pour les Etats-Unis.
USA
Morts pour le capital
Lundi 2 janvier, une explosion s’est produite dans une mine de l’Etat de Virginie, aux Etats-Unis. 13 mineurs sont restés bloqués, un seul a pu être retrouvé vivant, dans un état grave. La tragédie a été d’autant plus éprouvante pour les familles que la presse avait annoncé mardi 3 que 12 mineurs avait été retrouvés vivants, avant de démentir la fausse nouvelle.
La Virginie est un Etat minier, le plus pauvre des USA. Ce n’est pas la première fois qu’un tel accident se produit: en 2005, il y avait déjà eu trois accident mortels. La Virginie détient même le triste record du nombre de morts dans une explosion minière aux USA: 362 morts en 1907.
La mine où s’est produite l’explosion aurait dû être fermée: une experte en sécurité avait signalé l’an dernier plusieurs violations graves à la sécurité. Les autorités étaient au courant, mais avaient estimé que les violations étaient courantes dans ce secteur. Pour elles, la mine pouvait donc continuer à fonctionner. Pour les capitalistes, la vie des travailleurs n’a pas de valeur. Seul compte le profit.
Guadeloupe
Le ministre de la justice en vacances chez un ”mis en examen”
En ces fêtes de fin d’année, on a pu voir arriver en Guadeloupe presque incognito Dominique PERBEN, lequel est venu passer des vacances. Apparemment, l’actuel ministre de la Justice était l’invité de la famille KOURY, d’abord à Saint-François puis à Saint Barth.
Quand on sait qu’Eric KOURY est toujours mis en examen sur le dossier de la SATA Air Guadeloupe, on comprend qu’il tienne à soigner son invité.
En effet, on a pu voir Eric KOURY en personne, tout sourire, se charger du transport des bagages de PERBEN, ancien ministre des DOM-TOM.
A moins qu’il n’effectue, à l’avance, des TIG (Travaux d’Intérêt Général) en tant que bagagiste?
Air France. Le maître après Dieu
Le 20 décembre, à l’aéroport de Pointe-à-Pitre le commandant de bord d’un 747 d’Air France a voulu imposer aux agents chargés de l’enregistrement le surclassement en classe affaires d’une de ses proches.
Devant le refus du personnel qui ne faisait qu’appliquer les consignes de la compagnie, ce monsieur a promis de se venger. Il a fait remplir à ras bord les réservoirs de carburant, si bien que l’avion était trop lourd pour décoller. Il a alors tenté de faire débarquer les GP, puis les melons, ce à quoi le personnel s’opposa.
Finalement l’avion est parti avec deux heures de retard, et certains passagers ont eu la mauvaise surprise de ne pas trouver leurs bagages à Orly.
En tous cas, le personnel au sol lui a montré qu’il est peut-être maître à bord, mais qu’il doit cesser de prendre les autres pour des larbins.
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