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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 11 février 2006      N° 939

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À la Une

Éditorial

“Bienfaits du colonialisme”. Chirac démine le terrain! Mais sur le plan social rien de changé!

Comme il l’avait annoncé, Chirac a abrogé l’article 4 de la loi du 23 février 2005 sur les bienfaits du colonialisme et la nécessité de l’enseigner dans les écoles.
Peu après, il a annoncé la date choisie pour la célébration annuelle d’une journée nationale concernant l’esclavage. Ce sera le 10 mai.
Avec ces deux mesures, le gouvernement a désamorcé quelque peu le mécontentement qui s’était exprimé à l’annonce de l’arrivée de Sarkozy en décembre dernier. Des manifestations avaient alors contraint ce dernier à reporter son voyage. Aujourd’hui, Sarkozy, de nouveau mais aussi le Premier ministre De Villepin ont annoncé leur prochain passage aux Antilles-Guyane. Fabius aussi, de l’opposition «socialiste» et prétendant candidat aux présidentielles a annoncé son voyage. D’autres aussi viendront. La campagne électorale des présidentielles a pratiquement commencé et c’est évidemment dans un contexte de pêche aux voix que les ministres et autres leaders viendront. C’est aussi compte tenu d’un tel contexte que Chirac a tenté d’apaiser les choses en direction de la communauté noire de France. La révolte des banlieues de novembre dernier avait en effet mobilisé un grand nombre de jeunes immigrés d’origine antillaise et africaine.
Cependant, les mesures de Chirac ne suffiront pas à éliminer le racisme et la xénophobie de la politique de la droite française. Car ce sont bien des députés UMP qui ont voté la loi du 23 février 2005. Ce sont bien ces députés de la majorité chiraco-sarkozienne qui font de la surenchère depuis des années par rapport à l’extrême droite raciste de Le Pen pour tenter de gagner les voix de l’électorat d’extrême droite.
Ici aux Antilles, cette politique est menée par des gens comme Ibo Simon, Yoyotte, Octavie Losio, Huguette Fatna qui font de la xénophobie anti haïtienne et anti immigrés un fond de commerce électoral et politique. Ces gens là se félicitent des mesures prises par Sarkozy contre les immigrés. Et Sarkozy multiplie les déclarations, et entrevues sur le sujet avant son voyage aux Antilles en direction de ce milieu et sachant bien que le sujet y est sensible. Tout comme en France, Sarkozy cherche à satisfaire aux Antilles un électorat issu en partie du petit peuple, des couches populaires défavorisées. Mais les plus nombreux activistes xénophobes sont surtout des gens issus de diverses couches de la petite-bourgeoisie (commerçants, transporteurs, petits entrepreneurs, restaurateurs et autres petits notables) en manque de réussite ou de pouvoir. Ce sont surtout ces gens-là qui entretiennent un climat de xénophobie en organisant une propagande permanente qui pointe du doigt les immigrés comme étant les responsables de leurs malheurs.
Et ce n’est pas sur sa politique populiste que Chirac et Villepin s’opposent à Sarkozy. Bien au contraire ils cherchent à en tirer parti. Ils ne s’opposent qu’à sa candidature à la présidence au nom d’une autre coterie dirigeante.
Il faut donc s’attendre à ce que lors de leur passage aux Antilles, Villepin, Sarkozy ou d’autres de la droite rivalisent sur le même registre. Ils joueront sur la fibre régionaliste, comme Bayrou, chef de l’UDF, vient de le faire lors de son séjour. Mais leur politique, c’est celle du «tout précaire» de la droite avec les CNE et CPE (contrats nouvelle embauche et contrats premier emploi), mais aussi celle de la gauche quoi qu’elle en dise! Ils offrent aux patrons des travailleurs taillables, corvéables et jetables à tout moment, des exonérations et facilités fiscales de toutes sortes pour les riches, la protection des énormes profits des grosses sociétés, la timidité des mesures face à plus de 30% de chômage.
Quant à la «gauche socialiste» et autres Fabius, ils avaient bien commencé le travail lorsqu’ils étaient au pouvoir. Et cette gauche qui veut revenir au pouvoir ne s’engage même pas à revenir sur les mesures de la droite qui ont fait baisser le niveau de vie (sur les retraites, les contrats de travail, les privatisations de services publics, etc.).
Il y a donc bien des raisons de manifester d’une manière ou d’une autre contre la politique de tous ces prétendants à la présidence de la république, qu’ils soient de droite ou de gauche.



Grèves et manifestations du 2 et 7 février. En ordre dispersé: une stratégie secrète?

Six organisations syn-dicales de la fonction publique (CFDT, FSU, CFTC, FO, UNSA, CGT) avaient appelé à une grève et à des manifestations le jeudi 2 février, en particulier pour la hausse du pouvoir d’achat des fonctionnaires. Le mouvement a été relativement bien suivi en France, avec plus de 100 000 manifestants dans les principales villes. En Guadeloupe, trois syndicats enseignants ainsi que l’UNEF (syndicat étudiant) avaient appelé à un rassemblement contre les suppressions de postes et le manque de moyens dans l’éducation, qui a regroupé plusieurs centaines de personnes. En France, les mêmes organisations ainsi que le syndicats étudiants et lycéens appellent à manifester le 7 février contre le contrat Premier Emploi, une des dernières attaques du gouvernement contre les travailleurs. Ces revendications sont justes, les attaques du gouvernement contre les salariés continuent de tomber à un rythme effrayant. Il est plus que jamais impératif que les travailleurs relèvent la tête pour y répondre énergiquement.
Mais c’est là que le bât blesse: quelle est la stratégie des syndicats? Est-ce leur façon de renforcer le mouvement quand ils appellent ainsi à deux manifestations séparées de cinq jours? Pensent-il qu’après ces deux phases «d’entraînement», un mouvement d’ensemble va surgir qui pourra répondre efficacement aux coups conjugués du patronat et du gouvernement? On peut douter de leur volonté d’organiser un véritable plan de lutte clair et compréhensible par tous les travailleurs. Plan qui redonnerait confiance et relèverait le moral de tous.
Cela dit, il est indispensable de répondre le plus nombreux possible à ces appels même si l’attitude des syndicats n’est ni très claire, ni très cohérente. C’est en étant massivement présents dans les rues, et nombreux comme grévistes dans les entreprises, que les travailleurs pourront les contraindre à une autre attitude, plus combative.



Manifestations contre le CPE

De nombreuses manifestations sont prévues en France le 7 février contre le contrat premier emploi. Le premier ministre de Villepin s’égosille à expliquer que c’est une loi très positive. Son seul argument: «c’est mieux que rien», ne convainc pas. Partout les travailleurs s’indignent de ce contrat généralisé aux entreprises de toutes tailles avec une période d’essai de 2 ans. «C’est pire qu’un contrat à durée déterminée», déclare une jeune travailleuse, «puisqu’on ne sait même pas combien de temps on va travailler». Les syndicats étudiants appellent à manifester contre cette nouvelle attaque du gouvernement contre le code du travail. En Guadeloupe, le 2 février les manifestants enseignants et surtout étudiants ont crié des slogans contre cette loi scélérate pour exiger son abrogation.
DH: les manifestations en France!
De nombreux jeunes ont manifesté dans les rues en France accompagnés de travailleurs plus âgés. Au total les syndicats revendiquent un ensemble de 400 000 manifestants pour réclamer l’abandon du CPE.
Ces manifestations n’en resteront pas là, souhaitons-le! Car il faudra bien plus d’efforts pour faire reculer Villepin et son gouvernement avec ses mesures organisant la précarité sur le long terme.



Fin de la grève aux Abymes

Après 15 jours de grève des agents affiliés à l’UNSA et certains dissidents de l’UTC-UGTG, un accord a été signé le 30 janvier et le travail a repris le mardi 31 janvier.
Des négociations avaient déjà eu lieu le 24 et en l’absence du maire, il n’y a eu aucune signature du protocole d’accord.
Les revendications portaient sur l’application de dispositions légales, à savoir la signature d’arrêtés restés en souffrance, la nomination des agents qui avaient réussi à des concours ou examens, le remboursement du trop perçu de la CSG, l’application de la NBI (nouvelle bonification indiciaire), la notation 2003, 2004, 2005, le fonctionnement normal du CTP (comité technique paritaire). Dans ce comité se décide l’avancement des agents et la possibilité pour eux d’être augmentés. Pourtant le maire s’est vanté sur les ondes du bon fonctionnement de sa mairie. Mais tous ces dysfonctionnements pénalisent financièrement les agents.
L’accord signé est un engagement du maire à régulariser la situation des agents, à régler le problème de la notation, faire fonctionner le CTP au moins deux fois par an comme le prévoit la loi, rembourser le trop perçu de la CSG. Un comité de suivi a été mis en place pour le respect de l’accord.
Encore une fois les agents ont dû se mobiliser pour obtenir le respect de dispositions légales alors que le maire disait qu’ils n’avaient pas de revendications.




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