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Guadeloupe
Cabotra: un patron à mettre à la raison
Mécontent que deux travailleurs aient fait prévaloir avec véhémence leurs droits lors des élections de délégués du personnel le 5 janvier au sein de l’entreprise, le patron Boudinier les a licenciés. Le 15 février pour protester contre ces licenciements, des travailleurs de la Cabotra affiliés à l’UTPP-UGTG se sont mis en grève et ont tenté de s’adresser aux autres chauffeurs. Estimant qu’on a bloqué l’entrée de l’entreprise, le patron a fait intervenir les gendarmes qui ont procédé à l’arrestation des 2 licenciés. Il a aussi porté plainte auprès des tribunaux pour grève illégale. Mais les chauffeurs de Cabotra n’ont pas dit leur dernier mot.
Le Moule
La commémoration du 14 février
Cette année encore et ce depuis déjà un certain temps, la tuerie du 14 février 1952 a été bien commémorée au Moule. Ce jour-là, il y a 54 ans, pour se venger de la résistance des ouvriers et paysans du secteur canne sucre rhum en grève et après les avoir harcelés, dans tout le pays, dans les champs de canne à sucre à coups de grenades lacrymogènes, les CRS ont occupé la ville du Moule le 11 février. Le 14, devant la colère de la population, outrée par leurs comportements, qui commençait à s’organiser en érigeant des barricades, ils ont déclenché la tuerie de la population sans armes. Il y eut officiellement 4 morts et 14 blessés.
Cette tuerie coloniale n’était pas la première ni la dernière. Toute la première moitié du 20ème siècle est jalonnée de tels massacres à l’ouverture de la récolte cannière où les ouvriers et petits planteurs firent grève pour leurs salaires et le prix de la tonne de canne. Le dernier en date, cette fois à l’issue de la grève des ouvriers du bâtiment, a eu lieu en 1967 et il y a eu 80 morts et des dizaines de blessés. Le colonialisme n’hésitait pas à tirer chaque fois que les colonisés osaient lever la tête et dire non à l’exploitation et à l’oppression coloniales.
Cette année, contrairement à l’année dernière, cette commémoration s’est faite en ordre dispersé et en fête. Des politiciens de tout bord, de droite comme de gauche, ont été invités. Une association créée pour la circonstance par madame le député maire Louis-Carabin et celle des indépendantistes, qui est à l’origine de la mise en place de cette manifestation, se sont retrouvées pour fêter l’événement. Les syndicats, organisations et partis politiques se réclamant de la classe ouvrière n’ont pas été invités cette année, contrairement aux années précédentes.
Les camarades de Combat Ouvrier du Moule ont assisté au dépôt de gerbe au pied de la stèle devant le cimetière, manifestation organisée à 16 h par les camarades de la CGTG. Le secrétaire général de la confédération, J.M. Nomertin, a rappelé à ceux qui étaient présents ce qui s’était effectivement passé ce jour-là. Le sang de la population, des ouvriers du Moule a coulé parce qu’ils réclamaient un salaire minimum de 100 F de l’époque alors qu’en France ce salaire était autour de 500 F. Il a rappelé tout le sens de cet épisode de lutte du mouvement ouvrier.
Martinique
2 millions pour la SODEM. Quel contrôle?
A un détour d’une séance plénière du Conseil général, le jeudi 2 février, il était question de la participation du Conseil Général à un plan de redressement de la SODEM, société d’équipement de la Martinique. Cette société d’économie mixte, spécialisée dans l’aménagement et l’équipement public, en est à son troisième plan de redressement depuis qu’elle a été créée il y a 40 ans.
Cette fois-ci, pour pouvoir poursuivre son fonctionnement, la SODEM, par l’intermédiaire de son président, Pierre Suédile, élu PPM, demandait au Conseil Général une rallonge de 2 millions d’Euros.
Cette demande de refinancement a, semble-t-il, provoqué un vif échange, entre certains conseillers généraux. Yann Montplaisir, pour la droite, jugeait «irresponsable de dépenser des fonds publics comme ça». D’autres élus, notamment le représentant de la commission permanente du Conseil Général, le conseiller PPM, Claude Cayol, ou celui du conseiller du Modemas (Mouvement des démocrates et écologistes pour une Martinique souveraine), Marcelin Nadeau, se chargeaient de lui répondre tout en se montrant plutôt favorables à une nouvelle contribution du Conseil Général. Nadeau pour sa part déclarait qu’il «ne partageait pas ses valeurs».
Après ces joutes oratoires qui se déroulent bien loin de la population, le Conseil général dans sa majorité, vota une nouvelle participation de 2 millions d’euros, dont 1,6 millions au titre d’abandons de créances sur les opérations de l’Atrium et du centre administratif départemental.
Depuis 2002, le Conseil général a déjà injecté 6 millions d’euros dans cette société.
Il y a une vingtaine d’années, lorsque le Conseil général était constitué d’une majorité d’élus de droite, ce sont eux qui votaient des subventions à la SODEM, et la bonne utilisation de cet argent public avait d’ailleurs été contestée en justice.
Aujourd’hui, P.Suédile, Cayole ou Nadeau croient avoir le beau rôle et jouent aux défenseurs des opérateurs publics à l’opposé de financement venant de capitaux privés. Mais de réels défenseurs de l’argent public commenceraient par rendre publics et transparents pour tous les comptes de cet organisme dont le capital est réparti entre le Conseil général et le Conseil régional qui financent à raison de 37% du capital chacun, la Caisse des dépôts et consignations (Institution financière publique) finance plus de 18%, le reste soit 1,26% venant des communes.
Ces gens là sont des simples gestionnaires de fonds publics, certes, mais ils ne sont sûrement pas des défenseurs des intérêts du public et particulièrement de ceux des masses populaires. Ce n’est que si la population exige des comptes sur l’utilisation des fonds publics qu’elle pourra en savoir plus sur les choix des élus et sur ceux qui en profitent.
Martinique
Boutiques Mini Maxi sarl: un petit patron de combat à “rectifier”!
Le 14 février dernier les femmes salariées des 5 boutiques de MINI MAXI SARL: minimod maximod, Oscar Luigi, Espace promotions de la rue Blénac, Espace promotions de la rue Antoine Siger et Phéolia, commençaient un mouvement de grève avec leur syndicat CGTM-FSM.
Voilà près de 15 ans que ces salariées n’avaient pas fait de grève. Mais la coupe est pleine. Le gérant de ces 5 boutiques, Georges Ben Soussan, est un vrai exploiteur qui verse des salaires de misère et cherche constamment à casser le moral des salariées.
Depuis des années, il n’y a aucune augmentation de salaires, pas de formations pour les salariées, pas de qualifications. Cet employeur refuse les réunions avec les représentants du personnel. Même l’inspection du travail, saisie de ces méfaits, doit faire face à son arrogance et son mépris.
Certaines boutiques n’ont pas de vestiaires ni de toilettes et le gérant exige que les salariées déposent leurs effets dans un autre établissement qu’il possède. Elles doivent même demander la permission pour se rendre aux toilettes. Comme ces femmes lui résistent cet employeur n’hésite pas à leur dire «vous êtes des pisseuses», des «guenons», «je suis venu en Martinique pour faire de l’argent et je n’ai rien à foutre des salariés».
En moins d’un an, on compte une dizaine de licenciements. Les responsables de magasins subissent le même sort, 25 se sont succédés en deux ans. Et, comble de cynisme, on peut lire sur le comptoir de l’une des boutiques l’annonce suivante «recherche responsables magasins, responsable adjoint, chef de rayon, vendeuse, caissière, expérience exigée, poste stable».
Ce qui a fait déborder le vase, c’est la procédure de licenciement engagée contre deux salariées dont une déléguée du personnel également représentante du personnel dans la procédure devant le tribunal de commerce.
Ces boutiques rapportent beaucoup d’argent, alors pourquoi Ben Soussan les a-t-il mises en redressement judiciaire? Le 7 mars prochain, le tribunal de commerce doit décider la poursuite de l’activité ou la liquidation des boutiques. Il parait que ce patron ne paie pas les taxes salariales, il les empoche donc et menace de mettre tout le monde à la rue.
Le vendredi 17 février les salariées étaient toujours mobilisées devant les boutiques. Le patron est entré dans l’une d’elles et a baissé le rideau métallique pour obliger les grévistes assises sur le rebord du magasin à se lever. Dans une autre boutique, il a poussé de son pied celui d’une salariée en lui disant «mettez votre pied hors de ma boutique». Ce patron a beau avoir reçu de la mairie de Fort-de-France un premier prix de l’accueil, l’envers du décor est pourri.
Il y a d’autres patrons de ce type dans les boutiques de Fort-de-France où travaillent en majorité des femmes.
Les travailleuses des boutiques MINI MAXI SARL ont commencé à se mobiliser pour mettre fin à une dictature et à un mépris incroyable.
Sainte-Rose
Grève de Danone: le coup en traitre de Delavigne a été déjoué
Les travailleurs de Danone sont en grève depuis le 7 juin 2005. Convoqué le mardi 31 janvier par le directeur de cabinet du préfet, De Lavigne patron de Danone-Guadeloupe a semblé faire un geste devant les grévistes. L’UGTG, les ouvriers et chauffeurs d’une part et le gérant et propriétaire Delavigne de l’autre se sont mis d’accord pour que les 21 ouvriers aient une augmentation de salaire de 4,07%. Les 9 chauffeurs, eux, comme le prévoit la convention collective de branche, percevront un fixe de 1600 euros plus une commission.
Il avait aussi été décidé de procéder à un audit concernant les heures supplémentaires effectuées et non payées depuis l’année 2000. Le résultat de l’audit devait être présenté aux Prud’hommes qui statueraient. Il était prévu que ce conseil se prononce également sur le paiement des jours de grève et sur le temps de pause.
Par ailleurs les deux parties s'étaient mises d’accord pour la levée des poursuites pour fait de grève qui frappent déjà les travailleurs.
Les deux parties s’étaient engagées à rédiger chacune de leur côté un protocole d’accord de fin de conflit. Ce qui fut fait le vendredi 3 février. Restait maintenant à faire une synthèse des deux. La fin du conflit semblait proche à ce moment. Mais dans sa rédaction Delavigne voulait que tout soit signé «pour solde de tout compte». Les travailleurs ne voulurent pas accepter cette phrase qui leur lie les mains.
Delavigne ne céda pas. Mieux le 15 février il fit venir des yaourts de France pour les vendre dans les supermarchés de ses copains à des prix promotionnels. Ce coup de force déclencha la colère des travailleurs en lutte depuis le 7 juin. Le lendemain aux aurores des barrages routiers furent dressés par les grévistes, unis aux précaires du collège de Bebel et aux militants de l’association «Madice» de La Boucan. La circulation fut entravée sur la nationale non loin de la zone de Jaula où se situe l'usine de Danone. Lors du déblaiement de la chaussée vers 8 heures du matin la gendarmerie interpella 3 militants syndicalistes dont Gaby Clavier dirigeant de l’UGTG. Ils furent libérés dans l'après midi après une procédure judiciaire déclenchée contre eux.
Cette provocation supplémentaire de la part de ce béké a énervé les travailleurs mais n'a pas entamé leur détermination à lui imposer leur droit.
Extraits du bulletin “Echos des hôpitaux” (Guadeloupe)
ADMISSIONS: UNE FAÇON COMME UNE AUTRE DE COMMANDER
A l’heure de la concertation, de briefing, notre chef a choisi de communiquer…. par consigne.
Les consignes 20 et 21 sont en circulation sans qu’on ait eu vent des 19 premières.
Il semble que le 22 est en confection avec comme objet «allez vous faire voir ailleurs».
MÉDECINE B EN GRÈVE
Le personnel de médecine B est en grève depuis le 24 janvier. Il réclame du matériel de travail, des effectifs, dénonce la pénibilité du travail, la mauvaise organisation et le manque de lits. Il réclame un chef de service. Cela fait des années que la situation dure. Ces travailleurs doivent bénéficier du soutien de tout le personnel.
D’autant que ce sont des revendications de bien d’autres services.
Extrait du bulletin “plantation en lutte” (Guadeloupe)
FAUX GROSSIER
Plus de 1000 ouvriers ont été licenciés par les planteurs depuis un peu plus de 2 ans. Sans compter les emplois indirects qui ont été supprimés. La production est tombée à 45 000 tonnes de bananes ( 25 000 selon certaines sources). Et pourtant les patrons continuent d’affirmer qu’il y a plus de 15 000 emplois directs et indirects dans la banane. Ce sont ces mêmes chiffres qui ont été publiés en 1996. Comme quoi il n’y a pas eu de licenciements dans le secteur depuis 1996. Alors pourquoi ce faux grossier? Peut-être pour obtenir encore plus d’argent des pouvoirs publics.
Extrait du bulletin “sucrerie en lutte (Gardel)”(Guadeloupe)
L’AUTRE VISAGE DE TRESSENS
Le directeur du parc matériel montre un visage sympathique quand il fait préparer des collations, des pots à l’habitation où il invite les agriculteurs. Mais ces petites fêtes ont un revers, le directeur ne remplace pas les départs à la retraite. Et maintenant il ne reste plus que 70 salariés agricoles pour entretenir 980 hectares de terre là où ils étaient 135 à travailler.
Extrait du bulletin “chantiers en lutte” (Martinique)
LA MAGOUILLE CELA EXISTE AUSSI DANS LA METALLURGIE ALORS…
Dans la métallurgie, il y a des patrons qui prennent un malin plaisir à garder une partie de notre salaire dans leur coffre-fort.
C’est ainsi que dans une entreprise depuis des années nous n’avons pas touché notre 13ème mois. Et à l’époque, notre patron avançait comme prétexte qu’il avait des difficultés financières.
C’était du bluff, car nous voyons bien que ce monsieur a toujours roulé sur de l’or avec les profits amassés sur notre dos. Il serait temps de réagir pour réclamer notre droit et des augmentations de salaire.
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