logo COMBAT OUVRIER
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 25 mars 2006      N° 942

Sommaire   >   Page suivante   >   Accueil   >   Archives   >   e-mail  

À la Une

Éditorial

Non au CNE, CPE! Mettre un coup d’arrêt à la précarité généralisée

Les manifestations contre le CPE prennent de l’ampleur en Martinique, Guadeloupe et en France. Mais le million de manifestants déployé samedi 18 dans toute la France n’a pas encore fait cédé Villepin. C’est pourquoi les confédérations syndicales ouvrières ont décidé d’organiser, le mardi 28 mars, en liaison avec les organisations étudiantes et lycéennes une «journée d’action avec arrêts de travail, grèves et manifestations». Les jeunes étudiants et lycéens et tous les jeunes travailleurs ont intérêt à se préparer à manifester le plus massivement possible ce jour là. Combat ouvrier appelle tous ses militants et sympathisants à y participer et à participer à toutes les autres manifestations qui auront lieu contre le CPE et le CNE avant et après le 28 mars.
Car si le CPE a été le détonateur, il n’est pas seul en cause. Le CNE (Contrat Nouvelle embauche) contient la même disposition inacceptable d’une période d’essai de deux ans pendant laquelle l’employeur peut licencier un salarié quel que soit son âge, sans même avoir à lui donner une raison.
Plus généralement ces deux mesures de Villepin s’inscrivent dans la longue suite des «contrats» aidés en tous genres et des facilités données aux entreprises depuis des années pour multiplier le recours à l’intérim et les contrats à durée indéterminée qui font que la précarité s’est généralisée. Au lieu de nous faire sortir du cycle des petits «jobs», Villepin les légalise à outrance. Dans nos îles avec près de 35% de chômeurs réels, environ 50000 dans chacune d’elle, le chômage est une vraie plaie sociale. On n’en sortira pas avec ces contrats précaires. Et le CNE/CPE est un contrat encore plus précaire que le CDD. Désormais, le même employeur, en passant par un CNE pourra se séparer de son salarié quand bon lui semble durant les deux premières années, avec une simple période, courte, de préavis (quinze jours si le salarié a entre 1 et 6 mois d’ancienneté, un mois si le salarié a entre 6 mois et 2 ans d’ancienneté.
Aujourd’hui, la plupart des travailleurs précaires, parce qu’ils enchaînent des contrats de travail très courts de façon discontinue, n’ont pas accès aux allocations chômage: seulement une personne sans emploi sur deux est indemnisée par l’UNEDIC.
Le patronat et le gouvernement osent affirmer que c’est la mauvaise santé de l’économie qui rend de telles mesures indispensables. C’et un mensonge. Pour les patrons, pour les actionnaires, l’économie se porte très bien. Les grandes sociétés ne cessent d’annoncer des profits record et de distribuer des dividendes en proportion. Mais ces profits, c’est sur le dos des travailleurs qu’ils sont réalisés. Les salaires bloqués, la dégradation des conditions de travail et de vie, la généralisation de la précarité, le chômage de masse, tout cela est la conséquence de la rapacité patronale et de la politique menée par tous les gouvernements qui se sont succédé depuis trente ans et qui ont tous œuvré au service du patronat.
Depuis des années, les différents «contrats aidés» nous dit-on sont proposés pour réduire le chômage. Et le chômage augmente! Il en est ainsi parce que les patrons n’embauchent pas comme ils devraient le faire. Pour sauvegarder leurs profits ils préfèrent augmenter le rendement ou les heures de travail plutôt que les réduire et embaucher de nouveaux salariés. Mais les rares qui embaucheront ne prendront pas des CDI (contrat à durée indéterminée) mais un CNE ou un CPE car ce sera tout bénéfice pour eux puisqu’ils sont exonérés des cotisations sociales.
Le CNE et le CPE ne concernent pas seulement les jeunes et leur avenir. Il concerne l’ensemble du monde du travail. Si on laisse le gouvernement et le patronat continuer à démolir le code du travail, ils chercheront encore à élargir ce type d’emplois précaires.
Mais ce dont les jeunes et l’ensemble des travailleurs ont besoin, ce sont de vrais emplois, durables, correctement payés permettant d’envisager un avenir digne, de mener une vie décente et épanouie.
Or ce système social régi par une minorité de capitalistes qui s’enrichit sur le dos de l’immense majorité des salariés ne nous offre qu’une vie médiocre, un avenir bouché. Il faut le combattre. Et déjà il faut mettre un frein à la précarisation généralisée de l’emploi et de notre vie!



Les manifestations anti-CPE en Martinique et en Guadeloupe

En Martinique
Plus de 500 lycéens et étudiants ont manifesté contre le Contrat Première Embauche (CPE) vendredi 17 mars à Fort de France, Marin et Trinité, autour de syndicats lycéens et étudiants. Avec eux se trouvaient des syndicats enseignants tels le SE, l’UNSA. Comme en France et en Guadeloupe la veille, ils ont protesté contre ce dispositif du gouvernement qui offre une possibilité de plus au patronat dans le domaine de la flexibilité et de la déréglementation du Code du travail. Les slogans tels que Contrat Précarité Eternelle, Contrat Pour Exploités ou encore Contrat Premières Emmerdes montrent que les jeunes ont très bien compris ce qui les attend si toutefois ce projet passe.
Le lendemain samedi, les syndicats de salariés dont la CGTM avaient appelé à une manifestation avec les lycéens et étudiants. La CGTM avait dans la semaine distribué des centaines de tracts, en direction des syndiqués mais aussi en direction des lycées, les invitant à une rencontre qui a eu lieu le samedi matin à 9 heures à la Maison des Syndicats.
Représentants des lycéens, des syndicats, tels la CDMT, FO, la CGTM-FSM et la CGTM se sont retrouvés ensemble dans les rues de Fort de France.
A l’issue du défilé, de retour à la Maison des Syndicats, un bilan a été fait par la CGTM avec ses camarades, et par les jeunes. Ils ont convenu de maintenir et de renforcer la mobilisation jusqu’au retrait du projet.
Le gouvernement a beau clamer que c’est le chômage des jeunes sa préoccupation, ces derniers se rendent bien compte que cela est faux. Car il suffit d’écouter Renaud Dutreil, membre du même gouvernement qui avoue que «le CPE est un contrat flexible que le gouvernement offre au patronat» pour comprendre que c’est ce dernier qui constitue sa vraie préoccupation.

En Guadeloupe
Il y avait eu bien de petites manifestations il y a quelque temps comme celle des lycéens de Morne à l’eau, mais ce n’est que depuis jeudi 16 qu’elles ont pris de l’ampleur. Ce jour là au matin les étudiants de l’université de Fouillole et les lycéens de Baimbridge s’étaient donné rendez vous pour manifester. Ils défilèrent à près d’un millier avec ceux du lycée de Providence venus les rejoindre. La journée du 18 ne fut pas un succès en raison du manque de préparation et d’information. Seuls une centaine de militants syndicaux et quelques lycéens et étudiants se sont retrouvés à la mutualité de Pointe à Pitre. Par contre, lundi matin il y eut de nouvelles manifestations des lycéens de Baimbridge, à Pointe à Pitre. A Petit Bourg, les lycéens ont tenu un meeting le matin devant les portes et une soixantaine ont défilé ensuite dans les rues de la commune. Les lycéens de Sainte-Rose et de Sainte Anne ont aussi arrêté les cours et manifesté. Vers midi, plusieurs centaines de lycéens se sont retrouvés à l’université aux côtés des étudiants pour élire une coordination. Ils ont appelé à manifester le lendemain mardi 21 dans les rues et à un grand rassemblement sur la place de la victoire. Près de deux mille d’entre eux se sont retrouvés sur cette place avant qu’une délégation soit reçue par le sous préfet. Une coordination plus large est prévue avec l’ensemble des lycées de la Guadeloupe en vue de préparer la grande mobilisation du mardi 28 mars. Par ailleurs, plusieurs organisations politiques et syndicales devaient se rencontrer mardi 21 dans la soirée pour envisager d’autres manifestations unitaires en liaison avec les lycéens et les étudiants.



Guadeloupe
Banane. Le programme de licenciement se poursuit comme en Martinique

«Les producteurs de Guadeloupe» continuent à détruire les emplois. C’est le cas notamment de la SARL Dumanoir et de la SARL Montebello qu’on essaie de fermer pour licencier près de 80 camarades. Rappelons que depuis 1999 ce sont plus de 850 camarades qui ont été ainsi licenciés sur les 1489 déclarés à la Sécurité sociale. Sans compter les camarades non déclarés que les planteurs exploitent et licencient en toute tranquillité.
En Martinique c’est la même politique de destruction des emplois qui continue: 10 exploitations ont fermé en 2005 et d’autres sont sur le point de l’être en 2006. On commence par la mise en redressement judiciaire pour finalement aboutir à la liquidation et donc aux licenciements de centaines de travailleurs. Et à la réouverture on impose une aggravation des conditions de travail. C’est ainsi que certains planteurs veulent rendre obligatoire le travail du samedi et du dimanche quand ils en font la demande aux salariés.
On veut nous ramener, nous travailleurs de la banane, à des dizaines d’années en arrière.



Martinique
Des requins qui ne respectent rien

Dans la métallurgie, les patrons se croient tout permis. C’est ainsi depuis quelque temps certains d’entre eux comme au Bassin de Radoub se permettent de faire travailler des ouvriers le samedi et même les dimanches et jours fériés.
Avec toutes les portes qui leur ont été ouvertes par les gouvernants successifs, ces requins pensent avoir les mains libres pour exploiter à outrance les travailleurs. Jusqu’à ce que ces derniers se mettent vraiment en colère.




Sommaire   >   Page suivante   >   Accueil   >   Archives   >   e-mail  

Copyright © 2001-2005 Combat Ouvrier - Tous droits révervés aux militants.

Valid XHTML 1.0! Valid CSS!