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Débat télévisé sur la départementalisation
A l’occasion de l’anniversaire du vote de la loi d’assimilation, RFO a organisé un débat télévisé entre des intervenants de la Martinique et de la Guadeloupe. Les invités en Guadeloupe étaient des politiciens de la droite telle L.Michaux Chevry et Edouard Boulogne, des représentants des patrons, tel J.F. Rosan et un indépendantiste, R. Thésauros. Pour la Martinique, étaient invités, l’historienne et élue du camp patriotique MIM-CNCP à la Région, M.H.Léotin, la secrétaire générale de la CGTM, notre camarade G.Joachim-Arnaud, un représentant d’une organisation humanitaire, un pharmacien contestataire.
Si le but de ce débat, était de faire parler des acquis de la départementalisation avec l’idée de redorer le blason d’une administration française largement critiquée lors du précédent débat public sur les «bienfaits de la colonisation», l’opération de réhabilitation de RFO a été ratée!
Toutes les déclarations des intervenants dans le débat ont montré les insuffisances du système actuel. Les arguments n’ont pas manqué pour démontrer qu’on en est encore aujourd’hui à réclamer l’égalité des droits notamment dans le domaine social où les Conventions Collectives ont toutes les peines du monde à s’appliquer par la simple volonté d’un patronat retors a expliqué Ghislaine Joachim-Arnaud.
D’ailleurs les différents intervenants sur le plateau de RFO en Martinique ont paru être sur la même longueur d’onde sur toute la partie du débat consacrée à l’histoire de la départementalisation quant au rôle joué par les élus pour présenter la loi. Les acteurs les plus cités furent bien entendu Aimé Césaire et Léopold Bissol, tous les deux députés élus de la section martiniquaise du parti communiste français, porteurs de la loi controversée.
Notre camarade Ghislaine Joachim-Arnaud expliqua que si la départementa-lisation est aujourd’hui revendiquée par les tenants du pouvoir ce n’est pas de gaîté de coeur que leurs prédécesseurs l’accordèrent. Mais c’est surtout parce qu’au sortir de la guerre il était important pour la bourgeoisie française de relancer l’économie et les affaires sans pour autant avoir à affronter les travailleurs sur le terrain de la revendication sociale alors même que des milliers de gens étaient encore en possession des armes qui leur avaient servi dans les maquis de la résistance! Elle l’a fait en s’appuyant sur l’exemple du Parti communiste Français dont les militants avaient joué un rôle important dans la résistance lors de la guerre. C’est ainsi que s’explique le poids du PCF et de ses propositions dans le gouvernement et au parlement français. Ce PCF a malheureusement usé de sa popularité pour se faire un auxiliaire de la politique bourgeoise au nom d’une politique d’union nationale. C’était l’époque du «produire d’abord, revendiquer ensuite» et de «il faut savoir terminer une grève» lancés par Maurice Thorez et le PCF. Ces derniers ont pesé de leur poids pour limiter voire casser les grèves et faire la police au sein du mouvement ouvrier.
Aux Antilles le pas de la “départemetalisation” fut franchi par l’Etat français sous la pression de luttes sociales importantes, pour maintenir la «paix sociale» autant que pour répondre aux exigences des couches populaires des «quatre vieilles colonies». Celles-ci aspiraient à l’époque à l’égalité sociale avec la France pour faire reculer la pauvreté et la misère, héritages des «bienfaits de la colonisation».
Un autre point important de ce débat fut la question des perspectives. La conseillère régionale du MIM-CNCP évoqua que la nouvelle période de relation avec l’Etat français pourrait s’établir sous l’angle d’une «coopération» équitable.
Pour exemple de coopération elle évoqua: «notre banane…», à qui, dit-elle, la France devrait offrir un autre traitement dans une relation de coopération. Ce faisant elle prenait fait et cause pour des producteurs capitalistes sans scrupules qui eux n’ont aucun égard quant aux droits des travailleurs qu’ils foulent aux pieds quotidiennement.
D’ailleurs l’échange qui suivit permit à Ghislaine Joachim-Arnaud de conclure sur le fait que l’avenir des populations qui vivent la pauvreté, la misère et le chômage ne trouvera certainement pas d’issue dans le cadre d’un statut fusse-t-il autonome ou indépendant. Elle acheva son propos en expliquant que la source des inégalités se situait dans le modèle économique capitaliste qui privilégie l’appropriation des richesses par les patrons, les rentiers et les banquiers et que c’est contre cette société là que la lutte doit être menée.
Ambition réussite? Non! Démagogie et tromperie!
Le ministère de l’Education nationale française aurait décidé de s’intéresser au problème des élèves en difficulté. Il a donc décidé de lancer l’initiative « Ambition réussite » dans les collèges. Il s’agirait de donner des moyens à ces établissements pour que les élèves soient mieux encadrés. Il s’agit d’une énième mesure après les Zones d’Education Prioritaire (ZEP), etc.
En Martinique, le recteur est allé vanter sur les radios et télévisions les mérites de cette mesure qui devrait entrer en application dès la rentrée prochaine. Sur une liste de 249 établissements, huit collèges de Martinique figurent. 21 enseignants triés et 63 assistants pédagogiques viendraient compléter le dispositif. A l’écouter parler des différentes rubriques de son catalogue, Gilles De Robien aurait trouvé la solution.
En fait, il ne s’agit que d’une opération de communication pour masquer les insuffisances dont souffre l’Education nationale. Car ministre et recteurs ne parlent pas des suppressions de postes par milliers qui touchent les différents corps d’enseignants: 2083 dans le second degré sur le plan national, 44 dans le second degré et 27 dans le premier degré en Martinique pour la rentrée de septembre 2006. Et pour inciter les personnels restant à travailler dans des conditions de plus en plus difficiles, le ministère agite devant eux les perspectives de déroulement de carrière amélioré avec bonification pour une éventuelle mutation et des promotions. D’ailleurs, c’est ce qu’a dit Chirac le 6 janvier à Metz lors de ses vœux aux fonctionnaires, reprenant ainsi une idée défendue par Nicolas Sarkozy: «Chaque fois que nous pourrons mieux servir nos concitoyens avec moins d'effectifs, la moitié au moins des économies réalisées devra bénéficier directement aux agents, par des primes ou par des avancements plus rapides».
C’est là la véritable ambition du gouvernement: faire des économies à tout prix, y compris en sacrifiant l’avenir de centaines de milliers de jeunes issus de familles défavorisés. La campagne médiatique vantant une supposée volonté politique n’est là que pour faire diversion. C’est ce qu’ont compris nombre d’enseignants qui ont entrepris de dénoncer ces manœuvres du ministre.
Sarkozy, paroles au peuple, cadeaux aux patrons!
Le ministre de l’intérieur et de l’aménagement du territoire, Nicolas Sarkozy, a pu finalement venir aux Antilles du 8 au 9 mars. Ce n’est pas seulement le ministre Sarkozy qui est venu ici mais c’est surtout le Sarkozy présidentiable qui va de DOM en DOM glaner des voix. Car Sarkozy nous aime, il nous l’a répété plusieurs fois comme s’il voulait s’en convaincre lui-même. Cet homme nous aime tant, aime tellement les travailleurs, les pauvres de ce pays qu’il a promis…aux patrons d’élargir les exonérations des charges sociales et même de faire de toute la Guadeloupe une zone franche (sans taxes) pour eux. A nous les déclarations d’amour, aux patrons les cadeaux. A la police et à la gendarmerie, il a promis de les doter de pistolets à impulsion électrique et leurs véhicules de systèmes de géo-localisation. Ce commis voyageur de la droite française est aussi venu en Guadeloupe voir ses amis politiques et les capitalistes afin de leur donner les consignes qu’il faut pour le faire gagner aux élections présidentielles de mars 2007. Les défilés ne sont pas terminés. D’autres ministres et candidats encore viendront nous voir, nous apportant du vent. Ce ne sont tous que des marchands de précarité!
La CGTG célèbre la journée de lutte des femmes
A l’occasion de la journée internationale des femmes, la CGTG a organisé une soirée culturelle qui a eu lieu le samedi 11, le 8 tombant en semaine. Plus de 100 personnes se sont ainsi retrouvées au local de la confédération syndicale à Bergevin. La soirée a commencé avec des projections de films documentaires sur la situation des femmes travailleuses, qui ont été suivies de débats fort animés portant sur la condition féminine en Guadeloupe et dans le monde. La grande question soulevée par le public étant bien entendu: comment résoudre le problème de la double exploitation, en tant que femme et en tant que travailleuse? Il est ressorti des interventions que pour instaurer l’égalité des femmes et des hommes dans la vie comme dans le travail, il est nécessaire de prendre le mal à la racine et d’abolir l’exploitation en général.
Les projections-débat ont été suivies d’un exposé sur les épidémies de chikungunya, dengue, dont on parle beaucoup aujourd’hui mais qui pourraient être évitées ou stoppées rapidement si les conditions de salubrité et de prévention étaient rigoureuses dans les zones concernées.
Un repas fut ensuite servi. Toute la soirée, repas et service compris, ayant été prise en charge par des militants masculins de la CGTG. Les femmes, qui sont nombreuses et actives dans ce syndicat, n’ont cependant pas manqué d’intervenir dans les débats pour exprimer leur point de vue. Cette soirée fut un petit exemple de l’égalité et de la fraternité qui devrait exister dans la société entre tous ses membres.
Martinique
Visite de Sarkozy: fête pour les uns, rudoiement pour certains
En conclusion de sa visite du vendredi 10 mars dernier en Martinique, le ministre de l’intérieur- président de l’UMP et aussi présidentiable pour 2007, participait le soir à un meeting à Madiana. Il a été accueilli par Alfred Almond, député et maire de la ville de Schoelcher par ces mots «c’est un succès».
Nicolas Sarkozy reconnaissait, peut-être surpris: «Je croyais que j’aurais été mal reçu. Cela a été agréable, j’ai vu tellement de gens sourire, me souhaitant la bienvenue que je n’exclue pas de revenir».
Certains dans la population ont été aussi surpris de cet accueil vu les oppositions qui s’étaient manifestées quelques semaines auparavant. Il est vrai que la loi sur les «bienfaits de la colonisation» a été finalement abrogée.
Ceux qui ont été rudement molestés par les forces de l’ordre quand ils ont voulu présenter leurs revendications n’ont pas, bien sûr, les mêmes propos de satisfaction. Il s’agit principalement des militants contre les malversations et erreurs de la justice en Martinique, et les militants de l’Assaupamar contre la captation de l’eau de la Grande-Rivière. Lors du meeting de Madiana, trois jeunes ont distribué des tracts contre le CPE, ils ont été expulsés manu militari.
“Les zones franches globales” de Sarkozy
Lors de sa rencontre avec les socio-professionnels réunis au Club Med, le vendredi 10 mars dernier, N.Sarkozy a fait miroiter devant eux la possibilité de faire de la Martinique une zone franche globale.
La zone franche globale, c’est la possibilité pour les entreprises exerçant une activité dans la région d’être soustraites à l’impôt sur les sociétés et aussi dans une certaine mesure, de la taxe professionnelle, ces déductions fiscales venant en plus des exonérations des charges sociales accordées par la loi d’Outre Mer de Girardin.
N.Sarkozy a présenté son programme économique pour la Martinique, après avoir flatté son auditoire en évoquant sa vision d’une «Martinique debout», d’une Martinique qui se bat pour être «compétitive», qui dit «non à l’assistanat». Tout en se défendant de servir une nouvelle recette pour le décollage économique, il parle de mettre en place une nouvelle «stratégie de développement».
La plupart des patrons présents au Club Med se sont frottés les mains devant une telle perspective! Pour eux les affaires pourraient devenir plus alléchantes. Le langage «offensif», «musclé» et «direct» de Sarkozy semble avoir ravi le personnel politique de la droite, et tout spécialement ceux qui se présentent comme les hommes nouveaux, tels Yann Monplaisir ou Marcel Osenat qui, pour sa part, demande de «bâtir une Martinique plus fière» tout en réclamant «une discrimination positive sur le plan des mesures économiques».
Dans le milieu politique de la gauche classique, Philippe Edmond Mariette du groupe «Bâtir la Martinique» s’est lui aussi montré intéressé par la zone franche globale car pour lui «cela pourrait être une solution pertinente pour arrêter la politique d’assistanat et se tourner vers la construction d’une île plus juste.»
A n’en pas douter, N.Sarkozy a fait mouche dans le milieu des affaires. Les principaux bénéficiaires de l’assistanat économique du gouvernement sous forme de subventions (les patrons), sont prêts à passer à l’assistanat sous forme d’exonérations.
Mais pour les salariés, les zones franches, sont souvent aussi des zones de dérogation en matière de droit social et de droit du travail. Bas salaires, licenciements facilités, conditions de travail aggravées, serait-ce les bonnes conditions pour que les patrons soient «debout» et «compétitifs»…avec les pays avoisinants où en plus du chômage, les travailleurs ont de très bas salaires? Les soi-disant mesures de développement annoncées ne seront pas favorables aux travailleurs.
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