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Baillif
Mobilisation des salariés de Nicollin
Voilà plusieurs jours que la décharge de Baillif est en feu. Devant l’ampleur du feu et l’impossibilité pour les pompiers d’intervenir, le maire de Baillif a pris un arrêté de fermeture de la décharge.
Les salariés de la société Nicollin qui sont chargés du ramassage des ordures se sont mobilisés car ils craignent d’être en chômage technique et à terme d’être licenciés. Ils veulent attirer l’attention des autorités sur leur situation et souhaitent qu’une solution soit trouvée pour le traitement des ordures.
Ainsi le mardi 14 mars, les salariés ont fait une opération escargot avec leurs camions remplis d’ordures dans les rues de Basse-Terre, ce qui bien entendu dégageait des odeurs nauséabondes. Ils ont pu rencontrer le maire de la ville et se sont rendus ensuite à la Préfecture où ils ont été reçus par le secrétaire général.
Ils ont mené cette action afin d’informer les responsables de la décharge de leur situation et sensibiliser la population de la région concernée. Ils ont d’ailleurs menacé d’amplifier leur mobilisation si aucune solution n’est trouvée.
Pour le moment plusieurs réunions ont eu lieu entre les responsables des différentes communes concernées, les représentants du Sictom, mais le problème n’est toujours pas réglé. Les salariés veillent au grain afin de ne pas être les laissés pour compte d’une situation dont ils ne sont pas responsables.
Guadeloupe
Danone: la lutte continue
Suite à la manifestation du 2 mars des travailleurs de Danone devant les grilles du Conseil général, le président de cette assemblée avait convoqué les deux parties en conflit pour une entrevue. Le patron De Lavigne, s’est illustré par son absence. Ceci montre si besoin était, le peu d’emprise des autorités locales et préfectorales sur les patrons. Les autorités sont au service des patrons et ces derniers n’ont aucune considération pour elles et aucune obligation vis à vis d’elles. De plus De Lavigne dispose du soutien matériel et moral des patrons, en particulier de ceux qui contrôlent les supermarchés pour écouler ses yaourts importés.
Les travailleurs et chauffeurs de Danone sont en lutte depuis le 7 juin pour réclamer de meilleures conditions de travail, le paiement des heures supplémentaires et une augmentation de salaire d’environ 4%. Ils méritent le soutien actif de tous les travailleurs. Ce soutien leur est nécessaire pour résister et imposer leurs revendications au front des patrons. Les travailleurs de la Caisse des Allocations Familiales ont fait la démonstration de ce soutien en débrayant vendredi 10. Ils ont bloqué les entrées du bâtiment et organisé une prise de parole pour expliquer les revendications de ceux de Danone. Le mouvement des travailleurs de Danone c’est l’affaire de tous les travailleurs.
Martinique
Dans la banane: améliorations pour les patrons, détériorations pour les ouvriers
Sollicité par les planteurs de la filière banane qui disent devoir faire face à des échéances immédiates, le ministre de l’agriculture Dominique Bussereau a annoncé une avance de trésorerie de 15 millions d’euros au titre du complément d’aide compensatoire de 2005.
Cependant, les planteurs attendent encore plus du ministre et de l’Etat, en particulier que l’aide compensatoire soit révisée à la hausse.
Pendant que les patrons et l’Etat s’entendent pour améliorer le système des aides pour préserver les profits, les ouvriers de la banane sont les grands oubliés et les laissés pour compte.
Après la liquidation judiciaire de l’habitation CDPAC duMmorne Rouge le 14 mars dernier, l’employeur également propriétaire des terres pourra les récupérer, les louer, libre de tous engagements envers les 35 salariés licenciés.
Sur l’habitation La Digue au François, un autre employeur-propriétaire s’apprête à mettre en place le même scénario: demander la liquidation judiciaire de la société au tribunal de commerce, récupérer ses terres et être libre de toute obligation envers les salariés jetés à la rue. Préserver les emplois n’est pas une échéance immédiate des patrons. Les aides, subventions et autres cadeaux de l’Etat servent à maintenir une production source de profits conséquents.
Face à ces attaques patronales qui visent à supprimer des emplois, mais aussi à aggraver les conditions de travail, les ouvriers ont intérêt à réagir de manière ferme et solidaire pour le maintien de leurs emplois.
Guadeloupe
Grève au Club Med
Une partie des employés se sont mis en grève pour réclamer la suppression de l’emploi précaire. L’hôtel du Club Med, situé à Ste Anne, fermera en avril prochain pour une durée de huit mois, pour travaux. Plusieurs réunions ont déjà eu lieu avec la direction, et cela fait plusieurs mois déjà que les employés (300 personnes) et leurs représentants sont préoccupés de leur sort. Il a été convenu que certains partiraient en congé solidarité, avec une indemnité de 10 mois de salaire, alors qu’au départ la direction proposait le minimum légal: à savoir un montant équivalent à 6 mois de salaire. Des formations seront proposées aux employés qui resteront et reprendront leur travail en décembre. Pour les saisonniers et extras, qui sont nombreux dans l’hôtellerie en général, il y aura 38 titularisations.
Une partie des salariés, syndiqués à l’UTHTR-UGTG, n’est pas satisfaite de cet accord. Il s’agit d’un mouvement minoritaire qui n’est pas suivi par la majorité des employés qui sont syndiqués à la CFDT et à la CGTG.
Martinique
Métallurgie: l’hypocrisie patronale
Depuis près de 15 jours, les ouvriers de l’entreprise Hydraulique Service ont appris par leur direction que celle-ci envisage de licencier près de 6 ouvriers. Pour l’instant ce ne sont que des paroles lancées par leur patron, mais prises au sérieux par les ouvriers. Les raisons avancées par ce patron c’est que son chiffre d’affaires a diminué à cause de prestations moins importantes par rapport aux années précédentes.
Cette entreprise fait les réparations des véhicules à benne de l’entreprise la SEEN chargée de ramasser les ordures sur une grande partie du territoire.
Mais quand les travailleurs regardent la cour et les ateliers de Hydraulique Service, ils voient bien qu’ils sont remplis de camions lourds en panne qui ne cessent de défiler. Les ouvriers ont une charge de travail de plus en plus importante, alors il y a fort à parier que les profits de ce patron ne cessent d’augmenter.
Alors qu’est-ce qui se cache derrière cette envie de licencier? Certains ouvriers disent que la direction est en train de prendre sa revanche, car sous menace de grève en 2005, elle avait fini par accorder à tout le personnel un rattrapage de salaire de 35 % en moyenne. Car la convention collective de la métallurgie datant de plus de 20 ans n’avait pas été revue ni corrigée depuis près de 10 ans, c’est à dire qu’aucun accord salarial de branche n’avait été négocié. Ainsi, les patrons de ce secteur roulent sur l’or depuis plusieurs années et n’avaient pratiquement accordé aucune augmentation de salaire.
D’autres ouvriers se demandent s’il ne s’agit pas d’une ruse de leur patron, sachant que l’Etat accorde au patronat des avantages sociaux et des exonérations de toutes sortes, et leur permet d’embaucher des travailleurs avec des contrats précaires (CNE: Contrat Nouvelles Embauches), chercherait-il à se débarrasser de certains d’entre eux pour les remplacer par des jeunes payés moins cher et exploitables plus facilement?
Ils n’ont pas tort, et certains ouvriers avec leur section syndicale CGTM réclament au patron des preuves et des chiffres écrits, ils exigent la transparence. Pour l’instant la direction cherche à gagner du temps. Du côté des salariés, la vigilance est de mise!
Martinique
A la CCIM, une direction qui ne manque pas de toupet
Les portiqueurs du port de Fort de France sont en conflit avec leur direction depuis plus d’une semaine. Cette dernière cherche par tous les moyens à remettre en cause des avantages acquis des salariés.
En décembre 2005, un accord avait été signé entre les deux parties, c’est à dire entre l’inter syndicale CGTM/CSTM et la direction de la CCIM (chambre de commerce et d’industrie de la Martinique) sur les repos hebdomadaires. Il s’agissait d’un planning de travail qui s’était conclu par 4 jours de travail et 2 jours de repos, et si un jour de repos tombait un jour férié, ce jour-là n’était pas compté comme repos mais férié.
Mais depuis quelques semaines, la direction de la CCIM représentée par son président: Pompière et par le directeur du port, Frantz Thodiar, a délibérément remis en cause cet accord. Sans avertir personne, ces messieurs ont appliqué un nouveau planning de travail en considérant un jour férié comme jour de repos. Et le prétexte avancé par la direction pour faire accepter ce nouveau planning c’est de dire qu’elle «s’était trompée» lors de la signature de l’accord.
Alors, si on comprend bien, la direction a pris près de 2 ans pour constater qu’elle s’est trompée. Une pilule amère que les travailleurs n’acceptent pas.
Etant donné que la direction joue les têtes dures, les portiqueurs se sont mis en grève de 48 heures reconductible pour remettre à la raison leur direction. Et le jeudi 16 mars en signe de solidarité avec leurs collègues portiqueurs, les dockers ont observé un arrêt de travail.
Pour l’instant la direction ne veut pas reconnaître ses erreurs et cherche par tous les moyens à remettre en cause des avantages acquis des travailleurs. Résultat, les conteneurs de banane sont restés pendant une semaine sur les quais et quelques capitalistes de la banane se sont plaints car leurs bananes n’étaient pas chargées.
Ils n’ont qu’à s‘en prendre à leurs petits copains de la CCIM qui ont l’habitude de leur faire des courbettes à longueur d’année. Quant aux travailleurs des portiques, bien qu’ils aient accepté de charger la banane pendant le week end, ils ne se laissent impressionner ni par les larmes de crocodile des patrons de la banane ni par celles de leur direction. Ils exigent que réparation soit faite et rien d’autre.
Encore une nouvelle augmentation du carburant!
Le carburant ne cesse d’augmenter et cela coûte de plus en plus cher aux automobilistes d’utiliser leur voiture. Le 10 février dernier le prix du litre d’essence a augmenté de 5 centimes. Le 11 mars une nouvelle hausse de 2 à 4 centimes par litre a eu lieu. Ce qui fait que le litre de sans plomb passe de 1,37 euros à 1,39 €, le gazole augmente de 3 centimes et passe à 1,11 €, le fuel passe à 0,73 euros. La bouteille de gaz augmente de 16 centimes (20,34 €).
L’essence qui était toujours moins chère en Guadeloupe par rapport à la France est devenue plus chère pour le sans plomb qui coûte en moyenne 1,27 euros.
Ce sont tous les ménages qui sont touchés par cette hausse. Les augmentations successives sont aussi la cause des profits record réalisés par une société comme Total (33 milliards d’euros. Augmentation des bénéfices de 31 % en 2005). C’est donc un véritable racket organisé sur le dos des automobilistes et des travailleurs en particulier. L’Etat lui-même tire son épingle du jeu avec les taxes sur le pétrole et les millions qui rentrent dans ses caisses.
Affaire Lefort: pour que les gendarmes soient jugés!
Le jeudi 9 mars, Hilaire Lefort s’est présenté devant la Chambre d’Instruction, au tribunal de Basse-Terre, en appel du non-lieu, décision prise par la justice suite à la plainte avec constitution de partie civile qu’il a déposée contre les gendarmes. M. Babin son voisin avec lequel il a eu un différend de voisinage, a été convoqué le même jour suite à une plainte que M. Lefort a déposée contre lui. Il a demandé le renvoi de l’affaire, s’étant présenté sans avocat. Le juge a demandé un complément d’enquête concernant les brutalités policières dont a été victime M. Lefort. L’affaire a été mise en délibéré le 5 mai.
Des membres du «comité Lefort contre le racisme et l’humiliation» se sont mobilisés devant le tribunal. A l’intérieur et à l’extérieur des forces de l’ordre étaient présentes. Est-ce à cause de la visite le même jour de Nicolas Sarkosy à Basse-Terre? Le procureur a finalement laissé entrer les membres du comité après protestations de ces derniers. Le procureur et le juge ont entendu les débats contradictoires des avocats: Maître Rodes et Durimel. Ces derniers ont rappelé la gravité des faits que le juge semblait ignorer. M. Lefort, 83 ans, malade cardiaque, a bien été victime de brutalités des gendarmes le 3 janvier 2005. Ces derniers ont débarqué à plusieurs chez lui, ont pointé leurs revolvers sur sa tempe. Ils l’ont battu, menotté, traîné violemment au premier étage de sa maison, puis l’ont embarqué et enfermé dans un lieu nauséabond pendant toute une nuit. Malgré les protestations d’une voisine témoin des faits, qui leur a expliqué que cet homme de 83 ans était malade, ils ne l’ont pas ménagé. Le juge a finalement demandé un complément d’enquête. Le jugement sera rendu le 4 mai.
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