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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 8 avril 2006      N° 943

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À la Une

Éditorial

La mobilisation contre le CPE/CNE. Celle des travailleurs pourrait ouvrir des perspectives plus larges

Les manifestations du 4 avril ont été comme le 28 mars un succès partout, aux Antilles comme en France. Plus de deux millions de lycéens, d’étudiants, de travailleurs ont défilé dans les rues des villes de France. Plus de 2000 sur les deux îles de Martinique et de Guadeloupe. La mobilisation pour le retrait du CPE et du CNE ne faiblit pas. En France, la majorité des manifestants était constituée de jeunes, on a remarqué plus de travailleurs du secteur privé. C’est le signe que de plus en plus de travailleurs se sentent concernés par la mobilisation. Aux Antilles, ce ne fut pas le cas. Mais les manifestants ont rencontré beaucoup de sympathie de la part de la population et des travailleurs. C’est ce qui a conduit les lycéens, les étudiants, les organisations syndicales et politiques présents à la manifestation en Guadeloupe à décider d’aller à la rencontre des travailleurs de Jarry, pour discuter avec eux le jeudi 6 avril et de manifester devant le siège du MEDEF. A l’heure où nous écrivons, nous ne pouvons connaître la portée de cette manifestation. Mais l’initiative prise en elle-même est déjà très significative de l’état d’esprit combatif des lycéens, étudiants et de tous les militants anti CPE / CNE. Cela dit, la mobilisation révèle que derrière la lutte contre le CPE et le CNE existe une véritable rancoeur contre le système social imposé par ceux qui dirigent la politique et l’économie: le gouvernement et les patrons. La mobilisation de la jeunesse a toujours été le révélateur d’un malaise plus profond.
Ce serait donc le bon moment pour les travailleurs d’entrer en force, massivement, sur la scène pour exiger de meilleures conditions de travail. Car si la jeunesse constitue déjà en grande partie la future classe ouvrière, les travailleurs des entreprises, eux, l’exploitation, ils connaissent, ils la vivent tous les jours. Les bas salaires, les licenciements, le mépris patronal en général, le racisme de bon nombre de patrons blancs, les cadences infernales, les pressions au rendement comme à France Télecom, dans les hôpitaux et dans le secteur privé aussi, tout cela est leur lot quotidien. Avec le remplacement de seulement un travailleur sur trois départs à la retraite, il y a plus de travail à fournir pour tout le monde.
Alors la mobilisation de la jeunesse des lycées et des universités peut, oui, contraindre le gouvernement à abroger le CPE. Mais le CNE? lui, c’est pour tous les travailleurs, quel que soit leur âge. L’abrogeront-ils? On n’en parle pas trop pour le moment. Mais, si par contre les travailleurs entrent en lutte, tous ensemble massivement il sera possible de l’abroger. Mais il sera possible aussi d’aller plus loin et réclamer l’interdiction des licenciements, l’embauche massive, le relèvement général des salaires, satisfaction à ceux de Danone qui luttent depuis 10 mois contre un patron de combat, le nommé De la vigne.
La lutte pour le retrait du CPE/CNE se transforme. Elle devient peut être un symbole! le symbole ou le signe du début d’une lutte prolongée contre les contrats précaires, la précarité et contre toutes les attaques incessantes contre les travailleurs pour installer la flexibilité, c'est-à-dire rendre les travailleurs corvéables à la merci du patronat. En faisant disparaître ces contrats précaires on pourrait mettre un frein à tout l’emballement de la politique patronale actuelle et des gouvernements à leur service.
Les confédérations syndicales françaises affirment lutter pour l’abrogation du CPE. Alors pourquoi, contrairement à ce qu’elles avaient fait les jours précédents n’ont-elles pas annoncé la prochaine étape de la lutte? Pourquoi donner de fait un délai jusqu’aux vacances parlementaires du 17 avril pour retirer le CPE? Heureusement les lycéens et les étudiants poursuivent la lutte et une petite minorité de travailleurs combatifs. Ceux qui parmi les travailleurs contestent, répondent aux appels à la grève et aux manifestations ont raison de le faire. Ils ont raison de tenter d’y entraîner leurs camarades. Plus les travailleurs entreront dans la lutte et plus les chances de faire abroger définitivement et rapidement le CPE et le CNE seront grandes.



Le CPE est agonisant, achevons-le! Faisons le même sort au CNE!

Le conseil constitutionnel a validé la loi sur l’égalité des chances «sans réserve» selon ses propres termes. Il a donc validé sans réserve le CPE. Et Chirac a promulgué la loi. Dimanche 2 avril elle a été publiée au journal officiel. Chirac a déclaré qu’une deuxième loi était en préparation avec des modifications sur le CPE. Il dit vouloir donner satisfaction aux opposants aux CPE sur deux points: la période de deux ans serait ramenée à un an, et «la rupture de contrat» autrement dit le licenciement, serait motivé.
Cette dernière proposition est déjà un premier vacillement du pouvoir. Mais il reste qu’une loi promulguée est immédiatement applicable. Donc pour l’instant le CPE est applicable. Et de plus on apprend qu’il faudra plusieurs semaines avant que cette deuxième loi soit publiée. Le gouvernement cherche à gagner du temps en espérant l’affaiblissement progressif de la mobilisation. On se moque de nous, on se moque des millions de manifestants du 28 mars. C’est intolérable!
Heureusement la mobilisation se renforce et se radicalise! Le combat doit se poursuivre jusqu’à son retrait définitif!
Le CPE est agonisant mais pas encore décédé. Dans ce cas il pourrait encore sévir, même sous perfusion. Il faut lui donner le coup de grâce et l’enterrer. Il faut emporter aussi dans sa chute son frère aîné, le CNE!
Pour cela, il faut renforcer encore bien plus la mobilisation générale des travailleurs, des lycéens, des étudiants.
La lutte contre le CPE s’inscrit dans une lutte contre la précarité et le chômage. Parce que la précarité ce n’est pas de l’emploi, c’est du chômage dissimulé. Car qui dit précarité dit aussi chômage. Quand on sort d’un contrat précaire on peut rempiler un autre contrat précaire oui, mais on revient un jour ou l’autre au chômage! Du moins pour la grande majorité des jeunes et des chômeurs.
Le CNE, c’est la précarité pour l’instant dans les entreprises de moins de 20 salariés, demain pour l’ensemble des travailleurs.
Avec les CNE et CPE on aura de moins en moins de CDI. C’est la généralisation de la précarité, donc le fait d’admettre le chômage comme une fatalité. Le chômage c’est un cancer social et les gouvernements de gauche ou de droite n’ont fait qu’aggraver le mal avec les TUC, CES, CNE, CPE et autres CDD qui ne changent rien.
Il faut refuser la fatalité du chômage, surtout quand on sait que les profits des entreprises sont florissants! (84 milliards d’euros de bénéfices pour les entreprises du CAC 40 en 2005). Il faut qu’une partie de ces profits aille à l’emploi, au véritable emploi, pérenne, et payé décemment.
Au lieu de gaspiller des milliards à construire des porte-avions nucléaires ou classiques, des chars de combat ultra-modernes, des avions de combat, au lieu de dépenser des milliards à entretenir des troupes aux quatre coins du monde pour faire régner la loi impérialiste: en Afghanistan, en Côte d’Ivoire, au Congo et ailleurs, au lieu de subventionner par milliards les patrons, l’Etat ferait mieux de créer des emplois.
Ne nous laissons pas culpabiliser par des comparaisons avec les autres pays. On nous dit qu’aux USA, au Danemark et ailleurs, la précarité est acceptée alors pourquoi pas nous! Mais ce sont ceux qui se battent en France et aux Antilles qui ont raison. Ce sont eux l’avant-garde de la lutte contre le chômage actuellement dans le monde. Et espérons que ce combat sera contagieux dans les autres pays aussi! Déjà des étudiants espagnols manifestent avec les Français!
En Guadeloupe et en Martinique, si plusieurs syndicats de salariés appellent à de nouvelles grèves dans les jours qui viennent, travailleurs, saisissons l’occasion!



La fête de Combat Ouvrier le dimanche 7 mai de 12 h à 20 h

La fête se déroulera dans le cadre champêtre du domaine du «Pako» à Baie Mahault (Guadeloupe). La carte que vous proposent dès maintenant nos militants sera exigée à l’entrée.

Programme:
12h 0uverture de la fête. Apéritif.
12h30: Repas en musique. (Les menus seront publiés ultérieurement)

14h15: Allocutions
14h30: Conférence: Les virus de la grippe aviaire et du Chikingunya et les moyens de les combattre
15h30: Bal titane et début des Forums de discussion-débat
20h: Clôture de la fête

Tout au long de la fête, vous pourrez:
• Consulter nos panneaux sur l’activité de nos camarades dans les entreprises, sur nos positions politiques
• Vous entretenir avec nos camarades sur la politique, la vie, l’activité de Combat-Ouvrier
• Acheter, consulter livres, brochures et documents à la librairie de la fête
• Prendre une collation, un café au stand réservé à cet effet
• Commander des boissons au bar
• A partir de 15h30 danser jusqu’à 20h si vous le voulez.
• Visiter les stands des autres organisations politiques ou associations qui seront présentes à la fête.
• Vous amuser avec les jeux vidéo, surtout pour les jeunes.
• Vous exercer au stand de tir
• Faire de bonnes affaires au “marché aux puces”

Participation aux frais: 20 euros. Pour les enfants de moins de 12 ans 10 euros.
Cette participation comprend l’apéritif, le repas et toute l’animation de la fête à l’exception des collations, du bar et du champagne.
Alors, le 7 mai, soyez nombreux à vous rendre à la fête annuelle de Combat-Ouvrier. Emmenez vos parents, amis, camarades de travail. Réclamez dès maintenant votre carte d’entrée aux militants.
Téléphone de contact: 0590.82.92.94




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