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Les manifestations contre le CPE et le CNE
Le 4 avril à Fort de France
Le mardi 4 avril, lycéens, étudiants et organisations syndicales de salariés s’étaient à nouveau donné rendez-vous pour manifester contre le CPE.
Les lycéens et étudiants sont arrivés, banderoles et pancartes en tête, des lycées de Fort de France, mais aussi du Marin, du François ou du Robert. Bien que moins nombreux que lors de la manifestation du 28 mars, ils étaient tout autant déterminés. Les slogans anti-CPE et contre la précarité fusaient.
Dès 8 heures du matin plusieurs centaines de travailleurs étaient regroupés. Ils ont défilé derrière les banderoles de la CDMT, de la CGTM, de la CGTM-FSM, de la FSU, de l’UNSA ou de FO.
Plus de 600 personnes ont battu le macadam, multipliant les prises de paroles, distribuant de nombreux tracts à la population qui se montrait le plus souvent favorable.
Les manifestants présents à la maison des syndicats ont décidé de poursuivre leur mobilisation jusqu’au retrait du CPE.
Le 28 mars à Basse-Terre
Près de 500 personnes, dont une grande majorité de lycéens ont manifesté dans les rues de Basse-Terre pour protester contre le CPE. Comme à Pointe-à-Pitre, les lycéens ont eu le soutien des travailleurs et des parents.
Les élèves du Lycée Gerville Réache qui s’étaient déjà mobilisés lors des manifestations précédentes étaient encore plus nombreux. Cette manifestation unitaire a eu également du succès dans la population et parmi les travailleurs de la ville qui ont exprimé leur soutien aux manifestants.
Le 28 mars à Pointe-à-Pitre
Environ 1200 personnes ont manifesté dans les rues de Pointe-à-Pitre, le mardi 28 mars, contre le CPE. Après les manifestations de lycéens qui ont eu lieu les deux semaines précédentes, celle-ci était unitaire. Les lycéens ont reçu le soutien des syndicats, des partis politiques et des parents d’élèves. Des travailleurs, ceux de la CGTG, de FO, de la CTU, ont défilé dans les rues avec les jeunes. Des parents d’élèves de la FCPE et les enseignants de la FSU et du SNES étaient présents. Des militants de Combat-Ouvrier, du groupe Attac, les Verts étaient également présents dans la manifestation.
Une dizaine de lycées étaient représentés, y compris le lycée hôtelier. Quelques lycéens de deux lycées privés de Pointe-à-Pitre se sont également mobilisés.
La manifestation très dynamique, a parcouru les rues de la ville où les commerçants inquiets ont baissé leur rideau. De nombreuses personnes, sur le parcours et sur les lieux de leur travail exprimaient leur soutien. Ceux qui étaient dans les voitures et dans les cars klaxonnaient pour saluer et encourager les manifestants. La manifestation s’est terminée sans incidents sur la place de la Victoire. Plusieurs représentants des comités lycéens ont pris la parole pour dénoncer le CPE et exiger son retrait. Les représentants de syndicats enseignants et de syndicats de travailleurs se sont également exprimés pour soutenir les lycéens. Certains représentants de la Région étaient également présents. Le président de l’assemblée régionale, membre du Parti socialiste, a été remplacé par madame Borel Lincertin qui a pris la parole et affirmé le soutien des élus de la gauche au mouvement lycéen. Certains avaient un sourire en coin en évoquant les méfaits de cette gauche en matière de chômage et de précarité quand elle était au pouvoir. Les organisations se sont engagées à se mobiliser davantage pour la prochaine manifestation unitaire du 4 avril.
La manifestation s’est terminée par un forum et des discussions précédant un repas au son du «ka» organisé par les étudiants de Fouillole devant la sous- préfecture.
Martinique
Halte à la propagande pro CPE dans les établissements scolaires!
La télévision a révélé l’intervention d’une députée de l’UMP, le parti de Chirac et de Villepin, qui s’insurge contre un travail pédagogique fait par des enseignants dans une école primaire en France. Selon cette dame, la démarche des enseignants vise à enseigner à ces très jeunes enfants la culture de la contestation très tôt.
Actuellement ont lieu en Martinique deux démarches en direction du public lycéen. Des responsables de la gendarmerie, d’abord, mènent une campagne destinée à vanter les mérites de ce corps dont on tait bien entendu nombre des exploits passés qui se sont terminés par des morts et des blessés par dizaines lors de revendications ouvrières.
Mais il y a également une autre campagne liée à la mobilisation contre le CNE et le CPE. En effet, des conseillers de l’Education nationale passent également dans les lycées, équipés de 9 fiches pour parler en bien du CPE à ces futurs salariés que sont les élèves.
Ainsi, on trouve, en autres, une fiche sur les «Garanties du CPE», une autre sur l’ «Accès facilité au crédit et au logement».
Eveil aux vraies valeurs humaines et universelles chez les jeunes? Non, cela doit être dénoncé et combattu. Il s’agit d’intox du pouvoir pour tenter de faire passer des mesures destinées à renforcer le pouvoir et les privilèges des possédants. Il s’agit d’essayer d’inculquer à cette jeunesse les règles d’une société inégalitaire et pourrie. Les lycéens et les étudiants ont déjà répondu en manifestant dans les rues et en bloquant nombre d’établissements.
Le 4 avril à Pointe-à-Pitre
La manifestation du 4 avril à Pointe à Pitre a rassemblé autant de monde que le 28 mars, c'est-à-dire environ 1200 personnes, dont une grande majorité de lycéens. S’il y avait un peu moins de lycéens, plus de lycées étaient représentés, notamment: Baimbridge, Moule, Morne à l’eau, Ste Anne, le lycée hôtelier de Plaine à Gosier, celui de Petit Bourg, du Jardin d’essai, le lycée «Boc-Calmet». Les étudiants de Fouillole aussi étaient présents. On notait un peu plus de militants syndicaux et de travailleurs présents.
Partie à 9H30 de la place de l’hôtel de ville, la manifestation s’est déroulée dans toute la ville. Au retour place de l’hôtel de ville, un meeting fut organisé, présidé par un lycéen. Presque tous les représentants ont pris la parole. Les étudiants aussi, puis la FSU, la CGTG, ATTAC, Les Verts, le Parti communiste guadeloupéen. Un dirigeant de Combat ouvrier a clôturé le meeting. Tous ces intervenants ont appelé à une nouvelle manifestation jeudi matin à Jarry pour aller au devant des travailleurs des entreprises et manifester devant le siège du MEDEF. Comme celle du 28 la manifestation fut très dynamique avec les slogans et les chants anti-CPE inventifs et directs des lycéens contre le CPE. Certains militants ont repris aussi fort justement des slogans anti-CNE au cours de la manifestation et dans les prises de parole à la fin.
Le 28 mars en Martinique
Près de 1500 travailleurs, enseignants, lycéens et étudiants ont manifesté ensemble dans les rues de Fort de France. Ils l’ont fait pour exiger le retrait sans condition du CPE et du CNE et aussi pour dénoncer les contrats précaires appliqués par les différents gouvernements, et l’exploitation patronale.
Au nom de «C» comme Chômage, «P» comme Précaire et «E» comme Exploités ou «CPE = Contrat Poubelle Emploi», mais encore « Travailleurs lycéens étudiants même patron même combat ». Ces slogans ont été repris par les aînés, les jeunes et tous les manifestants.
Les lycéens et étudiants se sont retrouvés ce jour-là ensemble à plus de 400 en tête de la manifestation. Il y avait des jeunes venus des établissements du Nord, du Sud, et du Centre de l’île.
Etant en tête de cortège, près d’une centaine de jeunes ont attendu en haut des marches de la Maison des syndicats l’arrivée des différents syndicats tout en lançant différents slogans notamment: «Villepin t’es foutu! étidian, licéyin, travayê an lari-a».
A la fin de la manifes-tation, les jeunes ont tenu à faire une assemblée générale à la Maison des Syndicats pour faire le point sur la manifestation en présence de leur collectif.
A cette assemblée, des délégués ont été élus, représentant 17 lycées et établissements scolaires. L’objectif a été d’élargir le collectif pour mieux coordonner les prochaines manifestations, convaincre d’autres jeunes, afin d’être plus nombreux la prochaine fois. La salle de la maison des syndicats était comble de monde, et cette décision d’élire des délégués a été approuvée par tous les présents à l’unanimité.
Du côté des syndicats de travailleurs, des assemblées se sont tenues notamment celle de la CGTM. Les délégués de ce syndicat représentant différentes entreprises ont décidé de continuer à faire la propagande dans leur entreprise pour sensibiliser et convaincre d’autres travailleurs.
Les grèves du 28 mars en France
En France, plus de deux millions de travailleurs, de lycéens et d’étudiants ont répondu à l’appel à la grève du 28 mars.
En ce qui concerne les travailleurs, dans le secteur public, il y eut près de 30% de grévistes. Chez les enseignants, le chiffre fourni par les syndicats est de 60% dans les écoles et 55% en moyenne dans les collèges et lycées. Aux impôts: 40%, à la SNCF, 30% selon la direction. Le mouvement a aussi touché EDF-GDF (12,7% à la mi-journée), la Poste 14,7%), Télécom: 25%.
Dans le privé, on a remarqué en particulier des grèves bien suivies dans la Métallurgie et chez Total. Le pourcentage de grévistes était en général plus important que lors de la précédente journée nationale de manifestations.
Pour la journée du 4 avril, les syndicats de nombreux secteurs ont appelé à la grève et déposé des préavis pour le public: la SNCF, la RATP, Air France, les 7 fédérations syndicales de la Fonction Publique, les principaux syndicats de l’Education nationale, les Finances, France Télécom, la Poste, l’Energie, la Chimie, l’Equipement, les Médias, le CNRS. Dans le privé: les fédération CGT du Commerce, de la Construction, Total, la Fédération CGT des sociétés d’étude, entre autres. Le mouvement anti-CPE ne cesse de s’amplifier. Seule la grève générale fera reculer le gouvernement. Et si une journée ne suffit pas, souhaitons qu’à la base de nombreux travailleurs la reconduisent, ce serait la meilleure solution pour abattre le CPE mais aussi le CNE et engager une lutte résolue contre le chômage et la précarité.
Guadeloupe
La mobilisation contre le CPE dans les lycées
AUX LYCEES DE BAIMBRIDGE
Dans les trois lycées de Baimbridge, les élèves se rassemblent tous les matins devant les portes de leur établissement. Ils diffusent des tracts et appellent à la mobilisation. Lundi 3 avril près de 2000 lycéens sont restés mobilisés. Ils ont bloqué les deux carrefours pendant deux heures en empêchant toute circulation sur les deux voies de Baimbridge. Un groupe d’une centaine d’élèves déterminés a manifesté sur la Rocade jusqu’à l’université de Fouillole. La circulation a été ralentie durant 40 minutes.
AU LYCEE POLYVALENT DES DROITS DE L’HOMME DE PETIT BOURG
Des élèves déterminés organisent quotidiennement la mobilisation en s’adressant à ceux qui veulent aller en cours. Certains jours, l’animation musicale avec un «sound system» rassemble les élèves. D’autres jours ils barrent l’entrée de l’établissement avec leurs banderoles et leurs pancartes. Malgré la pression des professeurs et de l’administration, un groupe d’élèves a maintenu la pression contre le CPE. Ils ont mis un car à la disposition de leurs camarades et ont manifesté deux fois à Pointe-à-Pitre. Le lundi 3 avril, quelques uns sont venus en car pour rejoindre ceux de Baimbridge. Ils ont participé à la manifestation sur la Rocade jusqu’à Fouillole.
AU LYCEE DE PROVIDENCE AUX ABYMES
Les élèves demeurent mobilisés. Ils ont fait des barrages à l’entrée de l’établissement et se sont adressés à leurs camarades en prenant la parole et en distribuant des tracts. Par deux fois ils ont manifesté à Pointe-à-Pitre avec ceux de Baimbridge sans hésiter à faire le parcours à pied. Ils se préparent à manifester le 4 avril.
AU LYCEE FAUSTIN FLERET DE MORNE A L’EAU
Les élèves demeurent mobilisés. Depuis le vendredi 31 mars, ils bloquent l’entrée de l’établissement. Les cours ne sont pas assurés. Le 3 avril, ils ont de nouveau mobilisé les élèves. A leur demande, le maire, Lombion, du Parti communiste guadeloupéen, s’est engagé à mettre trois bus à leur disposition pour la manifestation du 4 avril.
AU LYCEE PROFESSIONNEL LOUIS DELGRES A MOULE
Le vendredi 31 mars, près de 300 élèves ont manifesté dans les rues de la commune. Ils se sont dirigés vers la mairie pour rencontrer le maire et lui demander de mettre à leur disposition des bus pour la manifestation du 4 avril à Pointe-à-Pitre. Une délégation a été reçue par le secrétaire de mairie. La mairie a été investie par les gendarmes alors que les élèves attendaient les résultats de la négociation. Un chef de gendarmerie a tenté d’emmener de force une lycéenne. Les élèves ont protesté énergiquement et ont réclamé la présence de la députée maire Louis Carabin de l’UMP. Celle-ci n’est pas arrivée immédiatement sur les lieux. Elle a comme il fallait s’y attendre refusé de mettre un bus à la disposition des élèves pour la manifestation du 4 avril à Pointe à Pitre. Finalement les élèves ont pu trouver eux-mêmes un moyen de transport pour se rendre à Pointe-à-Pitre le 4 avril.
A L’UNIVERSITE DE FOUILLOLE
Les étudiants demeurent mobilisés malgré l’intervention violente de forces de police de la brigade criminelle. Celles-ci ont réprimé une quinzaine d’étudiants qui se trouvaient sur un barrage à l’intérieur de la faculté. Un étudiant a été blessé. Le lundi 4 avril des lycéens de Baimbridge sont venus leur porter leur soutien. Ils sont allés dans les amphis pour convaincre les étudiants de la justesse du combat contre le CPE. Un débat a eu lieu à l’amphi Mérault entre lycéens et étudiants. Chacun a pu exprimer son sentiment sur le mouvement. De nombreux étudiants demeurent hésitants et n’apprécient pas le blocage de la faculté. Après plusieurs explications ils se sont engagés pour la plupart à manifester le 4 avril.
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