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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 8 avril 2006      N° 943
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le Moule
Brutalités d’un gendarme contre les lycéens

Nous reproduisons ci-dessous un tract publié par les comités lycéens de Moule et de Morne à l’eau

NON A LA REPRESSION
Au cours de la manifestation que nous avons organisée dans les rues de Moule le 31 mars, un chef de gendarmerie a tenté, sans raisons valables, d’intimider et d’interpeller une lycéenne. Il l’a désignée comme dirigeante du mouvement et menacée de représailles. Pourtant, il n'y a eu aucun incident au cours de la manifestation. Nous nous sommes rassemblés devant la mairie. Une délégation a été reçue par un responsable administratif qui au nom du maire a entendu nos revendications, à savoir la mise à la disposition de la municipalité de cars pour la manifestation à Pointe-à-Pitre le 4 avril. Lorsque la délégation est sortie du bureau, un groupe de gendarmes se trouvait devant la porte. Le chef de gendarmerie s’en est pris violemment à la lycéenne qu’il avait déjà menacée dans la manifestation. Il l’a saisie de force par le bras pour l’emmener. La délégation s’est vivement interposée en protestant. Nous avons manifesté notre mécontentement devant la mairie en réclamant la présence du maire. Celle-ci ne s’est pas présentée dans l’immédiat. Pourtant ces incidents se sont déroulés dans l’enceinte de la mairie en présence du personnel municipal. Ces incidents auraient pu se terminer par un affrontement entre lycéens et forces de gendarmerie. C’est grâce à notre sang-froid que nous avons évité le pire. C’est ce genre de gendarme qui par sa hargne, sa bêtise et son manque total de professionnalisme attise la rancœur et la colère et favorise en retour la réaction parfois violente de certains jeunes.
Ce ne sont pas ces intimidations et le comportement «macho» et ridicule d’un chef de gendarmerie qui nous empêcheront de manifester contre le CPE.

COMITES LYCEENS DE MOULE ET DE MORNE A L’EAU



Halte aux contrôles renforcés des arrêts maladie!

Les nouvelles mesures prises par les différents gouvernements sur l’assurance maladie veulent soi-disant «responsabiliser» le malade comme si ce dernier était responsable de sa maladie. Ainsi les contrôles sont renforcés, des sanctions sont prises contre les présumés fraudeurs et même les médecins sont surveillés de près. D’ailleurs ces derniers se sont engagés à limiter les prescriptions d’arrêts maladie et en échange ont obtenu une augmentation de leurs honoraires à compter du mois de juillet.
Mais la Sécurité Sociale dit elle-même que le taux d’arrêts injustifiés reste très limité. Elle parle de 6 %. Ce qui signifie que 94% des arrêts de maladie sont justifiés. Mais la «sécu» a quand même l’intention d’accentuer les contrôles. Avec la loi du 13 août 2004 qui institue le principe du médecin traitant, la Sécurité Sociale peut de cette façon mieux contrôler les assurés sociaux.
Sous couvert de déficit de la Sécurité Sociale, en fait on tend à faire croire que ce sont les malades qui creusent le trou et que ce sont ces contrôles qui combleront le fameux trou. Mais le gouvernement se garde bien de faire payer les patrons qui doivent des cotisations sociales et continue à les exonérer de toutes charges sociales.
On se rend compte qu’il n’y a pas tant d’abus que cela et que c’est une fausse rumeur de faire croire que ce sont quelques arrêts qui creusent le déficit de la Sécurité Sociale. De plus avec le rythme de travail qu’il y a dans les entreprises, le stress, la pression de plus en plus forte, de nombreux travailleurs craquent. On constate de nombreux états dépressifs notamment. Quand ils ne sont pas malades physiquement, ils le sont moralement et l’on voudrait qu’ils se tuent à la tâche en les pénalisant.



Martinique
Casino batelière. De gros profits et pas d’augmentations?

Le jeudi 30 mars les salariés de Casino Batelière Plazza ont débrayé en pleine activité de l’entreprise. Une surprise qui est restée au travers de la gorge de la direction. Les raisons de ce débrayage viennent du fait que depuis le 16 février dernier les employés sont en négociations annuelles obligatoires. Ils y réclament, d’une part, une augmentation de salaire de 100 €, de la prime de panier et de l’autre, la réintégration d’un de leurs collègues.
Cela fait déjà la 4ème réunion tenue et la direction continue de faire la sourde oreille concernant les augmentations de salaires.
Ce qui a fait déborder le vase c’est qu’au cours d’une réunion le jeudi matin 30 mars, la direction a proposé «des cacahuètes» comme le disent les salariés, c’est à dire 20 € net pour les plus bas salaires et 34 € net pour les plus hauts salaires. Autant dire que cela n’a pas plu à l’ensemble des salariés. Et dans un tract de la CGTM on peut lire: «c’est tout naturellement que les salariés en poste ont débrayé, dans la soirée du 30 mars pour dire non à ces propositions», en lançant des slogans dans les salles de jeux «nou pa lé sa, nou pa dakô, 100 € pou tout’ moun’».
Le vendredi matin, une nouvelle rencontre s’est tenue avec l’ensemble des salariés. La direction leur a proposé 30 € pour tout le monde. Trop c’est trop ont répondu les salariés face à l’intransigeance de la direction. Et d’ajouter «comment peut-on faire croire qu’il est irréaliste de donner 100 € de plus? Est-ce utopique de réclamer 100€ de plus par mois pour mieux vivre, à l’heure où notre pouvoir d’achat ne cesse de diminuer, où les conditions de travail se dégradent, et les heures supplémentaires dues au sous effectif du personnel ne sont pas payées?».
Les salariés restent mobilisés jusqu’à satisfaction.



La grève des enseignants du lundi 27 mars

L’intersyndicale des enseignants avait appelé à une grève et un rassemblement devant le rectorat de Grand Camp le lundi 27 mars. Ce mouvement faisait suite au boycott des CTPA (Comité Technique paritaire Académique) des 27 janvier et 6 février, en dénonciation des faibles moyens attribués pour la rentrée 2006.
Dans le 1er degré (école primaire), les enseignants déplorent plus de 100 fermetures de classes, et dans le second degré (collèges et lycées), 50 postes d’enseignants disparaissent en collège. Le nombre de surveillants est insuffisant, il manque des infirmières et du personnel administratif. Le désengagement de l’Etat dans le domaine éducatif se fait ressentir par cette réduction des moyens et du personnel, comme par le transfert des TOS (agents de service) aux collectivités locales.
La situation dans les établissements scolaires est déjà alarmante, et les perspectives pour la rentrée vont dans le sens de l’aggravation. La grève des enseignants est donc tout à fait justifiée et mérite le soutien de tous. Cependant, alors qu’un grand mouvement était prévu le mardi 28 pour exiger le retrait du CPE, la plupart des syndicats enseignants n’ont appelé à la grève que le 27. Les deux luttes sont cependant liées: le désengagement de l’Etat vis-à-vis de l’école va de pair avec sa volonté de mettre les jeunes à la merci des patrons dès leur plus jeune âge dans le cadre de la loi Borloo (apprentissage à partir de 14 ans, travail de nuit possible dès 15 ans, CPE). Il aurait été plus efficace que les revendications des jeunes et de leurs professeurs se rejoignent dans un mouvement commun.



Martinique
A minimod Maximod. Un patron mis à la raison

Après plus de 2 mois, la confrontation entre Bensoussan, le patron des établissements MINIMOD MAXIMOD et une partie de ses salariés n’est pas terminée. Ce patron a fui toute négociation prétextant qu’il n’y avait aucune irrégularité dans sa gestion du personnel. Le seul problème de son magasin, selon lui, venait de sa mésentente avec une des salariés, forte tête, une sorte de brebis galeuse. Mais cet individu arrogant a fini par accepter de rencontrer des médiateurs. Auparavant, il a eu le toupet de déposer devant le tribunal une plainte pour diffamation à l’encontre de la déléguée syndicale CGTM-FSM, un responsable syndical et trois salariés.
Les «négociations» ont donc commencé et tout cela pour que ce patron se fasse rappeler les points de droit sur le fonctionnement interne de l’entreprise, tant au niveau de l’hygiène et de la sécurité que sur le fonctionnement et les droits des représentants du personnel.
Encore un patron qui se croit de droit divin et qui ne veut même pas tenir compte des droits minimum des travailleurs. Le mouvement n’est pas terminé car les grévistes qui se sont battus contre les irrégularités du fonctionnement et les injustices de leur patron, entendent bien être dédommagés pour les jours de grève. Jusqu’au bout les grévistes, essentiellement des femmes, ont montré leur détermination et leur soif de dignité et de respect. Désormais, Bensoussan reste sous contrôle!

D.H.: un accord est intervenu ce matin entre direction et personnel. Le travail reprend.



Guadeloupe
Grève des pompiers

Les pompiers sont en grève depuis le 20 mars. Ils continuent à assurer les secours, comme en témoignent les pancartes «en grève» sur les camions. Ils déplorent une gestion hasardeuse de la direction du SDIS (Service d’Incendie et de Secours) et un manque de matériel de moyens de secours et de lutte contre les incendies. Il manque en particulier des tuyaux, des appareils respiratoires isolants utilisés par les pompiers contre les intoxications par la fumée. Au Centre de Basse Terre par exemple, il en faudrait 18 et il n’y en a que 5. Les vêtements de protection sont en quantité insuffisante, et les vêtements de pénétration (permettant d’accéder aux incendies) sont inexistants. Il manque des masques à oxygène et du matériel d’immobilisation pour le transport des blessés.
Comme on le voit, la pénurie en matériel se fait ressentir aussi bien en ce qui concerne la protection des pompiers dans l’exercice de leurs fonctions, que celle des personnes victimes d’un incendie ou d’un accident. En outre, dans les centres de secours où doivent séjourner les pompiers en service, il manque trop souvent du minimum vital en meubles et électroménager.
Tout cela n’est pas nouveau: périodiquement, tous les 2 ou 3 ans, les pompiers doivent se mettre en grève avec leur syndicat CGTG, pour obtenir un minimum de matériel. C’est d’autant plus inacceptable qu’il s’agit de la sécurité de chacun d’entre nous. La population le comprend bien et soutient la grève, comme en ont témoigné les interventions des auditeurs sur les médias.



Mobilisation des salariés de l’UCPA

Les salariés de l’UCPA (Union des centres de plein air) de Saint-François se sont mobilisés le lundi 27 mars dernier et ont repris le travail le jeudi. Ils voulaient attirer l’attention sur leur situation. La direction a décidé de fermer le centre de St Francois et va licencier l’ensemble des salariés d’ici la fin du mois d’avril.
Ce centre créé en 1988 a été mis à la disposition de l’UCPA par la mairie pour le franc symbolique et en contre partie l’UCPA devait entretenir le site. Mais force est de constater que les dirigeants n’ont rien fait et ont préféré investir dans d’autres centres dont ils étaient propriétaires.
Les salariés ont interpellé la municipalité et la Région car ils se rendent compte qu’ils sont les laissés pour compte. Lors de leur entrevue à la Région, les dirigeants de l’UCPA ont tenté d’avoir encore des subventions pour leurs centres de Bouillante et des Saintes alors qu’ils ne rendent aucun compte de leur gestion de St Francois.
Pour le moment certains salariés voudraient reprendre l’activité. Le maire, Ernest Moutoussamy (qui est également vice-président de l’assemblée régionale et chargé du tourisme) semble disposé à les aider. Rien n’est encore vraiment décidé mais les salariés doivent rester mobilisés pour obtenir les financement nécessaires



Clément, Ministre de la justice... de classe

Constatant que les patrons traînés devant les Prud’hommes par des salariés titulaires d’un CNE qui ont été licenciés abusivement risquent d’être systématiquement condamnés, Pascal Clément, ministre de la justice, a décidé de voler à leur secours. Il a en effet adressé une note à tous les procureurs de France et d’Outre-mer, afin qu’ils fassent appel, avec les patrons, chaque fois qu’une décision aura été rendue en faveur d’un salarié qui était en CNE. Seul, un syndicat de magistrats, sur les trois principaux, a dénoncé cette circulaire qu’il a qualifiée d’illégale et a demandé aux intéressés de ne pas l’appliquer.
Les dirigeants français ne sont jamais gênés pour vanter les institutions de ce pays, et en particulier l’indépendance de l’institution judiciaire. Cette circulaire du ministre dit «de la justice» vient fort à propos confirmer ce que l’on savait déjà: ceux qui officient dans les tribunaux sont à la disposition des possédants et des exploiteurs. Et à ceux qui pourraient l’oublier, Clément est venu leur rafraîchir la mémoire. Les travailleurs sont prévenus.




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