logo COMBAT OUVRIER
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 22 avril 2006      N° 944

Sommaire   >   Page suivante   >   Accueil   >   Archives   >   e-mail  

À la Une

Éditorial

Mobilisation des jeunes et calculs syndicaux

Dans certains établissements scolaires, lycées ou facultés, des jeunes ont voulu continuer le mouvement malgré la décrue amorcée avec le remplacement du CPE par une autre loi destinée à camoufler le recul du gouvernement.
Ces jeunes estimaient que le CPE n’était pas le seul dispositif néfaste à faire sauter, il reste notamment le CNE et les lois sur l’apprentissage des jeunes de 14/15 ans!
A vrai dire, c’est plus que telle ou telle loi qu’il faut changer, mais bien un climat qu’il faut inverser. Climat qui est jusqu’ici, jusqu’aux manifestations de mars-avril, favorable aux patrons et qui permettait aux gouvernants de faire passer sans trop de difficultés leurs prétendues «réformes» qui sont toutes des mesures anti-sociales, anti-ouvrières.
Des semaines de manifestations comme celles vécues avec la mobilisation des jeunes des écoles, rejoints souvent par des milliers de travailleurs dans les grandes manifestations, c’est cela qui va peser pour l’avenir. C’est cela qui peut changer le climat et inverser la pente d’une situation jusqu’ici défavorable aux couches laborieuses. L’avenir dira à quel point les manifestations de mars-avril 2006 auront pesé dans ce sens! Alors les jeunes qui ont bien vu que la suppression du CPE ne réglait pas tout ont raison ; c’est dès maintenant qu’il faut se préparer à d’autres luttes d’aussi grande envergure. Elles seront encore plus importantes si les masses de travailleurs s’y mettent aussi!
Les grandes centrales syndicales ont joué leur propre jeu et avaient, dans ce mouvement de mars avril, leurs propres objectifs à satisfaire: elles voulaient redorer leur crédit auprès des gouvernants, faire remonter leur propre cote et ont cherché à faire valoir leur utilité sociale. Il faut qu’on discute avec elles si on veut éviter des affrontements sociaux comme ce qu’on vient de vivre! Et encore la bourgeoisie, le patronat aurait pu vivre bien pis si les gros bataillons des travailleurs avaient été réellement mobilisés par les grandes centrales! Mais elles ne l’ont pas fait, se contentant d’en brandir la menace tout au long des journées de mobilisation des jeunes!
C’est dire que leur franche participation, leur réelle adhésion à des grands mouvements de masse capables de faire reculer les gouvernants et les patrons ne sont qu’hypothétiques et conditionnées par leurs calculs d’appareils bureaucratiques ayant leurs propres intérêts à défendre. Ceux-ci ne coïncident pas forcément avec ceux des mouvements sociaux et souvent sont à l’opposé.
Autant dire que jeunes, lycéens ou étudiants futurs salariés, travailleurs, s’ils veulent aller plus loin, plus fort lors de leurs prochaines luttes auraient tout intérêt à ne compter avant tout que sur leur propre capacité de s’organiser et de se mobiliser avec toujours plus d’efficacité. Leur avenir en dépend, ils n’ont intérêt à le confier à personne d’autres qu’à eux-mêmes.



Après le CPE, la nouvelle proposition de loi. Cinéma pour cacher un recul!

La petite comédie orchestrée par les parlementaires de droite pour sauver la mise de Villepin n’a échappé à personne et n’a trompé quiconque!
Le CPE a bel et bien été éliminé par les manifestations à répétition des jeunes et des travailleurs qui les rejoignaient! Contrairement aux imprécations répétées de Villepin conforté par Chirac, c’est la rue qui a eu raison! Et, heureusement, ce n’est pas la première fois, ils auraient dû s’en souvenir! On a vu dans un passé pas très éloigné de prétendues «réformes», décidées par la droite ou par la gauche qui elles aussi ont capoté devant la mobilisation de «la rue»!
Rappelons nous le sort réservé à quelques lois injustes: la réforme Devaquet en 1986, le Smic-jeune de Balladur en 1994. La rue a aussi forcé Juppé à remballer sa «réforme» de la Sécu en 1995. En 1998, elle a forcé Allègre, ministre de Jospin à démissionner quand il voulait «dégraisser le mammouth», bref, réduire les moyens déjà insuffisants de l'école publique.
Alors aujourd’hui que le recul a bien eu lieu, il a fallu le camoufler: on a donc remplacé l'article 8 de la loi sur l'égalité des chances par un autre sur «l'insertion professionnelle des jeunes en difficulté».
Et le gouvernement s’est empressé de présenter les deux articles remplaçant l'article 8 sur le CPE comme des moyens de sortir les jeunes les moins qualifiés du chômage.
Citons ce qu’écrivent nos camarades de France, de Lutte Ouvrière, sur cette sortie embarrassée du gouvernement:
« L'exposé des motifs de la proposition de loi déposée par les députés de droite Bernard Accoyer, Jean-Michel Dubernard et Laurent Hénart, commence par une phrase hypocrite sur "la situation que connaissent aujourd'hui les jeunes" qui "n'est pas acceptable".
Et évidemment un taux de chômage qui atteint 40% pour les jeunes sans qualification est inacceptable. Mais face à une telle situation la proposition de loi de l'UMP est dérisoire. Elle ne comporte que des mesures reprenant des dispositifs en faveur des jeunes les plus en difficulté qui existent déjà, et qui ont montré leur inefficacité. L'ancien rapporteur UMP de la loi sur l'égalité des chances, Laurent Hénart, a déclaré sans rire lors d'une conférence de presse: "On prend ce qui existe et qui fonctionne déjà. On le vitamine." Mais les vitamines sont pour les patrons bien sûr, pas pour les jeunes concernés.



Martinique
Casino Plaza Batelière. La grève continue

Depuis deux semaines, les employés du casino Plaza Batelière situé à Schœlcher sont en grève. Ils réclament une augmentation de salaire de 100 euros nets pour tous.
Comme il fallait s’y attendre, la direction a répondu que les demandes des employés étaient hors de portée pour l’entreprise. Elle a d’abord proposé une augmentation de 30 euros, puis est passé à 35 avant d’arriver à 100 euros étalés sur trois ans. Comble de l’hypocrisie, un des directeurs à qui une radio privée avait complaisamment ouvert son micro est allé jusqu’à dire qu’il se sentait mal de voir des personnes avec lesquelles il travaille depuis des années faire grève. Pourtant il ne s’empresse pas de négocier pour mettre un terme à cette situation qu’il dit déplorer.
En réponse, et devant son entêtement, les employés ont bloqué le giratoire qui permet d’accéder à l’hôtel et au casino le dimanche 16 avril 2006.
Le casino est un établissement ouvert 7 jours sur 7 et bien sûr très fréquenté. Et on pense bien que si l’affaire n’était pas juteuse, il y a belle lurette que les propriétaires auraient mis la clé sous la porte. Ce que confirment les employés à qui la direction assigne des objectifs régulièrement atteints en terme de chiffre d’affaires.
Comme a pu le confirmer la déléguée CGTM, la détermination du personnel en grève est totale pour faire aboutir cette juste revendication.



Succès de la mobilisation dans l’affaire Arekian!

La 30 avril dernier, le jugement a été rendu dans l’affaire de Claude Arekian. Le tribunal a frappé toute l’affaire de nullité. Autrement dit il n’y avait pas lieu de poursuivre ce militant du Parti Communiste guadeloupéen, comme l’avait fait le procureur. Le dossier était vide.
Le procureur avait en effet porté plainte contre Arekian pour un article paru dans le journal «échanges» de la section communiste de Sainte Anne et signé Claude Arekian. Ce dernier dans cet article s’en prenait aux «allogènes» qui occupent la plage de Sainte Anne et ses environs au détriment de la population locale. Arekian avait alors été poursuivi pour incitation à la haine raciale. Etait-ce sous la pression d’un certain milieu blanc de Sainte-Anne qui comporte en son sein un certain nombre de racistes?
Le tribunal en tout cas a dû tenir compte de la mobilisation autour d’Arekian et des plaidoiries des avocats. En effet le PCG et d’autres organisations avaient organisé une campagne de soutien de plusieurs semaines et de dénonciation d’une justice coloniale. Au procès, plusieurs avocats avaient plaidé qu’il n’y avait dans «allogène» aucun sens raciste et avaient au contraire fait le procès du vrai racisme, celui qui frappe les Noirs et la population de couleur de ce pays depuis si longtemps. Dans une salle d’audience remplie, le procureur s’est vu donc infliger un désaveu cinglant à son zèle à poursuivre sans raison valable.




Sommaire   >   Page suivante   >   Accueil   >   Archives   >   e-mail  

Copyright © 2001-2006 Combat Ouvrier - Tous droits révervés aux militants.

Valid XHTML 1.0! Valid CSS!