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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 22 avril 2006      N° 944
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Le gouvernement a reculé, mais la lutte contre la précarité reste à l’ordre du jour

(Article d’Arlette Laguiller, paru en France dans l’hebdomadaire trotskyste Lutte Ouvrière)

Pour éviter les mots "retrait" ou "abrogation" du CPE, le trio Chirac-Villepin-Sarkozy s'est donc mis d'accord sur le mot "remplacement". L'article 8 de la loi sur l'égalité des chances est remplacé par un autre sur "l'insertion professionnelle des jeunes en difficulté", un mélange improvisé de contrats déjà existants, aussi bidons face au chômage. Pour expliquer son recul devant le mouvement anti-CPE -parce que cela en est un-, Villepin a encore osé jurer de ses bonnes intentions en affirmant "je n'ai pas été compris, je regrette".
Eh bien, au contraire, les étudiants et les lycéens à l'origine du mouvement aussi bien que les salariés qui ont participé aux manifestations ont très bien compris que le CPE était un pas de plus dans la légalisation de la précarité sans avoir le moindre effet sur le chômage. C'est leur lutte qui a obligé à reculer les Villepin, Chirac, Sarkozy, cette poignée d'individus qui prétendent représenter la majorité de la population pour mener une politique au service des intérêts d'une minorité de possédants. Le CPE disparaît mais pas le CNE qui légalise tout autant la précarité. Par ailleurs, seul un article de la loi sur l'égalité des chances est retiré alors que cette loi contient au moins deux autres articles qui sont des mesures clairement contre les intérêts du monde du travail, et plus particulièrement de sa jeunesse: celui qui instaure l'apprentissage dès 14 ans qui livre aux patrons une main-d'oeuvre très jeune, corvéable à merci pour balayer l'atelier, et celui qui autorise le travail de nuit dès 15 ans, une régression sociale qui nous ramène plusieurs décennies en arrière.
Les jeunes qui continuent à réclamer le retrait du CNE et de la loi sur l'égalité des chances et qui appellent à manifester le 11 avril et après, même s'ils ne sont pas certains d'avoir la force de l'imposer, ont cependant raison. Ils méritent le soutien des travailleurs.
Les confédérations syndicales sont contentes de s'engouffrer dans la proposition d'un "dialogue" avec le gouvernement, prétendument pour trouver des remèdes au chômage des jeunes. Mais c'est un faux dialogue qui ne pourra déboucher sur rien.
Il y a chômage des jeunes parce qu'il y a chômage. Et il y a chômage parce que les patrons sont libres de licencier, et pas seulement ceux qui sont en intérim, en stage ou sous un contrat précaire. Ils sont libres de procéder à des licenciements collectifs, même des CDI, pour "restructurer", délocaliser ou simplement augmenter la valeur de leurs actions en Bourse.
La seule façon de diminuer le chômage des jeunes, comme des moins jeunes, serait d'imposer aux patrons l'interdiction des licenciements collectifs, l'obligation de consacrer une partie de leurs profits exceptionnels à maintenir et à créer des emplois, quitte à répartir le travail entre tous.
Mais de tout cela, personne n'en parle, pas plus l'opposition de gauche que la majorité de droite. Parce que ni l'une ni l'autre ne veut toucher aux profits patronaux. Au contraire: les propositions de la gauche consistent à favoriser les emplois dits aidés, où c'est le patron qui serait aidé par une réduction ou une suppression des charges sociales, une diminution de sa fiscalité, voire une subvention où l'Etat paierait une partie du salaire du nouvel embauché.
Le retrait du CPE est un succès surtout en ceci que la façon de l'obtenir par la rue montre la voie. La mobilisation a été celle des étudiants et des lycéens qui ont bénéficié de la sympathie de l'écrasante majorité des salariés qui s'est manifestée à l'occasion des journées nationales d'action. Mais le patronat n'a pas été menacé dans ce qui lui est le plus cher, dans ses profits.
Alors, ceux qui parlent de la fin de la crise sociale et commentent la seule crise de la majorité et la rivalité Villepin-Sarkozy prennent peut-être leur désir pour la réalité. Car la crise sociale vient de la guerre de classe féroce menée par le grand patronat contre le monde du travail, avec le soutien de tous les gouvernements. Elle ne pourra être stoppée que par l'entrée massive des travailleurs dans la lutte, par des manifestations, par la grève, avec le poids social qui est le leur, capable de faire reculer patronat et gouvernement.



Extraits de “l’écho de l’Aéroport”

MÉTÉOFRANCE (Guadeloupe): LE PERSONNEL TOUJOURS MOBILISÉ
Rien n’a changé pour l’instant pour le personnel de MétéoFrance (Guadeloupe). Rappelons qu’il s’oppose dans sa grande majorité au projet de la direction de regrouper la prévision dans un centre interrégional (CIP), basé en Martinique, qui entraînerait une diminution du personnel et des compétences en Guadeloupe et en Guyane.
La direction avait promis de faire des propositions lors de la réunion du 27 mars, mais on les attend toujours…
En attendant le personnel est toujours mobilisé et se tient prêt à réagir contre cette volonté de démanteler le service.

MÉTÉOFRANCE: LA GRÈVE CONTRE LE CPE, UNE BONNE MISE EN JAMBES
Pendant près d’une semaine, la majorité du personnel s’est mobilisée contre le CPE, le service étant très réduit. Nous sommes très satisfaits d’avoir participé à cette période d’action qui a vu le recul du gouvernement de Villepin, malgré l’entêtement de celui-ci.
Cette mobilisation est un bon échauffement: après le retrait du CPE, pourquoi pas celui du CIP?

PETRELLUZZI TRANSIT: DES SALAIRES TROP BAS
Une grosse boîte, chez Petrelluzzi! mais sur le dos des employés.
Vous pouvez y travailler depuis 25 ans, avoir toutes les compétences requises et à peine dépasser le SMIC.
Il arrive que, dégoûté, un collègue donne sa démission.
Ce sont ces mêmes patrons qui veulent des salariés en CPE ou CNE, enfin des travailleurs corvéables à merci, et des lois pour permettre aux patrons d’en profiter au maximum.
Depuis la lutte contre le CPE, Petrelluzzi devra faire attention aux jeunes et aux moins jeunes.

CCI: LE DIRECTEUR GÉNÉRAL LIMOGÉ?
Il semblerait que le directeur général de la CCI, Jacques Garreta, soit sur le départ. Selon certains, il aurait été «remercié» par l’équipe aux commandes de la CCI, pour, toujours selon les mêmes sources, «incompétence».
Il est quand même étonnant qu’on ait attendu aussi longtemps pour découvrir que l’individu, grassement payé, ne faisait pas l’affaire. Loin de nous l’idée de le défendre, car l’intérêt du personnel n’était vraiment pas sa préoccupation première.
Reste à savoir si ce licenciement ne coûtera pas aussi cher à la CCI que de le garder. Ce genre de personnage, tout comme Lévy aux HLM, sait s’entourer de clauses de protection qui viennent s’ajouter à un salaire démesuré.

AIR CARAÏBES: MOBILISATION DE CERTAINS AGENTS
Mercredi 11 avril, certains agents se sont mobilisés à l’appel de leurs délégués syndicaux, perturbant l’embarquement des passagers pendant près d’une heure.
Ils protestaient contre le refus de la direction d’appliquer les avancées prévues lors des NAO 2005 pour lesquelles certains syndicats avaient fixé une date butoir: le 31 mars.
Pour la direction, ce mouvement n’a pas lieu d’être.
Le directeur général dit qu’il satisfera les demandes du personnel, mais que cela est lié à la mise en place du «bilan de compétences», lequel selon lui est complexe.

AIR CARAÏBES: UN «BILAN DE COMPÉTENCES» AU PROFIT DE QUI?
L’erreur n’est-elle pas, au départ, que certains syndicats aient accepté le principe même du bilan de compétences?
Il est inadmissible qu’alors que la majorité d’entre nous travaille dur pour de maigres salaires, et que l’entreprise fait du profit, un quidam vienne distribuer les bons et les mauvais points à qui bon lui semble.
Gageons que les cadres supérieurs seront les premiers servis!
Air Caraïbes se vante de ses bons résultats, et va construire un superbe siège tout près de l’aéroport. C’est la preuve que notre travail génère du profit! Il est juste que le personnel dans son ensemble, et de manière équitable, revendique sa part.



Cédric Annicet mis en liberté sous contrôle judiciaire

Après avoir été gardé à vue le mercredi 12 avril à la gendarmerie de Saint- Martin, Cédric Annicet a été conduit le jeudi 13 avril au tribunal de Basse-Terre pour être entendu par un juge d’instruction. Une délégation du comité de soutien au jeune Saint-Martinois était présente sur les lieux, ainsi que des membres de sa famille. Une dizaine de motards en tenue, de l’association des motards de Saint-Martin, ont fait le déplacement pour soutenir leur ami lui aussi motard.
De nombreux gendarmes et policiers ont été mobilisés pour un jeune inoffensif, qui n’a rien d’un bandit, ni d’un dangereux gangster. Les gendarmes qui l’ont fait sortir du car l’ont traité sans ménagement en le bousculant. Il était menotté malgré une blessure importante au poignet.
Toute la matinée, il a été interrogé par le juge d’instruction, en présence de son avocat maître Manville. Il devait comparaître en audience, l’après-midi, devant le procureur et le juge d’application des libertés. Mais ce dernier a décidé, sans attendre l’audience, de le mettre en liberté surveillée avec interdiction d’aller à Saint-Martin. Les juges ont appliqué cette décision en considérant que Cédric Annicet, en étant libre, ne constituait aucun danger pour l’ordre public. Le jeune Saint-Martinois est ressorti libre du bureau des juges et a été chaleureusement accueilli par sa famille et les membres du comité.
C’est grâce à la mobilisation de ce comité qui regroupe plusieurs organisations politiques et syndicales ainsi que des associations et des personnalités que cette liberté a été obtenue. Cédric Annicet qui a eu l’accident avec le gendarme Clin a été accusé de racisme. Les rumeurs sont allées bon train après cet accident qui a causé la mort du gendarme, rumeurs entretenues par l’association des gendarmes et qui ont été reprises par des journaux français. On a laissé croire qu’il y a eu des comportements racistes dans la population. Tout cela, parce qu’un gendarme blanc est mort! Mais la population de Saint-Martin a réagi contre ces accusations injustes. Une manifestation de 500 personnes a eu lieu dans les rues de Marigot. Les motards de Saint-Martin ont créé un comité de soutien. Le comité de soutien qui s’est créé en Guadeloupe a dénoncé cette campagne qui vise à rendre Cédric Annicet responsable de la mort du gendarme. Il a organisé une conférence de presse puis un meeting. Il compte mobiliser plus largement lors du procès.



Extraits de “l’écho de l’ANPE”

DES ODEURS INSUPPORTABLES
Le manque d’eau courante dans l’agence à Saint François avait fini après plusieurs jours, par créer une situation insupportable, notamment avec les toilettes bouchées.
Il a fallu que les agents réagissent pour que l’eau soit rétablie! Les agents ont exercé leur droit de retrait et obligé la direction à rechercher des solutions rapides.

IL N Y A PAS QUE LES WC QUI SONT BOUCHÉS
Certains se sont quand même fait tirer l’oreille pour admettre les nuisances dont étaient victimes les collègues de Saint François.
Ainsi, pour un responsable, le droit de retrait n’était pas nécessaire. A l’en croire les collègues auraient dû travailler jusqu’à ce que les odeurs disparaissent comme par miracle!

TOUTES LES MISSIONS POUR L’ASSEDIC
Le rapport récent de la Cour des Comptes sur l’activité de l’ANPE, propose que l’inscription et la gestion de la liste soit réellement prise en charge par les ASSEDIC.
Cela permettrait, selon la Cour des Comptes de simplifier les démarches pour les demandeurs d’emploi. Plutôt dire un moyen pour les ASSEDIC d’avoir les mains tout à fait libres pour radier les chômeurs. Encore une mission de l’ANPE qui disparaîtrait…

LES MAGOUILLES DE L’ANPE AU GRAND JOUR
Une collègue de l’ANPE en France dénonce dans un livre la politique de l’ANPE contre les chômeurs. Elle décrit notamment les combines de l’ANPE pour trafiquer les chiffres du chômage en radiant massivement les chômeurs.
Les agents de l’ANPE sont les mieux placés pour savoir quel sort est réservé au quotidien aux demandeurs d’emploi et surtout aux plus démunis.

NOUS NE SOMMES PAS SOLIDAIRES DE NOTRE EMPLOYEUR
Après la publication d’un livre et des émissions télévisées nombreuses contre l’ANPE, nous sommes de plus en plus nombreux à craindre pour notre avenir et notre emploi.
Il ne faudrait pas dénoncer les abus et les tares de l’ANPE? Dire qu’on n’est pas d’accord avec la politique de l’ANPE ne nous protégera ni plus ni moins.
Il faut choisir son camp. Et celui des travailleurs privés d’emploi peut s’avérer être le nôtre dans peu de temps.



Guadeloupe
Les pompiers poursuivent leur grève

La grève entamée le 20 mars se poursuit dans les centres de secours du SDIS. Les pompiers réclament du matériel indispensable pour pouvoir intervenir efficacement contre les incendies et pour secourir les victimes d’accidents. Ils manquent actuellement du nécessaire pour assurer leur mission dans le respect de leur propre sécurité.
A l’issue de réunions avec leur direction, des promesses leur ont été faites et le matériel a été commandé, mais il ont décidé de ne cesser la grève que lorsque le matériel demandé serait mis à leur disposition. Ils continuent néanmoins à assurer les secours à la population.



Extrait de “l’écho des Télécom”

HAUT ET BAS
Après avoir annoncé un chiffre d’affaire et des bénéfices records en 2005, France Télécom annonce tout de suite qu’en 2006, le chiffre d’affaire baissera. Et cela en raison la baisse de l’activité du téléphone fixe. L’augmentation du téléphone mobile ne compenserait pas cette perte. On a l’impression que FT s’est empressé de pleurnicher après avoir ri, peut être pour nous dire à nous salariés de l’entreprise: « Si vous pensiez revendiquer, eh bien, attention nous allons baisser». Quand c’est haut on nous dit que ça va baisser, quand c’est bas on nous dit «on ne peut rien faire pour vous»!




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