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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 22 avril 2006      N° 944
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Les lycéens de Sainte-Anne et leur mobilisation contre le CPE

Comme dans d’autres lycées, ceux de Gissac à Sainte-Anne ont manifesté leur opposition au CPE. Ils ont bloqué la route devant leur lycée toute une matinée. Ils ont manifesté jusqu’au bourg puis occupé la mairie. Les forces de l’ordre sont intervenues pour les déloger. Les élèves ont participé aux deux manifestations unitaires à Pointe-à-Pitre. Jusqu’au retrait du CPE ils ont mené plusieurs actions de blocage devant leur établissement. Le proviseur leur avait demandé de laisser entrer les élèves pour un bac blanc ce qu’ils ont fait. Mais les professeurs n’étant pas des élèves, ils ont été retenus devant la porte. Une astuce qui a fait grincer des dents à l’administration du lycée. Les lycéens de Sainte-Anne ont rejoint la coordination lycéenne et étudiante. Les représentants de la coordination étaient présents le mardi 11 avril devant la mairie de Pointe-à-Pitre pour faire le bilan des actions, après la décision du gouvernement d’annuler la loi.



Grève contre le CPE en Martinique

Si la participation au mouvement de grèves et de manifestations contre la mise en place du CPE a été moins imposante en Martinique qu’en France, celles et ceux qui y ont pris part ont montré leur détermination à faire le gouvernement remballer son projet.
Parmi eux, de nombreux jeunes étudiants et lycéens qui ont souhaité ne pas en rester là en convenant de se voir pour garder le contact et continuer de discuter des autres mesures contenues dans la loi dite «Egalité des Chances» et de la politique du gouvernement contre le monde du travail.
Ainsi, si ceux qui soutenaient les mesures gouvernementales pensaient qu’avec le retrait de l’article créant le CPE, le calme serait revenu dans le milieu lycéen et estudiantin, les voilà prévenus.
De cette lutte pour le retrait du CPE, les jeunes auront tiré au moins deux enseignements importants. D’abord que le gouvernement est du côté des patrons pour leur faciliter la tâche en votant des mesures scélérates qui leur permettront de consolider leurs profits au détriment des travailleurs. Ensuite qu’un mouvement fort avec des jeunes et des travailleurs déterminés peut ramener à la raison leurs adversaires les plus résolus. Il ne faudra pas l’oublier car il n’est pas dit que le gouvernement voudra en rester là.



Les manifestants anti CPE/CNE obligent “France Antilles” à rétablir la vérité

Après la manifestation devant le MEDEF, les lycéens et étudiants et des militants de Combat Ouvrier, se rendirent à France Antilles. Ils étaient environ 60 à ce moment là. L’entrée du journal fut envahie par les manifestants avec des slogans et des chants fustigeant l’attitude du quotidien local. Ils protestaient en effet contre la parution d’un gros titre après la manifestation du 4 avril, imprimé en première page, à la une en gros et gras et qui était le suivant: «démobilisation». Ce titre au mieux était une grossière erreur, au pire une manœuvre de France Antilles pour discréditer le mouvement. Car de l’avis de tous, les manifestants du 4 étaient aussi nombreux que ceux du 28. Les manifestants réclamèrent donc un autre titre en première page, du genre «les manifestants anti CPE/CNE restent mobilisés». Il devrait paraître le lendemain aussi visible que le titre incriminé. Il serait suivi d’un article bien plus objectif.
Après tergiversations les rédacteurs en chef acceptèrent de recevoir dans l’après midi une délégation de quelques membres. A 15 H donc, le même jour, après une âpre discussion, les dirigeants du journal acceptèrent de mettre le titre demandé en première page suivi de plus de 5000 signes sur le mouvement en page intérieure. Une lycéenne et un étudiant furent interviewés sur l’état du mouvement anti CPE/CNE. L’édition du France Antilles du lendemain fut donc conforme aux revendications des manifestants et rétablit la vérité sur l’état d’esprit combatif et pas «démobilisé» des manifestants, et en particulier des lycéens et étudiants.



Manifestation anti CPE CNE devant le Medef

Le jeudi 6 avril une centaine de lycéens provenant de plusieurs lycées de la Guadeloupe et des étudiants de l’université de Fouillole avaient décidé d’aller manifester. contre le CPE et le CNE devant le siège du MEDEF dans la zone de Jarry à Baie Mahault. Parmi les organisations autres que lycéennes et étudiantes ayant appelé à la manifestation lors du défilé du 4 avril, seuls des représentants de Combat-Ouvrier et ATTAC étaient présents.
Les accès au MEDEF étaient encerclés par d’importantes forces de gendarmerie. Les lycéens ont alors protesté. M Viviès, patron des patrons de Guadeloupe, est venu au devant des lycéens leur dire que «ce n’était pas le MEDEF qui avait créé le CPE et le CNE mais le gouvernement». Il a ajouté que «le MEDEF avait donné comme consigne de ne pas appliquer le CPE tant que la nouvelle loi annoncée par Chirac ne serait pas en vigueur». Ces paroles ne firent qu’ajouter à la colère des lycéens, car Viviès ne faisait que leur répéter ce qu’ils savaient déjà. Ils lui demandèrent quelle était sa position à lui sur le CPE et le CNE. Il ne répondit pas, ce qui fit dire aux lycéens qu’il était favorable à ces contrats précaires. Puis le dirigeant du patronat local proposa de recevoir une délégation de 6 personnes. Les élèves proposèrent 12 personnes, ce qui allait être accepté. Mais face au refus de certains d’aller en délégation, un vote fut organisé. La majorité se prononça contre. Après plusieurs prises de paroles, les manifestants décidèrent de quitter les lieux et d’aller protester au siège du quotidien local, France Antilles, contre un article qui avait déformé les faits lors de la manifestation du 4 avril.



Après le retrait du CPE, lycéens et étudiants vigilants!

Les lycéens et les étudiants sont restés mobilisés près d’un mois, pour exiger le retrait du CPE. Plusieurs manifestations ont eu lieu dans les rues de Pointe-à-Pitre. Les manifestations unitaires du 28 mars et du 4 avril ont mobilisé chacune un millier de personnes. Des élèves de Baimbridge ont manifesté sur la Rocade et bloqué la circulation durant 45 minutes. Le 6 avril, une centaine de lycéens, de Petit-Bourg, de Baie Mahault, de Baimbridge, de Sainte-Anne, de Sainte-Rose et d’étudiants de Fouillole ont manifesté à Jarry devant le local du MEDEF. Ils ont occupé les locaux de France-Antilles pour protester contre un article mensonger concernant la mobilisation du 4 avril. Ils ont obtenu qu’un rectificatif soit fait. Le même jour ils sont allés au Rectorat où une délégation a été reçue par l’Inspecteur d’Académie. Ce dernier s’est engagé à intervenir auprès des chefs d’établissement pour qu’aucune mesure répressive ne soit prise à l’encontre des élèves. Après l’annonce du gouvernement, le 10 avril, de supprimer le CPE, une trentaine de lycéens et d’étudiants ont décidé de se rassembler le lendemain, sur la place de la mairie à Pointe-à-Pitre pour exprimer leur volonté de maintenir la mobilisation jusqu’au retrait définitif de la loi. Ils ont fait le bilan des actions. Ils ont diffusé des tracts dans les rues de la ville. Ils se sont donné rendez-vous pour une nouvelle rencontre de la coordination durant les vacances de pâques.



Martinique
Mobilisations des lycéens contre le CPE

C’est surtout dans les lycées que la mobilisation s’est poursuivie après la journée de manifestation des lycéens étudiants et des salariés du 4 avril. Malgré le déroulement prévu des examens blancs, de nombreux lycéens ont tenu à retourner devant leur lycée pour entraîner leurs camarades à poursuivre la mobilisation jusqu’au retrait du CPE.

A CROIX RIVAIL COMMUNE DE DUCOS
Une AG s’est tenue le jeudi 6 avril, où 150 lycéens étaient présents plus des profs. Le délégué du collectif Lycéens, Etudiants, Travailleurs (C.L.E.T) a tout d’abord pris la parole pour expliquer ce qu’est le CPE et les conséquences néfastes pour le monde du travail. Ensuite, chacun a pris successivement la parole pour exprimer son refus du CPE ou avoir des explications. A la fin de l’AG toute l’assemblée a voté contre le CPE et pour son abrogation et pour préparer une manifestation en dehors du lycée le lendemain. C’est ainsi que le vendredi 7 avril, près d’une centaine de lycéens ont manifesté autour du lycée tout en effectuant un blocage au rond point du lycée. Cette opération a eu du succès.

BLOCAGE DU LYCEE DE BATELIERE DE SCHOELCHER
Le jeudi 6 avril, dès 6 heures, un groupe de lycéens a établi un barrage devant l’entrée de l’établissement en enchaînant la barrière. Plus de 300 jeunes rassemblés devant le lycée ont refusé de rentrer dans l’établissement en signe de solidarité avec leur délégué, membre du collectif Lycéens, Etudiant, Travailleurs. Ainsi, 273 lycéens ont signé une pétition pour exprimer leur approbation au blocage et pour exiger le retrait du CPE. Par une prise de parole, le délégué de Batelière et deux autres délégués du collectif ont expliqué le danger du CPE aussi bien à tout le monde mais aussi aux parents qui étaient venus accompagner leur enfant à un examen blanc. Ensuite un vote à main levée a été fait et toute l’assemblée a voté à l’unanimité le blocage du lycée. Le blocage a duré plus de cinq heures. Plusieurs interventions se sont succédées aussi bien de parents, de professeurs, de lycéens et même du proviseur. A la fin du blocage le délégué s’est adressé à l’assemblée en disant: «ceux qui veulent passer leur examen peuvent rentrer, ceux qui veulent suivre des cours peuvent rentrer, ceux qui veulent rentrer chez eux peuvent s’en aller». Alors en signe de protestation et de solidarité, la majorité des lycéens ne sont pas rentrés suivre leurs cours, seulement ceux qui devaient passer leur examen blanc sont rentrés. Ce blocage a été un succès et chacun a pu commenter cette action et le collectif est ressorti renforcé.

PRISE DE PAROLE DEVANT LE LYCEE DE BELLEVUE A FORT DE FRANCE
Le jeudi 6 avril dès 6 heures 45, quatre délégués de ce lycée ont pris la parole devant leur lycée pour expliquer que «le CPE est blessé, il ne faut pas le soigner, il faut l’abattre. Il faut être unis, c’est ainsi qu’on fera reculer le gouvernement». Plusieurs dizaines de lycéens présents ont applaudi les interventions, et sont restés solidaires de leurs camarades pour combattre le CPE. Des prises de paroles ont eu lieu également à l’intérieur du lycée où chacun a pu s’exprimer librement.

ASSEMBLEE GENERALE AU LYCEE DE FOUR A CHAUX AU LAMENTIN
A l’initiative du délégué du lycée et délégué du collectif (CLET), une assemblée générale s’est tenue dans une salle à l’intérieur du lycée. Près de 150 personnes ont assisté à cette AG: lycéens, professeurs, parents d’élève. Chacun a pu s’exprimer démocratiquement soit par son refus d’appliquer le CPE soit en l’approuvant. C’est après l’intervention du délégué expliquant ce que représente le CPE et la politique du gouvernement que des parents ont repris la parole pour dire qu’ils n’avaient pas compris ce que le gouvernement cachait avec ce contrat précaire. Ensuite l’assemblée a approuvé l’intervention du délégué et l’a soutenu pour demander que le CPE soit abrogé.



CNE : tout bénéfice pour les patrons

Une étude réalisée par un économiste démontre que le CNE «s’accompagnerait d’une détérioration des conditions de vie des demandeurs d’emploi, équivalente à une baisse de 0,47% des revenus» et aurait aussi pour effet d’augmenter les licenciements.
Plusieurs salariés licenciés abusivement en CNE ont obtenu gain de cause devant les prud’hommes.
Le CNE, un bon plan pour les patrons, qui coûtera très cher aux salariés, si nous laissons faire!



Guadeloupe
Rectorat. Manifestation des lycéens et étudiants

Dans la matinée du 6 avril, après les manifestations devant le MEDEF et dans les locaux de France Antilles, les lycéens et étudiants insistèrent pour aller au rectorat. Ils entendaient protester contre les pressions, menaces et brimades dont ils ont été victimes, de la part de certains proviseurs dans leurs lycées pendant le mouvement. Une délégation composée de délégués de plusieurs lycées, d’un délégué de l’université, d’une femme professeur à Fouillole, d’un membre de Combat ouvrier, fut constituée. Le recteur étant en France, c’est un inspecteur d’académie et son adjointe qui le remplacèrent. Tous les délégués de lycées prirent la parole à tour de rôle. Ils protestèrent avec assurance contre l’attitude répressive de certains chefs d’établissement à leur égard.
Une protestation fut aussi élevée contre les menées répressives de la police à l’université et au Moule. Bien sûr, le remplaçant du recteur, comme il fallait s’y attendre ne rata pas son numéro de morale sur «la nécessaire présence des élèves au sein de l’établissement plutôt que dans la rue». Mais se rendant compte du ridicule de la situation devant des jeunes incrédules ayant plusieurs jours de manifestations de rue derrière eux, il se ravisa. Les deux portes paroles du recteur prirent des notes et promirent de transmettre les doléances des élèves au recteur et de se renseigner sur l’attitude des chefs d’établissement incriminés. Ce ne furent peut être que des mots, mais il était nécessaire de montrer au rectorat qu’en cas de répression, les lycéens et étudiants ne se laisseraient pas faire. Apparemment ce message là fut bien reçu.



Martinique
Fin du conflit à Minimom Maximod

En grève depuis le 15 février dernier, les salariées de Minimom Maximod faisaient face à un employeur méprisant et ne respectant pas la législation du travail.
Il a fallu près de huit semaines de grève et 17 heures de négociations présidées par le directeur du travail pour que l’employeur, M. Georges Bensoussan, s’engage à respecter le droit du travail et en particulier les règles d’hygiène, de sécurité et de conditions de travail dans l’entreprise.
Un comité de suivi sera mis en place pour veiller au respect des engagements pris par la direction. Le 4 mai prochain a été arrêté pour l’ouverture des négociations annuelles obligatoires. Sur le paiement des jours de grève, trois semaines restent à la charge des salariées et quatre seront payées par l’employeur.
Les salariées peuvent reprendre le travail la tête haute. Elles ont appris à lutter en comptant sur leur propre force et imposer le respect.




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