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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES - Samedi 20 mai 2006 N° 946
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MAI 1967: le colonialisme français tuait en Guadeloupe
Il y a trente-neuf ans le colonialisme faisait tirer sur des grévistes et sur des militants nationalistes, marquant gravement l’histoire politique de l’île. Le contexte: un chômage criant et pas d’allocations. De nombreux jeunes, partis depuis en France, étaient dans la misère et se regroupaient par centaines dans les quartiers. A l’heure des luttes de libération dans le monde - Algérie, Afrique noire, Cuba - on parlait d’indépendance en Guadeloupe.
Les salaires étaient bas. Les seuls emplois, outre ceux de l’administration, étaient dans l’agriculture, emplois saisonniers, et dans le bâtiment. C’est le 26 mai 1967, lors d’une grève des ouvriers du bâtiment, une grève pour une augmentation de salaire de 2% seulement, que les «képis rouges» ont tiré et tué! Indignés, les lycéens, à l’époque conscients politiquement, sont descendus dans la rue le lendemain. L’armée a encore tiré, encore tué.
Les 26 et 27 mai, il n’y a pas eu 8 morts comme l’ont annoncé les autorités mais beaucoup plus. Le préfet de Guadeloupe en 1971, n’a-t-il pas annoncé qu’il y avait eu 80 morts en 1967, ce qui est plus proche de la vérité du massacre!
Suite à ces assassinats, l’Etat a tenté de profiter de ces événements pour s’attaquer aux militants nationalistes et, en particulier, pour démanteler une jeune organisation indépendantiste, le GONG. Il les a accusés d’être responsables des troubles en Guadeloupe. Il y eut de nombreuses arrestations de militants, dont beaucoup n’avaient même pas participé aux manifestations de Pointe-à-Pitre! Ils furent emprisonnés et jugés à Paris en 1968. De nombreux jeunes des quartiers pauvres, également accusés d’avoir manifesté, furent arrêtés et certains d’entre eux firent des années de prison.
Martinique
Habitation Belle Etoile. Patron et administration unis contre les salariés!
Les ouvriers de l’habitation Belle Etoile au Vauclin ont arrêté le travail le mardi 9 mai 2006. Cette exploitation bananière fonctionne depuis 12 ans avec 15 salariés.
Les conditions d’hygiène et de sécurité sont déplorables: la toiture du hangar laisse passer les intempéries, des fils électriques se baladent et entrent en contact avec les salariés, il n’y a pas de vestiaires ni de toilettes.
Les services de l’état qui visitent les habitations ont toujours fermé les yeux sur ces conditions de travail, au mépris de la légalité.
Les salariés ont arrêté le travail car depuis novembre 2005, leur employeur M. De Reynal Hugues, a diminué les jours de travail de 5 jours à 3 ou 2 jours. Dans le même temps il demande de fournir plus de travail soit 54 cartons par palettes au lieu de 48.
L’employeur interdisait aux salariés de travailler avant et après les jours fériés, donc il ne les payait pas en disant que ces jours n’étaient pas «encadrés».
Aujourd’hui, sous prétexte de problèmes économiques, l’employeur veut licencier, mais il veut l’accord des salariés et surtout qu’ils continuent à travailler dans les mêmes conditions déplorables, avec plus de rendement. Selon lui, il s’agit de sauver l’entreprise. Mais en fait il s’agit plus de continuer les profits sur le dos des ouvriers, et le représentant de la direction du travail semble prêter main forte a l’employeur quand il dit aux salariés que les conditions de travail ne sont pas différentes sur les autres exploitations et qu’un effort a été fait parce qu’on leur a installé une table et quelques chaises dans un endroit poussiéreux.
Ainsi les ouvriers n’auraient d’autre choix que d’accepter les conditions que leur impose leur patron et de reprendre le travail.
Les ouvriers ne l’entendent pas ainsi, ils veulent le paiement de tous les salaires qui ont été indûment retenus, l’amélioration de leurs conditions de travail et le retour à leur contrat de travail habituel.
Inauguration d’une rue Mumia Abu-Jamal dans la ville de Saint-Denis à Paris
Le 29 avril, a eu lieu l’inauguration d’une rue au nom de Mumia Abu-jamal, le journaliste noir américain condamné à mort aux Etats-Unis. Cette inauguration a été à l’initiative d’associations de jeunes de la ville de Saint-Denis à Paris. La municipalité a porté un soutien actif à ces associations et à l’organisation de cette inauguration. La rue Mumia Abu-Jamal se situe près du stade Nelson Mandela, le militant d’Afrique du sud contre l’apartheid, qui est resté plusieurs années en prison.
Près de 200 personnes ont participé à l’inauguration, dont une forte délégation de Noirs américains et des avocats de Mumia ; trois membres du Collectif guadeloupéen de soutien à Mumia ont fait le déplacement pour participer également à l’événement. Ils ont exposé des panneaux retraçant l’affaire, ainsi que trois tableaux du peintre guadeloupéen Sanmyèl, offerts au Collectif. Une grande banderole réalisée par le peintre guadeloupéen, Chadru, marquait la présence du Collectif guadeloupéen. La délégation guadeloupéenne a été chaleureusement accueillie par les organisations et le responsable du COSSIMAP (Comité de soutien à Mumia et aux prisonniers politiques) et par Julia Wright, fille de l’écrivain noir américain Richard Wright.
C’est la première fois, dans le monde, qu’une rue porte le nom d’un condamné à mort. La solidarité internationale se manifeste ainsi et par d’autres actions pour la libération de Mumia Abu-Jamal. Ce journaliste condamné à mort, a été nommé citoyen d’honneur de la ville de Paris et d’autres villes en France et en Europe.
Ce geste public est positif et ne peut que renforcer la cause de ce journaliste et contribuer à freiner et annihiler la vindicte officielle qui poursuit ce journaliste. Les nombreuses orga-nisations qui soutiennent Mumia Abu-Jamal à travers le monde, y compris dans la Caraïbe, demeurent plus que jamais vigilantes et poursuivent la mobilisation, après la décision de la Cour suprême de revoir les arguments de la défense qui innocentent Mumia. Ira-t-on vers la révision du procès? Une décision doit être prise en cours d’année. La mobilisation se poursuit pour que la justice américaine libère un condamné à mort qui clame son innocence depuis 24 ans.
Guadeloupe
Succès de la fête annuelle de Combat Ouvrier
La fête annuelle de Combat Ouvrier s’est déroulée comme les années précédentes au domaine du Pako à Baie Mahault. Plusieurs centaines de personnes, militants, sympathisants, travailleurs, jeunes, se sont retrouvés dans une bonne ambiance. Le repas fut animé par le groupe Romantica, la chanteuse Jessica Baden, lauréate du grand prix de la biguine, et le rappeur Pofwa. Ensuite, les délégations des organisations invitées ont pris la parole. On a pu entendre tour à tour, Raymond Gauthiérot secrétaire général de l’UGTG, Christian Céleste secrétaire général du Parti Communiste Guadeloupéen, Bruno Taty, représentant d’Attac-Guadeloupe. Cette organisation ainsi que la CGTG et le Comité de soutien à Abu Jamal, avaient un stand dans la fête. Puis ce fut le tour de M. Lefort, de Jean Marie Nomertin secrétaire général de la CGTG. Notre camarade Danielle Diakok fit une intervention au nom de Combat Ouvrier. Albert Leroy, vieux militant ouvrier français, ex secrétaire de la CGTG, a prononcé quelques mots de sympathie envers l’assistance présente à la fête!
Après un succulent repas (de l’avis de tous!) ceux qui le désiraient purent se rendre au Forum pour améliorer leurs connaissances et débattre. Il y eut d’abord un exposé sur le Chikungunya et la grippe aviaire qui fut suivi par une bonne assistance ; puis ce fut au tour de J.M. Nomertin de présenter un exposé sur les luttes et la situation des travailleurs en Guadeloupe. Le débat autour de ce thème fut très animé. A la tombée de la nuit, une projection de diapositives avec explication, sur les planètes et les étoiles intéressa un bon groupe de personnes. Elles purent ensuite à l’aide de télescope et de jumelles spéciales scruter les planètes et les étoiles avec l’aide de deux astronomes amateurs.
Comme d’habitude, les adeptes du «bal titane» purent danser dans l’après-midi, tandis que les plus jeunes bénéficiaient d’un coin informatique pour s’adonner aux jeux vidéo. Petits et grands eurent d’ailleurs l’embarras du choix entre les jeux vidéo, le stand de tir et les tours du magicien Cayet. Les accras, chodo, gâteaux et le griot haïtien ont pu combler le petit «creux» de l’après midi.
La librairie eut son petit succès avec plusieurs dizaines de livres et brochures vendus. Ceux qui voulaient discuter politique et en savoir plus sur notre programme et notre organisation ont eu la possibilité de le faire tant autour de la librairie, qu’aux forums ou ici et là dans la fête avec les militants de CO. Un dépliant titré «Ce que veut Combat ouvrier» a été distribué à tous. Une fête réussie donc de l’avis de tous!
Guadeloupe
AFFAIRE LEFORT: justice coloniale et justice populaire
Le 4 mai avait lieu l’audience en appel de M. Lefort devant la chambre d’accusation contre le non lieu prononcé dans l’affaire des gendarmes blancs qui l’avaient malmené très brutalement. Les juges ont confirmé le non lieu de première instance. C'est-à-dire qu’ils estiment que les gendarmes qui avaient pointé leur révolver sur la tempe d’un homme âgé et malade, qui l’avaient jeté à terre, ceinturé, traîné puis mis en garde à vue dans un réduit nauséabond, que ces gendarmes là ne seront pas poursuivis: ils avaient donc eu raison d’agir ainsi et peuvent donc recommencer! Il est bon que la population le sache!
M. Lefort et son avocat Me Rodes ont signé un pourvoi en cassation aussitôt après l’audience. Plusieurs dizaines de membres du «comité Lefort contre le racisme et l’humiliation» ont manifesté devant le tribunal et organisé un meeting de protestation. Ils entendent aller jusqu’au bout dans cette affaire. Si la cour de cassation devait confirmer le jugement, ils veulent aller devant la cour européenne des droits de l’homme. Plusieurs intervenants se sont demandé: «Peut-on gagner contre des gendarmes blancs devant des juges blancs?». La question mérite d’être posée quand on voit le déroulement de l’affaire Lefort! Mais l’affaire n’est pas terminée!
Aéroport
SORI: UN CONTRÔLE DE BADGE MUSCLÉ! …
Un jeune policier fraîchement débarqué lisait son journal pendant que notre collègue passait en zone réservée. Furieux de la voir trop tard, il lui arrache brutalement son badge et ne le lui rend que sur les injonctions d’une collègue de la SORI.
… 10 JOURS D’HÔPITAL POUR LA COLLÈGUE DE LA SORI …
Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Le lendemain, ce policier convoque notre collègue à la PAF où il la soumet à un interrogatoire qui est une véritable torture. Défense de s’expliquer: « dites OUI ou NON! » Obligation de signer une déclaration que la collègue, sous pression, n’est visiblement plus en état de lire, menaces.
Lorsque la collègue arrive à lire ce qu’elle a signé elle n’y trouve que des mensonges: elle aurait refusé de montrer son badge, et ce ne serait pas la première fois ; elle aurait insulté le policier. Résultat, suite à une poussée de tension, elle tombe en arrivant à son travail et doit rentrer à l’hôpital. Elle n’entend plus d’une oreille.
… EST-CE NORMAL QU’UNE TELLE VIOLENCE RESTE IMPUNIE?
La direction de la SORI a demandé à notre collègue de ne pas porter plainte contre ce policier qui n’en est pas à sa première action intempestive contre un travailleur de l’aéroport. Son argument: elle a obtenu que soit retirée la déclaration mensongère que notre collègue avait signée sous la contrainte.
Ceci n’est que justice. Mais beaucoup de collègues qui ont vu l’état de leur camarade sont scandalisés de cette affaire et estiment qu’une telle injustice doit être réparée.
A.N.P.E.
EMPLOI: HORIZON BOUCHE
Les « données sociales » de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) sur l’accès des jeunes à l’emploi déclarent que «ces derniers terminent leurs études de plus en plus diplômés mais trouvent un emploi plus souvent temporaire ou déclassé ».Ce déclassement touche une jeune sur quatre.
LE CERCLE VICIEUX
Une autre étude démontre le poids prépondérant des origines socioculturelles dans l’accès à l’emploi. L’insertion est « plus lente et difficile » pour les enfants d’ouvriers, les jeunes issus de l’immigration extra européenne ou « les individus confrontés dans leur enfance à diverses difficultés sociales ou familiales » dont le chômage des parents, les problèmes de santé etc. Le risque de non emploi est accru de 30% lorsqu’un parent a connu le chômage de longue durée.
LES DISCRIMINATIONS
Toujours dans cette étude, on peut lire que les jeunes issus de l’immigration dont le père est d’origine maghrébine ont des difficultés plus importantes: «la moitié d’entre eux n’a pas d’emploi stable contre un tiers des jeunes dont le père est né en France.
LES JEUNES PLUS CHOMEURS QUE LES AUTRES
L’étude démontre encore que les jeunes sont confrontés plus que les autres salariés aux emplois de courte durée (moins d’un an) «40% des heures rémunérées aux salariés de moins de 25 ans le sont dans le cadre d’emplois de courte durée»
PLUS DE TRAVAIL ET MOINS DE RETRAITES
Enfin pour terminer le sombre tableau, il est prouvé que dans un avenir proche les salariés partiront plus tard à la retraite et toucheront des pensions moins élevées.
Sucrerie (Gardel)
DE L’HYGIENE ENCORE DE L’HYGIENE
Nous constatons que depuis plusieurs mois, les toilettes de l’ensachage sont mal entretenues, voire pas entretenues du tout.
La direction n’a pas l’air de comprendre que ces lieux doivent être propres car nous sommes, nous à l’ensachage, en contact direct avec des produits alimentaires.
Mais la direction a tellement l’air de s’en foutre que les toilettes manquent de papier et de savon. Le minimum quoi! Peut-être que ces gens attendent une petite visite de l’administration compétente pour s’exécuter.
Télécom
FT SUPPRIME DES EMPLOIS PARTOUT
En Grande Bretagne, France Télecom a annoncé entre 1800 et 2000 emplois sur les 12000 de sa filiale britannique Orange. Cette annonce entre dans le cadre d’un plan de suppressions de 17000 emplois dans différents pays. Autant dire que la charge de travail de ceux qui restent s’accroît énormément. C’est la même politique de FT dans tous les pays.
TOUT POUR LES ACTIONNAIRES
Ces suppressions d’emplois tous azimuts ont lieu alors même que France Télécom a annoncé des résultats en hausse: 5,7 milliards net. Il y aurait donc largement la possibilité de financer des emplois au lieu de les supprimer. Le seul obstacle est la volonté de France Télécom de satisfaire l’appétit de ses actionnaires.
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