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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES - Samedi 1er juillet 2006 N° 948
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Sainte-Rose
Colère contre la pollution industrielle
Les habitants de la résidence Bois Rada à Sainte Rose sont en colère contre la pollution causée par la distillerie Bonne Mère dans la région. Las de se plaindre des méfaits de l’usine, le mercredi 21 juin dernier, dès 4h du matin, ils ont barré la route qui mène à Bonne Mère. Les gendarmes sont intervenus deux fois dans cette journée pour enlever les barrages que la population remontait une fois les gendarmes partis. Cette action a duré toute la journée. Et la lutte des habitants de Bois Rada continue. Ce mouvement montre bien le niveau de colère des habitants de la région de Bonne Mère. Ils expliquent que cette pollution cause à la population des difficultés respiratoires. Les personnes âgées souffrent d’allergies et les enfants d’asthme. Il y a des indices flagrants comme la profonde souillure du toit des immeubles de la résidence Bois Rada pas loin de la distillerie. Les médecins conseillent aux habitants de quitter la zone. Il y en a qui ont déjà déménagé de Bois Rada pour aller ailleurs. Mais tous ne peuvent pas le faire!
Le collectif des résidents de Bois Rada ne cesse d’interpeller, depuis leur installation, et la SEMSAMAR, propriétaire de la cité, et le directeur de Bonne Mère, Michel Claverie, afin de trouver une solution à leurs problèmes qui durent depuis 1998. Rien n’y fait.
Ce même mercredi 21, le maire de la commune de Sainte-Rose a refusé de tenir sur place une réunion avec le collectif pour discuter des problèmes. Il lui a proposé de se réunir à la mairie, ce que les résidents ont refusé. La réunion n’a pas eu lieu.
Quant à Claverie, il dit pour s’expliquer sur la pollution de la région par sa distillerie que depuis 5 ans il tente d’apporter des solutions aux différents problèmes, mais chaque fois il travaille dans l’urgence. Claverie est dans l’urgence depuis 1998!
Depuis la création de cette cité, il a déjà reçu plusieurs mises en demeure afin de mettre la distillerie aux normes ; des experts ont été nommés par le tribunal, des réunions d’expertises ont été tenues sur le site, des rapports ont été établis mais n’ont jamais été communiqués. Ces responsables se jouent de la souffrance des habitants. C’est intolérable!
Les habitants de Bois Rada affirment vouloir poursuivre la lutte jusqu’à satisfaction de leurs revendications.
Guadeloupe
Le combat de M. Lefort et du comité de soutien
M Hilaire Lefort cet homme de 83 ans, malade cardiaque avait, rappelons le été agressé par le chien de son voisin il y a 18 mois. Il s’était alors saisi d’un vieux fusil de chasse pour se défendre. M Babin avait appelé les gendarmes qui se livrèrent à une véritable agression contre M Lefort. Ce dernier fut ceinturé, révolver pointé sur la tempe, jeté, malmené, traîné au premier étage de sa maison pour fouille puis embarqué dans la voiture des gendarmes. Il fut ensuite placé dans un réduit nauséabond torse nu, durant toute une nuit avant d’être libéré le lendemain matin. Il devait être hospitalisé pendant plusieurs jours par la suite. M Lefort a ensuite demandé de l’aide pour que se constitue un comité de soutien qui devint le «comité Lefort contre le racisme et l’humiliation». Il porta plainte contre Babin et les gendarmes. La justice en première instance et en appel a conclu par un non lieu. M Lefort s’est alors pourvu en cassation, jeudi 22 juin dernier. A chaque fois les militants du comité ont tenu un petit meeting devant le tribunal pour protester contre l’attitude des gendarmes et réclamer leur condamnation.
Mais ces militants savent bien qu’en ayant porté plainte contre les gendarmes et contre celui qui les avait appelés à savoir le voisin Babin, ils s’attaquaient à l’un des fondements de l’Etat. Il est très rare que les juges condamnent les gendarmes. Aussi était-ce une gageure de le faire. Mais il fallait le faire néanmoins. Cela dit, les objectifs de M. Lefort et du comité ont été largement atteints dans la mesure où ils ont fait connaître à l’opinion publique les violences exercées sur un homme âgé, par la force publique. Ils ont aussi largement fait connaître le contexte dans lequel cette affaire est survenu. Il s’agit d’un contexte où la politique sécuritaire de l’extrême droite raciste et de Sarkozy fait feu de tous bois et prend aux Antilles un aspect particulier. Un certain nombre de policiers et gendarmes, forts de cette politique répressive dérivent dangereusement dans l’exercice de leurs actions. Interpellations musclées, dérapages de toutes sortes s’accompagnant d’une attitude raciste quand il s’agit des gendarmes blancs, deviennent le lot quotidien. Le comité Lefort contre le racisme et l’humiliation ayant largement fait connaître son action a été rejoint par bien d’autres personnes victimes de violences policières et autres injustices. Son combat se poursuit.
Le comité fait savoir qu’il se réunit tous les lundis à 18H30 à la maison Lefort, 20 rue Alexandre Isaac, à Petit Bourg (derrière le petit marché côté mer). La réunion est ouverte à tous. Tél: 0590.95.71.65 / 0690.91.42.45
Guadeloupe
Extrait du bulletin “plantation en lutte”
QUEL AVENIR POUR LA BANANE?
Il y a quelques mois, un représentant de l’Union Européenne de passage en Guadeloupe annonçait que l’Europe entamait des démarches pour sortir la banane des Antilles de l’OCM-Banane. Cette sortie, si elle est obtenue, laissera la possibilité à l’Europe et aux Etats de subventionner et d’aider comme bon leur semble cette production. On attend une réponse pour la fin du mois de juin.
C’est à cette condition seulement, prétendent les planteurs et des représentants des pouvoirs publics que la production pourra redémarrer.
Cela signifie-t-il qu’il n’y aura plus de production de bananes en Guadeloupe si l’Europe n’obtient pas une réponse positive à sa demande?
En tout cas en ce qui nous concerne, nous travailleurs de la banane, nous avons intérêt à rester mobilisés.
Guadeloupe
Extrait du bulletin “sucrerie en lutte - Gardel”
TOUJOURS DES PROFITS
Les «big-bag» qui sont expédiés en France sont vendus au prix de une tonne de sucre. Mais plusieurs contrôles ont montré que certains pesaient moins, 950 ou 980kg. Aux acheteurs qui faisaient des réclamations, la direction a répliqué qu’il s’agit d’erreur technique.
Si c’est le cas, il y a peut-être à vérifier le poids des sacs de sucre vendus sur le marché pour un kilo ou deux kilos. La direction ne recule pas devant les petits profits.
SPONSORISME
1 - LE FESTIVAL CREOLE BLUES
La direction de Gardel a sponsorisé le Festival Créole Blues qui s’est déroulé au Moule du 02 au 05 juin 2006. Elle y a participé à hauteur de 10 000 €. Cet acte de relations publiques peut se comprendre. Toutefois, ce que nous constatons c’est que ces messieurs ne sont pas aussi généreux quand il s’agit de satisfaire nos revendications d’augmentation de salaires.
2 - LA ROUTE DU RHUM
La direction n’a pas apporté son soutien financier qu’au «festival créole blues». Elle le fait aussi pour la «route du rhum» à hauteur, cette fois, de 20 000. Il faut observer que ces gestes d’accompagnement financier sont faits sans pleurnicherie sur les difficultés financières de la sucrerie dont la direction nous parle à chaque négociation annuelle obligatoire (NAO) alors que les augmentations de salaire que nous réclamons ne nous permettent que de conserver notre pouvoir d’achat. Des hypocrites finis!
GASPILLONS, GASPILLONS, IL EN SORTIRA TOUJOURS QUELQUE CHOSE
Depuis plus d’un mois du sucre s’écoule par un trou. Ce trou est situé dans un tuyau qui sort du bac de filtration. La quantité de sucre perdue depuis tout ce temps se mesure par tonne.
Il vaut mieux faire des économies sur le matériel et produits sanitaires des toilettes de l’ensachage que sur le produit sucre. En négligeant l’hygiène on peut se permettre de perdre quelques tonnes de sucre!
Martinique
Affaire de la clinique Sainte-Marie. Les anciens actionnaires déboutés
Dans l’affaire opposant les repreneurs désignés de la Clinique Sainte Marie aux anciens actionnaires qui avaient fait appel, le tribunal a rendu sa décision le 23 juin. Il confirme la décision rendue en première instance.
Les anciens actionnaires avaient l’appui du Conseil Régional qui s’était engagé à mettre d’énormes moyens financiers, avec d’autres banques et organismes, pour permettre la poursuite de l’activité. Le Conseil régional était allé jusqu’à dire que ces aides ne seraient accordées qu’aux anciens actionnaires, pas aux nouveaux repreneurs. Un moyen peut-être de faire pression sur le tribunal et pour montrer que sa confiance allait aux capitalistes locaux qui étaient par ailleurs responsables de la situation ayant amené au redressement judiciaire. D’ailleurs, il y a quelques mois, ce même Conseil régional avait transformé en subvention un prêt fait à la Clinique. Autrement dit, de l’argent public que la clinique n’avait plus à rembourser.
Pendant toute la période de la procédure de redressement, les salariés regroupés au sein d’une intersyndicale ont fait preuve de vigilance, se gardant de voler au secours des anciens actionnaires et sans se réjouir de l’arrivée des nouveaux.
Anciens actionnaires ou nouveaux actionnaires, ce ne sont que des capitalistes qui ont tous les mêmes objectifs: faire des bénéfices. En adoptant cette position, les travailleurs ont entendu garder leur indépendance pour pouvoir intervenir plus tard si nécessaire.
Guadeloupe
Cora. Débrayage pour la prime Villepin
Les employés de Cora Bas du Fort (Pointe à Pitre) ont bloqué les portes du magasin lundi 20, mardi 21 et mercredi 22. Ceux de Cora Desmarais (Basse terre) ont cessé le travail depuis le jeudi 16; au moment où nous écrivons ils n’ont toujours pas repris le travail. Dans les deux cas ces travailleurs demandaient à l’appel de leur syndicat la CTU, le paiement de la prime Villepin. La direction des magasins refuse.
Pour le magasin Cora Bas du Fort elle prétend qu’il n’a pas atteint ses objectifs cette année à savoir l’augmentation de son chiffre d’affaire. Le syndicat rétorque que la loi prévoit que toutes les sociétés qui dégagent des bénéfices doivent payer cette prime. Finalement, le mercredi, 22 travailleurs et la direction se sont mis d’accord pour qu’une prime ne portant pas le nom de Villepin soit incluse dans la négociation de la NAO en cours. A Desmarais ce n’est pas le même cas. Le chiffre d’affaire est en hausse. Les travailleurs sont déterminés.
Les travailleurs du CHU de Pointe à Pitre refusent d’être victimes des restrictions budgetaires
Au cours de la réunion de la commission technique d’établissement ( CTE) du jeudi 15 juin, la direction du Centre hospitalier universitaire (CHU) annonçait officiellement que l’Agence régionale d’hospitalisation (ARH) avait décidé de l'état prévisionnel des dépenses et des recettes (l’EPRD) du CHU. Ce budget présente un écart de 5,5 millions d’euros (en moins) par rapport aux prévisions de la direction du CHU.
Comment en est-on arrivé là?
Le CHU n’a pas été en mesure de remettre cet Etat prévisionnel dans les délais. Comme le prévoient les textes, c’est donc à l’ARH de le faire unilatéralement.
Les textes prévoient également que ce budget présente un «caractère limitatif» et que le CHU devra présenter un «plan de retour à l’équilibre» ou plus simplement «plan de redressement». Cela veut dire que le CHU devra réduire ses dépenses. Et là les pistes sont prévues par l’ARH: ce sont les charges en personnel et à caractère médical qui devront diminuer. Le plan sera présenté au conseil d’administration du 28 juin, mais d’ores et déjà la direction annonce que des départs à la retraite ne seront pas remplacés et que des postes d’administratifs et d’ouvriers vacants ne seront pas occupés.
Depuis la mise en place de la tarification à l’activité (TAA), les syndicats et l’Union hospitalière ne cessent de tirer la sonnette d’alarme sur les difficultés financières à venir face à un gouvernement avant tout soucieux de faire des économies sur les services publics afin de subventionner sans cesse les patrons du privé.
Au CHU de Pointe-à-Pitre les salariés ne veulent pas terminer 2006 sur la corde raide, ils ont décidé dès maintenant de se préparer à lutter. L’activité actuelle dans l’hôpital, assemblées générales, assemblées de services, blocage devant les portes d’entrées le montrent bien.
Contre la dictature des intérêts privés, il faudra imposer le contrôle de la société sur les grandes entreprises
Après plusieurs mois d'empoignades boursières, le conseil d'administration du trust Arcelor, numéro deux de la sidérurgie, vient d'accepter l'OPA, c'est-à-dire l'offre d'achat de Mittal Steel, numéro un mondial. Les affrontements avec leurs rebondissements ont mobilisé des milliards d'euros……
Une fois de plus, c'est un conseil d'administration de quelques dizaines de personnes qui a décidé une fusion qui va affecter directement le sort des 320 000 salariés que comptent les deux groupes, sans parler des travailleurs dépendant des sous-traitants. Et si les restructurations entraînent des fermetures d'usines, les conséquences néfastes se feront aussi sentir pour d'autres catégories sociales.
……
Si le nouveau groupe se retrouve en position plus forte en tant que monopole, il sera encore plus en situation d'augmenter ses prix et de faire payer ses superprofits à l'ensemble des consommateurs. Exemple: les consommateurs n'ont aucune raison de se réjouir de la position de monopole des trusts pétroliers!
Une économie dirigée en fonction des intérêts privés dans le secret des conseils d'administration conduit la société à la catastrophe. Il n'y a qu'une crise sociale exceptionnelle et la force de l'action collective de la classe ouvrière à un niveau élevé qui pourront briser cette dictature et faire reculer les intérêts privés au profit de l'intérêt de toute la société. Il faudra alors que les travailleurs mettent ce contrôle au centre de leurs exigences!
Arlette Laguiller
Télécom
FT SUPPRIME DES EMPLOIS PARTOUT
En Grande Bretagne, France Télecom a annoncé entre 1800 et 2000 emplois sur les 12000 de sa filiale britannique Orange. Cette annonce entre dans le cadre d’un plan de suppressions de 17000 emplois dans différents pays. Autant dire que la charge de travail de ceux qui restent s’accroît énormément. C’est la même politique de FT dans tous les pays.
TOUT POUR LES ACTIONNAIRES
Ces suppressions d’emplois tous azimuts ont lieu alors même que France Télécom a annoncé des résultats en hausse: 5,7 milliards net. Il y aurait donc largement la possibilité de financer des emplois au lieu de les supprimer. Le seul obstacle est la volonté de France Télécom de satisfaire l’appétit de ses actionnaires.
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