logo COMBAT OUVRIER
Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
MSN Search
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 15 juillet 2006      N° 949


Sommaire   >   Page suivante   >   Accueil   >   Archives   >   e-mail  

À la Une

Éditorial

Coupe du monde de football: des arênes antiques aux stades modernes

La coupe du monde de football, on le savait, est traditionnellement suivie avec intérêt et passion par des millions de gens. Mais à chaque fois, l’engouement naturel du public est utilisé toujours plus par une série de gens dont le sport n’est pas la préoccupation principale. C’est l’appât du gain et des profits qui poussent des riches à réinvestir d’énormes sommes dans la publicité, les émissions de télé, les écrans géants, les émissions. De même pour les dirigeants politiques qui multiplient discours et hommages pour redorer leur blason.
C’est vrai qu’une partie des sentiments de la population et particulièrement la population laborieuse, les jeunes des quartiers, les pauvres, est faite de rêve. Il en est ainsi pour échapper quelque temps à la vie terne, aux longues journées de travail, au quotidien fait de difficultés de toutes sortes. De la même façon qu’ils jouent au loto pour acheter une part de rêve en se voyant milliardaires, bien des gens s’identifient aux héros des stades. Quand, de plus, ces héros se nomment Zidane, Ribery, Thuram, Thierry Henri ou Makélélé et sont natifs des quartiers, fils d’immigrés algériens, de Noirs antillais et africains ayant grandi dans les quartiers pauvres ou les cités de banlieues, combien de jeunes de ces milieux rêvent d’une carrière sportive semblable!
Et c’est ainsi que les vautours qui rôdent partout où il y a de l’argent à gagner s’appuient sur de tels sentiments. Car ces joueurs font vendre et font gagner beaucoup d’argent à toute une série d’intermédiaires. Et la machine de s’emballer! les sentiments de la population existent, on les exalte, ils se manifestent de plus belle, on les exalte encore plus etc. Et cela débouche sur les manifestations monstres d’une sorte de folie collective, faite de joie ou de tristesse selon que l’équipe «nationale» perde ou gagne. Pendant ce temps, ce sont des millions, des milliards qui tombent dans les caisses des sociétés de télévision, des agences publicitaires, des fabricants de maillots au nom des nouveaux dieux des stades. Les politiciens exaltent alors «la France qui gagne», «l’unité retrouvée d’une équipe» pour la comparer à l’unité nationale. Et tous ces mots pour nous faire travailler plus et nous faire accepter notre sort d’exploités dans les entreprises, de discriminé racial, ou de semi colonisé, au nom de la «nation». Lorsque Villepin et Chirac encensent Zidane, c’est une manière de faire croire à tous les jeunes beurs qu’ils pourraient devenir un Zidane et les faire rêver. Car ces rêves là peuvent être un contrepoids au sentiment de révolte exprimée régulièrement dans les banlieues et les quartiers immigrés. C’est du chloroforme!
Les deux forces, capitaliste et politique sont intimement liées dans leur volonté de pérenniser un type de société: la société de profit où une minorité d’individus détient d’immenses richesses tirées de l’exploitation de la majorité. Le sport est détourné de son but en partie pour cela. Dans la Rome antique les puissants faisaient de même avec les jeux du cirque ou ils faisaient des gladiateurs, esclaves, s’entretuer dans des arènes pleines à craquer. C’était la politique du «pain et des jeux». Mais un jour, il y eut Spartacus qui leva une armée d’esclaves et de pauvres qui ébranla la puissance romaine et put vaincre ses armées avant d’être lui-même vaincu. Aujourd’hui il faut souhaiter que des Spartacus modernes se lèvent pour mettre à bas cette société pourrie et la remplacer par une société vraiment humaine.



Le racisme dans le football: un des reflets de cette société malade

Les nombreuses manifestations de racisme exprimées lors des matches de football depuis longtemps déjà sont réapparues tout naturellement lors de la coupe du monde. Par exemple pendant le match France-Espagne on a entendu encore des cris de singe à chaque fois qu’un joueur noir de l’équipe de France avait le ballon. Depuis quelques années, ces odieuses manifestations se produisent régulièrement. On a entendu Chimbonda en parler lors d’une émission récente à la télévision. Il s’était fait traiter de «sale négro» après un match en Corse. De même le joueur africain Eto’o qui avait failli quitter le stade en cours de match. Thierry Henri qui aussi est victime du racisme en Angleterre avait pris la tête d’une campagne anti raciste il y a quelque temps. Ces manifestations racistes ne sont pas seulement le fait d’un certain nombre de supporters imbéciles. Des dirigeants du football comme l’entraîneur de l’équipe d’Espagne, Aragones, avait traité Thierry Henri de «noir de m.. » Il n’avait écopé que d’une amende alors qu’il aurait dû être carrément révoqué. Les sanctions des organes dirigeants du football mondial sont en effet très timides contre ces manifestations racistes.
Jean Marie le Pen, chef de l’extrême droite raciste déclarait tout récemment «on a peut être exagéré la proportion de joueurs de couleur» dans l’équipe de France» ou, comme en 1998 il déclare encore que «la France ne se reconnaît pas dans cette équipe ».
Ces propos et manifestations de racisme sont un reflet du racisme ordinaire qui augmente avec l’augmentation de la population immigrée en France ou venant des vieilles colonies françaises comme les Antilles ou la Guyane. Mais le climat qui règne autour des matches et dans les stades de football ne peut que renforcer ce racisme. Il n’est du reste qu’une conséquence du nationalisme exacerbé qui règne dans et autour des stades et qui est entretenu volontairement par les dirigeants. Tout est bon pour créer et exalter l’ambiance, pour remplir les stades et faire le maximum de profits. Il appartiendrait aux dirigeants du football et aux dirigeants politiques de prendre des mesures extrêmement sévères contre le racisme. Il faudrait aussi que les joueurs, les anti racistes, l’opinion publique, manifestent leur opposition, comme Thuram. Mais aussi il faudrait qu’ils exigent des mesures bien plus fermes. Cela étant, ce qui se passe autour du foot ne peut être différent de ce qui se passe au quotidien. Et c’est en menant une lutte déterminée contre toutes les manifestations de racisme, quel qu’il soit: anti-arabe, anti-juif, anti-noir, qu’on pourra obtenir des résultats. A cet égard, ceux qui ici aux Antilles manifestent racisme ouvert et violences à l’encontre de la communauté haïtienne ne sont pas différents que ceux qui poussent des cris de singe contre les footballeurs noirs. Il faut combattre des gens comme Ibo Simon et d’autres qui s’en prennent aux immigrés haïtiens. Il faut combattre des gens comme Le Pen, mais aussi Sarkozy, et la droite classique et certains politiciens de gauche qui hypocritement pour glaner des voix sur l’électorat de Le Pen, entretiennent un climat de racisme, et anti immigré. Chirac lui même n’avait il pas parlé du «bruit et de l’odeur» des immigrés? La complaisance de tous ces dirigeants vis-à-vis du racisme ouvert ne peut que l’entretenir. Il faut les combattre avec la plus grande énergie, pas seulement dans le sport mais dans tous les domaines.



Guadeloupe
Danone: le patron cherche-t-il à allumer un incendie dans l’île?

La trentaine d’ouvriers et de chauffeurs de la SGPY Danone ont repris le travail lundi 3 juillet après une année de grève. C’est ce jour là que choisit le directeur De Lavigne pour annoncer des sanctions pour fait de grève. Il a décidé le licenciement de 5 employés et la mise à pied pour 15 jours et sans solde de 4 autres. Parmi ces 4 derniers figurent 2 délégués du personnel et un délégué syndical UGTG. Il prétend que ces victimes l’ont injurié et ont barré ses camions de yaourts. Camions qui étaient escortés par la gendarmerie.
En réalité De Lavigne, soutenu moralement et financièrement par les patrons locaux, veut faire payer aux travailleurs de Danone leur combativité. Ces patrons en punissant lourdement ceux qui se sont portés à la tête du mouvement, veulent faire un exemple. Ils veulent montrer aux travailleurs de Guadeloupe que s’ils osent faire grève les patrons ne céderont pas et de plus ils seront renvoyés.
Compte tenu de cet état de fait, les licenciements et les mises à pied des travailleurs de Danone concernent tous les travailleurs. Beaucoup d’entre eux se sentent solidaires de ceux de Danone pour obliger ce patron De Lavigne, qui pense comme un esclavagiste, à faire machine arrière.
Pour l’instant, seul un petit nombre de travailleurs se trouve sur le site, les autres sont en congé. La mobilisation contre cette infamie prend forme. Et les quelques travailleurs présents ont déjà fait savoir à De Lavigne qu’ils n’accepteront pas ces sanctions.