|
|
|
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES - Samedi 15 juillet 2006 N° 949
Sommaire > Page précédente > Page suivante > Accueil > Archives > e-mail
Page 2
Martinique
Le forum social propose-t-il des perspectives à la classe ouvrière caribéenne?
Le forum social caribéen, le premier en Martinique s’est tenu du mercredi 5 juillet au dimanche 9 juillet. Dans une interview accordée au journal France Antilles le 3 juillet, Philippe Pierre-Charles dirigeant du GRS et membre du comité d’organisation du premier forum social a souligné le sens de ce forum: «cet évÉnement se situe dans le cadre du développement alter mondialiste international….(Il s’agit) de créer un lieu de rencontres, d’échanges et de réflexion sur les problèmes communs, économiques, sociaux, politiques, culturels en dehors des cloisons géographiques et sectorielles». Mais encore: «que chaque peuple caribéen prenne en main son destin».
Plusieurs membres d’organisations féministes et humanistes de divers pays se sont déplacés pour «échanger» ensemble des problèmes rencontrés dans leur pays, ce qui leur a permis par la même occasion de toucher d’un peu plus près les aspects coloniaux et l’exploitation capitaliste en Martinique.
Une manifestation composée de plusieurs dizaines de militants de différentes organisations nationales et d’autres pays s’est tenue le 8 juillet dans les rues de Fort de France où différents slogans ont été lancés tant contre les mauvaises conditions de vie des peuples de la Caraïbe que contre le système colonial en Martinique.
Même si ce forum à caractère plutôt humanitaire n’a pas rassemblé des foules ni sensibilisé la classe ouvrière, il n’en demeure pas moins qu’il existe à travers le monde des intellectuels, des militants qui combattent une certaine forme d’injustice dans leur pays respectif. Mais reste à savoir si ces militants humanistes et féministes luttent pour le renversement du capitalisme à l’échelle internationale ; là c’est une autre affaire.
Pourtant, c’est la seule perspective qui permettra de changer la situation actuelle où règnent les exploiteurs à l’échelle mondiale. C’est l’existence du capitalisme qui est la principale cause des grands maux de la planète: inégalités diverses, endettement des pays pauvres, exploitation des enfants, chômage de masse, etc. C’est le capitalisme qu’il faut abattre et non «améliorer» et surtout pas croire qu’on peut le rendre moins féroce, plus «humain»!
La classe ouvrière n’est pas pour l’instant constituée en parti ouvrier révolutionnaire communiste, elle n’occupe ni le terrain politique ni le terrain social, ni en Martinique ni ailleurs. C’est seulement à notre sens dans cette voie qu’elle seule pourra proposer des perspectives sociales et politiques à la Caraïbe et au monde et à tous ceux, intellectuels ou pas, qui désireront se mettre à son service, pour changer cette société capitaliste à l’échelle internationale.
Quand Lurel est hardi!
Victorin Lurel a déclaré démissionner de son poste aux instances dirigeantes du parti socialiste pour protester contre la mise à l’écart de l’Antillaise Pau Langevin aux prochaines élections législatives dans une circonscription de la région parisienne. Le parti socialiste a immédiatement réagi au coup de colère du député guadeloupéen en refusant sa démission. Les protestations de Lurel ont eu suffisamment d’échos surtout sur le plan médiatique pour que les instances du parti socialiste finissent par accepter cette candidature.
La couleur de la peau et la diversité culturelle dont fait état Lurel pour attirer l’attention sur ces discriminations, voilà des thèmes que le PS agite pour la galerie. Mais dans les faits, il est prêt à faire passer ces préoccupations là au deuxième plan si les calculs électoraux l’exigent. La direction du PS a craint que cette affaire ne fasse trop de vagues et que le parti perdre des voix «domiennes» au cours des élections présidentielles de 2007.
Lorsqu’un député, président de conseil régional politique se fâche et va jusqu’à démissionner d’un poste, on voit bien que sa voix peut être entendue. Et il y a bien des problèmes importants concernant la population, les travailleurs, l’importance du chômage aux Antilles, qui mériteraient les mêmes coups de colére d’un député. Mais ce ne sont pas là les premières préoccupations de Victorin Lurel. Il réagit avec bien plus de virulence, tout comme d’autres élus de gauche ou de droite quand il s’agit de questions électorales. En l’occurrence il s’agissait de favoriser une femme de couleur pour qu’elle soit investie dans une circonscription gagnable. Et peut être demain sera-t-elle une alliée de Lurel et du courant qu’il soutient au Parti Socialiste. En ce moment, tous les coups sont bons à jouer dans la course aux investitures présidentielles et législatives au Parti Socialiste.
Mais évidemment les Lurel et autres élus ne font pas entendre leurs voix, ils demeurent beaucoup plus prudents et modérés face aux revendications sociales et aux questions touchant à la situation des pauvres et des travailleurs.
Guadeloupe
Port Autonome: succès de la mobilisation pour la prime Villepin
Les salariés se sont mobilisés à l’appel de la CGTG, la CFDT et l’UGTG pour l’obtention de la prime Villepin. Un accord avait été signé pour un montant de 800 €, mais le directeur général est revenu sur le montant et a prétendu qu’il ne pouvait accorder plus de 500 €. Il ajoutait que c’était là les instructions du ministère du budget. Il fallait la signature d’un accord avant le 30 juin et la direction a donné sa réponse à la dernière minute pour 500 m. Il faut savoir que sans la mobilisation du personnel il n’y aurait eu aucune prime car le directeur général n’y était pas favorable alors que le Port Autonome a dégagé 7 millions 480 mille euros de bénéfices et que le bonus Villepin est prévu pour les entreprises qui ont fait des bénéfices en 2005.
La prime sera versée à la fin du mois de juillet et les jours de mobilisation du personnel seront payés. La direction s’engage aussi à annuler toutes les poursuites et à ne prendre aucune sanction contre le personnel.
Les salariés sont bien conscients que la direction est revenue sur un accord déjà signé, mais ils ont repris le travail, satisfaits d’avoir obtenu une prime que la direction ne voulait pas payer au départ. Les représentants du personnel ont prévu d’engager une démarche pour revendiquer les 300 € qui manquent même si c’est sous la forme du paiement d’une autre prime.
Sainte-Rose
Les petits occupants de terre de Béron en difficulté
La construction de 151 logements de la SEMSAMAR se fait sur un terrain où sont installés des occupants depuis 1986. Cette occupation a eu lieu durant la période d’un important mouvement de squattérisation des terres qui s’est développé à Sainte-Rose après la fermeture de deux usines à sucre, Bonne-Mère et Comté. Une forte majorité d’ouvriers agricoles et d’ouvriers d’usine s’est retrouvée sans emploi. Ces travailleurs n’avaient d’autres choix pour survivre que d’occuper des terres que les usiniers ont laissées en friche.
A Béron, les occupants continuent de cultiver leurs jardins. Quelques-uns d’entre eux ont construit une maison.
Vingt ans après, la SEMSAMAR récupère les terres de Béron et fait valoir son droit de propriété pour labourer les jardins et commencer ses travaux de construction. Elle a négocié des accords avec des occupants en leur proposant des indemnisations et des logements pour la perte de leurs cultures. Elle a également proposé à ceux qui ont une maison de leur vendre le terrain qu’ils occupent. Les occupants sont les perdants dans cette affaire même si la SEMSAMAR leur fait des propositions. Combien ont-ils dépensé pour l’entretien de leurs cultures durant toutes ces années? Ce sont les occupants qui se sont battus pour mettre ces terres en valeur, les viabiliser. Ils ont obtenu l’eau et l’électricité. Combien la SEMSAMAR a-t-elle acheté ces terres?
Autant de questions que l’on est en droit de se poser quand on sait que bien des sociétés rapaces savent sentir l’odeur du profit et ne se trompent pas là où il y a de l’argent à gagner.
Sainte-Rose
Relogement dans des conditions inacceptables
La SEMSAMAR a construit des logements dans la région polluée près de l’usine Bonne MÈre, à Sainte Rose. Elle a commencé la construction de 151 logements à Béron sur une parcelle de terre juste en face des logements de Bois Rada où les habitants sont incommodés par la pollution de l’usine. Ce sont les mêmes fumées, les mêmes odeurs qui empoisonneront la vie des prochains locataires de ce nouveau lotissement.
Cette société est financée par l’état et la caisse d’allocation familiale pour la construction de logements à loyers modérés et de logements sociaux, en faveur des familles à revenus modestes. Quelle est la responsabilité de la SEMSAMAR dans cette affaire? C’est ce que la population en colère se pose, entre autres, comme question aujourd’hui.
La responsabilité des pouvoirs publics est aussi à dénoncer dans cette affaire. Ce n’est pas parce qu’il y a un besoin important de logements que ceux-ci doivent être construits au détriment de ceux qui doivent en bénéficier. La population devrait être logée dans les meilleures conditions d’environnement. Les capitalistes ou les représentants de l’état n’ont que du mépris pour les plus pauvres.
Lamentin
Meeting de l’UGTG en soutien à ceux de Danone
Des militants U.G.T.G. d’un peu tous les secteurs: commerce, travailleurs sociaux, communaux, hospitaliers…, sont venus apporter leur soutien aux 30 salariés de DANONE attaqués de nouveau par leur patron. Tous ont rappelé les sacrifices de ceux qui ont tenu un an et 4 jours en grève et le soutien qu’ils ont trouvé auprès de leurs parents, leurs camarades et de la population en général. Tous ont également exprimé leur indignation face à l’attitude du patron De Lavigne. Celui-ci sait que son dossier est aux prud’hommes et essaie de «casser» les travailleurs les plus combatifs. Une militante de la C.G.T.G. des banques, révoltée par cette situation, a exprimé sa solidarité et appelé ses camarades à soutenir ceux de DANONE. Le meeting s’est terminé par une intervention forte du secrétaire général de l’U.G.T.G. qui annonce que le syndicat n’acceptera pas cette injustice et répondra par la lutte à ce petit dictateur qui veut jeter à la rue ceux qui réclament leur droit.
Augmentation du SMIC: cela ne fait pas le compte...
Ainsi donc, à compter du 1er juillet le SMIC est augmenté de 3,05 %. C'est-à-dire que le salaire horaire passe à 8,25 €. Ce qui correspond à un salaire minimum mensuel brut de 1251,25 euros….Des miettes.
Parce que le salaire minimum d’un smicard aurait dû être de 1500 € net par mois.
Mais pour l’obtenir, c’est une autre affaire! Seulement si les travailleurs l’imposent.
3,05 % pour le SMIC, il y en a qui trouvent que c’est trop!
L’augmentation du SMIC, c’est 0,25% de plus que la hausse des prix sur la même période. Et la présidente du patronat français L. Pansot estime que «c’est un chouïa trop élevé».
Pour le patronat, les salaires sont toujours trop élevés. Mais pas les stock-options qu’encaissent, en plus de leur salaire mirobolant, les dirigeants des grandes entreprises et qui représentent des dizaines, voire des centaines d’années d’un salaire de smicard. Quant aux milliards qui sont distribués aux actionnaires qui se contentent de cueillir le fruit du travail de milliers de salariés, eux aussi ne sont pas trop élevés peut être!
Ces gens là sont vraiment sans scrupules et pas d’un chouïa. Ils se croient tout permis…
Les 40 % pour tous!
Le coût de la vie aux Antilles par rapport à celui de la France, est de 40 % plus cher. Ainsi les smicards auraient dû normalement toucher ces 40 % de vie chère en plus de leur salaire de misère, comme un certain nombre de fonctionnaires. Du reste ces 40% s’appelaient bien dans le temps le «supplément colonial», mais il n’était accordé qu’aux fonctionnaires blancs mutés ici. On leur reconnaissait bien des frais supplémentaires à eux. Les fonctionnaires antillais l’ont obtenu de longue lutte à l’issue d’une grève mémorable en 1953. Aujourd’hui on veut les supprimer et déjà on rogne dessus. Mais c’est l’inverse qu’il faudrait faire, les donner à tous!
Au moins cela reflèterait la réalité du pays, contrairement aux paroles creuses de certains politiciens démagogues locaux.
|