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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES - Samedi 15 juillet 2006 N° 949
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Le terrorisme de l’Etat d’Israël
Le 25 juillet un soldat israélien: Shalit était enlevé par un groupe palestinien. C’est le prétexte qu’a pris l’armée israélienne pour mener des attaques contre les territoires palestiniens dont Gaza. Le Premier ministre israélien, Helmut Olmert, ne cesse de dire que son armée n’a pas de limite en temps et en méthode pour retrouver le soldat et mettre fin aux tirs de roquettes.
Quand on voit les méthodes utilisées pour effectuer cette recherche, il est clair que la libération du soldat capturé n’est qu’un prétexte. Depuis deux semaines, les troupes israéliennes ont détruit la centrale électrique de Gaza et les ponts, ont enlevé des ministres et des élus palestiniens et s’en sont pris à des militants actifs des mouvements palestiniens. Ces attaques font de nombreuses victimes dans la population palestinienne. Visiblement, le sort de ce soldat n’est pas la priorité du gouvernement israélien. Ce dernier n’a même pas accordé la moindre attention à la demande des ravisseurs. Ils réclament la libération d’un millier d’enfants et de femmes enlevés par les autorités israéliennes. Il faut savoir qu’Israël détient 900 Palestiniens sans jugement sur son territoire. Les groupes palestiniens ne font que répondre aux autorités israéliennes avec les mêmes armes: celles des terroristes.
En fait, Israël n’a pas accepté le résultat des dernières élections générales palestiniennes qui a vu l’arrivée au pouvoir du Hamas. Israël et les occidentaux veulent bien d’un Etat palestinien mais d’un Etat croupion à leur service. Ils ne veulent pas que les Palestiniens se donnent les dirigeants qu’ils veulent. C’est ce choix qu’il n’apprécie pas que le gouvernement israélien fait payer aux Palestiniens au prix fort.
Les puissances occidentales ne pouvaient rester muettes devant cette agression. D’autant que c’est elles qui arment, financent et défendent Israël à l’ONU. La seule chose qu’elles ont faite c’est de demander à l’armée israélienne de faire preuve de plus de retenue. Ce qui ne veut rien dire, car à l’abri des regards, les livraisons d’armes et d’informations se poursuivent. Ces déclarations sont faites pour amuser la galerie. Israël assassine, humilie les Palestiniens avec leur accord. Le gouvernement israélien et les grandes puissances occidentales n’ont de cesse de crier au terrorisme contre les groupes palestiniens et en particulier le Hamas mais lorsque Israël pratique le terrorisme d’état tous azimuts, là il s’agirait de légitime défense.
Certes, pas plus que la politique d’Israël celle du Hamas ou du Fatha ne défend les intérêts de la population laborieuse de ces pays. Un nationalisme répond à un autre! un terrorisme d’état répond au terrorisme individuel. Aucun d’eux n’a pour programme que les deux peuples puissent vivre en paix dans une même zone où seraient privilégiés les intérêts des masses en premier lieu. Mais entre ces deux politiques nationalistes, l’une est le produit déformé de la lutte d’un peuple qui a été volé, trompé, opprimé depuis des dizaines d’années et à qui on refuse le droit de se doter d’un territoire réel et d’un Etat véritable, c’est celle des dirigeants palestiniens. Ces derniers, ceux du Hamas, sont arrivés malgré tout au pouvoir tout dernièrement par les élections.
Les dirigeants israéliens ne font que mener leur propre peuple à une impasse sanglante. Car la véritable guerre qu’ils livrent aujourd’hui aux Palestiniens ne peut qu’engendrer toujours plus de poseurs de bombes et de kamikazes en Israël même! C’est le peuple israélien qui en paiera le prix fort, dans les bus, sur les marchés dans les rues. Ce ne sont ni les idéologues, ni les chefs militaires, ni les bourgeois d’Israël et ceux qui dans le monde soutiennent cette politique qui méprise la vie des peuples.
Les élections présidentielles au Mexique
Le dimanche 2 juillet dernier les Mexicains se sont rendus aux urnes pour élire un nouveau président de la République. Il y avait plusieurs candidats en présence dont les trois principaux sont pour le Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI), Roberto Madrazo, pour le Parti d’Action Nationale (conservateur et catholique) le PAN, Felipe Calderon et le Parti Révolutionnaire Démocratique (PRD) qui vient du PRI et composé de communistes de socialistes et autres mouvements sociaux, Manuel Lopez Obrador. Ce sont ces trois partis qui ont obtenu le plus de voix dans cette consultation. Dans cette élection, le chef de l’exécutif est le Président de la République élu pour 6 ans, non renouvelable, au suffrage universel direct à un seul tour et à la majorité relative. En juillet 2000, Vicente Fox Quesada (droite) avait été élu avec 43,43 % des voix contre 36,88 % de Francisco Labastida (gauche) du PRI et 17 % pour Cuauhtemoc Cardenas (gauche) du PRD. Ainsi la droite avait mis fin à 71 années ininterrompues au pouvoir du PRI depuis sa création en 1929.
Cette année encore, le candidat du PAN (droite), Felipe Calderon, aurait battu (de peu) celui du PRD (gauche), Manuel Lopez Obrador, reléguant à la troisième place cette fois le candidat du PRI. Calderon aurait obtenu 35,88 % des voix contre 35,31 % pour Obrador. Il faut savoir que ce sont là des chiffres qui ont été donnés à 15H31 le 6 juillet alors que le même jour au matin on donnait Obrador gagnant avec 35,72 % devant Calderon 35,47 %. Ainsi la gauche clamait sa victoire pendant une bonne partie de la journée et l’après- midi c’était le tour de la droite de crier victoire. Bien sûr Lopez Obrador refuse le résultat du vote.
Devant une telle confusion, la gauche demande le recompte des bulletins. Quant à la droite, elle refuse le recompte considérant que l’institut fédéral des élections a bien fait son travail.
Pour la gauche, dans plusieurs bureaux de vote on a relevé un nombre de bulletins de vote supérieur au nombre de votants. Dans d’autres cas, il paraît même qu’après seulement 35 ou 40 % de bulletins dépouillés, on annonçait des avances jusqu’à 95 % des votes en faveur du candidat de la droite.
En tout cas, convaincu qu’il y a eu tricherie, Manuel Lopez Obrador candidat du PRD a appelé ses partisans à descendre dans les rues samedi 8 juillet pour manifester leur colère et exiger le respect de la démocratie. Ainsi, plus de 200.000 personnes ont marché le samedi 8 juillet sur la capitale Mexico.
Mais quel que soit le résultat de ce bras de fer entre Obrador et l’Institut fédéral des élections (IFE) –contrôlé sans doute par les USA impérialistes il n’est pas étonnant qu’une telle tricherie ait eu lieu dans la situation que connaît le Mexique. Ce pays est un pays de grande pauvreté mais où la misère n’est pas pour tous. Ce pays est la 12ème puissance économique mondiale mais le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) lui donne en 2005 un Indice de Développement Humain (IDH) de 0,814 , ce qui situe le Mexique au 53 ième rang mondial.
Au Mexique il y a une très forte polarisation des revenus entre riches et pauvres. Le pétrole, la drogue ne rapportent pas à tout le monde. Ainsi, la corruption, le crime et la délinquance se sont installés au sein même de la police, des militaires, de l’Administration et des hommes politiques pendant les 71 ans du PDI au pouvoir. Les 6 années du PAN au pouvoir n’ont pas amélioré les choses.
Haïti
Tournée à l’extérieur, bandes armées à l’intérieur
Lors de la réunion des chefs d’Etat du Caricom (marché commun des caraïbes) qui s’est tenue dans la semaine du 7 juillet, Haïti a été admis de nouveau comme membre à part entière. Cette nomination ouvrira au gouvernement haïtien l’accès à certains fonds de soutien, notamment le fond de stabilisation pétrolier que propose Trinidad ou le plan d’échange entre les universités caribéennes. A cela s’ajoute l’intervention possible des investisseurs privés pour qui cette réintégration remet Haïti dans la liste des pays «fréquentables».
Au niveau des chefs d’Etats et dirigeants des pays de la Caraïbe l’ambiance s’est améliorée. L’heure est à l’échange de bons procédés, où les dirigeants servent d’intermédiaires dans le partage du marché entre les possédants des pays respectifs.
En Haïti, la population laborieuse subit toujours la dégradation des conditions de vie. Il n’y a pas d’amélioration en vue dans l’embauche ou dans les conditions de travail. Le plan d’apaisement social qu’agite le gouvernement n’est qu’une promesse dont il n’a pas donné les composantes. Il s’agit surtout de gagner du temps et de mettre la population en attente des «cadeaux» du gouvernement.
Car les bandes armées n’ont pas cessé leurs activités et de nouveaux combats les opposent dans le quartier de Martissant à Port-au-Prince. Au moins seize personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées dans de nouveaux affrontements ayant opposé jeudi et vendredi des bandes armées rivales à "Grand Ravine" et "Ti Bois", deux localités des quartiers populaires où les bandes armées imposent leur loi.
Est ce une tentative des pro-aristidiens pour faire pression sur Préval et leur donner des postes, comme le demandent certains chefs? Y aurait-il eu des accords qui ne sont pas respectés? Quelques pneus enflammés sont réapparus ailleurs, comme sur la route de Delmas, et des hommes armés ont de nouveau bloqué des véhicules. Ce sont les habitants des quartiers populaires qui subissent la situation.
Selon des riverains de Martissant, le bilan réel serait beaucoup plus lourd que celui annoncé par les autorités. Des maisons auraient aussi été incendiées et de nombreux résidents du quartier contraints de prendre la fuite, une situation que les seules promesses gouvernementales ne suffiront pas à résoudre.
Trinidad
Les pompiers en colère
Les pompiers de Belmont, proche de la capitale, ont décidé de quitter leur local, à cause de la vétusté et des conditions intolérables de travail, après s’être plaints durant des années au gouvernement. Le bâtiment concerné a 60 ans. Il y règne aussi des vapeurs toxiques venues d’un hôpital voisin qui brûle ses déchets, mettant en danger la santé des pompiers. Ces mêmes ordures, pas toujours ramassées à temps, attirent des chiens et des rats aux abords de la caserne.
Les pompiers se sont provisoirement installés dans une autre caserne. Mais l’éloignement ne permettant pas de couvrir tout leur secteur, ils attendent une réponse rapide du gouvernement. Ils proposent un site pour une nouvelle caserne à Belmont.
La population réagit à cette action en reprochant aux ministres de «dilapider» l’argent, relativement important, de l’Etat, certains dénoncent même la participation de Trinidad au Mondial de football.
Il semble que beaucoup de bâtiments publics sont à reconstruire: centres de soins, hôpitaux, centres de police. La qualité des services sociaux est contestée. Cette action des pompiers a également soulevé le fait que beaucoup de gens n’ont pas l’eau courante et que les pompiers n’ont pas toujours d’eau pour éteindre les incendies.
Aix-en-Provence
L’Université de Droit instaure le dialogue social à coups de bâtons
Nous publions ci- dessous un article que nous ont fait parvenir les camarades de l’union départementales des bouches du Rhône en France. L’un des étudiants interpellés est aussi le fils d’une camarade de la CGT ANPE.
Mercredi 7 Juin 2006, l’université de Droit d’Aix en Provence organisait une rencontre entre universitaires et chefs d'entreprise pour envisager leur collaboration avec l'université.
Curieusement, au dernier moment, les étudiants, principaux intéressés de l’avenir de l’université, étaient interdits d’entrée à cette réunion. Pourtant, les menaces de privatisation se profilant derrière ce type de "débat" méritent pour le moins la transparence : les familles pauvres pourront-elles encore envoyer leurs enfants à l’Université ?
Dans ces conditions, une cinquantaine d'étudiants ont décidé d'organiser une manifestation festive de protestation à l'intérieur de la fac de Droit. Le président de cette faculté a cru bon de faire intervenir les forces de l'ordre. Alors que les étudiants quittaient les lieux, ils ont été soudainement chargés par la police. Bilan: une dizaine d'étudiants blessés, un étudiant arrêté. Placé en garde à vue, cet étudiant devait passer devant le tribunal le 8 juin à 14h.
Ce jour là, 3 autres étudiants présents parmi les camarades venus apporter leur soutien moral, ont été brutalement interpellés dans l'enceinte même du tribunal.
Tous les 4 ont comparu le lendemain 9 juin. Ils ont demandé, comme la loi le permet, un délai pour assurer leur défense.
Le procès a lieu le 19 juillet à 14h au TGI (tribunal de grande instance) d’Aix.
L’inquiétude des personnels TOS
Conformément à la loi de décentralisation, les personnels TOS (Techniciens, Ouvriers et de Service) de l’éducation nationale, se sont vus transférer aux collectivités locales, Conseil Régional et Général. Ce transfert fait partie d’un plan beaucoup plus vaste de désengagement de l’Etat des services publics, qui ne peut qu’être préjudiciable aux travailleurs et aux usagers.
Les syndicats CGTG et SNAEN-UNSA ont encore récemment fait part de leurs inquiétudes et de leur opposition. Les collectivités locales étant déficitaires, pourront-elles payer régulièrement les salaires de ces travailleurs? Si l’Etat se désengage, c’est dans le but de leur en laisser la charge à plus ou moins long terme. Dès à présent, des personnels non titulaires ont perdu leur emploi. Plus de la moitié des TOS de l’éducation nationale sont en emploi précaire en Guadeloupe. Ces réductions d’effectifs poseront de plus de graves problèmes de fonctionnement dans les établissements scolaires, car les TOS sont déjà en nombre insuffisant.
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