|
|
|
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES - Samedi 29 juillet 2006 N° 950
Sommaire > Page suivante > Accueil > Archives > e-mail
À la Une
ÉditorialLiban: Israël massacre avec la bienveillance des grandes puissances
Le gouvernement israélien a pris le prétexte de l’enlèvement de deux soldats israéliens par les hommes du Hezbollah pour déclencher une attaque contre le Liban le 12 juillet. L’un de ses buts est d’éliminer le Hezbollah, un parti musulman chiite qui a reçu le soutien d’une partie de la population et dont des représentants ont été élus au parlement ; un parti dont le terrorisme est le moyen de riposte contre le terrorisme d’état de l’armée israélienne. Cette milice du Hezbollah contrôle en partie le sud du Liban et s’affronte à l’armée israélienne dans des escarmouches régulières depuis qu’une zone de sécurité a été créée en juin 1985 après que l’armée israélienne eut envahi le Liban.
Depuis le 12 juillet les bombardements israéliens incessants ne frappent pas seulement les quartiers populaires du sud Liban censés abriter les hommes du Hezbollah ou des habitations repérées par les services d’espionnage israéliens. Le pilonnage aérien a été bien plus large. En effet, le port, les ponts, les routes principales, l’aéroport, les lignes de chemin de fer, ont été détruits puis la centrale électrique de Beyrouth, les relais radios, les relais téléphoniques ont été détruits. L’armée israélienne a aussi massé des milliers de soldats, des centaines de chars, à la frontière libano israélienne. On parle d’une éventuelle invasion militaire. Déjà des combats entre troupes israéliennes et celles du Hezbollah ont lieu en zone libanaise proche de la frontière. Les bombardements de l’armée israélienne ont touché peu de militaires du Hezbollah, mais des écoles, un bus scolaire, des fermes, des places de villages, des maisons habitées, des citernes à eau ont explosé sous les bombes. Après quinze jours de bombardement, c’est la population civile qui subit les pertes: plus de 350 morts. Et un demi million de réfugiés ont fui les villes du Sud pour venir s’entasser dans le nord du Liban dans des conditions de vie catastrophiques.
Les grandes puissances réunies lors du sommet du G8 ont implicitement décidé de laisser Israël punir ainsi la population libanaise sous couvert de vouloir écraser le Hezbollah. Le gouvernement de Bush soutient ouvertement le gouvernement israélien qui, dit-il, lutte contre les forces du mal, les terroristes. Blair le suit. Quant à Chirac, il réclame un «cessez le feu» et des couloirs humanitaires pour permettre le déplacement des populations et l’évacuation des étrangers. On appréciera la “hardiesse” de la diplomatie française. Les puissances occidentales du G8 organisent l’évacuation de leurs ressortissants, vers Damas en Syrie par la route ou Chypre par bateau. Mais aussi sous couvert d’aide humanitaire, ce sont quand même plusieurs milliers de militaires des armées occidentales, des bateaux de guerre qui sont présents au Liban avec sans doute une grande activité des services de renseignement.
Le Hezbollah a riposté en tirant des rockets en direction d’Israël, notamment la ville de Haïfa a été touchée plusieurs fois. Le gouvernement israélien a fait rappeler les réservistes.
Dans le même temps les attaques de l’armée israélienne sur Gaza continuent avec leur cortège de morts et de blessés, sous prétexte de récupérer un soldat aux mains du Hamas.
Dans le même temps Israël pointe du doigt l’Iran et la Syrie en clamant que ce sont eux qui arment le Hezbollah, mais Israël a été lui-même armé par les Etats-Unis et promu gendarme du Moyen-Orient. Les grandes puissances occidentales l’ont toujours soutenu depuis sa création, obtenue par l’action de groupes terroristes sionistes qui ont chassé les Palestiniens de leurs terres. Certes, la politique du Hezbollah, du Hamas ou du Fatah ne sert pas les véritables intérêts des masses pauvres. Mais leur résistance acharnée face à la puissance armée d’Israël prouve qu’ils ont le soutien d’une grande partie de leur population. Et en accroissant la haine des populations meurtries et massacrées, Israël ne règlera rien, bien au contraire. Car comme toujours il recevra en retour et de plein fouet la haine qu’il sème.
Pétrole: les grandes compagnies responsables de la flambée des prix
Le gouvernement vient d’augmenter de nouveau le prix des carburants. Nous payons depuis la semaine dernière le litre d’essence 1,49 € (+2,05 %), le gaz oil 1,19 € et la bouteille de gaz domestique 20,86 € au lieu de 20,63 €. Ces augmentations des prix au niveau domestique sont pour le moins scandaleuses car elles ne sont pas fondamentalement justifiées. Le magazine Fortune a publié la liste du top 500 des multinationales les plus riches pour 2005. La hausse gigantesque des cours du baril de pétrole propulse aux premiers rangs de ce palmarès les compagnies pétrolières qui ont vu leur chiffre d’affaires et leurs profits exploser. Exxon-Mobil avec 36 milliards de profits (une hausse de 42,6 %) détrône le géant américain de la distribution Wal-Mart, numéro un mondial de ces dernières années. On trouve Shell au troisième rang, avec 25,3 milliards de profits (soit +39 %). On trouve ensuite BP avec 22,3 milliards de profits (+45 %). Après suivent cinq constructeurs automobiles: General Motors, Chevron, Daimler-Chrysler, Toyota et Ford. Le total des profits de ces 500 plus riches multinationales a augmenté de 30 % par rapport à l’année 2004. Le principe des vases communicants veut que ce qui part de la poche des travailleurs remplit celle des riches, mais cela ne joue que dans un seul sens. Et malgré leurs richesses insolentes, le gouvernement continue à racler le fond de poche des travailleurs et des plus démunis.
Nous avons connu des augmentations de carburants en 1973-1974 et 1979-1980 et les gouvernements successifs les ont attribuées à des chocs pétroliers. Et depuis les choses se sont aggravées. Le cours du brut ne cesse de grimper.
Les capitalistes du pétrole profitent de tous les aléas de la situation économique et politique du monde pour faire leur beurre en investissant moins, mais en augmentant en flèche leurs profits à court terme.
Banane: Les demandes salariales dans les méandres administratifs
Le syndicat CGTM a interpellé le ministre de l’agriculture Dominique Busserau sur la mise en place d’un certain nombre de mesures en faveur des salariés agricoles.
Ces mesures étaient exposées dans un document intitulé «contrat de progrès social». Elles avaient été portées à la connaissance du préfet de région, des députés de la Martinique, des présidents des conseils régional et général, du président de la communauté des communes du nord de la Martinique depuis 2004, ainsi qu’au ministère de l’agriculture en 2005. Aucune décision n’avait été prise en faveur des ouvriers.
Le 22 juillet une délégation était reçue par deux conseillers, un du ministère de l’agriculture et un du ministère des DOM en présence du directeur de l’agriculture et de la forêt (DAF).
Trois points étaient abordés:
1) le suivi médical des salariés licenciés en raison des risques liés à leur exposition aux produits dangereux. Un tel suivi médical est déjà pratiqué en France pour les salariés, mais pas en Martinique. A la demande du préfet, la caisse générale de sécurité sociale de la Martinique se disait prête à assumer cette tâche si le préfet lui en donnait les moyens. Cette situation n’est pas conforme à la législation en vigueur et les conseillers proposent de saisir les services ministériels compétents;
2) La liquidation de la retraite de base dès l’âge de 55 ans au regard des facteurs de pénibilité de ces emplois. En Martinique, il n’existe que des études partielles sur la pénibilité dans la banane. Il n’y aucune étude sérieuse car les patrons s’y opposent fermement. Là encore un dossier doit être présenté aux services compétents;
3) La mise en place de la retraite complémentaire pour les ouvriers agricoles. Les négociations annuelles obligatoires se déroulent dans le secteur de la canne et de la banane.
Les autres ouvriers agricoles étant peu organisés en sont exclus.
Malgré la législation, les patrons de l’agriculture refusent de négocier un accord sur la retraite complémentaire sous prétexte de crise.
Voilà des demandes salariales qui risquent de se perdre dans les méandres administratifs, à travers ministères, divisions et sous divisions.
Seul un bon coup de colère des ouvriers ferait s’accélérer les prises de décisions en leur faveur.
Un journaliste noir pour les vacances
Pendant les vacances, on se lâche! On va sous les tropiques, au Sénégal, aux Antilles, on fait des choses inhabituelles, on part à l’aventure etc. Et on fait des surprises: « devine qui vient parler »? Il y a de l’exotisme à la télé! Un journaliste noir, non pas vrai!
Eh oui, le Martiniquais Harry Roselmack présente le journal télévisé de 20h sur TF1. Pour l’instant c’est en remplacement de Patrick Poivre d’Arvor. Juste un intérim. Définitivement? Mais non, voyons, pour un Noir ce n’est pas encore à l’ordre du jour. Quoique… quoique… pour le directeur de TF1 «cela pourrait s’imaginer». Eh oui, on sait bien, l’imagination humaine est sans limites!
|