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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES - Samedi 29 juillet 2006 N° 950
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Guadeloupe
Mécontentement des habitants de Conodor
Les habitants de Conodor subissent les odeurs nauséabondes provenant d’une porcherie située en bordure de la route nationale. Les riverains dénoncent les abattages de porcs et de poulets effectués dans de mauvaises conditions d’hygiène et l’accumulation de carcasses d’animaux sur les lieux. Les odeurs provenant de la porcherie incommodent aussi les habitants du lotissement Pérulus situé un peu plus loin. Les automobilistes dénoncent également ces odeurs qu’ils respirent quand ils passent tous les jours devant la porcherie.
Le comité de défense des occupants de Conodor s’est déjà mobilisé plusieurs fois pour demander à Guy Lurel de respecter les mesures d’hygiène dans son entreprise afin d’éviter de telles nuisances. En 2003, une délégation du comité de Conodor et des habitants du lotissement Pérélus avaient rencontré le maire, Richard Yacou. Celui-ci s’était engagé à trouver une solution. Un terrain devait être proposé à l’éleveur pour un éventuel déplacement de sa porcherie. Mais les riverains continuent d’être incommodés par les odeurs. Ils ont décidé de se mobiliser à nouveau pour faire cesser ces nuisances.
Guadeloupe
Extrait du bulletin “écho de l’Aéroport”
PARKING DE L’AÉROPORT: APRÈS LES BRIS DE GLACE, LES VOLS D’ESSENCE.
Les parkings de l’aéroport, surtout ceux réservés au personnel, les plus éloignés de l’aérogare, sont toujours aussi peu sûrs.
Naguère, la mode était au bris de glace, pour voler ce qui se trouve dans le véhicule. Mais avec la hausse exorbitante du prix de l’essence, des petits malins trouvent plus rentable de voler le carburant, en perçant carrément le bac de la voiture.
C’est non seulement pénalisant pour la personne qui se retrouve bloquée, mais très dangereux. Il a fallu faire appel aux pompiers pour disperser les restes de carburant répandus au sol.
Et comme toujours, la CCI décline toute responsabilité pour les dégâts causés dans les parkings. Il faut exiger la surveillance effective de ces parkings!
CONTRE LES HORAIRES ABRUTISSANTS ET LES TÂCHES TROP LOURDES, MOBILISONS-NOUS!
Les patrons de l’aéroport s’en donnent à cœur joie avec la période des vacances. Le travail augmente, tout le monde souffre et personne ne dit rien. C’est normal: nous n’avons pas le temps de discuter entre nous, quand nous nous rencontrons c’est parce que quelque chose cloche dans le travail. Nous sommes en effet «polyvalents» et donc au four et au moulin. Conséquence: il y a des frictions entre nous. Les patrons savent cela, ils espèrent que cela va nous empêcher de nous regrouper pour revendiquer de ne plus courir. Mais les yeux de tous ne sont pas fermés.
Guadeloupe
Extrait du bulletin “écho de l’ANPE”
LA NOUVELLE PLANIFI-CATION: DE NOUVELLES CONTRAINTES!
L’ANPE profite des congés pour faire passer une nouvelle organisation du travail, sans coup férir. Les premiers entretiens des demandeurs d’emploi seront désormais pris sur rendez-vous, transmis par les ASSEDIC au demandeur d’emploi. Cela implique pour nous, agents, de nouvelles contraintes pour la réception des demandeurs d’emploi. Ainsi, si les rendez-vous sont décidés toutes les 20 minutes ou même toutes les demies heures, cela signifie que les entretiens sont d’ores et déjà « calibrés » entre 15 et 25 minutes maximum.
Ne venez surtout pas travailler sans votre chrono!
AGENCE DE POINTE-A-PITRE: SŒUR ANNE NE VOIS TU RIEN VENIR?
Les agents de Pointe-à-Pitre ont décidé de s’adresser aux demandeurs d’emploi, pour leur expliquer la situation imposée par l’ANPE depuis la fermeture de l’agence du Plazza.
Les agents lancent un appel aux chômeurs. Ensemble ils pourront exiger une agence située sur Pointe-à-Pitre ou la prise en charge du transport pour les DE afin de faciliter l’accès à des locaux éloignés.
Guadeloupe
Extrait du bulletin “écho des Télécom”
GROSSE AMENDE POUR FRAUDE
La cour d’appel de Paris vient d’infliger une amende record à France télécom: 80 millions d’euros. La raison? France télécom a systématiquement traîné les pieds pendant plusieurs années au sujet de l’ouverture au marché de gros de l’Internet à haut débit ADSL. Le conseil de la concurrence condamne cette pratique «anti concurrentielle». Et ensuite FT nous fera travailler deux fois plus pour réparer les dégâts dus à ces méthodes de gangsters
UN EXEMPLE A SUIVRE
La FAPT (fédération des activités postales et de télécommunications - CGT) a annoncé le lancement d’une campagne sur les salaires qui devrait déboucher à la rentrée sur une action unitaire de grande ampleur. La revendication est qu’aucune négociation salariale ne démarre en dessous de 3,05% (augmentation du SMIC) et que le salaire minimum soit porté à 1500 euros.
Martinique
Grève des employés du Libre Service Alizés (L.S.A.)
Les salariés du LSA situé à Sainte-Marie ont cessé le travail pour protester contre les risques que leur fait courir le gérant de l’établissement. Les salaires ne sont pas payés, tout comme les fournisseurs. La société a donc été placée en redressement judiciaire. Mais le gérant ne fournit aucune information au personnel tout en demandant de lui faire confiance pour revenir à une situation normale.
En s’arrêtant de travailler le 10 juillet 2006, les salariés ont signifié au gérant, Charles Théverin, leur ras le bol de devoir faire les frais de sa gestion hasardeuse et ont réclamé des informations concrètes sur la situation de la société. En attendant, l’administrateur judiciaire a déjà dévoilé qu’il devra licencier entre 11 et 15 salariés pour tenter de faire redémarrer l’activité.
Guadeloupe
Match: des dizaines de licenciements
Pendant que les salariés des supermarchés Cora faisaient grève, avec succès, pour toucher la « prime Villepin » sur les bénéfices de 2005, un conflit dramatique secouait ceux des supermarchés Match. Et cela dans l’indifférence générale. Il y avait bien grève au même moment à Match et Cora qui ont les mêmes patrons. Mais à Match, les employés réagissaient à un plan social proposé par la direction.
Il y a quelques années, Match est rentré en Bourse. Ces sociétés appartenant à des békés étaient parmi les plus rentables de France. De ce fait de nouveaux actionnaires peu au courant des conditions en Guadeloupe, et surtout avides de profits ont suggéré d’ouvrir des Match un peu partout dans l’île, cela marchait si bien! Mais cette multiplication dans des zones peu «porteuses», avec peu de salariés et beaucoup de chômeurs, s’est en outre réalisée au moment où des centres commerciaux géants s’installaient en Guadeloupe. Résultat, pour les Match pris dans leur ensemble, des affaires moins florissantes que prévu.
Pas de problème pour les actionnaires: ils décident de faire payer leurs erreurs d’estimation, leurs folies de grandeur, aux salariés. Comme le dit une jeune salariée en poste aujourd’hui: «on a mis tous les titulaires en préretraite». Ainsi plusieurs dizaines de travailleurs de moins de 60 ans – ils sont 57 pour le seul Match Pliane – ont perdu leur emploi. La grève qui s’est déroulée pendant les NAO aura servi à augmenter les indemnités de licenciement. Mais tout le monde le sait, cet argent finit vite.
Quant aux «non titulaires», ces jeunes, si heureux d’avoir un emploi leurs salaires sont beaucoup plus bas que ceux des employés titulaires aujourd’hui licenciés. Gageons qu’ils devront tôt ou tard, en dépit de ce qu’espèrent les actionnaires, s’organiser pour lutter afin d’améliorer leur sort.
Sainte-Rose
Un petit agriculteur victime de la spéculation immobilière
Depuis 1984, M. Roger Losange occupe 5 ha de terres situés près de la porcherie de Guy Lurel à Conodor. Il y a toujours planté de la canne. En 1996 l’association d’exploitation agricole AE2A a acheté ses terres à des fins immobilières. Cette association a commencé un lotissement pour plus d’une dizaine de personnes qui veulent y construire leur maison. M. Losange s’est trouvé exclu de ses terres. Ses cultures ont été labourées. Il s’est retrouvé sans moyens d’existence face à des problèmes financiers. Son tracteur a été saisi.
Révolté par une telle injustice, M. Losange se bat depuis 10 ans pour récupérer ses terres. Jusqu’ici, il n’a pas obtenu gain de cause sur le plan judiciaire. Pourtant, plusieurs points d’ombre apparaissent dans le dossier présenté par les avocats chargés de sa défense. Aucune autorité ne s’est opposée à la vente d’un terrain agricole à des fins immobilières, ni à la construction d’un lotissement en bordure d’un cours d’eau et à quelques mètres de la porcherie de Guy Lurel qui pollue la région.
M. Losange dénonce le caractère illégal de la vente et des irrégularités sur le plan cadastral. Selon son avocat Il y a eu confusion de parcelles. M. Losange continue de se battre. Il a contacté le comité Lefort contre le racisme et l’humiliation qui a décidé de le soutenir. Le comité a organisé une réunion d’information le mercredi 12 juillet, à la Boucan, au domicile de M. Losange. Des représentants de l’Agriculture ont pris la parole pour poser le problème du foncier en Guadeloupe et les menaces de spoliation qui pèsent sur d’autres petits agriculteurs.
Lors de la récente visite en Guadeloupe du ministre de l’agriculture et de la pêche, le président de l’Association des jeunes agriculteurs a déclaré, concernant la diminution du foncier, que 1 hectare et demi disparaissait par an, au profit de l’immobilier. L’affaire Losange est une affaire qui concerne le monde agricole. Si les petits agriculteurs ne réagissent pas ils ne seront pas à l’abri de telles menaces.
Martinique
Planteurs avides, ministre complaisant
Vendredi 21 juillet, en début d’après - midi le ministre de l’agriculture Dominique Bussereau a survolé le Nord Atlantique en hélicoptère. C’est la région où se trouvent les plus grosses exploitations bananières et les plus gros propriétaires: Aubéry, Hayot, De Reynal, De Lucy, De Meillac, Despointes. Mais c’est sur une petite exploitation affiliée au groupement Banalliance que le ministre fut reçu. Daniel Disert, président de Banalliance dit regrouper 160 planteurs, Eric De Lucy président de l’union des groupements dit que la filière représente 15 000 emplois et que … beaucoup d’efforts ont été faits pour la restructuration du secteur.
Après plus de 1000 salariés licenciés, la perte de 2 800 ha de bananes, les dirigeants de la banane ne manquent pas de toupet pour grossir les effectifs et présenter les problèmes des petits planteurs comme ceux de toute la filière.
Toute cette mise en scène consiste à faire du chantage à l’emploi, si les financements demandés ne sont pas octroyés. C’est le jeu habituel entre les politiques et les capitalistes, car depuis l’origine, la production bananière a toujours été subventionnée.
Aujourd’hui, ces exploiteurs veulent remplir leurs coffres forts et attendent une aide financière plus rémunératrice que l’ancienne aide compensatoire, avec la mise en place d’un nouveau système de soutien communautaire à la production européenne de bananes en janvier 2007.
Des peines d’amendes intolérables contre trois syndicalistes de l’UGTG
Trois syndicalistes de l’UGTG, dont Gaby Clavier, ex secrétaire général, ont été poursuivis pour « participation sans arme à un attroupement après sommation de se dissiper et violences sur dépositaires de l’autorité publique sans incapacité ». Ils ont comparu au Tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre au début du mois de juin. Le mardi 18 juillet dernier, le tribunal a rendu son délibéré et a condamné les trois syndicalistes à 3000 euros d’amende chacun. Les faits reprochés s’étaient produits lors du conflit de Danone et du collège Bébel. Un barrage avait été érigé et les gendarmes étaient intervenus. Ils accusent les 3 militants d’avoir lancé des pierres sur leur véhicule. Aucun gendarme n’a été blessé. Les militants ont reconnu leur participation à la manifestation mais ont nié avoir lancé des projectiles.
Il s’agit en réalité pour la justice de casser des syndicalistes qui se battent pour leurs droits et de les condamner pour avoir soutenu des grévistes. De Lavigne, le patron de Danone, qui a obligé ses salariés à faire un an de grève alors qu’il ne respecte pas le droit du travail n’a jamais été inquiété. Aucun tribunal ne l’a obligé à payer correctement ses salariés. Lorsque ces derniers luttent, les gendarmes sont prompts à défendre les patrons qui ont aussi la justice de leur côté. La tactique depuis un certain temps est de s’attaquer au porte-monnaie des syndicalistes et du syndicat car les militants syndicalistes sont souvent condamnés à de lourdes amendes dans d’autres affaires. Mais tous ces procès n’entament nullement la détermination des militants qui continuent à défendre leurs camarades, contre les licenciements, les mauvaises conditions de travail, contre des patrons comme celui de Danone, véritable esclavagiste des temps modernes.
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