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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES - Samedi 9 septembre 2006 N° 951
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À la Une
ÉditorialRentrée scolaire! Rentrée sociale? A voir!
Comme chaque année, la rentrée scolaire est l’occasion d’exposer les plaintes et revendications des enseignants et des parents sur les insuffisances de «l’éducation nationale». Et bien sûr, elles ne manquent pas!
Cette année la principale cause de protestation se situe dans la volonté du gouvernement de supprimer des milliers de postes de fonctionnaires, dont 8500 sur tout le territoire français. Comparé au chiffre global des enseignants, ces 8500 semblent une petite égratignure! Mais il est révélateur d’une tendance qui va s’affirmer au cours des années à venir. Les gouvernants ne cachent d’ailleurs pas leur jeu: R. Dutreuil, ministre de la Fonction publique a déjà déclaré: « Il faut viser un flux d’embauche de 40 000 fonctionnaires par an jusqu’en 2015, ce qui est compatible avec le maintien d’un service public de qualité». Et il a ajouté que dans les dix prochaines années «53% des effectifs actuels de la fonction publique d’état vont partir à la retraite »! On peut donc mesurer très précisément l’importance des coupes sombres qui sont prévues dans la fonction publique!
L’argumentation des gouvernants en place ou de leurs prédécesseurs de gauche (dégraisseurs de mammouth!) c’est qu’il y a trop de monde pour un travail qui va en diminuant! Moins d’élèves – disent-ils, moins de postes à pourvoir dans l’enseignement, introduction de nouvelles technologies, meilleur management, etc…! Pour faire passer la pilule des réductions d’effectifs, les gouvernants actuels dont Sarkozy, font miroiter des primes, des promotions plus rapides, notamment «au mérite» …Toutes méthodes qui ont déjà été expérimentées dans d’autres services publics à Telecom, PT et EDF Face à ces offensives réactionnaires, mais bien menées par les gouvernants, les syndicats de la fonction publique semblent plutôt mal engagés pour s’y opposer. On a vu qu’ils ont reculé aux PT, Telecom, à EDF où les gouvernants ont pu imposer tout ce qu’ils voulaient. Ces centrales syndicales, toutes étiquettes confondues se sont contentés de protester, de traîner les pieds, contre ce que mettaient en application les gouvernants! Mais elles ont accompagné les prétendues « réformes» et tout avalé, affichant leur impuissance contre une évolution qui leur parait sans doute inéluctable!
Les centrales enseignantes suivent elles aussi la même voie: chaque fois qu’on entend parler un leader syndical enseignant on se rend compte qu’il est sur la défensive, qu’il n’a pas grand-chose à proposer hormis des pleurs et de sempiternelles «journées d’actions» sans lendemain! Le langage même de ces leaders est celui d‘une soumission face aux plans des gouvernants.
Alors qu’il faudrait répondre de façon offensive et prendre à son compte les changements nécessaires: il y a évolution technologique? Mais bien sûr! Nous syndicats avons étudié l’incidence de cette question sur les effectifs. Il y a nécessité de moderniser la gestion, là aussi nous avons notre propre plan que nous défendons devant les salariés et que nous voulons mettre en application avec eux... il y a nécessité d’adapter, de moderniser la pédagogie, oui: l’école d’aujourd’hui ne peut plus être celle d’il y a 30, 50 ou 60 ans! La conception des classes nombreuses face à un seul maître dans le primaire est dépassé, les études supérieures ne peuvent plus être menées de cette façon avec des amphithéâtres géants surpeuplés d’élèves anonymes, etc.. Nous avons nos propres plans là dessus!
Une attitude offensive des syndicats de salariés, et des organisations ouvrières en général, face au problème de la fonction publique, des services publics, permettraient de convaincre la population laborieuse que non seulement il ne faut pas supprimer des postes dans la fonction publique, mais qu’il faut en créer bien plus, à commencer pour la modernisation de l’enseignement à tous ses niveaux!
Mais pour mener une telle politique, il faudrait que les syndicats soient animés et dirigés par des militants ayant des idées qui vont bien plus loin que celles des gouvernants. A la fin du 19ème siècle et au début du 20ème, les militants des syndicats vivaient et agissaient en étroite collaboration avec des partis socialistes militants, révolutionnaires, qui leur offraient une marche à suivre, qui favorisaient l’éclosion d’idées novatrices, de tactiques hardies qui tiraient la société en avant et qui se plaçaient bien au-dessus et au-delà de l’horizon borné par le profit des bourgeois et autres patrons.
Aujourd’hui, malheureusement, les militants des syndicats ne reçoivent plus rien ni du parti socialiste qui est domestiqué et au service de la classe dominante bourgeoise, ni des partis staliniens repentis dits «communistes» ; ceux-ci sont en voie de social démocratisation, cherchant plus à rejoindre la voie du parti socialiste que celle de la révolution! Comment pourraient-ils, tous ces gens, animer des syndicats de la fonction publique plus offensifs, plus hardis, se plaçant à l’avant-garde des idées et des mouvements de revendications!
Que faire? Les salariés ont leur propre tête avec laquelle ils peuvent réfléchir ; ils peuvent, quand les syndicats proposent infléchir ces propositions pour aller dans des directions qui leur paraissent les plus justes et les plus offensives. Les gouvernants actuels (et leurs successeurs éventuels) sont arrogants et se croient tout permis, uniquement parce les directions ouvrières, syndicales sont timorées et soumises! Cela les travailleurs peuvent le changer eux-mêmes!
Tragique accident au Centre Gérontologique du Raizet
Le dimanche 27 août dernier, une employée du centre gérontologique du Raizet a été victime d’un accident du travail. Elle serait morte dans un ascenseur et selon les premières constatations c’est le chariot des repas qui se serait renversé sur elle. Ce drame a provoqué une vive émotion parmi l’ensemble des agents.
Cet accident suscite de nombreuses interrogations. Bien entendu une enquête est en cours pour déterminer ses causes exactes et vérifier s’il provient d’une défaillance de l’ascenseur, si le chariot était adapté à l’ascenseur, s’il ne fallait pas deux agents pour le manipuler…. Une chose est sûre c’est qu’il s’agit bien d’un accident du travail selon les premières constatations.
La Fédération CGTG Santé qui a apporté son soutien moral à la famille car cette mère laisse 3 enfants, se pose de nombreuses questions sur les conditions de travail qui ne cessent de se dégrader de façon générale dans le secteur de la Santé. Il est vrai que la politique actuelle du gouvernement est de faire le maximum d’économie et le budget fixé est toujours très juste. Bien entendu ce sont souvent des économies qui sont faites sur le dos du personnel qui fait les frais de cette politique. La Fédération CGTG Santé a saisi le CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) afin qu’on mette en place une commission d’expertise pour que toute la lumière soit faite sur cette affaire.
Le tour des yoles de la Martinique
l’argent s’impose
Du 30 juillet au 7 août 2006 a eu lieu le Tour des yoles de la Martinique. Comme les années précédentes, cette édition a montré que l’engouement de la population pour cette manifestation était toujours présent et de plus en plus fort. Si bien que le comité qui organise cette manifestation parle certes de manifestation sportive, mais de plus en plus comme un « produit touristique ».
Parler de «produit», dans cette économie, signifie nécessairement «argent».
Comprenant le parti qu’elles pourraient tirer de cette manifestation qui s’étend sur une semaine, de nombreuses entreprises s’y engagent en parrainant une yole. Et comme le nombre de yoles est insuffisant pour le nombre d’entreprises qui souhaiteraient voir afficher et citer gratuitement leur nom en radio, TV et dans la presse écrite, on a pu voir jusqu’à trois noms d’entreprises sur une même voile.
En effet, cette compétition ne présente d’intérêt pour ces entreprises qu’en tant qu’outil de communication qui doit permettre d’augmenter le chiffre d’affaires et en fin de course, les profits.
Cette situation n’a pas échappé au maire du Robert qui, interrogé sur une radio, ne cessait de demander que les entreprises contribuent beaucoup plus, financièrement, aux frais. Quant au journaliste qui commentait la course en TV, il ne se privait jamais de dire les sommes payées par des entreprises pour louer des bateaux suiveurs qu’elles étaient allées chercher jusqu’à Trinidad dans certains cas.
Si pour les yoleurs et leurs supporters le tour des yoles demeure une manifestation sportive, pour les entreprises dont les noms s’affichent partout, c’est avant tout une manifestation commerciale et la mer est devenue un domaine de plus où elles vont s’affronter pour conquérir des clients.
Liban
Déploiement de la Finul pour mieux préserver Israël
Avant la fin de ce mois les troupes de l’ONU au sud du Liban passeront de 4 000 à 15 000 hommes. Ce sera la France qui dirigera cette petite armée jusqu’en février 2007. Ce n’est pas étonnant. Chirac après moult hésitations a finalement décidé d’assumer cette responsabilité parce que le Liban est une «création» de la France. Ce commandement français et ces 2 500 hommes que la France déploiera dans ce pays sont des garanties pour les grands groupes comme Bouygues de mettre la main sur les grands travaux de reconstruction du pays qui se profilent à l’horizon.
Ces troupes de l’ONU au sud Liban ne résolvent aucun problème. L’état d’Israël continue à occuper toute la Palestine et à faire des Palestiniens des étrangers dans leur propre pays. Ceci avec l’aval des USA et des puissances occidentales. Il le fait avec une particulière atrocité et hypocrisie. Lors du mois d’agression qu’il a mené au Sud Liban contre le Hezbollah, Israël a systématiquement bombardé les civils habitant la région. Il a détruit les mosquées, hôpitaux, centrales électriques, ponts, routes, et habitations des chiites (mais pas seulement!). Israël a voulu faire payer à cette population le soutien qu’elle porte à cette organisation. Mieux il a utilisé des sous munitions contre les civils, ce qui est formellement interdit par les accords internationaux (mais quelle valeur ont ces accords?). Ces sous munitions laissent des petites bombes qui ont déjà tué des dizaines d’enfants après le cessez le feu. En détruisant la centrale électrique de Tyr, il a provoqué le déversement de 15 000 tonnes de fuel dans la mer. Les courants marins font dériver la nappe le long des cotes libanaises et la dirige vers la Syrie. Tout le littoral libanais est pollué tandis qu’Israël maintient le blocus maritime et aérien du Liban, empêchant toute intervention contre cette catastrophe. Israël a tué plus de 1 000 libanais durant son agression militaire ; et les puissances occidentales se sont évertuées à justifier son action. Elles ont parlé du droit d’Israël à se défendre, et quand elles ne pouvaient plus le justifier, elles ont appelé Israël à «plus de retenue» et parlaient de «réaction disproportionnée». Jamais elles n’ont condamné son action, jamais elles n’ont, encore moins, menacé d’user de la force pour la contraindre à reculer. Ce qui avait été le cas quand l’Irak avait agressé le Koweït!
Aujourd’hui le déploie-ment de la FINUL (Force d’Interposition des Nations Unies au sud Liban) est réalisé pour tirer l’état d’Israël du piège du Sud Liban où il était en train de s’enliser ; car il se heurtait à une résistance imprévue du Hezbollah. Il est surtout motivé par la nécessité de préserver les intérêts économiques et financiers des grands possédants libanais et internationaux, ceux des puissances occidentales qui pillent les ressources du Moyen-orient.
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