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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 9 septembre 2006      N° 951


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Guadeloupe
Quelle mouche a piqué le maire de Trois-Rivières?

Le maire de Trois-Rivières a décidé de partir en croisade contre les syndicats, en particulier l’UGTG et la CGTG, qu’il a nommément cités dans une interview à la radio. Selon A. Dorville ces deux syndicats auraient des dérives antidémocratiques, dictatoriales même. Il a donc lancé un appel à la population pour qu’elle s’en prenne aux syndicalistes qui selon lui, «mettent à mal la Guadeloupe». C’était un véritable appel au pogrom.
Le dernier numéro du journal Sept Mag publie une lettre ouverte adressée au préfet. Dorville veut se poser en donneur de leçon de démocratie et oublie de dire que depuis qu’il est planteur de banane, il a une oreille plus complaisante pour les patrons qu’il comprend très bien puisqu’il est proche d’eux. Même quand ceux-ci ne respectent nullement la législation du travail.
En réalité Dorville se montre tel qu’il est réellement un anti-syndicaliste. Car s’il faut parler d’exactions, de «mise à mal de la Guadeloupe», de scandales pourquoi cet élu donneur de leçons ne dénonce-t-il pas: la pollution au chlordécone, les décharges à ciel ouvert, le problème de l’environnement, etc. Sur tous ces problèmes très importants, on n’entend pas le maire de Trois-Rivières. Il ne dit rien contre les patrons qui ne respectent aucune loi, qui ne paient pas leurs salariés, les heures supplémentaires, les charges sociales. Il voudrait mettre sur le même plan les patrons et les salariés, alors que ce sont les patrons qui détiennent l’économie et la font fonctionner dans le seul but de s’enrichir au détriment justement des salariés?
Dans la Tribune Libre du dernier numéro du journal France Antilles, intitulé «Pour un syndicalisme au service de la Guadeloupe», A. Dorville prône un dialogue constructif. Il voudrait peut-être un syndicalisme du style de ce qui existe aux Etats-Unis où les contrats sont négociés sur plusieurs années entre les patrons et un certain nombre de syndicalistes peu soucieux des intérêts des travailleurs au nom desquels ils prétendent parler? Cela gêne Dorville qu’il y ait un syndicalisme dynamique en Guadeloupe avec des travailleurs qui ne se laissent pas marcher sur les pieds et qui se font respecter. Les patrons et les travailleurs n’ont pas les mêmes intérêts à défendre et il ne faut pas s’étonner qu’il y ait des conflits de plus en plus durs car les patrons ont décidé de ne pas céder même si les revendications sont légitimes alors qu’ils répètent à longueur de journée qu’ils sont pour le «dialogue social», ce qui est une vaste blague.
Dorville veut se donner un rôle à l’échelle de la Guadeloupe et pour sortir de sa torpeur politique, veut faire parler de lui. Il a ainsi décidé de s’en prendre aux syndicats. Il veut occuper le devant de la scène médiatique. Mais en fait il a choisi son camp: celui des possédants et non celui des travailleurs. Mais il préfère répéter qu’il défend la Guadeloupe.



Un an après le passage du cyclone Katrina!

C’est toujours le désastre à la Nouvelle-Orléans et dans le sud des Etats-Unis, un an après le passage du cyclone Katrina qui a ravagé le sud des Etats-Unis! Les quartiers détruits des villes de cette région, en particulier la Nouvelle Orléans, n’ont pas été reconstruits. Des populations originaires du Mississipi et de la Louisiane ont dû fuir vers d’autres régions. Des milliers de personnes, dont une majorité de pauvres, de travailleurs, ont quitté les lieux où elles ont tout perdu, par leurs propres moyens.
A la Nouvelle Orléans, les dégâts ont été causés par des inondations qui ont fait céder les digues. Ce sont surtout les quartiers pauvres où vit une majorité de Noirs qui ont été le plus inondés. Un an après cette catastrophe, la ville est toujours sous les eaux. On continue de trouver des cadavres. Ceux qui n’ont pas quitté la ville sont privés d’eau potable, d’électricité. Ils tentent de reconstruire leur maison par leurs propres moyens.
Mais la vie est intenable faute de moyens d’existence et d’infrastructures les plus élémentaires concernant la santé et l’hygiène. La majorité des pauvres qui sont partis ne peut retourner faute de logement.
Il est révoltant de constater une telle situation s’agissant du pays le plus riche au monde. Ce ne sont pas les moyens techniques et l’argent qui manquent pour tout reconstruire et permettre à la population de retrouver ses moyens d’existence. Pourtant, quelques jours après la catastrophe des responsables politiques et économiques ont parlé de reconstruction. Des hommes d’affaire, des banquiers se sont emparés du projet pour profiter de la manne financière. Mais cette reconstruction tarde à venir.
L’état américain hypocritement laisse entendre qu’il financera des projets de logements. Mais il ne veut débourser que peu d’argent, beaucoup moins que ce qu’il dépense pour les guerres. A la Nouvelle Orléans, les responsables politiques ont toujours détruit des quartiers pauvres pour construire à la place des logements de luxe. Veulent-ils aujourd’hui profiter de la catastrophe pour se débarrasser définitivement des pauvres? Pourtant cette population qui s’est réfugiée dans d’autres villes, sans moyen, sans emploi pourrait reconstruire. Certains promoteurs immobiliers préfèrent faire appel à des Mexicains appelés pour reconstruire la Nouvelle Orléans. Cette main d’œuvre à bon marché, en situation irrégulière est évidemment sous payée.
La Nouvelle Orléans risque de ne plus retrouver son vrai visage avec toute une population noire qui a imprimé toute la région de sa culture, en particulier du jazz. Ce qui préoccupe les hommes d’affaires, les banquiers ce sont des projets immobiliers qui peuvent rapporter gros. Le reste ils s’en fichent!



Nouvelle hausse du carburant en Guadeloupe

Le 1er septembre dernier une nouvelle augmentation du prix des carburants est entrée en vigueur: le gazole coûtera désormais 1,21 € le litre au lieu de 1,19 € (les hausses les plus récentes ayant eu lieu au mois de juillet et de juin).
La bouteille de gaz domestique augmente de 26 centimes et passe à 21,12 €. Le pétrole lampant de 2 centimes et passe à 0,84 € le litre.
Le super carburant sans plomb n’augmente pas et reste à 1,49 €. On ne compte plus les différentes hausses que les automobilistes subissent presque chaque mois. Le carburant devient une charge de plus en plus importante dans le budget des travailleurs. Et contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, les pays producteurs de pétrole ne sont pas responsables du prix élevé des produits pétroliers. Ce sont d’abord les taxes de toutes sortes perçues par l’Etat et la Région qui, rappelons-le atteignent 80% du prix de vente. C’est un véritable racket des automobilistes et ce sont surtout les travailleurs qui subissent car ils ne bénéficient pas de la détaxe du carburant.
En attendant les grosses sociétés comme Total annoncent des profits record et distribuent des dividendes en hausse constante à leurs actionnaires.



Fonction publique: la grève menace?

Nous publions ci-dessous un extrait du Nouvel Observateur (pris dans Internet), qui montre à quel point les directions syndicales de la Fonction publique sont peu décidées à mener une véritable lutte contre la politique de recul et de restriction du gouvernement dans les services publics.
Cet article parle de lui-même! Il est clair que pour se défendre, les salariés devront avant tout se fier à leur propre capacité à se préparer, à s’organiser! Les luttes contre le CPE ont montré que même si des grandes centrales n’étaient pas plus que cela décidées à se battre on pouvait tenter d’aller plus loin qu’elles et y parvenir!


Extrait de NOUVELOBS.COM le 05.09.06
Six syndicats réclament des négociations salariales "d'ici fin septembre"
La rentrée est synonyme de tensions sociales et 2006 ne fait pas exception. Six fédérations de fonctionnaires ont d'ores et déjà menacé lundi 4 septembre de faire grève en octobre si le ministre de la Fonction publique, Christian Jacob, n'ouvre pas des négociations salariales "d'ici fin septembre", a-t-on appris lundi de sources syndicales concordantes.
"Nous envoyons une lettre commune au ministre Jacob lui intimant de nous fixer avant la fin septembre une date pour ouvrir les négociations salariales, faute de quoi on se réunira pour envisager les actions qui conviennent", a déclaré Charles Bonissol, président de la fédération CFE-CGC des fonctionnaires.
"A partir de sa réponse, on décidera si on fait grève en octobre", a précisé Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU au terme d'une intersyndicale réunissant six fédérations de fonctionnaires sur les sept (CGT, CFDT, FO, FSU, Unsa, CFE-CGC) au siège de FO.
Trop tôt pour l'action. "Il est trop tôt pour décider d'une action ferme", a poursuivi Gérard Aschieri, ajoutant qu'en attendant la réponse du ministre, les syndicats ont convenu de "créer les conditions d'une mobilisation d'ampleur".
Selon les deux responsables syndicaux, les six fédérations de fonctionnaires ont par ailleurs exclu de rallier la grève des enseignants prévue le 28 septembre pour lui permettre "plus de lisibilité".
"La grève des enseignants doit rester une action de l'éducation nationale avec des revendications claires et spécifiques", a expliqué Gérard Aschieri.
Les syndicats de fonctionnaires dénoncent notamment une baisse de pouvoir d'achat estimée entre 6% et 7,3% depuis 2000, et la suppression de 15.000 postes de fonctionnaires d'Etat dans le budget 2007, dont 7.000 suppressions nettes dans l'Education.



Martinique
Rentrée 2006: la situation va en empirant

Ministre, recteurs, et chefs d’établissement ont fait de grandes déclarations pour dire toute l’attention qu’ils portent à l’éducation des jeunes à l’occasion de cette rentrée 2006. Et bien évidemment, ils n’ont à aucun moment fait allusion aux centaines de postes budgétaires supprimés pour cause d’économies à réaliser. En Martinique, 71 postes ont été supprimés: 44 dans le second degré et 27 dans le premier.
Et ce n’est pas fini. Le gouvernement a confirmé une information diffusée par la presse en mai 2006 concernant la suppression nette de 15000 postes dans la Fonction publique. L’éducation nationale perdrait 8500.
Comme toutes les autres, l’académie de la Martinique sera concernée par la chasse aux économies budgétaires au nom de la soi-disant solidarité nationale. Ce nouveau renforcement de la politique de restriction aura des conséquences sur les conditions de travail qui ne manqueront pas de s’aggraver. C’est la politique de Chirac et de ses compères même si ce dernier promet de l’argent en plus et une carrière accélérée en compensation pour ceux qui accepteront de travailler dans de telles conditions.
Pour imposer sa politique, le gouvernement fait le pari de la résignation des travailleurs de la Fonction publique à cause de la situation économique. Mais c’est aussi le pari qu’il avait fait pour instaurer le Contrat Première Embauche (CPE)!



Gérard Lauriette: une personnalité qui ne laissait pas indifférent

G. Lauriette a été retrouvé mort chez lui, le jeudi 17 août dernier, assis dans son fauteuil. Une autopsie a été réalisée pour connaître les causes de la mort, qui a été considérée comme «normale». Ses obsèques ont eu lieu le samedi 19 août à Capesterre-B-E. Une foule nombreuse l’a accompagné à sa dernière demeure.
G. Lauriette était ce qu’on pourrait appeler une «forte personnalité», et qui ne laissait pas indifférent. Déjà jeune instituteur, il a eu maille à partir avec les autorités académiques de l’époque qui lui reprochaient ses méthodes d’enseignement et notamment l’utilisation du créole. Il a d’ailleurs été exclu de l’éducation nationale, mais a par la suite gagné son procès contre cette administration qu’il n’a jamais réintégré. Et sa vie durant, il a mis ses capacités d’enseignant au service de nombreuses générations d’enfants, issus surtout du petit peuple et qui avaient échoué dans le cadre de l’enseignement public. Presque tout le monde connaissait son école où il recevait ces enfants en échec scolaire et où était exposées en permanence ces vues sur l’enseignement. On peut dire qu’en ce qui concerne l’enseignement, notamment sa pédagogie, il a été un peu un précurseur, surtout quand on sait qu’aujourd’hui le créole est enseigné comme langue régionale et qu’un CAPES de créole existe.
Mais ce n’est pas seulement en tant que pédagogue que G. Lauriette a marqué son époque. Il était philosophe à sa manière, il se qualifiait lui-même de parapsychologue ; et aussi homme politique.
Pendant des années, dans le cadre de son école où il mettait ses connaissances au service de bien des enfants, il recevait beaucoup le petit peuple de Capesterre-Belle-Eau qui le consultait pour avoir son avis concernant des démarches vis-à-vis de ce qu’on appelle chez nous «l’administration»: Sécurité Sociale, Caisse des Retraites, Préfecture, Tribunal, etc. Il était devenu leur «écrivain public», ce qui lui a permis de jouir d’une très grande sympathie dans la population de Capesterre-Belle-Eau qui l’a finalement élu maire de la commune en 1984, puis conseiller général.
En tant qu’élu, il n’a pas été plus mauvais gestionnaire que les autres. A noter que son conseil municipal a été le seul comprenant un nombre assez important de travailleurs du rang, dont un militant, Christophe PAUL, et plusieurs sympathisants de notre groupe Combat Ouvrier. Ce qui a valu à son conseil municipal d’être victimes de railleries de la part de gens qui considèrent que la gestion d’une commune est l’apanage des seuls médecins, avocats ou autres «grosses têtes». Et G. Lauriette n’a cessé, pendant les 6 ans qu’il a dirigé la commune, de dénoncer l’attitude de l’Etat français et du gouvernement qui ne donnaient pas aux communes des DOM les mêmes moyens que celles de la France métropolitaine. Ce qui lui a valu, et aussi pour bien d’autres raisons, d’être mis à l’index par la préfecture. Il a d’ailleurs, alors qu’il était maire, été interpellé à son domicile par les forces de police pour n’avoir pas répondu à une convocation d’un juge.
Gérard Lauriette, original, parfois carrément excentrique, a donc bien marqué les esprits.



La rentrée des présidentiables en faveur du patronat

A l’UMP, Sarkozy conforte sa position de leader et la concurrence a été mise en sourdine le temps d’un show unitaire. Les politiciens de droite ont essayé de montrer qu’ils sont «près du peuple», ils jouent au foot et cherchent à «ratisser large» en faisant appel même à des chanteurs populaires. Là dessus, Sarkozy avance des tas de propositions qui sont censées faire le bonheur de la population, à condition qu’elle vote pour lui, bien sûr!
Au Parti Socialiste, la situation n’est pas réglée car les pontes du parti n’ont pas digéré la montée de Ségolène Royal dans les sondages. Jospin n’a pas abandonné l’idée de se représenter. Après avoir fait un acte de contrition en larmoyant, après avoir demandé de lui pardonner ses erreurs sans les critiquer, il se présente ragaillardi et se dit «prêt à assumer un destin présidentiel si les français le lui demande», et il donnera sa réponse en octobre. Voilà comment il espère faire oublier les années passées au gouvernement à frapper sur les travailleurs au profit du patronat.
Ségolène Royale ne perd pas de temps, après s’être présentée comme l’héritière de Mitterrand, elle a renvoyé les pontifes du PS dos à dos, s’est placée au dessus de leurs querelles en constituant son état- major de présidentiable. Elle surfe sur une image sympathique dans les médias, une forte popularité dans les sondages et comme les autres politiciens elle ne parle guère de son programme. Mais comme la rentrée scolaire est là elle a lancé quelques phrases pour faire patienter la population, elle promet «un programme d’enseignement pour tous» et a assuré la population qu’«au PS nous construisons l’avenir». Mais le message qui doit être entendu est celui qu’elle adresse au patronat «je ne suis pas la rupture» ; car elle, pas plus que les autres candidats de la gauche, ne s’est engagée à revenir sur les mesures prises par le gouvernement actuel favorisant le patronat.