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Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 9 septembre 2006      N° 951


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La fin de l’état de grâce pour Préval (Extraits de “Voix des travailleurs”)

Manifestement, la période de grâce dont a bénéficié Préval pendant quelques semaines après son élection semble terminée. La manifestation organisée par Lavalasse le 15 juillet et, plus encore, la montée de l’insécurité due, au moins en partie, à la fin de la trêve dans l’activité des chimères, sonne le glas du consensus politique autour de sa personne.
Ce consensus a été, dès le départ, ambigü. Préval a été élu par une base électorale influencée par Lavalasse. Mais il n’a pu l’être qu’avec l’accord des puissances tutélaires et des possédants. Les motivations des uns et des autres étaient cependant différentes voire contradictoires.
Les quartiers pauvres qui se sont massivement déplacés pour voter pour lui et dont les manifestations ont pesé dans la décision des puissances tutélaires à contresigner son élection sans organiser un deuxième tour, voyaient en Préval le second d’Aristide. Sa victoire était une réminiscence des illusions mises en Aristide en 1990 et, sans doute plus encore, une manière de vengeance contre les Apaid, les Baker dont les manifestations ont abouti à la mise à l’écart d’Aristide, ainsi que contre les puissances impérialistes qui sont intervenues pour le déposer manu militari.
Les possédants et leurs protecteurs américains, français, etc.. voyaient en la personne de Préval, au contraire, l’homme capable de désarmer les chimères que le départ d’Aristide et la mise en place du régime provisoire Boniface - Latortue n’a pas désarmés, bien au contraire. Cet espoir semblait se confirmer pendant les quelques semaines de trêve.
Dans la mise en place du gouvernement Alexis, beaucoup de commentateurs voyaient surtout la volonté de Préval de « s’ouvrir » vers d’autres forces politiques que Lavalasse. C’est incontestable, mais c’est, aussi, une vision unilatérale. Car réciproquement, la participation de représentants d’autres forces politiques, de la Fusion de Serge Gille à l’OPL de Paul Denis en passant par l’Alliance de Evans Paul, était aussi un alignement de leur part, l’expression que les possédants voulaient une certaine stabilisation qu’aucun des concurrents de Préval aux élections n’était à même d’apporter.
Mais ce soutien est conjoncturel. Préval ne peut compter sur le soutien de ces gens que tant qu’il parvient à calmer les chimères. Or ceux-ci relèvent la tête. Des raids armés, comme ceux qui ont marqué les journées du 8 et 9 août, rappelant « l’opération Bagdad » de triste mémoire, montrent même que certains groupes de chimères au moins, ont déclaré la guerre au gouvernement. Leurs exigences que les chefs Lavalasse, écartés en même temps qu’Aristide, puissent reprendre leurs fonctions, se heurtent aux intérêts de ceux qui ont été installés sous Latortue. L’autre exigence, celle de récompenser les chefs chimères qui ont assuré la trêve en les intégrant dans l’appareil d’Etat – ou en leur donnant au moins de l’argent - se heurte aux limites étroites du budget. En outre, il y a bien trop de chefs chimères. La carotte que le gouvernement propose, en même temps que le bâton, est insuffisante pour satisfaire tout le monde. Acheter certains chefs n’assurera pas nécessairement la paix du côté des autres. D’après les bruits dont on ne sait pas s’ils rapportent la vérité, mais qui sont vraisemblables, le gouvernement aurait dépensé plusieurs millions de gourdes pour calmer les chimères. A en juger par la reprise de la violence, la somme n’a pas suffi. Il n’est pas dit que le gouvernement puisse aller bien plus loin. Mais l’idée que l’on puisse «négocier avec les bandits» a été le premier prétexte trouvé pour un début de fronde parlementaire.
Ce n’est pas un hasard que la reprise de la violence armée se traduise par des remous du côté des parlementaires. La fissure entre une partie des députés et des sénateurs d’un côté et l’Exécutif a toutes les chances de s’élargir en fossé. On se souvient avec quelle rapidité les parlementaires élus naguère sous l’étiquette Lavalasse et grâce à l’autorité d’Aristide, se sont retournés contre lui dès qu’ils étaient élus. La classe politique haïtienne est aussi irresponsable, même du point de vue des intérêts politiques de la bourgeoisie, que le sont les policiers et les juges.
(...) Préval pouvait espérer tirer sa force précisément du caractère contradictoire des courants politiques qui l’ont porté au pouvoir. S’appuyer sur les chimères contre les forces politiques anti-lavalassiennes et en même temps, s’appuyer sur ces dernières contre les chefs chimères et, derrière eux, contre Aristide. S’appuyer sur les puissances tutélaires, sur leurs finances et sur la MINUSTAH, pour contrebalancer l’influence de dignitaires de Lavalasse et s’appuyer sur ces derniers pour trouver des soutiens du côté de la « communauté internationale ». Jouer, en somme, un jeu bonapartiste. Pour jouer cependant ce jeu, il faut disposer d’un appareil d’Etat fiable. On sait dans quelle situation de décomposition se trouve l’appareil d’Etat, avec sa Police, sa justice et ses fonctionnaires rongés par la corruption. Le fait que le premier ministre en soit à publier des communiqués pour demander à ceux qui ont volé les véhicules et des dossiers à la Primature, de bien vouloir les ramener, décrit le mauvais état de l’Etat bien mieux que tous les discours.
A l’égard d’Aristide, il y avait dans les masses populaires un attachement que seul explique le passé, le combat contre Duvalier et le macoutisme, le langage en direction de ces pauvres méprisés et craints par les hommes politiques traditionnels. Un attachement que la haine de la bourgeoisie et le coup d’Etat de Cédras qui l’avait concrétisé, n’ont pu que renforcer dans les sentiments des classes populaires. Malgré le fait qu’Aristide président n’a rien fait pour les pauvres, malgré son enrichissement personnel, il en reste quelque chose.
Mais Préval n’a rien du charisme d’Aristide. Les classes populaires l’ont certes porté à la présidence, mais elles ne tarderont pas à se rendre compte que Préval ne fait rien pour elles. Contre la fronde de la caste politique, Aristide s’appuyait sinon sur les quartiers pauvres – en démagogue qu’il était, il se contentait de se faire applaudir par les pauvres mais il ne tenait nullement à les mobiliser sur la base de leurs intérêts – du moins, sur des bandes chimères issus des quartiers pauvres. Sur qui s’appuiera Préval? Sur les puissances tutélaires – du moins tant que celles-ci veulent bien le soutenir. Tant que c’est le cas, Préval n’aura pas à trop se préoccuper des chamailleries, des magouilles et des manœuvres des parlementaires. Les prévisibles crises politiques, les dissensions même à l’intérieur du gouvernement, pourront passer, suivant l’expression consacrée, pour les balbutiements de « la jeune démocratie haïtienne qui cherche son chemin ». Au fond, en regardant les deux années peu reluisantes que Boniface ou Latortue ont passé à la tête de l’Etat, Préval aura une assez bonne idée de son avenir politique.
(...) Cela ne préjuge pas du temps qu’il passera à la Présidence. Peut-être ira-t-il jusqu’au bout de son mandat, comme il l’a fait déjà une fois, sans changer rien à rien, sans toucher à aucun des problèmes de la société haïtienne, aux inégalités, à la corruption, à l’effondrement des services publics ou de ce qui en reste, et surtout pas à la grande misère de la majorité de la population. Mais c’est tout ce que la bourgeoisie, l’impérialisme demandent à un chef d’Etat en Haïti…
Reste cependant à savoir si les classes exploitées, les ouvriers, les chômeurs, les petites marchandes dans les villes, la masse des paysans pauvres des campagnes accepteront que leur sort se dégrade toujours plus. Reste à savoir s’ils se contentent d’un président, même « démocratiquement élu » mais qui ne veut, ni ne peut toucher aux racines d’une des plus terribles dictatures, celle de la misère et de la faim. Reste à savoir si derrière l’apparente résignation devant les prix qui augmentent alors que les salaires ouvriers ou les maigres revenus des petites marchandes permettent à peine de survivre, devant l’insécurité, ne s’accumule une colère rentrée tout prête à exploser.
Bien de chefs d’Etat du passé, y compris parmi les plus puissants, ont vu leur puissance s’effondrer d’un seul coup sous la poussée d’une révolte populaire, seule force capable non seulement de renverser les dictateurs les plus féroces mais aussi de transformer les structures de la société. A condition d’avoir la conscience que c’est cela, l’objectif nécessaire et pas seulement de se débarrasser d’un chef d’Etat.

(Publié par le journal Trotskyste haïtien VDT)



Le gouvernement iranien défie-t-il l’ONU?

Alors que l’ultimatum de l’ONU exigeant «une suspension complète et vérifiable de toutes les activités relatives à l’enrichissement et à la conversion» d’uranium par le gouvernement iranien est arrivé à échéance le 31 août dernier, l’état iranien n’en continue pas moins ses activités dans ce domaine. C’est que les divergences sur l’attitude à adopter vis-à-vis de Téhéran se font jour entre les grandes puissances. C’est ainsi que G. Bush est partisan de la mise en application de sanctions immédiates contre Téhéran. Ce qui n’est pas du tout la position de Moscou ni de Pékin. Quant au secrétaire général de l’ONU, il estime qu’il vaut mieux continuer à chercher à convaincre le gouvernement iranien, à dialoguer avec lui. Il en est de même pour l’Union européenne.
En fait, qui décide du droit de tel ou tel pays de faire des expériences d’enrichissement d’uranium? L’ONU prétend-on. Mais il est à remarquer que l’Inde, le Pakistan, Israël disposent de l’arme atomique, sans parler bien sûr de l’Angleterre et de la France. Et que jusqu’à aujourd’hui, le seul pays à avoir eu recours à l’arme nucléaire, c’est les Etats-Unis qui en 1945 avaient provoqué la mort de plusieurs centaines de milliers d’êtres humains à Hiroshima et Nagasaki au Japon. Alors de quel droit l’ONU et les grandes puissances décident qui doit disposer des techniques permettant d’utiliser l’énergie nucléaire? Ces «prétendues grandes nations» qui sont soi-disant garantes de la paix dans le monde sont précisément les plus grands fabricants d’armes de la planète. N’empêche que tous ces jours-ci on a pu entendre de soi-disant spécialistes intervenir pour justifier cette décision d’interdire à l’Iran ses expériences sur l’enrichissement de l’uranium. Car l’Iran serait un «état terroriste». Qu’il soutiendrait les mouvements islamistes du Hezbollah et du Hamas? On a pu entendre un de ces spécialistes déclarer que Téhéran serait responsable du déclenchement de la récente guerre du Liban, dans le seul but de détourner l’attention sur ses expériences d’enrichissement de l’uranium. L’armée israélienne a tué plus de 1000 libanais, en majorité des civils et surtout des enfants, contraint plus de 200 000 civils libanais à l’exil, détruit presque toute l’infrastructure économique du sud Liban, mais ce serait l’Iran le responsable de la guerre!
Il n’est pas étonnant que devant une telle attitude, une partie importante des peuples du Moyen-orient se tourne vers les islamistes qui, à leurs yeux, apparaissent comme des opposants radicaux face à l’arrogance des grandes puissances et aux humiliations qu’elles infligent aux peuples du Proche et du Moyen-Orient.
Il n’est pas certain que les Etats-Unis qui sont à la tête de la croisade anti-iranienne réussiront à faire plier l’Iran, malgré toute la puissance dont ils disposent. L’exemple de Cuba a bien montré que si tout un peuple est prêt à se mobiliser et à se défendre coûte que coûte l’impérialisme ne réussit pas à avoir le dernier mot. La récente aventure punitive d’Israël le montre aussi ; surpris par la résistance des combattants du Hezbollah il a dû faire machine arrière, même si pour l’instant on ne peut pas dire que cet état ne cherchera pas à prendre sa «revanche» à la première occasion.



Fidel Castro malade, les USA tentent la destabilisation

Début août 2006, Fidel Castro, malade, a dû quitter la direction de Cuba, et c’est son frère et compagnon de lutte Raul qui est en charge de diriger l’état cubain. Dès cet instant les médias ont commencé une campagne anticastriste plus acharnée. Aux Etats-Unis, en particulier, la presse n’a pas assez de mots pour qualifier Fidel Castro: le dictateur, l’ennemi de la sacro-sainte démocratie, celui qui met les opposants en prison, etc… Peu importe que les Etats Unis aient le plus grand nombre de prisonniers du monde, davantage en valeur absolue que la Chine pourtant beaucoup plus peuplée.
On se croirait revenu de nouveau à l’époque où il était fréquemment question d’un débarquement américain à Cuba. Le blocus américain qui dure depuis 44 ans est plus que jamais à l’ordre du jour. Les dirigeants américains savent que les privations qu’il entraîne pour la population cubaine sont une des raisons du départ de Cubains vers les Etats Unis. Mais cela ne les empêche pas de masquer leur responsabilité dans les difficultés économiques de Cuba et d’accuser Castro et son régime de tous les maux!
Ce que ne dit pas cette propagande c’est que, malgré tout, l’émigration cubaine est bien moins massive que celle des autres pays de la zone et du Tiers-monde en général. On ne meurt pas de faim à Cuba. On n’y trouve pas les inégalités criantes de l’Amérique latine avec ses grands propriétaires fonciers qui n’hésitent pas à faire assassiner, régulièrement, pour un oui ou pour un non, des centaines d’ouvriers agricoles ou de paysans pauvres. Pour les dirigeants américains le tort de Fidel Castro est d’avoir refusé de se soumettre aux diktats des gouvernants américains et d’avoir chassé les exploiteurs américains, leurs tenanciers de casinos et bordels. D’autant que Castro a poussé l’insolence jusqu’à se déclarer «communiste». Un «mauvais exemple» pour le monde, et surtout pour les peuples d’Amérique latine auxquels la CIA a toujours fait en sorte de leur imposer des dirigeants soumis, dictatoriaux ou corrompus, aux ordres des gouvernants américains du nord! Oui Cuba fut un «mauvais exemple » pour le monde, pleurnichent encore aujourd’hui des anciens dirigeants de la CIA qui reconnaissent que leur gouvernement avait sous-estimé le soutien de la population cubaine à Fidel Castro. Le cuisant échec du débarquement de la Baie des Cochons organisé par John Kennedy en 1961 reste dans les mémoires.
Bien sûr, ce n’est pas la société communiste à Cuba. Loin de là! Ce n’est même pas un état démocratiquement contrôlé par les travailleurs.
Fidel Castro, lors des premières années de la révolution cubaine, fort du soutien politique et moral immense qu’il avait dans la Caraïbe et même aux USA et dans le monde, aurait pu mener une véritable politique révolutionnaire contre le capitalisme et l’impérialisme. Mais il ne l’a pas fait. Cela n’a pas empêché le peuple cubain de refuser de courber la tête devant l’arrogance des Etats-Unis!
Nous ne savons pas ce que va décider le gouvernement américain. Pour le moment il mesure le soutien des masses au régime de Fidel Castro et temporise. En tout cas, face à l’impérialisme américain, il faut réaffirmer un soutien sans faille au peuple cubain, qui dans des conditions difficiles, a fait ce qu’il a pu pour vivre dignement et résister à son puissant et dangereux voisin nord-américain.



Expulsions d’immigrés à Cachan: de la pub pour Sarkozy

Le 14 août, la police a délogé, avec violence, plus de 500 immigrés africains qui occupaient une cité universitaire désaffectée à Cachan, dans la banlieue Sud de Paris. Des familles, certaines avec des enfants en bas age, ont été bousculées, il y a eu des blessés. Une cinquantaine de ces immigrés africains, dont des «sans-papiers», ont été emprisonnés. Les autres ont été contraints, par la force, de monter dans des cars pour être dispersés dans des hôtels minables et chers. Un groupe résiste encore aujourd’hui: 200 personnes installées de façon très précaire, entassées dans un gymnase avec le soutien du maire de Cachan. Ils se sont organisés pour défendre leur droit à avoir un logement décent et demandent à être relogés ensemble, pas trop loin, pour ne pas perdre leurs emplois.
Quand on sait le manque de logements sociaux en France, quand on sait le racisme anti-noir, anti- immigré, anti-ouvrier, anti-pauvre en général, on comprend que ces Africains n’aient eu comme solution que de squatter la cité universitaire. Le gouvernement a invoqué des branchements électriques dangereux. Cela se répare! Les soi-disant bonnes intentions de Sarkozy vis à vis des immigrés de Cachan sont en contradiction avec les coups de matraque, les violences exercées contre des familles qui ont dû partir sans avoir le temps de prendre leurs affaires. Les conditions de vie des travailleurs immigrés, c’est certainement le cadet des soucis de N. Sarkozy? En envoyant les troupes contre un squat d’immigrés il espère recueillir de nouvelles voix chez les électeurs de Le Pen. Et cela, c’est un objectif de ce candidat et d’autres aussi d’ailleurs.