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Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 23 septembre 2006      N° 952


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Plan de restriction dans les hôpitaux

Dans les hôpitaux de Martinique, les directions s’apprêtent à mettre en application les plans de restriction dictés par l’Agence Régionale d’Hospitalisation (ARH), en vue d’arriver à la baisse drastique des dépenses. Pour permettre à l’Etat de faire des économies sur la sécurité sociale, le fonctionnement des hôpitaux est dans le collimateur de l’ARH, contrôleur et bailleur de fonds du gouvernement. Dans l’ensemble des hôpitaux, les budgets 2006 sont inférieurs aux budgets 2005. Et pour pouvoir recevoir le financement nécessaire au fonctionnement, les directions ont dû signer avec l’ARH, des contrats de retour à l’équilibre pour faire des économies jusqu’à 2009, et s’engager, dès 2006, à clôturer l’exercice sans déficit ni nouveau report de charges ; en contrepartie de quoi, la dotation supplémentaire octroyée suite aux mobilisations de décembre 2005 serait reconduite.
A l’hôpital du Lamentin, la direction a annoncé qu’elle fera 2,47 millions d’euros d’économie, sur le personnel non médical, par la fermeture de la blanchisserie, la maîtrise de la restauration et des dépenses de la pharmacie.
Au CHU de Fort de France, la direction prétend faire 18.9 millions d’euros d’économies soit 7,4 millions en 2006 et 3,8 millions chaque année de 2007 à 2009. Elle a fait cette annonce aux organisations syndicales avant la réunion du comité technique d’établissement (CTE) du 21 septembre. D’après elle, cet engagement est fait sur la base d’un engagement réciproque.
Malgré cette baisse des budgets, les directions annoncent que l’activité devrait augmenter. C’est le cas au CHU de Fort de France, au CH du Lamentin ou dans les autres établissements fonctionnant selon la récente réforme de la Tarification à l’Activité, (T2A).
Pour les personnels de santé, les attaques sont clairement annoncées. Au CHU, la direction annonce notamment la suppression de 200 mensualités de remplacement, la baisse des effectifs par le non-remplacement de départ à la retraite dans les services logistiques, techniques et administratifs, la baisse des frais de missions et de déplacement, la baisse de la consommation de réactifs au laboratoire et à la pharmacie, la baisse des dépenses de téléphone, la lutte contre l’absentéisme et le contrôle des congés maladies répétés, et, précise le tract de la CGTM-Santé, « tout autre mesure qui ne remet pas en cause la sécurité des patients, les conditions de travail, même si cette mesure n’a pas été annoncée, on le fera, dit le directeur général ». C’est dire que les directions rajouteront à cette rigueur, leur propre mesquinerie et autres règlements de compte contre les salariés et même les patients. Au CHU, on a déjà vu disparaître les viennoiseries le dimanche pour les patients ou des jus servis lors de certaines réunions de travail. Au CH du Lamentin, 80 mensualités de remplacements sont supprimées, 60 au CH de Trinité. Cela veut dire que des agents qui depuis des années étaient appelés sur des postes de remplacement, vont se retrouver à la rue. Il sera demandé à ceux qui sont en poste de s’échiner au travail.
Alors, pour l’heure, les plans semblent avoir été ficelés. Mais les travailleurs de la santé n’ont pas encore dit leur mot. D’ores et déjà, les organisations syndicales ont dénoncé ces pratiques scandaleuses. La CGTM-Santé a organisé une conférence de presse et se prépare à réunir les salariés en assemblée générale après le comité technique d’établissement du CHU le 21 septembre.



Guadeloupe
Sainte-Rose: les occupants de Béron se mobilisent pour défendre leurs terres

Installés sur les terres de Béron à Sainte Rose, depuis 20 ans, les occupants se trouvent aujourd’hui confrontés aux opérations immobilières de la SEMSAMAR. Cette société a récupéré ces terres et a commencé des travaux de lotissements. Elle compte y construire 151 logements. Les occupants ont tenu des réunions avec des responsables de la SEMSAMAR qui leur ont proposé l’achat d’une portion de terre dans le lotissement. Mais les prix qui leur ont été proposés sont élevés. Au départ, la SEMSAMAR leur a réclamé 48 euros le m2. Après discussion elle a baissé le prix à 38 euros le m2. La plupart des occupants ont des jardins vivriers. Cinq occupants ont construit leur maison depuis plusieurs années. Ce sont eux qui ont viabilisé le terrain. A ces derniers, La SEMSAMAR réclame 68 euros le m2. Des occupants intéressés par l’achat ont réclamé des conditions de paiement mais la SEMSAMAR veut être réglée au comptant. Les discussions avec cette société immobilière qui reçoit les subventions de la CAF pour des logements sociaux, n’ont rien donné jusqu’ici. La SEMSAMAR s’est imposée de force en labourant les terres de certains occupants. Elle utilise des formes de pression pour diviser les occupants en leur laissant croire que plusieurs d’entre eux ont déjà signé ou en proposant des prix à la tête du client.
La SEMSAMAR n’a qu’un but: se remplir les poches sur le dos des occupants. Ces derniers ont décidé de s’organiser et de se mobiliser pour réclamer un prix qui correspond à leurs moyens. Cette société immobilière qui reçoit la manne de l’Etat pour les plus démunis semble se moquer éperdument de tous ces occupants qui en 1986 ont été licenciés des plantations de cannes et qui ont dû prendre ces terres pour lutter contre le chômage et la misère. Quant à la Municipalité de Sainte-Rose s’est-elle préoccupée de défendre ces occupants? Son seul souci est de déclasser des terres pour permettre à des sociétés immobilières telles la SEMSAMAR ou la SEMAG de faire le maximum de logements qui peuvent rapporter à la commune des entrées fiscales. Concernant le projet de Béron, comment la Municipalité a-t-elle autorisé le déclassement de ces terres à des fins immobilières dans une zone polluée près d’une usine? La SEMSAMAR récidive car c’est elle qui a construit à Belle Rivière en face de Béron des logements incommodés par la pollution. Les locataires de ces logements se sont déjà mobilisés plusieurs fois contre cette pollution. Les occupants de Béron comptent bien réclamer des comptes à la Municipalité et sont prêts à se mobiliser pour défendre leurs terres. Ils ont déjà organisé une première réunion et comptent faire appel au soutien de la population.



Martinique
A l’ hôpital du Marin, les salariés défendent leurs intérêts!

Durant deux semaines, le personnel du Centre Hospitalier du Marin s’est mobilisé contre les méthodes de recrutement employées par le directeur par intérim et contre son mépris à l’égard des agents. En effet ce directeur a décidé d’embaucher un attaché d’administration contractuel, sans attendre l’arrivée du nouveau directeur et sans en avoir informé les instances du personnel, écartant par là même toute possibilité de promotion interne.
Une intersyndicale CGTM, CDMT, CSTM a regroupé les salariés. Plusieurs réunions se sont tenues. Au cours de deux séances de négociations, la direction continuait de vouloir s’imposer. Après avoir mis sur pieds un cahier de revendications associant les doléances de nombreux services, le personnel, réuni en assemblée générale a décidé de se mettre en grève générale à compter du mercredi 13 septembre. Le lundi 11, ils exprimaient lors d’une conférence de presse leurs griefs vis-à-vis de la direction. Le personnel affirmait qu’il n’avait rien contre l’agent recruté, mais qu’il était opposé aux méthodes de petit chef du directeur et qu’il entendait se faire respecter. C’était l’occasion pour lui de montrer son ras-le-bol face au mépris de la direction. Celle-ci ne se contente pas d’empêcher toute possibilité d’avancement au sein même du personnel qui fait fonctionner l’établissement depuis des années. Elle l’oblige à travailler dans des conditions de travail dégradantes, notamment à la cuisine, soi-disant à cause du manque de crédits. Ainsi, les agents ont montré l’état défectueux du four, des lave-vaisselle et autres matériels de cuisine non changés ou réparés, alors que, en quelques jours, un bureau flambant neuf avait été aménagé et équipé pour la nouvelle recrue du directeur.
Devant la détermination des agents, le directeur a dû faire marche arrière. Dans le cadre du préavis de grève, une nouvelle négociation s’est déroulée le lundi après midi entre 15 et 22 h. Les agents ont obtenu des engagements sur plusieurs points et notamment sur la promotion de deux agents des services administratifs, le réexamen de la politique de remplacement, le paiement des 40% aux contractuels ASH à partir d’octobre, l’achat de petits matériels dans différents services. Il a été prévu également une réflexion sur la production et l’acheminement des repas (la chaîne alimentaire) avant certains gros achats en cuisine.
L’assemblée générale du personnel réunie le mardi 12 au matin, suspendait le préavis de grève, dans l’attente du résultat des autres séances de travail. Le personnel du CH du Marin a su imposer le respect grâce à sa mobilisation et sa détermination.



Mourir à petit feu dans la banane

Les planteurs du nouveau groupement «Banamart» de Martinique et les services de l’Etat se félicitent que le «terbufos» ne sera plus utilisé dans la culture de la Banane.
Ce «terbufos» est une substance active présente dans le «counter 10G», un pesticide utilisé dans la banane depuis 1992 en Martinique contre le charançon du bananier et les nématodes.
En 2002, la commission européenne l’interdisait. En 2003, la France retira toutes les autorisations de mise sur le marché des pesticides à base de terbufos. Des planteurs de bananes demandent alors une dérogation pour l’utiliser jusqu’en 2007.
La dérogation est acceptée par la commission européenne, mais le comité d’homologation des produits antiparasitaires à usage agricole a rendu un avis défavorable en octobre 2005: donc en principe fin de l’utilisation du terbufos. En avril dernier, un député de la Martinique souleva encore la question et le ministère de l’agriculture répondit que le produit est interdit.
Toutes ces autorités étatiques, les patrons et certains journalistes semblent aujourd’hui satisfaits de cette solution.
Cependant rien n’est dit sur la santé des ouvriers qui répandaient ce produit, ni des autres qui vivaient à son contact dans les entreprises.Car le terbufos est extrêmement toxique par voie cutanée, respiratoire et orale.
Dans les années 1990, c’est jusqu’à 200 tonnes par an qui étaient répandues. Durant ces années également les salariés qui pratiquaient l’épandage n’avaient pas toujours la tenue de protection adéquate.
La diminution des produits toxiques fait partie d’une politique commerciale pour montrer que les planteurs sont soucieux de l’environnement. Les nouveaux procédés qui viennent remplacer les anciens sont parfois aussi dangereux pour la santé des travailleurs. C’est une question qui ne semble pas émouvoir les autorités de l’Etat qui n’ont jamais procédé à des bilans de santé gratuits pour tous ces salariés.



Martinique
La Commission Européenne, service financier des planteurs

L’Association des producteurs européens (APEB) demande à la commission européenne 302 millions d’euros pour le soutien de la filière banane.
La dette sociale et fiscale des petites et moyennes exploitations est estimée à plus de 22 millions d’euros. Mais, si la dette sociale n’est pas versée aux organismes collecteurs, les sommes qui lui correspondent, elles, sont bel et bien prélevées sur les salaires des ouvriers et gardées par les planteurs. Le syndicat Codema-Modef qui représente les petites exploitations bananières, menace de passer à l’action si l’Europe ne verse pas les 302 millions d’euros. Il demande aussi l’annulation pure et simple de la dette sociale et fiscale pour les raisons suivantes: d’abord les planteurs ne peuvent pas payer, ensuite cette dette des planteurs serait une goutte d’eau dans la dette sociale et fiscale en Martinique estimée à 800 millions d’euros. Cette somme est due par près de 19000 entreprises sur les 25000 assujetties.
En 2000, Bruxelles avait déjà accordé un soutien financier de 302 millions d’euros aux planteurs, aujourd’hui elle propose 260 millions d’euros, somme bien sûr insuffisante à leurs yeux.
Ces planteurs qui exigent des sommes importantes et l’annulation de leur dette défendent aussi ceux qui exploitent les ouvriers agricoles sur les exploitations et qui exigent d’eux plus de rendement, plus d’heures de travail dans des conditions plus difficiles, au nom de la «sauvegarde de la banane». Toutes ces sommes versées aux planteurs n’empêchent pas les licenciements ni les sanctions de toutes sortes pour des motifs inexistants, ainsi que le non paiement ou la diminution des salaires par toutes sortes de stratagèmes et pressions exercées sur les travailleurs de la banane.



Guadeloupe
Abymes: école du Carénage le mépris des autorités était insuportable

Le lundi 18 septembre, l’école de carénage aux Abymes fera sa deuxième entrée. En effet les parents des élèves de cet établissement bloquaient son fonctionnement. Ils protestaient contre la vétusté des locaux, contre la présence de rats et contre une classe de deux niveaux dans la même salle sous l’autorité d’un seul enseignant. Le rectorat et la municipalité des Abymes se sont cru autorisés à faire n’importe quoi avec les enfants des pauvres qui peuplent les quartiers du Carénage et de Bas de la Source. Cette école est inondée à chaque averse plus au moins forte, les bâtiments en bois sont pourris, elle a plus l’air d’un taudis que d’une école. Les rats se promènent en toute liberté.
Face à cette situation la mairie des Abymes fait semblant d’agir. Année après année elle promettait de construire une nouvelle école, sans tenir parole. Las d’attendre, les parents ont tout bloqué pour obliger rectorat et mairie à prendre leurs responsabilités.
Christian Gatoux, directeur des services de la mairie, a promis de dératiser en profondeur l’école et que la nouvelle école sera prête dans un an et demi. Sa première pierre sera posée entre décembre 2006 et janvier 2007.
Munis de ces promesses et ayant constaté que les travaux d’entretien avaient commencé, les parents ont donné leur accord pour la reprise des cours. Ils demeurent vigilants.