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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 7 octobre 2006      N° 953


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À la Une

Éditorial

Guadeloupe-Martinique. Grève des enseignants contre les suppressions de postes

La grève des enseignants du jeudi 28 septembre avait pour but de dénoncer les suppressions de postes prévues dans le budget 2007. Au nom de la «rationalisation» des emplois dans la fonction publique, 7 000 postes devraient ainsi disparaître dans l’ensemble de l’éduction nationale, les plus touchés étant les lycées et collèges. La saignée a commencé depuis plusieurs années: 10 000 postes ont déjà été supprimés depuis 2004. Le résultat se fait bien entendu ressentir sur le terrain: classes de plus en plus chargées (plus de 30 élèves et jusqu’à 35 par classe), horaires lourds avec des heures supplémentaires pour les enseignants. Cela conduit à une éducation dégradée et à un échec scolaire accru.
En Guadeloupe, les enseignants dénonçaient de plus la situation des contractuels qui est très préoccupante: 400 d’entre eux sont actuellement au chômage, et la suppression de 39 postes en collèges. Les manifestants, environ 400, se sont rassemblés devant l’IUFM avant de partir en manifestation vers le rectorat. Ils réclament que soit mis fin à la précarité des non titulaires, et que ces personnels puissent bénéficier d’un véritable plan de formation pour avoir de réelles possibilités de réussite aux concours. Ils réclament que les moyens soient donnés au système éducatif pour atteindre les objectifs fixés dans le Projet académique, et un plan d’urgence avec la participation de l’Etat pour la construction d’établissements scolaires à «taille humaine» et répondant aux normes de sécurité.
En Martinique, à l’appel de plusieurs syndicats, les personnels de l’Education nationale étaient appelés à faire grève le jeudi 28 septembre 2006. Environ 200 personnes se sont retrouvées à la Maison des Syndicats à Fort de France, le matin pour le défilé qui était prévu avant qu’une délégation ne se rende au rectorat pour être reçue par la rectrice.
Au motif que les présents n’étaient pas assez nombreux, les responsables des deux syndicats majoritaires de la profession ont permis que par un vote soi-disant démocratique de la salle, ils puissent choisir soit le défilé à travers les rues de Fort de France ou un cortège de véhicules se dirigeant vers le rectorat. Finalement, c’est cette dernière proposition qui fut retenue, privant ainsi les manifestants présents de pouvoir rencontrer la population pour exposer les motifs de leur mécontentement.
Toutefois ce premier rendez-vous a permis de constater que de nombreux personnels, tant du primaire que des collèges et lycées, ne sont nullement prêts à accepter de faire les frais de la politique gouvernementale. Ils ont pu se rencontrer et échanger sur leur situation dans leurs classes et établissements. Pour eux, cette journée n’était qu’un avertissement alors que les décisions définitives n’ont pas encore été arrêtées et communiquées.
Mais encore faut-il que les directions syndicales se donnent vraiment comme but de mobiliser l’ensemble des enseignants et personnels non-enseignants. Se contenter de journées de grève éparpillées, de temps en temps, ne sera évidemment pas mobilisateur. La réponse des enseignants à l’appel du 28, sans grande préparation, montre qu’il y a une réelle possibilité de proposer un mouvement sérieux, fondé sur une bonne préparation, établissement par établissement, en prenant le temps nécessaire pour cela et non en attendant passivement le prochain appel des directions centrales, en France.
C’est dès maintenant que le mouvement peut se construire, en multipliant les initiatives, et les angles d’attaques (conférence de presse, meetings locaux, régionaux, inter–îles, journées portes ouvertes, caravanes "publicitaires", etc.…) Tous ces moyens, tous les militants et responsables syndicaux les connaissent ; il faut surtout avoir une volonté de les mettre en œuvre selon un calendrier, dans un plan d’action. Mais à défaut d’une volonté spontanée des dirigeants syndicaux, la «base», c'est-à-dire les salariés de l’Education nationale, peuvent, eux, susciter par leurs pressions, par leurs initiatives une telle volonté et, si nécessaire, s’y substituer.



Guadeloupe
Ça bouge à l’Université!

GRÈVE CONTRE UNE ATTAQUE SUR LES 40%
Depuis le 29 septembre, le bâtiment de l’administration générale de l’Université des Antilles et de la Guyane (UAG) est occupé par les grévistes. La grève nationale du 28 a été largement suivie à l’UAG: la plupart des cours n’ont pas eu lieu. Le mouvement se renforce. Il s’agit de riposter contre une décision du ministère de l’Education nationale de ne plus payer les 40% à certains collègues ATER. Ceux-ci – Attachés temporaires d’enseignement et de recherche- tombent sous le coup de la LOLF, nouvelle loi qui gère les finances dans la Fonction publique. Celle-ci, sous couvert de décentralisation, prévoit de ne pas donner les 40% aux contractuels payés par l’établissement et non plus directement par l’Etat. Le personnel de l’UAG, avec ses syndicats FERCSUP-CGT/ CGTG et SNESUP-FSU ont vu là une attaque contre les salaires de tous ceux qui touchent les 40%. Les jeunes ATER touchés par cette mesure en Guadeloupe comme en Martinique et en Guyane se sont constitués en Collectif. Ils sont soutenus par leurs collègues, choqués de voir, pour le même travail, des salaires amputés de 500 à 600 €. La pétition proposée par les grévistes a un grand succès auprès des collègues et des étudiants. Le ministère, le gouvernement, sollicités par la direction de l’UAG, n’ont à cette heure, pas donné de réponse à la revendication des ATER. Les grévistes restent mobilisés, déterminés à poursuivre la lutte jusqu’au succès.

UAG: PETIT SUCCES DE LA MOBILISATION
La mobilisation com-mencée le 21 septembre à Fouillole répondait aussi au non renouvellement des contrats de six collègues précaires. Ceux-ci travaillaient depuis 5 ans et davantage dans l’administration ou la bibliothèque universitaire. Comme par enchantement leur problème s’est résolu à la veille de la grève. Cela vaut toujours le coup de se battre. Les collègues précaires continuent le combat en soutien aux ATER.

DH - Grève à l’UAG (Fouillole)
A l'UAG-Fouillole, la grève est en train de s'élargir. Les étudiants s'y mettent. Les grévistes sont allés arrêter les étudiants en droit ce matin, cet après-midi ils vont à Baimbridge.



Guadeloupe
Mobilisation des salariés de la MAIF

Le lundi 2 octobre 2006, les salariés de la MAIF Guadeloupe ont observé une journée de grève à l’appel de la CGTG. Il s’agit d’un mouvement national appelé par la CGT et FO, relayé sur le plan local. La direction a entamé des discussions avec les organisations syndicales pour remettre en cause l’organisation du temps de travail, la classification, les salaires… Elle appelle son projet «Nouvelle Donne Sociale».
Quelles sont les intentions de la direction?
Elle veut étendre l’amplitude d’ouverture des bureaux de 8h00 à 19h30 du lundi au vendredi et de 8h00 à 17h30 le samedi. La direction prétend que la durée hebdomadaire serait maintenue à 35h00 tout en restant très floue sur leur répartition. De plus elle ne cesse de répéter qu’il n’est pas question d’augmenter les effectifs ni d’augmenter la masse salariale.
Autre volet de ce projet c’est de mettre en place le salaire à la performance avec la fixation d’objectifs individuels pour l’action commerciale, la remise en cause de l’avancement automatique à l’ancienneté et les grilles indiciaires de salaires.
Il est question aussi de supprimer les horaires variables et de supprimer les journées RTT (réduction du temps de travail). Bref, il s’agit d’un véritable recul social sous prétexte qu’il faut s’aligner sur la concurrence.
Pour la direction il faut accroître l’accessibilité de la MAIF et elle estime que cette amplitude n’est pas négociable. Elle ne discute que de l’accord général et laisserait au soin des responsables de proximité la mise en place de solutions adaptées en fonction de chaque entité. Mais en fait cela reviendrait à signer un chèque en blanc à la direction car les responsables passent, mais les accords écrits demeurent.
Il s’agit pour le moment d’une grève d’avertissement car les négociations viennent de commencer et sont prévues pour durer toute l’année 2007. La direction doit savoir que les salariés ne sont pas prêts à accepter une dégradation de leurs conditions de travail et de leur vie familiale. Il est évident qu’une seule grève ne suffira pas pour faire reculer la direction et qu’elle retire son projet.
Le mouvement a été suivi en Guadeloupe par plus de 75 % du personnel, ce qui est un signe de mécontentement et d’inquiétude des salariés. A l’heure où nous écrivons, nous n’avons pas le pourcentage de grévistes sur le plan national, mais il semblerait que le mouvement ait été largement suivi surtout dans les délégations départementales.



Exonérations et profits patronaux

Qu’est-ce qui est passé de 3 à 24 milliards d’euros depuis 1993? Les exonérations patronales.
La Cour des Comptes a ainsi relevé 46 décisions d’exonération de cotisations de Sécurité sociale, dont 36 nouvelles en 2005. Cela plombe les comptes de la Sécurité sociale. Cela tire les salaires vers le bas, car les exonérations vont jusqu’à 1,6 SMIC.
Les gouvernements prétendent que cela favorise l’emploi. La seule chose que cela favorise, c’est la baisse des salaires, donc la hausse des profits patronaux.



Total arnaque

Le prix du pétrole brut était à 78 dollars le baril, début août. Depuis, il est revenu à 68 dollars. Quand le prix du brut s’envole, ça se répercute aussitôt à la pompe ou sur le prix du fioul domestique. S’il baisse, on ne le voit qu’avec retard. Mais que les cours du pétrole fluctuent ou pas, les profits des compagnies pétrolières battent chaque année des records.