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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 7 octobre 2006      N° 953


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Guadeloupe
Extrait de “l’écho des Télécom”

ENCORE POUR LES RICHES
Lundi 25 septembre, l’action France télécom était en hausse de 1,9%, autour des 17,86 euros. Etait-ce dû à la conférence de presse de FT qui devait avoir lieu le matin? Certainement. En effet, FT devait annoncer le lancement de son offre de convergence fixe-mobile: UNIK. Bien beau tout cela mais ce sont encore les actionnaires qui en profitent. Pas nous.



Guadeloupe
Extraits de “l’écho de l’ANPE”

CHOMAGE: ENCORE UNE MESURE BIDON
Les ANPE vont s’associer à des sociétés privées pour que, nous dit-on, des chômeurs puissent retrouver du travail. Des subventions seront empochées par ces firmes pour chaque chômeur pris en charge, plus des primes si celui-ci trouve un emploi et d’autres s’il est gardé quelques mois. Quelques chômeurs ont déjà trouvé du travail par ce biais là. Mais guère davantage que par l’ANPE. Car, ANPE ou firmes privées, les patrons ne décident d’embaucher que quand ils gagnent!
Cette mesure ne réduira pas le chômage. Mais elle permettra à des officines de placement d’empocher de l’argent public sous prétexte de lutter contre le chômage.

PEU D’EMPLOIS ET PEU DURABLES
L’INSEE et l’UNEDIC annoncent quelques dizaines de milliers d’emplois supplémentaires. C’est une goutte d’eau par rapport aux 4,5 à 5 millions de chômeurs réels. Et plus de la moitié de ces nouveaux emplois sont en intérim. Commentaire d’un économiste d’une grande banque: «cela confirme plutôt que les entreprises n’ont pas une confiance aveugle dans la reprise économique». Cela signifie en clair que les patrons préfèrent les intérimaires pour pouvoir s’en débarrasser sans formalités.



Guadeloupe
Extrait de “Plantations en lutte”

ILS NE SONT JAMAIS SATISFAITS!
On a appris il y a quelques jours, qu’à la demande du gouvernement français, la proposition de la Commission visant à majorer le niveau des avances sur aide compensatoire en faveur des producteurs communautaires a été approuvée à l’unanimité des Etats membres. L’avance initialement fixée à 41,30 € /tonne est portée à 112,56€ /tonne. C’est donc un soutien très important à la trésorerie des planteurs. Sans compter les aides prévues par la Région. Mais cela ne suffit pas à leur «faim» de subventions et d’aides de toutes sortes. En effet les patrons bananiers continuent à estimer comme insuffisants les 260 millions d’euros d’aide compensatoire pour les producteurs européens. Ils réclament 302 millions. Et ils se démènent pour les obtenir.



Guadeloupe
Extraits de “l’écho de l’Aéroport”

ANTILLES PROTECTION: UNE APPLICATION STUPIDE DES RÈGLES
Suivant la loi, le salarié est à la disposition de l’entreprise dès la fin de ses congés. A Antilles Protection, on applique cette mesure à la lettre jusqu’à interrompre le cycle d’un agent qui est supposé travailler ce jour-là, pour le remplacer par un salarié qui revient de congé.
La nouvelle directrice compte mener son équipe à la baguette avec des solutions aberrantes. Elle met la pression sur les salariés. Jusqu’où ira-t-elle? Quelle sera sa récompense? L’expérience de la précédente directrice montre qu’une telle attitude ne paie pas nécessairement.

ANTILLES PROTECTION: LE PATRON CRIE AU VOLEUR!
Le Patron d’Antilles Protection ne l’a toujours pas avalée, cette pilule (d’avoir payé les heures supplémentaires) et laisse planer des menaces de poursuites. On entend souvent le slogan du patron: à l’obtention du marché, nous comptons poursuivre les salariés individuellement devant les prud’hommes… « pour dire le droit ». I ka pwen nou pou dé kouyon! Genres d’intimidations qui montrent la perversion, la voracité de ce patron face aux salariés qui réclament leur dû. Reste pourtant les heures supplémentaires de 2003, heures de nuit et les fériés à régulariser.

ANTILLES PROTECTION: OÙ ÉTAIT DONC CACHÉ LE CHEF?
Un matin très tôt, personne n’a vu le chef. L’équipe a travaillé normalement. Pourtant, le chef a fait un rapport pour dire qu’il était bien là, puisqu’il affirme que l’équipe n’a pas fait le boulot.
La direction a des doutes, et veut impliquer les collègues pour qu’ils dénoncent le chef.
Le patron a toujours utilisé les chefs contre les collègues (les rapports pleuvent pour de petites erreurs). Qu’il se débrouille avec ses chefs!

PÔLE CARAÏBES: VACANCES 2006, BONNE RÉCOLTE
Dans France Antilles du 06 septembre on lit que l’ensemble des compagnies ont toutes enregistré une augmentation du nombre de leurs passagers. Les salariés bénéficient-ils de primes pour l’effort ou simplement d’un salaire en conséquence au vu de ces chiffres annoncés?
Air Antilles annonce une forte augmentation et ce, grâce aux agents marathoniens qui sont au four et au moulin, qui subissent des insultes des passagers, et autres inconvénients. Certains collègues écœurés refusent le renouvellement de leur contrat.

GRÈVE À AIR CARAÏBES POUR LES ARRIÉRÉS DE SALAIRE
En plein mois d’août , les vols d’Air Caraïbes ont été bloqués par une grève partie de Martinique à l’appel du syndicat F.O. Principales revendications: des heures de travail non payées, les mauvaises conditions de travail, en particulier des navigants.
La direction, qui jouait la surprise, a été obligée de reculer. Certains points devront être réglés bientôt, aux prochaines NAO. On a vu quel langage comprennent les patrons, on s’en souviendra pendant les NAO.



Sainte-Rose
Manifestation contre la SEMSAMAR (D’après le tract du comité de défense des occupants)

Lundi matin des occupants des terres de Béron se sont opposés aux tentatives de travaux sur les terres que réclament la Semsamar, au motif qu’elle les a achetées et que les occupants sont sans titres de propriété ; il semble que la Semsamar ait opéré un premier recul, passant d’une proposition de vente de 62 euros le m2 à 38 euros! Comme quoi elle n’est pas très à l’aise dans cette affaire!
Nous publions ci-dessous des extraits du tract des occupants!
La SEMSAMAR a décidé d’expulser les occupants de Béron et a commencé des travaux de lotissement. Elle a déjà détruit plusieurs jardins et menace de s’attaquer à la maison de Mamie Timoléon dit Popo Mamie. Cet homme âgé vit sur une parcelle de terre et n’a comme ressources que les productions de son jardin créole. Pourquoi toutes ces destructions? Parce que la SEMSAMAR a acheté les terres de Béron pour faire un lotissement. La Municipalité de Sainte-Rose a accordé un permis de lotissement à cette société immobilière sans se préoccuper des occupants qui occupent les terres de Béron depuis 20 ans. La SEMSAMAR a fait pression sur les occupants pour qu’ils achètent leurs terres. Mais les prix proposés sont inabordables: 62 euros le m2.
Elle a fait pression sur des occupants en leur proposant de les indemniser pour leurs cultures. Elle a tenté de les diviser en proposant plusieurs prix à la tête du client. Ces transactions immobilières sont-elles contrôlées par les pouvoirs publics? Combien la SEMSAMAR a-t-elle acheté ces terres? Qui est le vendeur? La Municipalité, la SAG ou la Compagnie Fruitière? Rien n’est clair dans toute cette affaire.
Sous la pression de la SEMSAMAR, Popo Mamie a fait un dossier croyant qu’il aurait obtenu un logement dans le lotissement. Dans un courrier daté du 10-06- 2006, la SEMSAMAR lui a répondu en ces termes: «nous vous informons du rejet de votre demande au motif que le taux d’effort est trop important par rapport à vos revenus». En clair, la SEMSAMAR considère que cet occupant est trop pauvre pour être logé, qu’il n’a qu’à aller voir ailleurs! Sans son jardin et sa maison, elle envoie Popo Mamie à la rue et le condamne à la famine. Un tel mépris de cette société qui (…) [bénéficie] des subventions de la caisse d’Allocation familiale, n’est pas surprenant. Pourtant, cet argent permet de financer cette société pour loger des familles sans ressources. Il s’agit là d’un véritable scandale! Quant à la Municipalité de Sainte-Rose son seul souci c’est de donner des faveurs à des sociétés immobilières en déclassant des terres pour des constructions y compris dans des zones insalubres et non constructibles. (…). Le mercredi 6 septembre, une délégation des occupants a été reçue par le maire et les membres du bureau municipal. Le maire n’a pas semblé être inquiété par les problèmes de pollution. Selon lui, la transaction immobilière s’est faite dans les règles. Il s’est engagé à contacter la SEMSAMAR pour qu’elle diminue le prix des terrains. Et pourquoi ne s’est-il pas soucié du sort des occupants avant les travaux de lotissement? (…).


LE COMITE DE DEFENSE DES OCCUPANTS DE BERON

D.H: Béron
Ce matin (mardi 3 octobre), les occupants ont bloqué encore le chantier. La Semsamar a envoyé un huissier. Il a demandé des noms. Tout le monde a refusé de donner son nom. Il a fait un constat, et s'en est pris à notre camarade Lita Dahomay, présente aux côtés des occupants de Béron. Depuis hier, les occupants se sont adressés pacifiquement aux ouvriers du chantier de la Semsamar qui ont très bien compris.



Attaque contre l’éducation en Guadeloupe

Au lendemain de la grève appelée par les syndicats de l’enseignement en France et aux Antilles, le 28 septembre, le rectorat a été occupé par les grévistes de la MGIEN. Cet organisme –Mission Générale d’Insertion de l’Education Nationale- prévoit d’aider les élèves en difficulté. Son action vise à les empêcher de quitter l’école sans qualification. Des centaines d’élèves y sont pris en charge, répartis sur une dizaine de centres, fonctionnant avec 17 personnes. Cette année, les crédits sont insuffisants et, alors même qu’il était question d’embaucher en CDI les personnels, après 6 ans de précarité, 9 d’entre eux ont été licenciés.
Cette décision du recteur contredit ses déclarations sur les soi-disant «priorités du projet académique de la Guadeloupe». On n’en est pas à une hypocrisie près des «grands chefs» de l’Education nationale!
Un mois après la rentrée, 175 enseignants non titulaires n’ont pas été réemployés. Pourtant il y a des classes surchargées, de 29 à 36 élèves et certains enseignements ne sont pas assurés. A-t-on décidé froidement de saboter l’avenir des enfants?
Cette année, des manifestations de mécontentement se font déjà jour contre les économies sur l’Ecole, contre les mauvais coups d’un gouvernement qui, plutôt que d’améliorer la situation de l’Education nationale, choisit d’aider le patronat à s’enrichir davantage: par la baisse de leurs impôts, la suppression des charges sur les salaires au SMIC, etc.



La campagne électorale de Sarkozy! (Extraits d’un article paru dans le journal d’Arlette Laguiller Lutte Ouvrière)

VIOLENCE ET DELINQUANCE (…) Pour orchestrer sa campagne, Sarkozy avait commandé une note à chacun des préfets des vingt-huit départements où les statistiques de violence contre les personnes avaient connu une hausse supérieure à 10%.
Les états d’âme du préfet de Seine-Saint-Denis, complétant la note exigée, y mettaient en cause le laxisme des magistrats du tribunal de Bobigny. Ils ont été transmis «par erreur» à un journaliste! Et le document divulgué a permis d’alimenter la campagne de rentrée de Sarkozy sur un thème qui lui est classique, celui de la démission des juges devant leurs responsabilités.
Cela sonne bien aux oreilles d’une fraction de l’opinion pour qui la répression à tous crins serait la solution miracle face à la violence et la délinquance. La polémique qui s’est développée à partir de là entre Sarkozy et la magistrature, qui s’est sentie obligée de relever l’outrage fait à la corporation, est marquée d’arrière-pensées politiciennes. Mais elle contribue à renforcer l’image d’un ministre de l’Intérieur, justicier, même face à la Justice.
Pourtant, les statistiques qui ont servi à Sarkozy ne disent pas exactement ce qu’il veut leur faire dire. Elles mettent, certes, en évidence un accroissement de la violence sur les personnes. Mais quand les préfets ou leurs adjoints des vingt-huit départements concernés évoquent l’augmentation de la violence, ils notent une «baisse forte» sur la voie publique et une augmentation à l’intérieur des familles. Ils évoquent aussi le rôle grandissant de l’alcool. La préfète de l’Aisne note, par exemple, que «les événements festifs de ces dernières semaines écoulées -Coupe du monde, Tour de France, fête nationale- démontrent une nouvelle fois le rôle de l’alcool en matière de délinquance et de violences gratuites contre les personnes». L’augmentation de la violence qu’indiquent ces statistiques ne signifie donc pas l’augmentation de ce que l’opinion entend en général par délinquance. Mais l’amalgame est vite fait, et Sarkozy ne s’en prive pas. Il ne fait pas dans le détail. Au contraire, il dramatise, grossit le trait et martèle sur la «violence» en général, la «sécurité», la «démission» des uns et des autres.
S’il s’appuie avec complaisance sur des récriminations du préfet de Seine-Saint-Denis à l’encontre du tribunal de Bobigny, il insiste moins sur d’autres passages du même rapport, comme par exemple celui dans lequel le préfet déclare qu’«il me paraît fondamental de maintenir, voire de renforcer les mesures gouvernementales en matière d’urbanisme, d’emploi et d’éducation. L’accroissement de la pauvreté se poursuit dans les cités, avec une concentration de chômage pour les plus jeunes (la Seine-Saint-Denis représente 35% de la pauvreté d’Ile-de-France)...»
Mais ce genre de préoccupation est bien le cadet des soucis de Sarkozy. Pour lui, le thème de l’insécurité est un placement dont il attend un retour sur le plan électoral.



L’effort bien payé du patron d’Axa!

Le président du «directoire» de la société AXA (assurances), un certain Henri de Castries, a perçu en 2005 un revenu de 3 156 000 euros soit 222 années de salaires au SMIC! Mais ce n’est pas tout, il a aussi perçu les «plus-values» rapportées par les stocks-options mis à sa disposition par AXA, soit la coquette somme de 6 370 000 euros soit 448 années de salaires au Smic!
Ce monsieur n’hésite pas à justifier sa situation en expliquant qu’il ne faut pas attaquer tous les patrons qui ont des hauts revenus: «Quelques cas isolés ne doivent pas conduire à jeter le bébé avec l’eau du bain »! En tout cas lui sait nager dans le liquide! Et il ajoute vantant ses propres mérites: «Ne stigmatisons pas, au nom de quelques excès, les gens qui font bien leur travail ». Poursuivant dans ces considérations socialo philosophiques, il explique aussi qu’il croit à « l’égalité des chances » mais pas à «l’égalité de destins, car ils dépendent largement des efforts que chacun est prêt à fournir»!
Conclusion, il a donc fourni 670 fois plus d’effort au travail qu’un salarié au Smic! Ce qui n’empêche pas AXA de compter plutôt sur le travail de ses 90 000 salariés pour réaliser ses milliards de profits et … les faramineux revenus de ses directeurs!