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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES - Samedi 21 octobre 2006 N° 954
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À la Une
ÉditorialArlette Laguiller, le camp des travailleurs
Nous publions ci-dessous le dernier éditorial de nos camarades de Lutte Ouvrière. Aux Antilles, Combat-Ouvrier appellera à voter Arlette Laguiller aux élections présidentielles de 2007
C'est en réaffirmant son appartenance à ce camp qu'Arlette Laguiller vient d'annoncer sa candidature à la présidentielle de 2007.
Il faut que dans cette élection soient réellement défendus les intérêts politiques et sociaux du monde du travail. Il faut que soit présente une candidature qui exprime clairement que le grand patronat, la grande bourgeoisie sont les ennemis directs de toute la population. Une candidature qui exprime pourquoi et comment leur mainmise sur l'économie et la société est la cause des maux principaux dont souffre la majorité des travailleurs. La pauvreté, la baisse du niveau de vie, la difficulté de plus en plus grande à se loger, à se soigner, sont les dommages uniquement dus à la course au profit. Même la pollution en est un. La pollution de l'air, des eaux, mais aussi ce qu'on respire dans les entreprises, de l'amiante à tous les toxiques, sans même parler des catastrophes industrielles du genre de ce qui s'est produit chez AZF à Toulouse.
Dans ce système économique, la concurrence, la recherche du profit dominent tout: l'habitat, la santé, la production de biens utiles à la vie de tous, les transports. Tout ce qui est nécessaire à une vie normale exige que sa production rapporte beaucoup de profits, sinon on ne le fabrique pas ou on ne le fait pas.
C'est pourquoi on ferme des entreprises, des hôpitaux, des lignes de chemin de fer. Et quand on ne les ferme pas, on les laisse à l'abandon si cela ne rapporte pas un profit suffisant aux actionnaires.
La société, l'Etat n'exercent aucun contrôle sur les conseils d'administration des grandes compagnies industrielles et financières. Pire, ceux qui les possèdent peuvent décider librement de la meilleure façon de gagner plus. Pour eux, tant pis si cela pousse à la misère des fractions croissantes de salariés! Tant pis pour ceux qui en crèvent!
Alors, il faut bien qu'au moins quelqu'un puisse dire que c'est à ce système-là qu'il faut s'en prendre vraiment. Aucun des grands partis politiques qui peuvent arriver au pouvoir n'a l'intention de s'en prendre à ce système et à ses profiteurs ni même n'osera le promettre.
Il ne faut pas être dupe des hommes politiques qui tiennent le devant de la scène. Tous autant qu'ils sont, les uns et les autres ne sont que des exécutants, des figurants qui masquent les coulisses où tout se passe en réalité. Avec des mots à peine différents, ils ne font que ce que le grand patronat industriel, commercial ou financier exige ou impose.
C'est pourquoi les travailleurs ne doivent pas se bercer d'espoirs de changement que les élections de 2007 pourraient apporter dans leur vie.
La droite, qui est au pouvoir depuis quatre ans, est répugnante, cynique, menteuse, viscéralement hostile aux pauvres, aux travailleurs et aux classes populaires, hostile à tout ce qui n'est pas sa classe sociale. La chasser du pouvoir, oui, cela ferait plaisir, et espérons qu'elle le sera. Même si, en perdant leurs postes de ministres ou de députés, les hommes politiques de droite ne seraient certainement pas à plaindre sur le plan matériel, en tout cas bien moins qu'un travailleur licencié.
On ne peut pas, évidemment, dans les circonstances actuelles, chasser la droite sans ramener la gauche au pouvoir, cette gauche que les travailleurs connaissent déjà, et pas vraiment en bien. Le Parti socialiste, au cours des 25 dernières années, a dirigé le pays plus longtemps que la droite, avec en dernier le gouvernement de Jospin, sans que le sort des travailleurs en ait été amélioré ni même sa dégradation freinée.
Alors, il ne faudra donc pas ramener, les yeux fermés, la gauche au pouvoir, sans lui demander des comptes.
C'est le sens de la candidature d'Arlette Laguiller qui permettra au moins à l'électorat populaire, par son vote, de chasser, si possible, la droite, mais en exprimant sa défiance vis-à-vis des dirigeants de la gauche qui l'ont déjà trompé bien des fois.
Université: les “ATER” en grève maintiennent la pression
La grève des ATER avec occupation de l’administration générale à l’université de Fouillole se poursuit. Ces ATER sont de jeunes enseignants chercheurs temporaires et des lecteurs, jeunes enseignants étrangers. Leur lutte s’est étendue à la Réunion, la Guyane et la Martinique. Pour l’heure en Martinique les ATER ont cessé la grève après avoir alerté les politiques. Mais pour beaucoup, ce n’est qu’une pause avant de repartir de plus belle si satisfaction ne leur est pas donnée.
Après 15 jours d’actions, les grévistes ont reçu une réponse du ministre Copé, délégué au budget et à la réforme de l’Etat: les 40% seraient accordés à ceux qui font la grève, cette année et aussi plus tard si leur contrat est renouvelé. Mais le courrier est accompagné d’une mention inacceptable: tous les ATER «recrutés pour la première fois à compter du 1er janvier 2007» ne bénéficieront pas des 40%.
Cette proposition signifie la fin des 40% pour tous les contractuels de la fonction publique.
Les grévistes continuent donc la lutte. Ils l’ont montré en manifestant dans les rues de Pointe-à Pitre le 11 octobre et en appelant, avec les syndicats de la Fonction publique, à une journée de grève le 19 octobre. Une entrevue du collectif des ATER avec un conseiller du Premier ministre, le jeudi 12, a permis d’éclaircir un peu la raison du conflit, lié à la décentralisation. Avec la nouvelle loi de finances, les ATER seront payés, non plus par l’Etat, mais par le président de l’université sur ses «fonds propres». A lui donc de choisir s’il veut ou non payer les 40% des contractuels et, s’il le veut, de demander les sommes correspondantes au gouvernement. Mais dans la mesure où décentraliser équivaut à réduire les sommes allouées par l’Etat, le nouveau responsable du budget devra faire des choix. C’est donc ce dernier point qui doit faire l’objet d’une réponse claire aux grévistes.
Il n’est pas question que les ATER et les contractuels en général soient victimes de la décentralisation et du nouveau pouvoir local. Ils ont mis le doigt sur un problème grave qui peut très vite concerner les employés des mairies, des collectivités locales et de la fonction publique en général. Les travailleurs d’autres entreprises telles les banques sont aussi concernés.
La lutte des ATER est très dynamique. En Guadeloupe, elle a été liée à celle des enseignants contractuels des lycées et collèges qui sont nombreux (175) à ne pas être réembauchés et à celle des employés de la Mission générale d’insertion gravement menacée dans son fonctionnement. Ensemble ces personnels ont manifesté au Rectorat, dans la rue, ont fait des meetings et se sont fait entendre lors de la venue du Premier ministre Villepin. Les ATER ont également sollicité le soutien des élus locaux qui le leur ont exprimé. Les enseignants, les personnels de l’Université et les étudiants participent aux assemblées générales quotidiennes et votent aussi la grève. Les grévistes distribuent également des tracts dans les mairies, les écoles, la fonction publique en général, les banques. Ils appellent à comprendre leur lutte et à la rejoindre. Ils se sont organisés en collectif soutenu par les syndicats de l’université CGTG et SNESUP/FSU.
Dominique de Villepin aux Antilles avec ses promesses électorales
Ce Premier ministre a bien appris les leçons de ses prédécesseurs. Qu’ils aient été de droite ou de gauche ils ont tous fait la même démarche démagogique: faire semblant de se soucier des problèmes de la population. Et pendant que Villepin faisait ses grandes déclarations, plus d’une trentaine d’ATR « Attachés Temporaires d’enseignement et de Recherches » du campus venaient de faire plusieurs jours de grève contre les mesures du gouvernement de ce même Premier ministre visant à amputer leur revenu de l’indemnité de vie chère, autrement dit les 40% de vie chère.
Flanqué de son ministre des DOM, François Baroin, Villepin a promis, de futures aides financières concernant le logement social, 120 millions d’euros sur 3 ans, pas pour tout de suite mais… à partir de 2007 et jusqu’à 2009. Soit quelques petits mois avant les échéances électorales présidentielles: 60 millions en 2007 et les 60 autres répartis en deux fois sur les deux années qui suivent. D’ici là, bien de l’eau aura coulé sous les ponts et les quelques 30 000 personnes vivant dans des conditions d’insalubrité en Martinique et presque autant en Guadeloupe devront encore attendre.
Voyage de Villepin: “on lélé pou gaga vwè”
A propos du logement social, le ministre a annoncé une aide supplémentaire de l’Etat de 120 millions d’euros. Mais cette aide couvrira d’abord des dettes comme l’a déclaré lui- même Victorin Lurel et il ne restera pas grand chose pour de nouvelles constructions. La crise du logement ne date pas d’aujourd’hui.
Lurel a reconnu la «courtoisie» de Villepin. Elle rime bien aussi avec «hypocrisie».
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