logo COMBAT OUVRIER
Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
MSN Search
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 21 octobre 2006      N° 954


Sommaire > Page précédente > Page suivante > Accueil > Archives > e-mail 

Page 3

Guadeloupe
Banques: vers une nouvelle mobilisation?

L’intersyndicale des Banques AFB (Association française des banques), Guadeloupe, Guyane et Martinique qui regroupe les syndicats CFTC, CDTG, CGTG, FO (BDAF), SMBEF, SU et UTG, s’est réunie en assemblée générale le 10 octobre 2006 en Guadeloupe. Elle attire l’attention de l’opinion publique sur le problème de la Convention Collective car l’AFB a toujours l’intention d’appliquer de façon unilatérale la convention nationale.
Il faut savoir que le problème de la convention collective n’est toujours pas réglé. L’AFB a dénoncé la Convention Collective locale dans les règles le 24 janvier 2005. Elle avait en principe 18 mois pour négocier une nouvelle Convention. L’intersyndicale n’a jamais eu de contacts avec l’AFB qui fait le mort. Elle attend certainement le délai pour appliquer de façon unilatérale la convention nationale en janvier 2007 sans aucune négociation.
Rappelons nous que l’AFB avait tenté un premier passage en force en 2003 et les salariés des banques AFB avaient fait une longue grève qui avait commencé en décembre 2003 pour se terminer en mars 2004 (84 jours). L’application de la convention collective nationale était un véritable recul social pour les salariés car cela entraînait la suppression de la prime de vie chère de 40%, des points de diplôme, d’avantages sociaux sur les congés de maternité, sur les congés spécifiques. La grève avait été importante car la plupart des agences étaient fermées. Les grévistes avaient assigné l’AFB en justice et le tribunal leur avait donné raison en disant que la dénonciation par les patrons avait été mal faite et qu’il fallait appliquer la convention locale.
Malgré la décision de justice favorable, l’AFB a tenté d’imposer la convention nationale en Martinique et les syndicats ont dû faire valoir leur droit d’opposition. Ils ont encore gagné et les juges ont estimé que la perte était importante pour les salariés avec la convention nationale. L’AFB qui est décidément tenace a fait appel de la décision et l’affaire doit passer devant la Cour d’Appel de Paris le 26 octobre.
L’AFB a toujours en tête d’imposer la convention nationale à tous les salariés des banques et il est sûr que ceux des DOM devront se battre à nouveau s’ils veulent maintenir leurs avantages acquis. Ils doivent se préparer et c’est pour cela que l’Intersyndicale des Banques commence à préparer l’opinion publique en cas de conflit.



Sécurité Sociale: ceux qui se battent ont raison

Du 29 septembre au 10 octobre, les 5 employés de l’accueil au centre de sécurité sociale des Abymes étaient en grève. Ces 5 employés, sur un total de 22 que compte le centre, protestaient contre la fermeture annoncée par la direction des antennes avancées de Port-louis, Petit-canal et Deshaies.
La fermeture de ces antennes signifiait que le centre des Abymes qui gère les assurés des Abymes, Morne-à-l’eau, Moule allait devoir encore accueillir toute la population du Nord. Une perspective douloureuse pour les mères de famille qui prendront les transports en commun pour venir gonfler le flot des assurés qui s’entassent dans des locaux trop exigus, pour ceux qui ont la chance d’entrer, ou qui attendent dehors sous le soleil ou la pluie.
Une telle situation allait augmenter les tensions, augmenter l’exaspération des assurés qui souvent s’en prennent aux personnels de l’accueil. Ces derniers subissent régulièrement des agressions d’assurés énervés par l’attente ou par les aller- retours infructueux.
La direction de la Sécurité Sociale bien au courant de ces états de fait, agissait en parfait mépris pour les employées de l’accueil des Abymes et pour les assurés en général. C’était sans compter sur la détermination des employés qui sont immédiatement entrés en grève et sur celle des assurées qui à Deshaies ont manifesté dans les rues de la ville afin de conserver l’antenne dans la commune.
Et comme seule la lutte paie, la mobilisation des assurés et des employés a permis le maintien de l’antenne de Deshaies et de celle de Port-Louis. Même si la direction a fait marche arrière, la vigilance s’impose, car la politique des administrations publiques est aujourd’hui d’en faire toujours moins pour le public.
Il y a de moins en moins de service public, il suffit de voir les fermetures de bureaux de postes, les queues qu’il faut affronter pour le moindre service, même au niveau des hôpitaux! Tout en pressurant la population, l’Etat fait encore des économies sur son dos, il n’embauche pas les employés pour faire le travail, laisse les services publics à l’abandon, et ses employés face à la vindicte populaire. Les habitants de Deshaies, ont vu clair, et ont montré la voie: ne pas se laisser faire!



Extraits du bulletin “écho de l’Aéroport”

ANTILLES PROTECTION: NON AU CHANTAGE A LA PROMOTION!
Un collègue ayant brillamment réussi aux examens s’est vu refuser le poste d’opérateur de sûreté. La précédente direction a bloqué la promotion de ce collègue, prétextant que les formalités de celui-ci n’étaient pas à jour. Aujourd’hui encore, et malgré la nouvelle direction, sa situation n’est pas clairement définie.
On lui propose d’être planifié à ce poste aux dépens d’un autre collègue qui mérite lui aussi sa place, au lieu d’aménager le planning de l’ensemble des opérateurs.
Une telle attitude est inadmissible, la direction doit accorder ce poste à ce collègue sans condition.

ANTILLES PROTECTION: LA DIRECTION MET LA PRESSION
Des collègues se sont plaints à juste titre sur leur planification présentant des anomalies que l’on pourrait qualifier d’abus.
Ciblant les collègues qu’elle a jugé favorisés par rapport à d’autres, elle a opté pour une planification au-delà des 151 heures mensuelles, prétextant qu’il manquait des heures aux salariés.
Elle nous planifie alors que nous sommes dans la période d’activité la plus basse de l’année et en même temps voudrait solder les congés annuels de l’année 2005.
Devant la réticence d’un bon nombre d’entre nous, elle a révisé sa position sans pour autant renoncer à attaquer certains qu’elle a en ligne de mire. Nous restons vigilants quant à l’application des nouvelles dispositions.



Les 70 ans de la CGTM

La CGTM fêtera bientôt son soixante dixième anniversaire. A cette occasion plusieurs manifestations seront organisées. Nous publions ci-dessous le tract que nous a fait parvenir la confédération martiniquaise.

Camarades Cégétistes,
Des militants politiques du Groupe Communiste Jean Jaurès (DEL, BISSOL) ainsi que des militants du groupe Front Commun comme V. LAMON ou Lambert SAINTE CROIX, seront les artisans les plus décidés de l’organisation des Syndicats qui vont conduire à la création de la CGTM.
Après les grèves de 1935 avec la marche de la faim des Ouvriers Agricoles, ce seront celle des ouvriers et employés de la Transat, de l’électricité, des ouvriers boulangers ….
Ces grèves se terminent par la création de syndicats. Le 25 octobre 1936, des syndicats d’ouvriers Agricoles, du Port, de l’électricité fusionnent pour donner naissance à l’Union des Syndicats CGT.
Quand l’Union des Syndicats CGT va adhérer à la CGT Française, ils seront 12 syndicats.
Mais ce mouvement pour l’organisation des travailleurs n’est pas singulier à la Martinique. Partout dans le monde y compris dans la Caraïbe, en Afrique, en Indochine, en Europe, en Amérique, des grèves importantes éclatent et conduisent les travailleurs au-delà de leurs revendications, à s’organiser dans la durée.
La CGTM est dans le courant d’idées qui a amené certains militants à penser et à agir pour que les travailleurs aient leur propre organisation de lutte et de défense indépendante du patronat.
Aujourd’hui, bien sûr, le contexte a changé, mais les raisons fondamentales qui nécessitent cette organisation indépendante demeurent.
Aussi, à l’occasion du 70ème anniversaire de l’ancrage des idées cégétistes en Martinique différentes manifestations sont prévues.
• L’une en direction des lycéens et étudiants.
• L’autre, ouverte au grand public le 25 octobre à 18 Heures au Théâtre Municipal
• Enfin la 3ème destinée aux Cégétistes le 28 octobre de 9 heures à 16h au V.V.F. de la Sécurité Sociale de Sainte Luce.
Dans toutes ces manifestations la CGTM attachera du prix à se replonger dans ces périodes importantes où le mouvement ouvrier partout dans le monde a mené des combats avec des échecs et des succès contre les méfaits de l’exploitation capitaliste, combats qui ont parfois ébranlé le système économique en vigueur, le capitalisme et des fois le pouvoir politique de la Bourgeoisie.
Aujourd’hui où partout dans le monde on voit sévir le capitalisme et l’impérialisme appelé de nos jours la mondialisation, la CGTM invite la population et particulièrement les jeunes, les travailleurs, les intellectuels épris de justice, de dignité et d’équité à participer aux manifestations visant à mieux connaître cette période de l’histoire de l’humanité.



Halte aux crimes contre les femmes!

Le dimanche 8 octobre dernier, une marche silencieuse a eu lieu à Gourbeyre, en hommage à Gerty David, jeune femme assassinée par deux hommes. Gerty David a été kidnappée aux abords de la plage de Rivière-Sens, volée, violée, tuée, puis son corps a été abandonné dans une bananeraie à Trois-rivières.
La marche fut un succès, car elle a réuni huit cent personnes dont des élus locaux et diverses associations. Elle avait pour objectif de mobiliser la population contre la violence et la délinquance.
Ce drame nous rappelle une fois encore que les femmes sont les premières victimes des violences. Il n’y a pas bien longtemps, l’une d’elles avait été décapitée à l’Anse Bertrand. A Port louis, récemment plusieurs femmes âgées ont été victimes de vols nocturnes, ce qui fait vivre dans la peur toute leur communauté. Que ce soit en Martinique ou en Guadeloupe l’actualité quasi quotidienne nous fournit son lot de femmes battues, violées blessées ou tués. On se souvient de cette femme décédée après avoir été brûlée vive par son compagnon jaloux, en Martinique. Car à la délinquance ordinaire s’ajoutent bien des drames de la jalousie des hommes pour lesquels les femmes constituent une sorte de propriété privée sur laquelle ils auraient eux, droit de vie ou de mort. Ces crimes et violences contre les femmes ne sortent pas du néant. Ils proviennent aussi de moult préjugés sexistes et violences plus «ordinaires» entretenus depuis des siècles à travers le monde.
La société nous transmet régulièrement des valeurs et des images dégradantes de la femme. Elle est trop souvent reléguée au rang de «bonne à tout faire» à la maison. Elle est exploitée sexuellement dans de nombreux pays par des réseaux de proxénètes maffieux. Mais même au quotidien son corps plus ou moins dénudé est utilisé dans les publicités pour vendre une voiture, ou une boisson, et dans les clips vidéo.
Dans certains pays où il n’existe aucune liberté, c’est l’extrême inverse. Les femmes doivent porter le voile ou le tchador. Des pratiques barbares sont encore d’actualité, tels que la lapidation en cas d’adultère, l’excision et les mutilations sexuelles chez des petites filles, en Afrique sub-saharienne, en Egypte, ou au Soudan par exemple.
D’autres pays comme la Chine ou l’Inde pratiquent l’infanticide des bébés de sexe féminin, cela pose aujourd’hui un grave déséquilibre démographique (les hommes sont plus nombreux que les femmes). Les filles sont considérées dans ces pays comme «des bouches inutiles à nourrir» et le coût de la dot, qui sera exigée pour le mariage par la famille du futur époux, est trop élevé pour ces familles pauvres.
L’Europe, le continent le plus avancé en matière de droits favorables aux femmes, n’est pas épargnée par la violence, de la discrimination envers les femmes.
La violence exercée contre les femmes par un partenaire de sexe masculin est la première cause d’invalidité et de mortalité des Européennes de 16 à 44 ans, avant même les accidents de la route ou le cancer. En France, trois femmes meurent de violences tous les quinze jours, et les Antilles sont aussi touchées par cette situation.



Martinique
Fanon et Césaire au centre d’un petit débat

Une décision prise par les élus du MIM lors de la séance plénière du conseil Régional du 3 octobre a provoqué une polémique dans le milieu politicien, mais aussi un certain étonnement dans la population.
En effet A. Marie-Jeanne, président de Région, consulté par les services de l’Etat pour la dénomination de l’aéroport du Lamentin, a proposé à son assemblée le nom de Frantz Fanon. Mais la ville de Fort de France à majorité PPM, celle du Lamentin ainsi que le Conseil Général (également PPM à l’époque), s’étaient eux prononcés pour que cet aéroport porte le nom d’Aimé Césaire.
Marie-Jeanne a donc fait aux élus de la Région, une double proposition: celle de dénommer l’aéroport du nom de Frantz Fanon, et de débaptiser le Lycée Schoelcher pour lui attribuer le nom d’Aimé Césaire.
Les réactions et prises de position ont été nombreuses. Les ténors du PPM sont montés au créneau ainsi que certains élus de la Droite pour exprimer leur désaccord. Il y eut aussi pas mal de réactions de la communauté scolaire et de certains jeunes lycéens qui se demandaient pourquoi ils n’avaient pas été consultés avant d’envisager de donner un autre nom à ce «monument» qu’est le Lycée Schoelcher. Certaines réactions, moins nombreuses, soutenaient le choix de Marie-Jeanne telle que celle de R.Saé, du CNCP (conseil national des comités populaires).
Quant à A. Césaire, sa réaction a été immédiate. Dans une lettre adressée au président de Région, il a fait savoir son net refus de voir son nom remplacé celui de Schoelcher, rappelant le rôle de l’abolitionniste et estimant que «le lycée Schoelcher est devenu un monument historique que nous devons garder à tout prix, véritable document historique». Remplacer Schoelcher par Césaire n’était évidemment pas du meilleur choix et la proposition de Marie Jeanne est apparue un peu stupide. Serait on à ce point en manque de lieux publics importants à baptiser ou rebaptiser en Martinique? Mais il est vrai que pour les élus de différentes tendances l’occasion était trop belle pour se lancer dans une petite polémique un peu stérile.