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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES - Samedi 4 novembre 2006 N° 955
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Guadeloupe
Les occupants de Béron font reculer la SEMSAMAR qui les a traînés en justice
Depuis un mois, les occupants de Béron sont opposés à la SEMSAMAR qui veut leur imposer d'acheter le terrain qu'ils occupent à 62 euros le m2 (soit 40 fois le prix acheté à la municipalité de Sainte-Rose!). La mobilisation de ces «occupants» a empêché la poursuite des travaux de lotissement. La SEMSAMAR a assigné en référé plusieurs occupants. Elle réclamait l'expulsion des occupants et des condamnations avec des astreintes élevées pour entrave aux travaux de lotissement. Le vendredi 20 octobre, de nombreux occupants se sont mobilisés au tribunal de Pointe-à-Pitre et ont exprimé leur colère face au juge qui voulait juger l'affaire sans donner le temps aux occupants assignés en référé de préparer leur défense. Finalement l'affaire fut jugée le mercredi 25. Nouvelle mobilisation ce jour là des occupants. Leur avocat a fait valoir que les occupants avaient des droits car depuis plusieurs années ils ont obtenu de la municipalité des autorisations pour avoir l'eau, le téléphone et l'électricité. Ils paient l'impôt foncier et la taxe foncière. Concernant le blocage des travaux, l'avocat a fait valoir que la SEMSAMAR n'a pas fourni les preuves que les personnes citées étaient coupables. M. Jean-Paul Fisher, directeur général de la SEMSAMAR, avait sans scrupule désigné des noms à la justice à partir d'une pétition que les occupants lui avaient adressée pour lui demander une rencontre. Les occupants se sont de nouveau mobilisés le jeudi 26, date à laquelle le jugement a été rendu. La SEMSAMAR a renoncé à sa demande d'expulsion et les occupants n'ont pas été condamnés pour blocage des travaux.
Ce succès des occupants face à la justice, est le résultat de leur mobilisation et de leur détermination. Plutôt que de proposer un prix abordable aux occupants, la SEMSAMAR a utilisé l'intimidation. Elle a tenté de faire peur aux occupants en utilisant les moyens juridiques. Elle tente également de diviser les occupants en proposant un prix à chacun d'eux. C'est en sorte un prix à la tête du client. Mais les occupants n'acceptent pas ce chantage. Ils veulent que la SEMSAMAR discute avec leur comité un prix pour tous.
Plusieurs assemblées générales ont lieu au cours desquelles les occupants décident des actions à mener. Deux meetings ont rassemblé de nombreux assistants. Des milliers de tracts ont été diffusés dans la population. Les occupants sont intervenus à plusieurs reprises sur les ondes et dans la presse. Ils demeurent mobilisés. Le vendredi 27, ils se sont mobilisés à la mairie de Sainte-Rose pour voir le maire Richard Yacou. Ce dernier s'est engagé à contacter M.Fisher pour une rencontre avec le comité de défense des occupants. C'est la troisième fois que le maire promet de rencontrer M.Fisher mais aucune rencontre n'a eu lieu avec ce dernier. Les occupants ne font pas confiance au maire qui est responsable de la situation à Béron. Ils comptent avant tout sur leur mobilisation et le soutien de la population. Ils réclament le prix du m2 au même prix que la municipalité a vendu les terres à la SEMSAMAR: 10F! Ce qui est bien en deçà de ce que cette riche société immobilière réclame à des personnes sans grandes ressources.
Guadeloupe
La municipalité de Sainte-Rose a vendu les terres de Béron à vil prix à la SEMSAMAR!
C'est Clodomir Bajazet, élu maire de Sainte-Rose en 1995 qui a signé l'acte de vente avec M.Fisher directeur général de la SEMSAMAR, après une délibération du conseil municipal. La SEMSAMAR a obtenu près de 17 ha de terres à Béron et à Bois Rada pour 1 660 482,08F ce qui lui revient à moins de 10F le m2. En 1995, Richard Yacou était le premier adjoint. Il a donc avalisé cette transaction foncière. Aujourd'hui il est maire de Sainte-Rose et c'est lui qui a accordé au début de 2006, l'autorisation de lotissement à la SEMSAMAR.
Il est scandaleux que M.Fisher réclame 62 euros (soit environ 406 F) aux occupants. Il a fait détruire tous les jardins en proposant des indemnisations sans discussion. Ceux qui ont tout perdu ont eu des propositions d'acheter un terrain à 38 euros le m2 dans la partie inondée du terrain, au bord d'une ravine. Ce qui représente encore 25 fois le prix payé à la municipalité! Ceux qui ont construit des maisons ont été menacés d'expulsion alors qu'ils réclament un prix juste. Ils font valoir qu'ils ont déjà viabilisé le terrain et que la SEMSAMAR devait en tenir compte.
Que ce soit le maire ou Fisher, ils méprisent les plus pauvres. La SEMSAMAR qui a réalisé d'énormes profits dans l'immobilier et dans les travaux d'infrastructures (routes, établissements scolaires, hôpitaux, marinas etc.) à Saint-Martin, s'est lancée dans les mêmes opérations en Guadeloupe. Elle a trouvé la bonne aubaine dans les logements sociaux et les faveurs que certaines municipalités lui ont offertes pour le foncier. L'affaire des occupants de Béron prouve bien cette politique et la responsabilité de certains élus du département au niveau de telles transactions foncières. Y a-t-il un véritable contrôle sur cette société d'économie mixte?
Quand on sait que des sociétés immobilières comme la société ABC et la SODEG ont été condamnées pour détournement de fonds publics on se demande si de telles opérations qui se développent à une grande échelle sont au-dessus de tout soupçon. Au nom du profit rien ne serait surprenant à ce niveau. Il semblerait, selon certains, que les dirigeants de la SEMSAMAR, liés à des milieux politiques locaux, seraient insoup-çonnables voire intouchables! En tout cas, les pauvres qui n’ont qu’un bout de terre pour poser leurs humbles maisons ont raison de pas accepter d’être les victimes des grands requins de l’immobilier! Quant aux élus qui savent faire appel à la population pour les élections ils sont pour la plupart du côté des riches et des puissants, et se moquent éperdument des plus démunis. Ce sont pour la plupart des notables arrivistes dont certains obtiennent bien souvent des pots de vin dans de telles opérations immobilières.
Guadeloupe
Extraits de “l’écho des Télécom”
LES PETITS RESPONSABLES FONT CE QUE LA DIRECTION LEUR DIT DE FAIRE
On constate que certains de nos responsables déploient un zèle particulier pour inciter, voire obliger les agents à faire plus de chiffre. Ils veulent nous imposer des cadences infernales sous prétexte qu’on leur demande des comptes. Nous sommes pour le travail bien fait mais nous ne voulons pas y laisser notre peau. Une médaille de FT ne nous rendra pas la vie quand on se sera tué au travail.
«VENDEZ» «VENDEZ»! C’EST CE QUI COMPTE A FT
Au nom de la course au profit il faut «vendre». Les pressions se renforcent dans tous les services, et aussi dans les boutiques. Non seulement nous devons répondre aux demandes d’abonnement mais nous sommes contraints de faire des prospections par téléphone pour trouver de nouveaux clients pour le téléphone fixe, mobile ou Internet. Nous devons appeler les abonnés, nous devons aussi appeler les abonnés partis chez les concurrents. Nous devons «faire du chiffre» et tant pis si le service après vente ne suit pas. Du coup le nombre d’appels ne cesse d’augmenter mais la direction n’en exige pas moins de nous de continuer à relancer les gens au téléphone pour leur vendre encore autre chose.
Guadeloupe
Extraits de “l’écho de l’Aéroport”
AIR CARAÏBES (STAC) SUSPEND LES VOLS SUR LES ÎLES PROCHES
Depuis le début du mois Air Caraïbes ou plutôt son sous-traitant la STAC a suspendu les vols sur les dépendances proches, Marie-Galante et les Saintes. Ces îles se retrouvent donc sans liaisons aériennes alors que les habitants bénéficiaient de trois vols quotidiens pour suppléer aux bateaux qui eux aussi se font rares.
Raison invoquée: la non rentabilité des lignes ; en fait, le non paiement ou le montant insuffisant des aides du Conseil régional sur ces lignes.
On est bien loin de la «continuité territoriale» et du «désenclavement» dont l’Etat et les élus nous rebattent les oreilles.
AIR CARAÏBES: BIENTÔT UN NOUVEAU SIÈGE, MAIS QUOI DE NEUF POUR NOUS?
Dans le même temps le PDG d’Air Caraïbes transatlantique, Dubreuil, fait construire un imposant bâtiment au nord de la piste: le futur siège de la société. En voilà un qui a su se débarrasser des lignes peu rentables pour se consacrer à ce qui rapporte, en utilisant à fond les aides de l’Etat et la défiscalisation.
Peu importe à ces gens là l’intérêt de la population et du personnel. Le principal est de faire son beurre.
Quand le bâtiment va, tout va, a-t-on coutume de dire. A Air Caraïbes, le bâtiment va, mais la paie ne suit pas.
Succès de la mobilisation de l’UGTG
Le 27 octobre près d’un millier de travailleurs ont répondu à l’appel de l’UGTG en participant à la journée d’action. Le rassemblement a eu lieu sur la place de la Victoire où des responsables des différents syndicats ou unions ont pris la parole pour dénoncer la situation dans leur secteur et expliquer les problèmes qu’ils rencontrent.
Dans un tract distribué à la population intitulé «Nou bon évè sa!», l’UGTG fait un constat de la situation des travailleurs en Guadeloupe et dénonce les 60 000 chômeurs (soit 30 %) de personnes en âge de travailler, les 32 000 rmistes, le problème de l’alcool et de la drogue qui touche particulièrement les jeunes, l’absence de budget pour la formation, les terres empoisonnées, les fermetures d’entreprises (Ferme de Campêche, hôtel Callinago, Marissol), etc. Ils font le constat d’une situation qui ne cesse de se dégrader et expliquent les motifs de la mobilisation.
Les médias n’ont pas manqué de noter que ce mouvement intervient à la veille de la route du rhum, mais les travailleurs qui ont participé à cette mobilisation ont bien eu raison de réagir face à une situation qui ne cesse de se dégrader. Des représentants de Sud PTT étaient présents ainsi qu’une délégation de la direction de la CGTG et le secrétaire général, Jean-Marie Nomertin, a expliqué pourquoi la CGTG n’a pu appeler à participer le 27 octobre car elle était en train de préparer une mobilisation pour le 7 novembre.
Raymond Gauthiérot, le secrétaire général de l’UGTG, a bien expliqué qu’il s’agissait du début d’une mobilisation qui irait en s’amplifiant à compter du 6 novembre.
Guadeloupe
Grève des lycéens du LPO Baimbridge
Ces lycéens ont fait plusieurs jours de grève des cours, durant lesquels ils ont bloqué la rocade devant leur établissement. Ils protestaient contre la décision du proviseur de ne pas accueillir les élèves externes dans le lycée entre midi et 14 heures. Certains parents sont aussi intervenus pour déplorer le fait qu’ils avaient été informés dans un délai très court, et que cela ne leur avait pas permis de trouver une solution pour que leurs enfants ne restent pas dans la rue. Les jeunes protestaient également, comme ils l’avaient fait l’année précédente, contre la saleté et la dégradation de l’établissement.
D’autres lycées ont également pris la décision de ne pas accueillir les élèves non demi-pensionnaires entre midi et 14 heures. Le problème est celui de l’encadrement: les lycées ne disposent plus du personnel nécessaire pour surveiller des élèves en étude durant ces heures creuses. Ceux-ci sont livrés à eux-mêmes, avec les risques que cela comporte, y compris à l’intérieur de l’établissement. La décision du ministère de supprimer encore plus de postes dans la fonction publique ne fera qu’aggraver les choses. Lycéens et parents en subissent les contrecoups. Le LPO Baimbridge constitue un cas particulier avec des conditions pires que dans les autres établissements: le lycée doit être transféré, une partie à Port Louis, une autre à Gosier. Mais quand? En attendant, le lycée se dégrade au point de devenir invivable.
Les lycéens ont obtenu que le proviseur revienne sur sa décision, ils seront admis dans l’établissement «sous contrat», à savoir qu’ils s’engagent à ne pas aggraver la dégradation des locaux, et à avoir une conduite responsable.
Extraits de “l’écho de l’ANPE”
LE STATUT UNE NOUVELLE FOIS ATTAQUÉ
Le statut de l’ANPE est une nouvelle fois remis en cause à travers un décret. Ce décret vise à créer des filiales de l’ANPE qui auraient mission de rentabiliser certaines activités de l’ANPE.
On avait déjà entendu parler de cela et il s’agissait, d’après la DG, de vendre les prestations ANPE aux entreprises. Mais là, ils vont plus loin: pourquoi s’embarrasser du statut d’établissement public administratif qui régit encore l’ANPE? Les filiales, une porte ouverte pour privatiser l’ANPE!
IL EST ENCORE TEMPS DE REAGIR!
Nous sommes nombreux à ne pas comprendre qu’il est urgent de réagir aux attaques contre nos conditions de travail et contre la politique mise en place par nos dirigeants.
Après tout, le rapprochement ANPE/ASSEDIC ne nous touche pas encore directement. Les contrôles renforcés des demandeurs d’emploi ne nous concernent pas, mais s’appliquent aux DE.
Et puis, alors que certains parlent de suppression possible d’emplois à l’ANPE, il y a encore des recrutements. Pourtant, les conditions de travail se dégradent. Nous ne trouvons plus de sens à notre travail, nous avons de moins en moins les moyens d’aider réellement les DE. Nous nous transformons en appendice des politiques de radiation à outrance, et les emplois « créés » à l’ANPE sont de plus en plus précaires…
CREATION D’UN GIE POUR GERER L’INFORMATIQUE ASSEDIC/ANPE
L’UNEDIC et l’ANPE ont décidé de créer un système informatique commun aux deux institutions. Après l’échec de GEODE, le système de l’ANPE qui est mort avant même d’avoir vu le jour et qui a coûté extrêmement cher, l’UNEDIC se charge de créer un nouveau système.
Avec le GIE, on fait coup double: cet organisme indépendant de l’ANPE mais aussi des ASSEDIC sera totalement aux mains du patronat. Et en passant, toutes les informations sur les demandeurs d’emploi pourront, sans contrôle, être divulguées aux opérateurs privés du marché de l’emploi!
Martinique
Nofram en redressement judiciaire
On a appris que la société NOFRAM, spécialisée dans le BTP fait l’objet d’une procédure de redressement judiciaire. Rien d’étonnant, serait-on tenté de dire, si ce n’est qu’on entend dans le même temps que l’effectif de la NOFRAM serait de 22 salariés.
Curieux! Une entreprise qui remporte des marchés pour la construction d’ouvrages importants ne tourne qu’avec un nombre aussi réduit de salariés? En fait, elle fait appel à la sous-traitance. Elle encaisse et se charge de répartir le travail en saupoudrant un peu d’argent par ci par là.
Et quand vient le moment de se retirer, elle n’a aucun plan social à gérer, laissant le problème aux sous-traitants qui seront bloqués par la procédure judiciaire.
Voilà comment des capitalistes utilisent des lois taillées sur mesure pour eux. Ne soyons pas étonnés de les voir renaître sous un autre nom ailleurs dans le même champ d’activité.
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