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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES - Samedi 4 novembre 2006 N° 955
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1936 - 2006 70ème anniversaire de la CGTM
Pour commémorer ses 70 ans de militantisme dans la classe ouvrière, ses 70 ans au service des luttes des exploités en Martinique, la CGTM avait prévu un programme de manifestations qui s’est déroulé du lundi 23 au samedi 28 octobre.
Du lundi 23 au vendredi 27 octobre, des militants cégétistes ont pu faire part aux auditeurs des radios de leurs expériences de lutte, chacun intervenant sur une période bien précise. Une exposition de panneaux sur les luttes en Juin 1936 en Martinique en France et dans le monde était installée dans le hall du théâtre municipal.
Le 25 octobre, au théâtre municipal de Fort de France en présence des invités, souvent anciens militants cégétistes ou compagnons de route, la secrétaire générale de la CGTM délivra un message aux présents, puis un hommage était rendu au dirigeant de la CGTM, Walter Guittaud disparu en juillet 2006. Une projection de film sur les luttes de 1936 intitulé «1936 le grand tournant» terminait la manifestation, suivie d’un débat et de témoignages sur la vie de W. Guittaud.
Le jeudi 25 octobre, une conférence de Jacques Adélaïde Merlande, professeur d’Université, historien et auteur de plusieurs ouvrages sur l’histoire du mouvement ouvrier aux Antilles, s’est tenue, en direction des lycéens et étudiants, au Campus de Schoelcher. Le débat entre le conférencier, les militants de la CGTM, les auditeurs fut nourri et fort intéressant, les militants CGTM invitant notamment les jeunes intellectuels à rejoindre les luttes des travailleurs pour un changement de la société.
Le samedi 28 clôturait cette série de manifestations par une journée de rassemblement au VVF de la sécurité sociale à Sainte Luce.
200 personnes ont participé à cette manifestation. Des invités d’organisations syndicales étaient présents: un représentant de la CGT, le secrétaire général de la CGTG (Guadeloupe) et le secrétaire général de l’UTG (Guyane).
Deux historiens ont présenté les luttes ouvrières de ces années 30 à 36: un exposé de Jacques Adélaïde-Merlande sur les luttes dans les pays de la Caraïbe, notamment anglophones dans les années 30 et un exposé sur les luttes dans le monde en 1936 avec Gilbert Pago, historien et militant du GRS.
L’assistance a été très attentive à ces exposés et lors des débats. Plusieurs intervenants ont fait remarquer que les revendications dans toutes ces luttes de 1936, qui se déroulaient dans des lieux différents, se ressemblaient: il s’agissait d’augmentation de salaires, de réduction du temps du travail, d’amélioration des conditions de travail et de mise en place de système de protection sociale. La première guerre mondiale, la crise économique de 1929 et l’exploitation capitaliste avaient provoqué une réaction des ouvriers partout dans le monde.
Suite à ces exposés, un hommage a été rendu à Walter Guittaud, militant et dirigeant de la CGTM, très actif dans les luttes aux côtés de la classe ouvrière et décédé le 12 juillet dernier.
Des tableaux, des panneaux présentaient les luttes dans les différents pays, une table de lecture qui a eu du succès présentait toute la littérature sur cette période.
Un repas fraternel a été partagé par tous. Pour finir le groupe AM4 a apporté sa contribution pour la partie artistique.
Cette journée de commémoration a permis un retour sur une période importante de lutte de la classe ouvrière contre l’exploitation capitaliste partout dans le monde. Le rappel de ces luttes passées a permis à plusieurs intervenants dans les débats et aussi à la secrétaire générale de la CGTM, de redire la nécessité aujourd’hui pour la classe ouvrière de se préparer aux luttes futures contre l’exploitation capitaliste.
70ème anniversaire de la CGTM. Intervention de Ghislaine Joachim-Arnaud, secrétaire de la CGTM (1ère partie)
Il y a 70 ans, en 1936, naissait l’Union des syndicats de Martinique qui adhéra ensuite à la CGT! Notre histoire a retenu les noms des travailleurs de l’époque qui ont mis en route cette organisation qui fut si utile à plusieurs générations de travailleurs. Dans leurs rangs on trouve des travailleurs qui militaient pour changer la société. Certains du «Groupe Jean Jaurès» se disaient ouvertement communistes comme Del, Bissol , d’autres: Victor Lamon, Lambert Sainte Croix appartenaient à une autre organisation: le Front commun! Tous s’opposaient courageusement à la toute-puissance des grands propriétaires terriens et à l’administration coloniale à leur service.
En 1936 une vague de grève, un mouvement social profond, un soulèvement des masses ouvrières de tous les pays, va traverser le monde entier!
1936: c’est un tournant important dans la situation mondiale: les travailleurs vivent depuis plus de 7 ans une situation de crise économique qui a mené l’économie mondiale à un chaos dont elle ne se relève pas.
Cette crise a provoqué d’immenses souffrances: licenciements, chômage massif, inflation (perte de pouvoir d’achat!), accompagnent la fermeture massive d’entreprises: c’est la misère pour des millions de gens même dans les pays les plus riches, les plus industrialisés. Ceux-ci semblent frappés de paralysie, et sont impuissants à sortir de l’impasse où ils sont plongés.
C’est le système capitaliste lui-même qui était en crise. Il est, de par sa nature même, incapable de faire face aux problèmes qu’il a créés ; c’est ce système qui est à l’origine des maux de la société. La maladie grave dont souffre la société vient avant tout d’une production aveugle, anarchique où le seul guide, c’est la lutte pour le profit maximum, voilà ce qui a conduit à cette catastrophe des années 30.
Et aujourd’hui, 70 ans après, nous nous trouvons encore face au chômage massif, à la progression incessante de la misère dans le monde, qui côtoient une montée insolente et indécente de la richesse d’une minorité ; ce sont aussi les mêmes conséquences qui nous guettent! Ce sont les mêmes gens de la classe dominante qui menacent de nous faire plonger dans le même cauchemar!
Cette vague, ce sursaut révolutionnaire de la classe ouvrière en 1936 atteindra aussi la Martinique.
Dès 1935, en Martinique, nous avons connu des manifestations et des grèves importantes, des mouvements de masses qui furent la conséquence de l’exaspération croissante des masses devant la montée de la misère: le 10 février 1935 ce sera la marche de la faim qui sera l’apogée d’une vague de grèves contre les baisses de salaires! Ce fut l’attaque brutale du gouverneur de l’époque qui déclencha la montée de la colère! Celui-ci répondait aux souhaits pressants des planteurs et usiniers békés de baisser les salaires de 20 % ; mais déjà, sur les plantations, les patrons appliquaient des baisses de salaires allant jusqu’à 30 %! La décision officielle du gouverneur le 21 janvier 1935 va donc provoquer aussitôt l’explosion de colère parmi tous les travailleurs.
L’arrestation d’un représentant connu des travailleurs va mettre le feu aux poudres et le 11 février des milliers de travailleurs en grève marcheront sur Fort de France! Les grévistes obtiendront alors notamment le maintien des salaires de 1934, preuve s’il en est que la lutte est la seule voie pour s’opposer à la dégradation de son sort face aux exploiteurs!
L’effervescence sociale se poursuivra jusqu’à la montée de 1936 en France et provoquera une nouvelle période de mobilisation intense dans toute la Martinique.
Dans le sillage de Juin 36 en France, les salariés de la Martinique vont réclamer les mêmes revendications générales, notamment la semaine de 40 heures et le respect des lois sociales arrachées en Juin 36 en France!
Partout, dans de nombreux secteurs, les travailleurs s’organisaient pour arracher des améliorations de leur sort, des secteurs entiers décidaient de créer des syndicats. Lorsque les travailleurs cherchent ainsi à s’organiser massivement, c’est le signe certain qu’ils sont décidés à se battre et à arracher leurs revendications. Après des années de recul, de baisse ou de perte de salaire, de chômage et de misère, la coupe est pleine: ils voulaient que cela change! Des syndicats ont donc été créés parmi les dockers, les ouvriers boulangers, les employés de commerce, les ouvriers agricoles qui sont des dizaines de milliers à l’époque!..Puis ils se sont regroupés pour former l’Union des syndicats CGT.
C’est donc ainsi, en pleine ébullition sociale, que naquît la CGT en tant qu'Union CGT de Martinique et membre de la CGT de France. Et les travailleurs de cette époque étaient fiers d'appartenir à ce prolétariat international qui luttait pour défendre ses droits, son travail, son pain et le droit de ses enfants à l’éducation: ils étaient fiers d’appartenir à ce prolétariat international qui se dressait partout dans le monde face aux exploiteurs.
Plus tard, s’étant renforcée, et pour mieux se situer dans le grand mouvement de décolonisation qui balaiera le monde colonial, après la deuxième guerre mondiale, l’Union CGT se transformera, en plein accord avec nos camarades de la CGT française, en CGTM.
Il est significatif de constater que les travailleurs et militants qui furent à l’origine des syndicats furent des militants qui se donnaient aussi pour but de créer une société juste et fraternelle à la place de cette société inique, fondée sur l’exploitation du travail des salariés, au bénéfice d’une infime minorité de possédants et de riches.
Cette classe de capitalistes était surtout représentée ici par les héritiers de l’ancienne classe de propriétaires esclavagistes qui mettaient la Martinique en coupe réglée; ces gens-là faisaient la loi dans leurs propriétés et souvent réprimaient eux-mêmes les grévistes, blessant, tuant, tout au long de la fin du 19 ème siècle et au début du 20éme!
Fin de la première partie (la suite dans notre prochaine parution)
En bref... En bref...
Sanofi-Aventis anonce des licenciements
Alors que le ministre donnait la liste des médicaments déremboursés, le groupe pharmaceutique Sanofi-Aventis annonçait le licenciement prochain de 504 employés: 399 délégués médicaux et 105 dans les structures de sa filiale France. Alors que près de 350 médicaments sont commercialisés par Sanofi-Aventis, seuls quelques uns sont sur la liste du ministre. Ces médicaments moins remboursés, loin de faire chuter les ventes de Sanofi-Aventis, comme il le prétend, sont en réalité une source de bénéfices puisque les médicaments sont vendus et les prix deviennent libres ; au point que le ministre met en garde les laboratoires contre une flambée des prix des médicaments.
Le prétexte est bon pour le groupe Sanofi-Aventis de faire passer une nouvelle vague de licenciements, en annonçant qu’il s’agit «d’un projet de sauvegarde de la compétitivité». C’est de cette manière que les laboratoires Sanofi et Aventis ont fusionné en 2004 pour créer le 3° groupe mondial, il emploie 28 000 salariés en France, en permettant aux actionnaires de réaliser plus de profits et en licenciant le personnel.
Baisse des remboursement de nouveaux médicaments
Le mercredi 25 octobre, Xavier Bertrand, le ministre de la Santé, a annoncé la baisse de remboursement de 41 médicaments, à partir du 1er janvier 2007. Pour ces médicaments qui étaient pris en charge jusqu’à 35%, la Sécurité Sociale ne prendra plus en charge que 15% du prix, le reste sera à payer par le malade ou sa mutuelle. Les médicaments concernés sont très souvent prescrits pour lutter contre la diarrhée, la toux, les troubles de la gorge ou les rhinites.
Le ministre a suivi les recommandations de la Haute Autorité de la Santé (la HAS) qui lui a fournit une liste de 84 médicaments qui, selon la HAS, aurait un service médical rendu insuffisant. Il s’agit de la 3ème vague de déremboursement orchestrée par le gouvernement après celle de juillet 2003 concernant 82 médicaments et celle de mars 2005 concernant 156 médicaments. D’après la HAS ces médicaments seraient moins actifs que ce qu’on attendait d’eux et pourtant ils sont prescrit depuis des années par les médecins.
Si ces médicaments sont si peu utiles aux malades pourquoi ne pas les retirer de la vente au lieu de ne plus les rembourser? C’est que les laboratoires pharmaceutiques y trouvent leur compte et leurs bénéfices. Ces médicaments se retrouvent en vente libre et leur prix est fixé par les industriels de la pharmacie, les pharmaciens et les grossistes, depuis les derniers déremboursements le prix de ces médicaments a augmenté et leur vente n’a pas diminué. Le gouvernement attend de ces déremboursements des économies d’un montant compris entre 70 et 110 millions d’euros. Ce sont les malades qui paieront ces allègements du budget de l’Etat et ils n’auront pas l’aide attendue des mutuelles où ils cotisent car la Mutualité Française se range du côté du gouvernement. Cette centrale qui regroupe des mutuelles assurant la couverture complémentaire de 38 millions d’assurés a appelé les mutuelles à ne pas prendre en charge 41 autres produits dont le service médical rendu est jugé insuffisant par la HAS, il s’agit essentiellement de vasodilatateurs prescrits aux personnes âgées. Ainsi les malades sont de moins en moins aidés pour acheter les médicaments par l’Assurance maladie ; par ailleurs la mise en place du «parcours de soins coordonnées» permet à l’Assurance maladie de rembourser moins aux assurés. La prise en charge par la Sécurité Sociale diminue de plus en plus et on finira par arriver à une médecine à deux vitesses où seuls ceux qui peuvent payer auront accès aux soins.
Banane: le couple bananier Guadeloupe/Martinique au bord de la rupture?
Alors que depuis plusieurs mois, les planteurs de Guadeloupe et de Martinique parlaient d’une «seule voix» pour défendre la «banane Antillaise», et que les affiches et les spots publicitaires abondaient dans ce sens, la semaine dernière des dissensions se sont fait jour au sein du couple. Les raisons de ces dissensions? Jusqu’à très récemment il n’a été question que de rencontres, de discussions et même de lobbying pour savoir quels seraient les aides européennes et les montants attribués aux producteurs des RUP (Régions Ultrapériphériques) dont la Guadeloupe et la Martinique. Maintenant on va passer aux choses sérieuses.
C'est-à-dire que le montant des aides ayant été fixé globalement, il s’agit de savoir qui va toucher quoi? Et là, on tire les couteaux. Au diable l’unité et les belles paroles. Comme on dit couramment, «devant l’argent il n’y a pas de famille!». En effet sur la base des tonnages de bananes produits il avait été décidé au début que les planteurs de Guadeloupe devaient recevoir 32 millions d’euros. Or ne voilà-t-il pas que les planteurs de la Martinique veulent récupérer une partie de ces 32 millions. Et finalement on ne parle plus que de 22 millions d’euros pour la Guadeloupe. Et là, rien ne va plus. On déterre la hache de guerre. «La Martinique veut tirer la couverture à elle!»: J. Laguerre, le président de l’association de maires de Guadeloupe est monté aux créneaux! RFO-Guadeloupe a retransmis une partie de la réunion organisée par le groupement «Les planteurs de Guadeloupe». Et là on a pu voir des petits planteurs se plaindre du comportement des planteurs de Martinique.
Comme si dans le monde des affaires les relations étaient on ne peut plus «fair-play». On sait bien qu’il n’en est rien et que dans ce milieu, c’est la loi de la jungle, les coups tordus, la loi du plus fort. On avait envie de sourire en entendant deux petits planteurs de Guadeloupe se plaindre de l’attitude des planteurs de Martinique. Comme si les gros planteurs de Guadeloupe se comportaient autrement vis-à-vis d’eux quand il était question de partager les subventions et autres aides reçues par le secteur. Les petits planteurs oublient-ils le nombre de fois qu’ils ont eu à manifester devant les sièges, d’abord de la SICA-ASSOBAG, puis de CARUBANA. Oublie-t-on que le groupement BANAGUA avait vu le jour précisément parce que certains planteurs se plaignaient du fait que les planteurs à la direction de CARUBANA s’octroyaient des parts de lion lors de la répartition des aides.
Et que dire alors de ces gros planteurs, comme L. Lignières par exemple, qui ne respectent aucune loi quand il s’agit des travailleurs: non paiement des jours fériés, des congés payés à certains. Ou de ceux qui emploient des travailleurs non déclarés à la Sécurité sociale.
Alors, les divisions, les coups tordus entre les capitalistes: ce n’est que du très naturel, dans l’ordre des choses. Les gros planteurs de Guadeloupe le savent et c’est la raison pour laquelle ils ont organisé tout ce tapage autour du partage des aides, jouant sur la fibre guadeloupéenne. Ils espèrent ainsi obtenir que leur part ne soit pas diminuée. L’avenir le dira. Ne se laisseront abuser par tout cela sur les deux îles que ceux qui veulent bien!
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