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Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 18 novembre 2006      N° 956


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À la Une

Éditorial

Non aux discriminations en matière de représentativité syndicale!

En Martinique ces derniers mois, les principales centrales syndicales se sont associées à la CDMT (centrale démocratique martiniquaise des travailleurs) pour interpeller le gouvernement en vue d’obtenir ce qu’elles appellent «la reconnaissance du fait syndical martiniquais». Elles ont déjà fait circuler une pétition dans laquelle les salariés signataires expriment leur «désaccord avec la discrimination dont souffrent les organisations martiniquaises”, soutiennent «sans réserve la proposition de loi en ce sens déposée par des parlementaires martiniquais en juillet 2006».
Au mois d’octobre, une invitation a été adressée aux organisations politiques pour qu’elles s’associent à cette démarche.
A Combat Ouvrier nous avons déclaré que nous apportons notre soutien à toute démarche visant à faire reculer toutes discriminations contre la représentativité des travailleurs. Et une communiqué a été adressé à l’ensemble de la presse locale.
En effet, depuis son dernier congrès, la CDMT a rompu les liens privilégiés qu’elle entretenait avec la CFDT, centrale syndicale «nationale» bénéficiant de la représentativité de droit accordée par le gouvernement au titre d’un arrêté datant de mars 1966. Comme le prévoit la loi, la représentativité de la CDMT dans les entreprises peut désormais être contestée devant un tribunal, que ce soit à la demande de l’employeur, d’un autre syndicat ou même d’un salarié à titre personnel. Et comme d’autres syndicats «locaux», la CSTM (centrale syndicale des travailleurs martiniquais), ou l’UGTM (union générale des travailleurs martiniquais) elle ne bénéficie plus de certains avantages organisationnels accordés aux centrales syndicales françaises (CGT, CFDT, FO, CGC et CFTC) liste fixée par l’arrêté de mars 1966, et à leurs syndicats affiliés: attribution de crédits du ministère du Travail pour la formation syndicale, représentants au sein des organismes paritaires tels les ASSEDIC, les caisses de retraites, ou les caisses de Sécurité sociale.
En fait, après la deuxième guerre mondiale pendant la «guerre froide» entre l’impérialisme et l’URSS, les organisations ouvrières se réclamant du communisme et du PCF étaient vues comme une menace par la bourgeoisie d’autant que les luttes ouvrières étaient fortes. Les gouvernements avaient choisi de reconnaître aux syndicats les plus puissants le droit de signer des accords collectifs à l’échelle nationale et de leur accorder certains pouvoirs de représentation. Cela a été le cas en particulier pour la CGT, puis ensuite pour d’autres tels la CGC et FO et plus tard à la CFDT. C’était une façon pour les gouvernants de les « associer » aux mesures prises à l’époque pour «le développement national». C’était surtout une façon d’avoir en contrepartie la paix sociale. C’est ainsi que la liste des syndicats représentatifs en France, fut fixée par un arrêté en mars 1966.
Aujourd’hui, en vertu de ce même arrêté de mars 1966, on empêche les syndicats «locaux» des dits «DOM», d’exercer la totalité de leurs droits syndicaux. Relents colonialistes? recherche systématique d’embûches pour contrer les luttes? Il y a des deux.
Pour autant, les travailleurs n’ont aucun intérêt à laisser l’Etat ou la justice le soin de choisir les meilleurs représentants que les travailleurs doivent se donner. Pour eux ce qui est important c’est que leurs représentants syndicaux défendent au mieux leurs intérêts et ne se transforment à la faveur de quelconques privilèges accordés par l’Etat, en partenaires complaisants prêts à brader ces intérêts.



Saint-François
Grève du personnel municipal

Les agents de la municipalité de la commune de Saint François syndiqués à l’UTC-UGTG sont en grève depuis le jeudi 26 octobre dernier. La CTU qui est l’un des deux syndicats dans la commune, n’a pas appelé ses adhérents à participer au mouvement.
En tout cas, dans un tract diffusé dans St François, les travailleurs en grève réclament notamment:
- Le respect du CTP et l’application de ses décisions;
- La valorisation de la carrière des agents;
- La sécurité au travail, car à la bibliothèque ainsi qu’à l’OMC des agents se font agresser et un adjoint s’est déjà fait braquer par un administré;
- Les moyens en adéquation avec les besoins des services puisque les agents des services techniques et espaces verts, sous équipés, fonctionnent avec des vêtements inadaptés;
- Un « véritable régime indemnitaire » dans la commune car certains agents perçoivent des primes dont d’autres de même grade sont privés. Pour ces raisons les travailleurs réclament la liste des bénéficiaires des primes pour la clarté et l’égalité du «régime indemnitaire».
La semaine dernière, les travailleurs en grève ont rencontré par deux fois les dirigeants municipaux. Un certain nombre de revendications seraient sur le point d’être accordés. Les deux parties devaient se rencontrer à nouveau le lundi 13 novembre pour poursuivre les négociations.
Dans un courrier adressé à la population de Saint François et daté du 6 novembre, le maire Ernest Moutoussamy fait une mise au point suite au tract de l’UTC-UGTG du 30 octobre 2006 intitulé « pewsonnel Sen fanswè anba dictat a Poulé… ( le personnel de Saint François sous la dictature de Poulé) ». Le maire reproche à l’UTS de mettre en cause la régularité de l’arrêté de recrutement de la nouvelle directrice des ressources humaines (DRH) embauchée par mutation conformément à la loi. Il dit que la DRH, titulaire du grade d’attaché territorial et dotée d’une grande expérience, dont la mission est d’accompagner à la restructuration des services, d’assurer la gestion du personnel et d’apporter à l’autorité territoriale l’éclairage juridique nécessaire dans la prise de décision, dérange certains. En fait le maire Ernest Moutoussamy semble ramener le conflit à la mise en cause de l’autorité de sa DRH puisqu’il ne dit mot du cahier de revendications des travailleurs.



Martinique
Haro sur les fraudeurs: une belle mise en scène!

Escrocs aux fonds de pensions, amateurs de paradis fiscaux, profiteurs des coins d’asiles financiers, amateurs de blanchiment d’argent, arnaqueurs d’organismes sociaux, faussaires et filous de tout bords, dormez!
Tel pourrait être la philosophie de la campagne menée en ce moment même contre la fraude faite aux organismes sociaux, dont se fait largement l’écho le quotidien France-Antilles.
Car par fraudeur, il faut entendre le RMISTE, le chômeur qui pointe à l’Assedic, le bénéficiaire de la CMU, ou encore l’allocataire de la Caisse d’allocation familiale. Toutes ces personnes sont d’éminents suspects car ils coûtent très chers à la Collectivité, nous disent les accusateurs de pauvres.
Observons néanmoins que tous ces pourfendeurs de mauvaises moeurs ont bien du mal à fournir les premiers chiffres nous indiquant le péril qui nous est annoncé!
En fait le gouvernement, et puisque c’est dans l’air du temps, a tout simplement trouvé là une variation de sa politique anti immigrés, puisqu’il nous indique bien que derrière le trafiquant se cache un Mauritanien un Algérien ou un travailleur Yougoslave pas encore identifié. En Martinique ou en Guadeloupe, la cible sera sans doute l’ouvrier haïtien, le Dominicais ou le Saint-Lucien qui osera s’acheter comptant un frigo.
Voilà tout ce que nous a trouvé le gouvernement, pour justifier les déficits des organismes (Sécu, UNEDIC etc.…), le fraudeur, l’étranger, un bouc émissaire tout trouvé.
Alors tout ce tapage on le voit bien, n’est que poudre aux yeux, car au nom de la lutte contre la fraude ces gens là ne pratiquent que la chasse aux pauvres, car les vrais voleurs, c’est le patronat qui n’a pas besoin d’une fausse fiche de paie pour que lui tombe toutes les mannes du ciel!



St-Marteen
Après le vote pour l’autonomie

Une politicienne, leader de l’opposition dans la partie hollandaise de l’île de Saint Martin a déclaré que le vote de St Maarten pour l’autonomie n’a pas les conséquences qu’on pouvait en espérer. Selon elle, la Hollande conserve le contrôle sur St Maarten. Elle signale en particulier une dépendance financière, une monnaie unique, commune avec Curaçao. Le gouvernement de St Maarten riposte que ce n’est pas vrai.
Mais toutes ces déclarations de politiciens au gouvernement ou dans l’opposition sont celles de notables essentiellement soucieux de leur pouvoir personnel ou de celui des possédants locaux. Dans ce débat, quelle peut être la position de la population dont les conditions de vie restent précaires et qui choisit souvent l’émigration vers les Etats Unis ou la Hollande? Il est bien probable qu’elle estime n’avoir d’intérêt ni d’un côté ni de l’autre.