logo COMBAT OUVRIER
Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
MSN Search
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 18 novembre 2006      N° 956


Sommaire > Page précédente > Page suivante > Accueil > Archives > e-mail 

Page 2

Soixante-dixième anniversaire de la CGTM

Pour son 70ème anniversaire, différentes manifestations furent organisées par la CGTM, au cours desquelles la secrétaire générale du syndicat G.Joachim-Arnaud intervint. Nous publions ci-dessous la fin de l’exposé qu’elle présenta à la réunion du 25 octobre au Théâtre de Fort-de-France.

…Les autorités coloniales de l’époque étaient entièrement aux ordres de cette classe de possédants et ceux-ci pouvaient disposer comme ils le voulaient des forces de répression contre les travailleurs! et ils ne s’en privaient pas!
Toute la période qui va de 1848 à 1900, puis de 1900 à plus récemment dans les années 60 et 70 a été marquée par des grèves et des mouvements sociaux ou politiques violemment réprimés, par des victimes dans les rangs des travailleurs, blessés ou assassinés par des forces de répression ou directement pas des sortes de milices patronales!
Nous pouvons nous rappeler quelques exemples, mais il y en a d’autres:
La fusillade du François: 10 tués lors d’une grande grève d’ouvriers agricoles et d’ouvriers d’usine (en 1900), la fusillade de Bassignac, 2 morts (1923), la fusillade du Diamant (violences lors d’élections en 1925) 10 morts! L’assassinat d’Aliker en 1934! La fusillade du Carbet en 1948: 3 morts! l’affaire des 16 de Basse-Pointe (1948) (répression judiciaire), l’affaire de la Chassin ( 1951) des blessés, des arrestations, 1961 fusillades du Lamentin 3 morts! 1974 Chalvet deux morts dans le contexte de la grève générale!
Ces événements sanglants ont marqué l’histoire de la classe ouvrière martiniquaise.
Et la CGTM, elle aussi, a été marquée par ce climat répressif ; ses militants et responsables, ses membres ont payé eux aussi le prix fort dans la lutte revendicative anti patronale! Des arrestations, des licenciements, des gardes à vue, les procès en assises à Bordeaux (1948), des mutations d’office de fonctionnaires (1960), des formes insidieuses, quotidiennes de répression contre des cégétistes, dans les champs ou les chantiers, la CGTM a bien connu tout cela! Mais elle en est toujours sortie renforcée et plus déterminée!
Car malgré ces difficultés, malgré la collusion permanente entre les forces de répression et un patronat agressif et répressif, les travailleurs de Martinique ont eu assez de courage et de clairvoyance d’abord pour créer et puis pour faire vivre et durer leur organisation syndicale.
Aujourd’hui la CGTM est, sans conteste, la principale organisation syndicale de la Martinique, comptant dans ses rangs des milliers de salariés de la plupart des grands secteurs de l’activité économique.
Elle a été créée et a vécu toutes ces années grâce au dévouement et à la fidélité des travailleurs qui l’ont portée et protégée ; car ils savent ce que cela signifie pour eux de pouvoir compter sur une telle organisation syndicale, combative, vouée exclusivement à la défense de leurs intérêts de classe.
Mais la CGTM, par l'honnêteté de son combat, par la justesse de ses prises de position, a su aussi attirer le soutien et la sympathie de gens honnêtes, notamment des intellectuels qui estiment que les injustices sociales et toutes les formes d’oppression doivent être dénoncées et combattues. Et parmi eux, certains sont convaincus que la vie sociale et économique peut s’établir sur une base plus juste et plus fraternelle!
Bien des gens qui ne sont pas dans nos rangs de cégétistes, nous ont apporté et nous apportent encore leur soutien, c’est l'occasion aujourd’hui de leur dire à quel point nous apprécions leur soutien et à quel point ce soutien est important dans le combat que mènent les travailleurs pour une société meilleure. Oui, il est important qu’à coté de la lutte des travailleurs, sur leur propre terrain, dans leurs entreprises, dans les rues, il y ait des gens d’autres catégories sociales, qui affirment haut et fort leur opposition à l’oppression et à l’exploitation.
Aujourd’hui nous voyons s’affirmer des idées réactionnaires, se disant «libérales », ou parlant de prétendues «réformes».
On en voit d’autres qui souhaitent ouvertement abolir les lois sociales qui, tant soit peu, protègent les salariés ou leur offrent des recours contre les attaques patronales.
On voit tous ces gens tenir le haut du pavé, parler fort, envahir les médias tandis que les opinions progressistes sont moins entendues et ont l’air de reculer! Eh bien! il est bon que tous ceux qui pensent en termes de justice sociale, en terme d’équité, de progrès social le disent haut et fort et prennent ouvertement position et le fassent jusqu’au bout, de façon conséquente.
Car si les intellectuels conséquents vont jusqu’au bout de leurs convictions, en dénonçant les mensonges officiels, en disant la vérité sur la vie sociale et économique, cela ne pourra que renforcer le combat des travailleurs en contribuant à créer un climat défavorable pour tous ceux qui rêvent de domestiquer la classe ouvrière!
Mais quoiqu’il en soit, la CGTM continuera à rassembler les forces des travailleurs et à se trouver à chaque instant aux côtés de ceux qui veulent lutter pour changer leur sort. Ce sont ces luttes là qui seront décisives pour l’avenir, car ce sont les travailleurs qui disposent en leurs mains de toutes les capacités de la société.
Alors amis et camarades présents ce soir, c’est avec grand plaisir et une certaine fierté, que je me suis adressée à vous ce soir, au nom de mes camarades de la CGTM. Et je suis certaine que vous m’approuverez quand je dis:
« Longue vie et succès pour la CGTM dans ses luttes à venir »!
« Vive les luttes de la classe ouvrière ici et dans le monde »!



Guadeloupe
Les occupants de Béron refusent les nouvelles propositions de la SEMSAMAR

Le mardi 7 novembre, les occupants de Béron à Sainte Rose se sont mobilisés dans les locaux de la SEMSAMAR pour que celle-ci baisse le prix du terrain. Ils ont été reçus avec leur comité par deux responsables de la SEMSAMAR. Après des discussions houleuses, ces derniers ont dû abandonner le prix de 62 euros le m2 et ont finalement proposé 45 euros. Les occupants n’ont pas accepté ce nouveau prix qu’ils ont estimé toujours trop élevé. Ils ont réclamé un prix équivalent à celui que la Municipalité de Sainte-Rose a généreusement accordé à la SEMSAMAR pour l’achat du terrain, à savoir 10F le m2. Les deux responsables ont expliqué qu’ils ne pouvaient baisser davantage le prix en raison du coût du lotissement. Mais les occupants n’ont pas cédé et ont expliqué qu’ils avaient déjà viabilisé le terrain et que cela leur avait coûté des frais pour l’installation de l’eau, l’électricité et le téléphone. Certains occupants ont dû dépenser à maintes reprises pour aménager des routes d’accès. La SEMSAMAR pleure misère alors qu’elle a obtenu le terrain à peu de frais. Cette société d’économie mixte qui bénéficie des aides de l’Etat et de toutes sortes d’avantages fiscaux pour la construction de logements sociaux ne perdra rien si elle tient compte des revendications des occupants. Les deux responsables ont finalement rejeté la responsabilité de cette affaire sur la Municipalité de Sainte-Rose en déclarant que celle-ci pouvait prendre en charge une partie du coût du lotissement pour avantager les occupants au niveau du prix. Selon leurs dires, c’est ce qu’elle a fait pour permettre à ceux qui ont perdu leur jardin d’obtenir un terrain dans le lotissement à 38 euros le m2. Si ces révélations sont justes elles prouvent que la SEMSAMAR a obtenu des cadeaux supplémentaires de la municipalité. Décidément cette société immobilière fait d’énormes profits dans la construction avec tous ces avantages dont certains doivent être accordés sous la table. Les occupants ont décidé d’aller revoir le maire, Richard Yacou pour que la Municipalité s’implique dans cette affaire. Que ce soit la SEMSAMAR ou la Municipalité de Sainte-Rose elles sont toutes les deux responsables de la situation à Béron. Elles ont chacune de gros intérêts financiers à défendre dans cette opération immobilière. Les occupants ont raison de ne pas accepter d’en payer les frais.



Nicaragua
Daniel Ortega remporte les élections présidentielles

LES PETITS RESPONSABLES FONT CE QUE LA DIRECTION LEUR DIT DE FAIRE
Le 5 novembre, D. Ortega a remporté les élections au premier tour, avec 38,07% des voix, face à Eduardo Montealegre, de l’Alliance libérale nicaraguayenne, qui a obtenu 29%.
Ortega fut un dirigeant du Front Sandiniste de Libération nationale, qui renversa la dictature de Somoza en 1979. Ensuite, le régime sandiniste fut combattu par les Etats Unis, qui armèrent et financèrent une guérilla d’opposition, les « Contras », pendant des années, et organisèrent un embargo. Les guérilleros sandinistes avaient le soutien de la population, face à une dictature sanguinaire, qui avait fait des dizaines de milliers de victimes. Mais les travailleurs ne participèrent ni à la prise ni à l’exercice du pouvoir. En 1984, les élections présidentielles furent remportées par Ortega, qui fut remplacé en 1990 par Violetta Chamorro, candidate de l’opposition, membre et représentante de la bourgeoisie locale, dont la campagne avait été subventionnée par les Etats Unis. Par la suite, différents présidents se succédèrent, Arnoldo Lacayo, membre de l’alliance libérale, parti opposé au front sandiniste, avec qui Ortega signa pourtant un pacte de partage de pouvoir. Lacayo fut condamné pour blanchiment d’argent et corruption.
Ortega, âgé aujourd’hui de 60 ans, est de nouveau au pouvoir. Il s’est donné une image plus modérée et plus acceptable par la bourgeoisie et par l’impérialisme que celle d’ex-guérillero, en faisant alliance avec l’Eglise catholique, et même avec des ex-contras, dont fait partie son candidat à la vice-présidence. Mais n’est-ce pas cette image qui correspond à la réalité du personnage, de sa politique et de celle de son parti? Prendre les armes, lutter dans la clandestinité pour renverser une dictature est certes courageux, mais cela ne signifie nullement que la politique qui sous-tend ce type d’action est réèllement révolutionnaire.



Royal pas loyale

Ségolène Royal a entrepris depuis des mois de cultiver son image de candidate à la candidature socialiste pour l’élection présidentielle d’avril 2007. Pour gagner la confiance des électeurs, avec son staff, elle a même créé un site Internet dénommé «Désirs d’avenir», qui doit permettre aux personnes qui le consultent de faire des suggestions. La dame se dit adepte de la «démocratie participative».
Dans la course qu’elle livre contre ses amis Fabius et Strauss-Kahn, elle a également proposé des jurys populaires pour soi-disant juger l’action des élus politiques. Ses camarades ont crié, à la démagogie!
Et voilà que la presse révèle qu’un site Internet a mis en ligne une vidéo enregistrée en janvier 2006 à Angers dans laquelle on peut voir et entendre Royal, entourée de son équipe, dire qu’elle se propose de faire travailler 35 heures les enseignants affectés en collège. Et surtout elle ajoute que cela ne doit surtout pas parvenir aux syndicats qui pourraient réagir. « Je ne vais pas encore le crier sur les toits parce que je ne veux pas prendre des coups des organisations syndicales enseignantes ».
Interrogée suite à cette révélation, elle a déclaré de «méthode inqualifiable» et de «coup bas» la diffusion de cette vidéo. La dame ne manque vraiment pas de culot et de toupet!
Cette affaire est toutefois intéressante car elle apporte un éclairage utile quant à la méthode de ces gens: c’est dans des cercles restreints, loin de la population, que les décisions se prennent chez ces politiciens. Tout le reste, discours, programme, profession de foi, etc., tout cela n’est que du bidon. Nous voilà donc avertis.
Il se dit que ce «coup bas» aurait pu venir d’un camarade socialiste de Royal, candidat comme elle, qui se serait servi de cette vidéo comme peau de banane pour la mettre en difficulté. On peut penser qu’elle saura à son tour s’arranger pour divulguer les autres coups bas que ses petits camarades nous cachent. Question de rétablir l’équilibre et de montrer que tout ce qui s’assemble se ressemble!



Martinique
Retour des patrons au conseil d’Administration de la CGSSM

Partis en octobre 2001 des Conseils d’administration des caisses d’Assurance maladie, les voilà de retour.
On les comprend, puisque MEDEF et CGPME ont obtenu depuis, la réforme du système ainsi qu’ils l’exigeaient du gouvernement de Jospin. Ils sont donc revenus aux affaires et à la CGSSM, ils occupent en force le Conseil d’administration et au sein de celui-ci le bureau où siègent UPA, FDSEA, CGPME et MEDEF.
Ainsi, lorsque le patronat, principal fossoyeur du système pour non paiement de cotisations sociales, travail dissimulé, exonérations de charges, et autres fraudes dont ils sont les seuls à avoir le secret, préside aux destinées de la Sécu c’est tout bonnement: «mété chatt ka véyé lett!» (mettre le chat à surveiller le lait).
En ce qui concerne leurs méfaits à l’encontre des personnels de la Sécu, il faut se rappeler de leur forfait en 2000. Juste avant leur départ du Conseil d’administration de l’UCANSS (union des caisses), ces messieurs s’étaient opposés de manière virulente à l’accord de RTT proposé par les syndicats de salariés.
Patrons qu’ils sont avant d’être administrateurs, ces ignobles individus avaient déclaré que le personnel n’effectuait que 38h 8mn de temps de travail et qu’il ne fallait pas leur accorder une baisse de 10,25% de temps de travail mais seulement de 7%. De plus ils avaient indiqué qu’ils s’opposaient à la RTT pour les cadres, les contrôleurs et les inspecteurs de recouvrement. Ils sont mêmes allés jusqu’à proposer l’idée méprisable que les embauches supplémentaires soient financées par le personnel.
Autant dire que leur retour n’évoque pas un bon souvenir pour le personnel des caisses et que celui-ci devra par simple prévention, face à la meute, se tenir sur ses gardes.