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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES - Samedi 18 novembre 2006 N° 956
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L’UGTG mène une série d’actions pendant la route du rhum
Les militants de l’UGTG se sont mobilisés en différents points annoncés lors du rassemblement place de la Victoire le 27 octobre. Si les menaces annoncées ce jour là contre la route du rhum ne se sont pas concrétisées, la mobilisation a été marquante dans plusieurs secteurs.
Stations services. L’UGTG avait dénoncé la multiplication de stations sans employés, alors même que les patrons de ce secteur font des affaires, ouvrent de nouvelles stations, comme à la Marina cette semaine pour les bateaux, et qu’il y a tant de chômeurs. Le 6 novembre des militants bloquaient de nombreuses stations service, semant un peu de panique. Il semble que cela a entraîné des négociations.
Hôtellerie. Des grèves ont entraîné la fermeture de l’hôtel de Nouvelles Frontières et, ailleurs, le déplacement de nombreux clients. Cela a entraîné une réunion entre l’UGTG et les patrons de l’hôtellerie qui n’était pas les NAO demandées par le syndicat, mais un calendrier pour celles ci aurait été fixé.
ANPE. Toutes les agences étaient fermées le 7 novembre. Des accords ont été signés entre la direction, l’UGTG et la CGTG, mettant fin à la grève.
Administrations. Une action a été menée contre les politiciens accusés d’être allés pavoiser à St Malo pour la route du rhum au lieu de régler les nombreux problèmes sur place. Les militants de l’UGTG ont bloqué l’entrée du Conseil général, du Conseil régional et de la Sécurité sociale à Pointe à Pitre.
CHU. La mobilisation a déclenché l’envoi de forces de police. Les membres de l’UTS-UGTG ont été condamnés pour blocage.
Danone. De Lavigne refuse toujours de revenir sur les 5 licenciements. L’UGTG demande 2 réintégrations. Mais la mobilisation est difficile après un an de grève, malgré ou à cause de la cruauté imbécile du patron.
Toutes ces actions s’ajoutent à des mouvements déjà en cours comme à la Poste des Abymes ou à l’aéroport. Elles expriment, outre la volonté de la direction de l’UGTG de frapper un grand coup, un certain ras le bol des travailleurs dans différents secteurs.
Martinique
Bâtiment. Un patronat toujours hypocrite et méprisant
Après plusieurs réunions de la commission paritaire du BTP, c'est-à-dire entre les représentants syndicaux et patronaux, ces derniers, d’après leurs dires, considèrent qu’ils ont «valorisé» les salaires des travailleurs du bâtiment. Il ne s’agit en fait que des pièces de monnaie que ces exploiteurs ont accepté d’accorder et de signer dans le protocole d’accord du 30 octobre dernier.
Deux pièces de monnaie ont été accordées. Tout d’abord 2% à compter du 1er novembre 2006 puis 2 % à compter, tenez-vous bien, du 1er mars 2007. Une vraie insulte pour les travailleurs.
Mais qu’est ce que ces pièces de monnaies représentent pour un travailleur. Pour un OQ3 c'est-à-dire un Ouvrier Qualifié 3ème catégorie, il verra sur sa fiche de paie, à la loupe, que cela représente une augmentation horaire de 22 centimes. Soit pour 151,66 h (un mois de travail) une augmentation brute d’un peu plus de 33 euros.
Quant à la prime de transport elle a été augmentée de 1 euros, elle est donc passée à 53,50 .
Là où le patronat se montre encore plus méprisant, c’est qu’il n’a accordé une augmentation de 4 %, qu’aux ouvriers OM (Ouvrier Manœuvre) comme s’il voulait se montrer généreux.
Voilà la fameuse «valorisation» dont se vante le patronat.
Au cours de la réunion paritaire du 29 septembre 2006 la partie patronale demande «que les revendications soient fondées sur des éléments objectifs ». Eh bien, les éléments objectifs dont parlent ces messieurs ne pourront être imposés que si l’ensemble des travailleurs du bâtiment se met en lutte pour leur demander d’ouvrir leurs livres de compte pour connaître les profits réalisés sur leur dos.
La grève des ATER a payé
Dès que les ATER (attaché temporaire d’enseignement et de recherche) ont touché leur paie de septembre où les 40% avaient disparu, ils se sont mis en mouvement. L’occupation des services centraux de l’Université (UAG) a commencé le 29 septembre, le lendemain de la grève générale menée à l’UAG par les syndicats FercSup.-CGT/CGTG et SNESUP-FSU. Avec la participation d’autres personnels de l’Université, ils ont mené la grève plus d’un mois pour les 40%. Au bout de 15 jours le gouvernement a reconnu que les ATER en place n’avaient pas été prévenus de cette suppression et les 40% leur ont été rétablis jusqu’à la fin de leur contrat (de 3 ans maximum). Cela s’est étendu à tous les DOM-TOM.
La grève a continué pour la pérennisation de ces 40%. A ce point, tant la direction de l’UAG que les ministères ont bloqué, montrant aux ATER qu’ils s’attaquaient au début de la suppression annoncée des 40% pour tous les fonctionnaires. Les grévistes se sont alors rendus dans toutes les administrations de l’île pour expliquer leur combat. Ils ont reçu le soutien de nombreux syndicats (syndicats enseignants, CGTG, UGTG, FO, CFDT…) qui ont manifesté avec eux dans la rue.
D’abord le Président de l’UAG, puis une délégation des grévistes se sont rendus au ministère de l’Education nationale qui s’engage à « maintenir le niveau de vie » des ATER mais demande que ces 40% ne soient plus les 40% de vie chère des fonctionnaires mais une prime spéciale aux ATER dont il faudrait trouver la forme. Avec la LOLF, loi de décentralisation, l’Université avait en effet accepté de ne plus les payer!
Le 24 octobre les ATER et les facultés en grève ont voté la reprise des cours. Le 2 novembre les grévistes obtiennent un engagement écrit de l’université de verser les 40% aux ATER actuels et futurs et libèrent le bâtiment des services centraux. En commun avec ceux de Martinique qui ont fait 2 jours de grève, les ATER et l’administration travaillent à une nouvelle forme de ces 40%.
Ainsi, sur deux points, la grève des ATER est un succès: elle a rétabli les 40% pour tous les ATER même après 2007. Mais elle n’a pas permis le maintien du principe des 40% de vie chère dans les DOM, du moins pour les contractuels. Sur ce dernier point les ATER ont fait une large campagne et sensibilisé les fonctionnaires à la lutte qu’ils devront mener demain.
Succès de la journée d’action de la CGTG
Le mardi 7 novembre, la CGTG avait appelé ses militants à une journée d’action à Basse-Terre afin de dénoncer les mauvaises conditions de travail des salariés tant du secteur privé que du secteur public et les nombreux licenciements. Plus de 200 travailleurs de différents secteurs ont défilé dans les rues de Basse-Terre. Les agents communaux de Ste-Rose sont venus nombreux car ils ont des problèmes avec leur maire, Richard Yacou, qui ne respecte pas le dernier protocole d’accord signé après une grève et les notations ne se font pas, ce qui bloque l’évolution des salaires.
Les camarades du bâtiment étaient bien représentés avec leur fédération car dans un tract ils se mobilisaient sur leurs propres problèmes et dénonçaient l’attitude du patronat qui refuse d’accorder la prime d’ancienneté aux ETAM (agents de maîtrise), de négocier la convention collective des ETAM.
Dans la Santé, la Fédération revendiquait la prime de 20 % auprès du Conseil Général, l’augmentation des salaires, l’amélioration des conditions de travail…
De nombreux autres secteurs ont participé, comme ceux du commerce, l’agroalimentaire avec en particulier la Banane où il y a de nombreux licenciements, les Organismes Financiers (dans les banques le problème de la convention collective n’est toujours pas réglé), la Douane, le CHU,…
Mais le point fort de la mobilisation du 7 novembre, c’était le soutien aux communaux de Ste-Rose et les manifestants sont allés au Centre de Gestion qui gère la carrière des agents. Il faut savoir que les commissions paritaires ne se tiennent pas du fait de l’absence des maires et cela fait 8 ans que les agents attendent leur notation pour voir évoluer leur salaire. Les manifestants ont tenu à dénoncer cette situation. C’est sous la pression que Luc Ademar, élu politique , président du Centre de Gestion est venu sur place. Il a reçu une délégation composée d’agents communaux de Ste Rose et de représentants des différents secteurs d’activité. Il a fallu bien insister pour qu’il accepte de signer un document où il prend l’engagement de faire pression sur les maires qui doivent siéger afin qu’ils soient présents à la prochaine commission paritaire qui doit se tenir le 16 novembre prochain. Lorsqu’il faut siéger pour une commission de discipline tous les maires sont présents, mais lorsque c’est pour le déroulement des carrières des agents ils brillent par leur absence. Cela démontre bien le peu de cas qu’ils font des travailleurs alors que souvent ces maires sont eux-mêmes des fonctionnaires de la fonction publique d’état et n’ont aucun problème de déroulement de carrière. Et dire qu’avec la décentralisation, le Département et la Région doivent bientôt gérer les TOS, les agents de la DDE, DRAC, cela explique pourquoi ces agents sont si inquiets pour leur avenir.
Les travailleurs ont promis de venir nombreux soutenir ceux de Ste-Rose le 16 novembre lors de la commission paritaire. Ils savent qu’une seule journée ne sera pas suffisante, mais c’est un début pour préparer d’autres luttes.
Martinique
Des marins mobilisés pour la défense de leurs droits
Il y a un an déjà, la compagnie maritime la Somatour qui assure la traversée de la baie de Fort de France vers les Trois Ilets connaissait des difficultés économiques. Les salariés s’étaient mis en grève pour réclamer leurs salaires et les collectivités locales avaient appelé à l’aide pour renflouer les dettes.
Finalement cette société avait été liquidée par un jugement du tribunal mixte de commerce de Fort de France. Le repreneur, la compagnie maritime «les pétrolettes du soleil», semble engagé dans une voie semblable.
Depuis la reprise par la nouvelle société, les 18 salariés subissent toutes sortes de tracasseries.
Ce qui les a amenés à arrêter le travail et à immobiliser les bateaux, le jeudi 9 novembre dernier, ce sont les irrégularités dans le versement de leur salaire depuis le mois de juin 2006.
En septembre 2006, ils n’ont reçu que la moitié de leur salaire, puis plus rien. Ils disent qu’ils ne reprendront le travail qu’une fois les salaires versés. Ils avaient également entamé, avec leur syndicat Force Ouvrière, une action devant le tribunal des prud’hommes qui s’était déclaré incompétent. Ils doivent à nouveau se présenter devant le tribunal de commerce et le tribunal d’instance.
En plus des salaires non payés, les salariés reprochent l’attitude de mépris de leur direction, la non reconnaissance des qualifications, certains marins auraient été inscrits dans des qualifications inférieures à celles qu’ils avaient déjà.
D’autres obligations liées au transport maritime comme les conditions d’embarquement et d’enregistrement qui comptent pour le calcul de la retraite ne sont pas respectées par l’employeur.
Samedi 11 novembre, le syndicat Force Ouvrière par un communiqué à la presse, faisait savoir que le travail reprenait le lundi 13 novembre et que des négociations devaient s’ouvrir pour résoudre les points litigieux.
Guadeloupe
Un travailleur du BTP victime d’un accident travail
Un accident s’est produit sur un chantier de construction du Gosier, le 8 novembre. Une plaque métallique de 2,50 sur 2,40 qui était portée par une grue, est tombée sur un ouvrier. Ce dernier a été blessé, atteint de plusieurs fractures au bassin et au poignet. Par chance, il a été plus ou moins protégé par la présence d’arceaux métalliques sur le lieu de la chute, et ses jours ne sont pas en danger.
Le secteur du bâtiment est à haut risque en ce qui concerne les accidents du travail: il détient le taux le plus élevé d’après les statistiques de l’INSEE: 89,5 pour 1000 salariés en 2004 en France. Dans le monde, 2 millions de travailleurs meurent chaque année d’un accident du travail, et 268 millions sont victimes d’accidents non mortels. Ces accidents sont en général liés à de mauvaises conditions de travail, manque de sécurité sur les chantiers, fatigue surtout en fin de journée, moment où les accidents se produisent le plus fréquemment.
Les grues sont-elles correctement vérifiées? Avec quelle fréquence? Un accident similaire, qui n’avait pas fait de blessé, survenu sur le chantier du SDIS à la fin du mois de septembre, avait déjà soulevé de telles interrogations. L’objectif des sociétés du BTP, comme de toute entreprise capitaliste, est de réaliser le maximum de profit. Cela implique la négligence de certaines règles de sécurité. Comme le montrent les statistiques nationales et mondiales, et la fréquence des accidents en Guadeloupe, la vie et la santé des travailleurs les préoccupent bien moins que l’appât du gain.
Guadeloupe
Grèves à Carnot et au lycée agricole
Les enseignants du collège Sadi Carnot à Pointe-à-Pitre ont déclenché une grève le mardi 7 novembre. Le collège manque cruellement de personnels: 14 postes de CES n’ont pas été renouvelés, il manque un personnel de sécurité.
La violence et les agressions aux abords et à l’intérieur du collège sont courantes.
Parallèlement, au lycée agricole, le personnel des établissements publics local d’enseignement et de formation professionnelle agricole (EPLEFPA) demande la réintégration d’un employé licencié. L’UGTG et le SPEG exigent pour les contractuels une évolution de carrière et une harmonisation des contrats de travail.
La politique menée actuellement dans les établissements publics favorise les emplois précaires. Les autorités locales comme nationales sacrifient des emplois et diminuent les salaires sous prétexte de faire des économies, au détriment des travailleurs.
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