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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES - Samedi 2 décembre 2006 N° 957
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CHU Pointe-à-Pitre/Abymes
Drôle de grève... ou règlement de comptes entre chefs syndicaux et directeur général!
Le directeur général du CHU aurait finalement jeté l’éponge dans le conflit singulier qui l’opposait aux dirigeants de l’UTS! Ce fut la conclusion d’un affrontement commencé depuis près de six mois (le 6 juin 2006) où l’UTS a tenté de rallier les agents hospitaliers à une grève pour obtenir le départ du Directeur général (DG) et de la DRH (directeur des ressources humaines).
Pour cela, elle a mis en avant le problème d’une employée qui contestait le fait de n’avoir pas été nommée au poste qu’elle réclamait. Ayant obtenu son diplôme d’assistant socio-éducatif, elle n’avait pas été retenue par le jury qui décide de ces recrutements, parmi plusieurs autres postulants, elle a alors engagé un bras de fer avec le directeur du CHU. Depuis le 16 janvier 2006, cette employée était restée à la DRH puis devant l’entrée et refusait de travailler, réclamant le nouveau poste auquel elle estimait avoir droit.
L’autre syndicat présent dans l’entreprise, la CGTG, lui a également apporté son soutien et est intervenu auprès de la direction du CHU. A partir du 6 juin, il y eut une grève, appelée par l’UTS, pendant quelques jours qui fut suivie par une partie du personnel.
Ensuite, l’UTS a décidé que le cas de l’employée et les divers problèmes du CHU ne pourraient être résolus que par le départ du DG. Mais la majorité du personnel du CHU ne la suivit pas et pensait plutôt que ce DG, guadeloupéen d’origine, tentait de remettre en ordre un CHU décrié et en état de dysfonctionnement continu depuis des années. Ce qui avait occasionné plusieurs grèves dans le passé et le changement d’au moins 4 directeurs. Le mot d’ordre de l’UTS ne fut pas suivi non plus par les travailleurs les plus combatifs, qui ont mené différentes grèves dans le CHU.
La difficulté pour la CGTG fut alors de ne pas laisser non plus ces travailleurs s’associer à une sorte de mouvement de soutien au DG (qui depuis s’est développé!) et donc de suivre une ligne indépendante à la fois du règlement de comptes UTS-DG et de ceux (dont des cadres et médecins du CHU) qui voulaient «soutenir le DG».
Tout en ne réclamant pas le départ du DG, la CGTG a appelé les travailleurs à créer les conditions d’une mobilisation sur les vrais problèmes du CHU: plan de retour à l’équilibre financier, application de la T2A (tarification à l’activité), construction d’un nouveau CHU, etc… Elle a appelé à deux assemblées générales où les travailleurs ont voté chaque fois pour la préparation d’une action d’ensemble sur les revendications. Il a été décidé de consulter tous les services du CHU et de faire participer les travailleurs à des réunions et décisions sur la mise en route de cette mobilisation.
Mais il n’y a jamais eu de volonté d’entrer en grève à ce moment là, même «en profitant» du problème posé par l’UTS. Les dirigeants de l’UTS, eux, ont continué à réclamer le départ du DG et en ont fait une affaire entre eux et le DG! Cet affrontement, auquel les travailleurs du CHU n’ont jamais été associés, sur lequel ils n’ont jamais été consultés, a donné lieu à des actions de blocage divers (serrures bloquées, informatique paralysée, admissions fermées, DRH fermée, Direction fermée et même murée).
Ces actions ont eu deux conséquences. D’une part, le DG, et toute la direction, se sont retrouvés sans bureaux, sans administration tandis que tout le reste du CHU fonctionnait! Ce qui avait des répercussions sur les travailleurs (problèmes de la paye, des primes, des départs en retraites, des titularisations...) D’autre part, les travailleurs ne suivant pas l’UTS et allant au travail, les anti-DG se montraient actifs et plus véhéments aux entrées et fermaient les parkings du personnel. Pour faire pression sur les travailleurs allant au travail, les roues de leurs voitures laissées éparpillées à l’extérieur du CHU étaient crevées. Des affrontements verbaux avaient lieu chaque jour, des malades étaient renvoyés par les piquets anti-DG, sous prétexte que le «CHU ne marchait pas». On a même vu une travailleuse qui protestait contre les déprédations sur sa voiture se faire menacer par un anti-DG avec son sabre. Il y eut aussi des interventions musclées pour fermer les «admissions», ce qui provoqua des conflits avec les travailleurs de ces services. Tous ces comportements des anti-DG provoquaient de plus en plus de mécontentement et de rejet auprès d’une majorité de travailleurs, y compris dans la base de l’UTS.
La CGTG a appelé à une AG du personnel (une centaine de présents) où furent condamnées les actions qui s’en prenaient aux travailleurs du CHU ; et en même temps elle a présenté une motion qui fut votée par l’AG réclamant que la direction règle les problèmes en suspens du fait des blocages: retard dans le paiements des primes, règlements des dossiers de départs en retraite, la reprise des discussions sur les problèmes de budget, recrutement sur les postes vacants, intégration des personnels des espaces verts et entretien. Une délégation fut constituée, composée de délégués CGTG et de travailleurs désignés par l’AG pour présenter ces revendications. Cette motion devait être discutée dans les services.
La CGTG a réaffirmé son soutien à l’employée contestataire et réclamé le paiement des salaires perdus selon le protocole d’accord signé, en septembre 2006, par l’ARH, l’UTS, le président du Conseil d’administration du CHU et par un envoyé du ministère chargé de régler les conflits du CHU, et que refusait le DG.
Finalement, le DG sous la pression très forte des gens qui lui étaient hostiles (en majorité un groupe de dirigeants UTS) a semble-t-il donné sa démission. Il semble aussi qu’il ait été lâché par son administration de tutelle, qui lui reprochait de ne pas appliquer le protocole d’accord de compromis signé avec l’UTS!
Pour l’heure, le DG parti, le CHU va fonctionner avec un autre DG par intérim ou un titulaire, et les problèmes les plus importants des travailleurs restent à régler! L’application de la nouvelle politique du gouvernement consiste à prétendre rentabiliser le fonctionnement des hôpitaux et aboutira à des restrictions budgétaires, qui ont des conséquences sur les travailleurs: non remplacement de départ à la retraite, non remplacement suffisant des départs en congé longs, restrictions sur les matériels petits ou gros …
La CGTG a appelé les travailleurs à se mobiliser sur ces problèmes, à se donner les moyens d’une action d’ensemble sur leurs problèmes et non se focaliser sur le sort du DG, pour regretter ou non son départ ou pour débattre longuement sur le nouveau qui sera nommé. En réalité la seule façon pour que les décisions des DG ou de l’ARH (qui est le représentant du ministère) soient favorables aux travailleurs, c’est en permanence de peser sur ces décisions, comme cela s’est fait tout au long de l’année 2006. Car tout au long de l’année, des grèves partielles ont eu lieu dans le CHU, dans un service ou un autre, et dans ces grèves les agents hospitaliers ont su faire preuve de détermination pour arracher leurs revendications. Cependant, devant l’ampleur des attaques prévues par le gouvernement et ses représentants locaux (ARH ou Inspecteurs de santé (IGAS) ou «conseiller général» envoyés par le ministère), la CGTG appelle à préparer des luttes de tous les agents du CHU, tous services ensemble.
Le projet de construction d’une décharge crée des mécontents à Sainte-Rose
Depuis plus de deux semaines, plusieurs riverains de l’Espérance à Sainte-Rose sont mobilisés contre les nuisances de la décharge actuelle et le nouveau projet qui prévoit une décharge plus importante. Ils sont incommodés par les odeurs et les fumées constantes dégagées par la décharge. Suivant la direction du vent, ce sont les sections de Duzer, de Desbonnes, de Comté, de Vinty de Nogent, de Sainte-Marie qui sont concernées par ces nuisances et même des sections de Deshaies. Les riverains se sont organisés dans un collectif de défense de l’environnement. Ils bloquent l’entrée de la décharge nuit et jour. Le ramassage des ordures est suspendu. Plusieurs réunions publiques ont eu lieu. Une pétition a déjà recueilli plusieurs signatures. Une marche de protestation a eu lieu le dimanche 26 novembre.
Le collectif dénonce également le projet du département de construire une décharge plus importante qui collectera les ordures de toute la Guadeloupe. Ce projet a été confié au groupe SITA-SUEZ qui a récupéré 63 ha de terres à l’Espérance, une surface beaucoup plus importante que le bourg de Sainte-Rose. Le Collectif dénonce le manque d’informations sur ce projet. La population concernée à Sainte-Rose n’a pas été consultée. Elle a des inquiétudes concernant l‘environnement.
Les responsables du département parlent de traitement d’ordures non à ciel ouvert, mais le CSDU (centre de stockage des déchets) prévu, ne semble pas être organisé pour le traitement du début à la fin de la chaîne. Selon le Collectif, rien n’est prévu en amont. Le Collectif dénonce également l’occupation industrielle de tant d’hectares de terres agricoles au profit de grosses sociétés capitalistes. Il réclame des discussions sur le projet et une implication de la population. Face à cette mobilisation le maire de Sainte-Rose, Richard Yacou, a réagi, en déclarant qu’il s’opposait au projet. Jacques Gillot, président du conseil général, a déclaré que la position du maire le surprenait car ce dernier, en tant que conseiller général a avalisé l’implantation de la nouvelle décharge dans sa commune. S’agit-il de petits règlements de comptes à la veille d’élections? Les habitants de Sainte-Rose et de Deshaies ont raison d’exiger des comptes des élus. Ces derniers décident de projets dans le dos de la population sans tenir compte des inquiétudes de celle-ci.
Guadeloupe
Rebondissement dans l’affaire des occupants de Béron
Clodomir Bajazet, ex-maire de Sainte-Rose, a contacté le comité de défense des occupants de Béron pour lui déclarer qu’il n’avait pas signé d’acte de vente avec la SEMSAMAR. Cette société immobilière qui a acheté les terres de Béron a assigné les occupants en référé. Parmi les pièces jointes au dossier présenté à la justice, il y a un acte notarié daté de janvier 1997 qui précise les portions cadastrales vendues à la SEMSAMAR dont Bois Rada et Béron ainsi que le coût de la vente. Cet acte notarié porte la signature de Clodomir Bajazet qui représentait à cette époque la municipalité de Sainte-Rose. C’est sur la base de ces documents de justice que les occupants ont dénoncé publiquement Clodomir Bajazet et le maire actuel Richard Yacou qui était son premier adjoint au moment de cette transaction foncière.
Aujourd’hui, l’ex-maire conteste cette vente et voudrait même en saisir la justice. Les pièces qui ont servi à la défense de la SEMSAMAR seraient-elles fausses? Le directeur général de la SEMSAMAR, Jean Claude Fisher, a déclaré sur les ondes que c’était le département qui avait vendu les terres à la société. Pourquoi l’acte notarié fait mention de la Municipalité de Sainte-Rose? Il y a-t-il un trafic dans cette affaire? Pourtant, plusieurs occupants ont été cités devant les tribunaux. C’est grâce à leur mobilisation et à leur détermination qu’ils n’ont pas été condamnés. Deux d’entre eux, et une de nos camarades Lita Dahomay qui soutient les occupants, ont été condamnés aux dépens.
Suite aux déclarations de Clodomir Bajazet, les occupants ont décidé de suspendre leurs négociations avec la SEMSAMAR jusqu’à ce qu’ils aient des informations claires sur cette affaire. Le mardi 7 novembre, ils se sont mobilisés dans les nouveaux locaux de la SEMSAMAR à la Jaille. Deux représentants de la SEMSAMAR leur ont proposé de leur vendre leur terrain à 45 euros le m2 au lieu de 62 euros. Mais les occupants trouvent cette somme encore trop élevée. Les autres terres occupées à Sainte-Rose ont été vendues par la municipalité à 100F le m2, ce qui représente environ 15 euros. Que ce soit la Municipalité de Sainte-Rose ou le Département qui a vendu des terres pour moins de 2 euros à la SEMSAMAR, avec 53 occupants installés depuis 20 ans à Béron, il faut une participation financière de ces collectivités pour que les occupants deviennent définitivement propriétaires de leur terrain.
Martinique
A propos de l’article du GRS sur le 70e anniversaire de la CGTM
Dans un long article intitulé: «70 ans de la CGTM: réflexions sur un anniversaire» de leur journal Révolution socialiste du mois d’octobre 2006, les camarades du GRS donnent à leurs lecteurs leur vision de ce qu’aurait pu être la commémoration de l’anniversaire de naissance de l’union des syndicats de la Martinique qui deviendra plus tard la CGTM.
L’auteur de l’article indique au passage que des camarades du GRS ont logiquement «choisi le camp de la rénovation » (?) et de «la radicalisation avec la CGTM tendance Joachim», comme on disait à l’époque de la scission de juin 1990. Il insiste en particulier sur le fait que la commémoration aurait pu être organisée de façon commune avec l’autre «branche minoritaire, née de la scission de l’ex-CGTM en 1990» et selon eux, être l’occasion d’engager des débats sur « l’ensemble des problèmes de «l’émancipation nationale et sociale». C’est son point de vue.
Les camarades qui dirigent aujourd’hui la CGTM, ceux qui ont été élus au Bureau Confédéral, ceux qui représentent leurs syndiqués dans la Commission exécutive de la Confédération, eux, ont voulu placer cette commémoration sous l’angle de l’âpreté et la détermination des luttes sociales des années 1934 à 1936. C’était un choix fait en relation avec l’attente de leurs militants qui pour la plupart avaient très peu de connaissances sur cette période du mouvement ouvrier. La forte participation des militants à l’ensemble des manifestations indique que ce choix avait une justification.
Sur l’organisation de cette commémoration conjointement avec l’autre « branche minoritaire, née de la scission de l’ex-CGTM en 1990 », le GRS fait remarquer, sous forme de reproche, que cela aurait évité de contribuer au malaise de …la branche minoritaire et au passage le voilà qui indique que l’actuelle CGTM ne peut être présentée comme «l’héritière idéologique la plus légitime et la plus «naturelle» des fondateurs de la CGTM».
Là encore , le GRS, qui indique dans son article que ses militants avaient fait le choix du «camp de la rénovation et de la radicalisation » lors de la scission de 1990, aurait pu savoir que s’il n’a pas été possible d’organiser de façon commune cet anniversaire, essentiellement pour des questions de délais d’ailleurs, les principaux dirigeants de la CGTM-FSM ont été conviés à cette commémoration et certains ont accepté suite à notre initiative de s’y associer en participant à certaines manifestations, notamment à des interviews radio et télévisées sur les périodes qu’ils avaient vécues.
Il est bien évident pour les militants révolutionnaires et ceux du mouvement ouvrier, que «l’événement fondateur de 1936 n’appartient à personne en propre», mais bien à l’ensemble du mouvement ouvrier. Mais les questions d’ « héritage idéologique légitime et naturel des fondateurs de la CGTM» - notion qui est loin d’être établie - , semblent bien étrangères aux préoccupations actuelles du mouvement ouvrier confronté à la rapacité des capitalistes et de leur système.
L’auteur de l’article n’a voulu retenir de la très large présentation d’ouvrages littéraires, sociaux, politiques, romans et BD, sur les tables de lecture présentées au public dans toutes les manifestations que «la dernière édition des Damnés de la terre», le dernier ouvrage d’A.Lucrèce et les brochures de “Lutte Ouvrière», pour saluer, un peu ironiquement, disons le, l’ouverture d’esprit avec lequel était organisée la manifestation du 70è anniversaire de la CGTM, c’est que décidément, il avait bel et bien décidé de chausser des lunettes spéciales sur cette manifestation.
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