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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 2 décembre 2006      N° 957


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Page 3

Capesterre-Belle-Eau
Selon que vous soyez riche ou pauvre...

Le lundi 13 novembre au journal de 13H de RFO-Guadeloupe, on apprenait que le fils de L. Dormoy, l’un des plus grands planteurs de bananes de la Guadeloupe, serait actuellement emprisonné dans la partie hollandaise de l’île de St Martin, et ce depuis le mois d’août dernier.
J.L. Dormoy, c’est de lui qu’il s’agit, serait impliqué dans une affaire de blanchiment d’argent en relation avec des trafiquants de très haut vol. Il nie catégoriquement les faits qui lui sont reprochés. Mais en attendant, il est sous les verrous, et très probablement mis en examen, si la procédure suivie à Saint Marteen est la même qu’en France. Les autorités américaines auraient même demandé son extradition vers les Etats-Unis. A l’heure où nous écrivons nous n’en savons pas plus sur la suite de cette affaire.
Il est à noter toutefois que l’information, communiquée par le journal de RFO-Télé, le lundi 3 novembre, n’a pas été reprise. Ni par RFO-Radio, ni par aucun autre moyen d’information. Pourtant, les médias en général, télévision, radios et journaux sont assez friands de ce genre d’information portant sur les trafics de toutes sortes.
Mais voilà, il ne s’agit pas en l’occurrence de n’importe quel quidam. Mais du fils d’une des plus grandes fortunes de la Guadeloupe, L. Dormoy, chez qui, il n’y a pas si longtemps s’est tenue une fête rassemblant des magistrats et d’autres membres de «la Haute» de chez nous.
Pour paraphraser ce dicton célèbre «selon que vous soyez riche ou pauvre »….votre nom sera donné en pâture dans les médias!



Saint-François
Fin de la grève du personnel communal

Déclenchée le 27 octobre dernier par le personnel affilié à l’UTC-UGTG, cette grève aura duré près d’un mois. La réunion du lundi 20 novembre a permis aux deux parties de s’accorder sur l’ensemble des points de revendications du personnel en grève, à savoir notamment, l’amélioration des conditions de travail, l’arrêt de la répression antisyndicale, la réorganisation effective des services, la revalorisation des carrières, la prise en compte des années d’ancienneté et le respect du travail accompli, etc. Ainsi, dès la signature de ce protocole d’accord, les grévistes reprirent le travail.
C’est un succès. Reste maintenant au personnel à régler avec le maire, Ernest Moutoussamy, le paiement des jours de grève. Sur ce point la discussion a duré jusqu’au vendredi 24 novembre. Ernest Moutoussamy s’est rendu en France au congrès des maires sans qu’un accord soit trouvé.
D’après Ernest Moutoussamy, «rien de sérieux ne justifiait cette grève». Dans ce cas, pourquoi avoir attendu près d’un mois pour régler les problèmes.



Guadeloupe
Extraits de “écho des Télécom”

QUAND FRANCE TELECOM (FT) FAIT DU CINEMA
FT vient de se doter d’une filiale destinée à acheter des droits et à financer la production d’une quinzaine de films par an. Nous lui suggérons dès à présent le synopsis d’un drame réaliste qui pourrait s’intituler «descente aux enfers», concernant les conditions de travail inhumaines imposées aux employés dont beaucoup se sont suicidés.
FIBRE OPTIQUE ET FIBRE DU GAIN
Le marché du «très haut débit» est en train de se préparer à l’aide de réseaux de fibres optiques. Cela devrait revenir à des dizaines de milliards d’euros. On parle donc de «mutualiser» les efforts de plusieurs sociétés. Mais FT réfléchit. S’il peut faire payer cher ses abonnés pendant quelque temps ce sera tout bénéf. Mais tout va vite. Alors, les cerveaux malades de fric de FT tournent vite: comment faire le max de fric en peu de temps. C’est tout FT ça!



Extraits de “écho de l’ANPE”

SUCCES DE LA MOBILISATION DU 07 NOVEMBRE
La majorité d’entre nous était en grève le 07 novembre à l’appel de l’UGTG et de la CGTG. Toutes les agences sont restées fermées. Nous avons obtenu l’arrêt de la mise en place de MADEO et de la plateforme téléphonique.
Concernant nos conditions de travail et les projets de fusion de l’UNEDIC et de l’ANPE, la DG ne recule pas. Elle poursuit la mise en place des parcours et du SMP.
Mais en Guadeloupe, pour l’instant, rien n’est opérationnel. Pour faire reculer définitivement la direction d’autres mobilisations seront nécessaires!

SPIRITUALITE A LA PETITE SEMAINE
On raconte que plusieurs chefs de service de l’ANPE craignent que les agents s’en prennent à eux. C’est ainsi que régulièrement on voit fleurir des comportements surréalistes: untel ferme son bureau à clés de peur qu’on y dépose un ou des objets indésirables, d’autres sont souvent chez des «menti-mentè» ou alors ils font passer leurs idées rétrogrades à travers des formations divulguées aux agents de leur service.
Certains ne savent plus à quel saint se vouer!



Extraits de “écho de l’Aéroport”

ANTILLES PROTECTION: GRÈVE DE L’ENSEMBLE DU PERSONNEL
Le lundi 6 novembre le personnel s’était mobilisé pour la réclamation des heures supplémentaires 2003 et des différentes primes mais surtout, l’attribution des contrats pour certains collègues.
La direction s’est d’abord opposée avec des méthodes de filou (par exemple déduire les jours de congé du total travaillé). Enfin le vendredi elle a signé pour l’ensemble des points évoqués. Elle a payé 80 000 € d’heures supplé-mentaires. L’ensemble du personnel a rejoint la grève le jeudi.
Il restera vigilant face aux manœuvres de ce genre de patrons.

AIR CARAÏBES REPREND SES VOLS INTER-ILES … POUR LES TOURISTES
Les Marie-Galantais auront de nouveau la possibilité de voyager par Air Caraïbes. Mais pas tous les jours.
En effet la compagnie a décide de reprendre les vols à la demande des opérateurs touristiques! Et seulement les jours que ces opérateurs ont choisis. Pas d’avion les mardi, mercredi et jeudi. Les Marie-Galantais devront se débrouiller.



Martinique
Assemblée Générale des ouvriers agricoles. Blocage des salaires et augmentation de la productivité

Les ouvriers agricoles CGTM se sont retrouvés en assemblée générale de bilan, le samedi 25 novembre dernier, à la maison des syndicats. Ils ont fait le bilan de l’année écoulée, en particulier sur les négociations de branche et les élections à la chambre d’agriculture.
Plusieurs membres du bureau confédéral de la CGTM sont venus leur apporter leur soutien.
Sur les négociations de branche ils ont remis aux employeurs une plate-forme de revendications de 9 points depuis septembre 2005. Et ils estiment aujourd’hui n’avoir aucune satisfaction: rien sur les augmentations de salaires, sur le 13ème mois, sur la prime de transport, sur la revalorisation de la prime de licenciement, sur le paiement des journées chômées à cause d’intempéries, sur la retraite complémentaire et les mesures contenues dans le contrat de progrès social, comme le reclassement des ouvriers licenciés, la retraite à 52 ans, la formation.
Les employeurs et l’intersyndicale CGTM-FSM, CSTM, UGTM, se sont lancés d’abord dans la réécriture de la convention collective sans respecter les procédures de dénonciation ou de révision prévues, ensuite dans la signature d’accord sur les salaires aussitôt rendu caduc par les augmentations du SMIC de juillet 2006. Aujourd’hui les patrons disent maintenir le cœfficient 100 au taux du SMIC soit 8,27 euros et le coefficient 102 à 8,30 euros.
L’intersyndicale s’entête à vouloir signer une prime de fin d’année calculée sur le nombre de containers alors que la majorité des ouvriers ont choisi le versement d’un treizième mois.
Ces négociations ressemblent plus à des négociations pour les revendications patronales, et ces derniers en profitent. Ils ont ainsi ressorti un avenant sur l’application de la mensualisation dans l’agriculture en Martinique signé en 1991 par l’intersyndicale qui prévoit le travail obligatoire le samedi en cas de livraison. La délégation CGTM a fait savoir son désaccord sur la manière dont se déroulent ces négociations. Il est vrai que seule une délégation d’ouvriers déterminés pourraient intervenir pour exiger la tenue correcte des négociations. Sous prétexte de crise de la banane les signataires des différents accords ont bloqué tous les salaires au niveau du SMIC alors que davantage de travaux sont exigés sur les habitations.
Pour les élections à la chambre d’agriculture du 31 janvier 2007, beaucoup de salariés n’ont pas été inscrits, ils ont dû faire eux-mêmes les démarches dans ce sens.
De plus, pour être électeur, avec la nouvelle réglementation il faut être de nationalité française, et le vote se fera par correspondance. Ce sont donc des yeux et des oreilles étrangères aux affaires des patrons à la chambre d’agriculture que l’on veut réduire sinon éliminer, car les ouvriers n’y ont aucun pouvoir.
Présents sur une vingtaine d’exploitations avec plus de 60 représentants du personnel, les ouvriers agricoles CGTM, s’attendent à de nouveaux changements dans la banane.
En attendant ils ont terminé leur assemblée générale par un pot de l’amitié.



Martinique
Santé. Non à la politique gouvernementale de restriction des budgets des hôpitaux

Les syndicats CGTM et la CDMT de la Santé continuent de mobiliser leurs militants contre la détérioration des conditions de travail dans les hôpitaux de Martinique.
La semaine dernière, ils ont tenu une conférence de presse pour dénoncer les conséquences de la politique de restrictions budgétaires du gouvernement. Avec les plans de retour à l’équilibre imposés par l’agence régionale de l’hospitalisation (ARH), la diminution des effectifs est à l’ordre du jour avec en ligne de mire le retour aux effectifs de 2004. On assiste au licenciement de salariés contractuels, à l’augmentation de l’activité des titulaires: difficulté à prendre des congés, non remplacement et chasse aux salariés en congé de maladie ; bref des conditions de plus en plus intolérables pour les hospitaliers. Quant aux médecins, ils devraient bientôt voir une partie de leur salaire transformée en prime calculée en fonction de leur capacité à permettre à l’hôpital de faire des économies, voire de «bonnes affaires», en multipliant les «actes bien payés» par exemple.
Les usagers eux aussi trinquent. Ils subissent des difficultés au niveau de leur prise en charge en cas de maladie, de l’augmentation du forfait hospitalier, du déremboursement de certains médicaments ou de la création d’une nouvelle taxe pour les actes chirurgicaux dépassant 91€, d’une nouvelle augmentation de la Contribution sociale généralisée (CSG).
En fin 2006, avec notamment la tarification à l’activité, le CHU de Fort de France se trouve en déficit de plus de 7,4 millions d’euros et le centre hospitalier du Lamentin a un déficit de 1,6 millions d’euros à combler. Quant au CH de Colson, il semble qu’il lui est demandé par l’ARH, de faire 3,8 millions d’euros d’économies.
Le samedi 24 novembre, plusieurs dizaines de militants des syndicats de la Santé CGTM et CDMT se sont rendus en caravane devant plusieurs supermarchés pour faire des prises de paroles dénonçant cette situation et distribuer des tracts à la population.
C’est un véritable scandale. L’état n’utilise pas l’argent de nos impôts pour financer correctement les dépenses des hôpitaux. L’argent des impôts est utilisé pour être mis au service du patronat, et notamment pour le subventionner à fonds perdus sous forme d’exonérations sociales et fiscales. Par contre, depuis des années, les gouvernants utilisent l’argent des caisses de la Sécurité sociale (venant des cotisations sur les salaires) pour financer des dépenses qui devraient être prises en charge par le budget de l’état, telles que la formation des médecins ou des infirmières, la construction des hôpitaux ou autres investissements. Le gouvernement organise ainsi le déficit permanent de la Sécu.
Pire, voilà qu’au nom d’un retour à l’équilibre budgétaire, il veut exiger que les hôpitaux remboursent l’argent qui leur avait été versé au titre de subventions, notamment celles données suite aux mobilisations de fin 2005 en Martinique.



Martinique
Visite de la dirigeante du PCF

Invitée par le PCM (Parti communiste Martiniquais), Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF (Parti Communiste Français), a effectué une visite d’une journée en Martinique.
La visite de l’ancienne ministre de la jeunesse et des sports du gouvernement de Jospin s’inscrit dans le cadre des prochaines élections présidentielles de 2007.
Cette visite s’est traduite par une première halte au pôle de recherche agro-environnementale de la Martinique, le PRAM, puis une autre halte sur l’habitation Trianon au François, dont le propriétaire est la famille capitaliste Hayot.
Après avoir rendu visite à ces békés, gros possédants locaux, elle a fait ensuite une conférence de presse à la Maison des Syndicats avec des représentants des organisations syndicales…
Ce genre d’acrobatie politicienne est bien connu des hommes et des femmes politiques de gauche, bien d’autres l’ont déjà fait avant elle. Le PCM lui, s’en glorifie en écrivant dans le journal Justice n° 47 du 23 novembre 2006. «Nous redirons amicalement à Marie-George Buffet que (...) la Martinique est une société qui vit une crise, économique, politique liée à son statut de néo-colonie départementale……. Seule une politique globale et menée par des Martiniquais et pour les Martiniquais peut sortir le pays de l’impasse. Cela est incontournable».
Le PCM veut sortir d’une «impasse» pour en créer une autre, faire croire à ceux qui lui font confiance en particulier les travailleurs que «Seule une politique globale et menée par des Martiniquais et pour les Martiniquais peut sortir le pays de l’impasse». Ce genre de langage n’est que duperie. Car la «seule politique globale» pour reprendre les termes du PCM qui peut sortir la classe ouvrière «de l’impasse» est celle où la classe ouvrière se donne les moyens de lutter contre les méfaits des patrons et un jour, par ses luttes, de remplacer la société capitaliste par une société socialiste.