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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES - Samedi 16 décembre 2006 N° 958
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Quand Confiant tombe un peu bas
C’est dans l’air du temps, les déclarations dans le style «provoc», volontairement choquantes, la recherche de l’effet sensationnel sont à la mode chez les personnalités du monde politique, littéraire ou artistique. En serait-il ainsi de Raphaël Confiant?
Depuis plusieurs semaines, le nom de l’écrivain et professeur martiniquais fait l’actualité dans un certain milieu. En cause, un texte intitulé «la faute (pardonnable) de DIEUDONNE» après la visite de ce dernier à la fête Bleu Blanc Rouge du Front national. Selon Confiant, qui dit avoir adressé un texte à un cercle restreint de personnes, il ne s’agissait pour lui, que de chercher à comprendre les raisons pour lesquelles l’humoriste Dieudonné, de père camerounais et de mère française, y est allé. Si on ne trouve dans le texte de Confiant aucun soutien avéré à Dieudonné visitant le FN, on n’y trouve, ce qui est dommage, ni critique ni condamnation. L’ensemble du texte, reste complaisant à l’égard de l’humoriste.
Et cette complaisance à l’égard de Dieudonné rend aussi le texte complaisant à l’égard de ses propos et de son attitude générale à l’égard des juifs. Certes, Confiant tente d’écrire un texte impartial en soulignant la répression et le racisme dont ont été victimes les juifs mais aussi la politique infâme de leurs dirigeants et d’Israël à l’égard des Arabes. Mais il n’empêche que l’ensemble du texte, son ton et son expression demeurent volontairement tendancieux, méprisants à l’égard des juifs et intolérables.
Et notamment, l’expression «innommables» employée par Confiant pour désigner des personnes de confession juive et dont il dit que l’écrire lui vaudrait un procès.
Nul ne sait pour quelle(s) raison(s) Confiant a employé des propos aussi fielleux. Est-ce pour être au premier plan de l’actualité dans le but de servir sa «carrière littéraire»? Ou se serait-il mal exprimé? Ce dont on peut douter d’un écrivain rompu à la sémantique et à l’utilisation du «mot juste» Voilà un écrivain dont tous les commentateurs et critiques reconnaissent le talent. Et qui depuis quelque temps s’inscrit dans un registre qui surprend plus d’un. Certains se souviennent certainement de sa sortie contre le journaliste Serge Bilé en juillet 2006 suite à un texte intitulé «Fierté noire» publié après la Coupe du monde de football en Allemagne. Confiant l’avait qualifié de «nègre à Blanc», «Nègre français» et «Français noir», ce qui sous la plume de Confiant revêt un caractère volontairement péjoratif. On est en droit d’attendre bien mieux de quelqu’un comme Confiant que ce galimatias , galimatias qui a tout de même une source dont bon nombre d’intellectuels antillais ne peuvent s’extraire: celle du nationalisme noir ou du nationalisme tout court. Enfermés dans cette pensée étroite frisant parfois le ridicule, ces intellectuels traduisent un certain mal-être, dû en partie à l’échec du nationalisme antillais issu des mouvements des années 60, du moins dans sa section politique.
Le philosophe Nietzsche, dont on dit que Hitler se serait inspiré de ses idées pour sa politique, avait eu cette réflexion: «Ceux qui combattent les monstres doivent faire très attention à ne pas devenir des monstres eux-mêmes».
Au lieu de chanter la vie, Sevran raciste, la tue
Pascal Sevran, animateur de télévision très connu, notamment pour son émission «chanter la vie» a écrit dans son livre «le privilège des jonquilles» en désignant les coupables de la famine au Niger: «Ils signent leurs crimes en copulant à tout va, la mort est au bout de leurs bites, ils peuvent continuer parce que ça les amuse… faire des enfants, le seul crime impuni». A «Var matin» qui commentait ces propos, Sevran a répondu «il faudrait stériliser la moitié de la planète».
Ces propos ont évidemment choqué beaucoup de gens et les associations anti racistes comme le MRAP, le collectif des antillo-guyanais, ont protesté avec force. Ils réclament notamment que l’animateur soit interdit d’antenne jusqu’à ce que la justice se prononce. Le directeur de France 2 a écrit une lettre sévère de mise en garde à Pascal Sevran. Ce dernier du reste aurait fait des «excuses».
Mais, là encore après George Frêche qui protestait contre la composition de l’équipe de France de football comprenant une majorité de Français noirs, on ne peut penser que de telles personnalités aient pu commettre un simple écart de langage. C’est tout bien pesé qu’elles expriment de telles inepties. Car il s‘agit bien avant tout de sottises. S’en prendre à la natalité en Afrique comme cause de la misère en est une. La seule et véritable cause est l’exploitation des peuples et d’un continent par le capitalisme mondial, dont la France pays de Sevran a tiré une grande partie de sa richesse depuis le début de la colonisation jusqu’à maintenant, sous des formes différentes. Des gens comme Sevran et ceux qui le soutiennent font mine d’oublier avec quelle froide détermination, l’impérialisme a organisé méthodiquement le pillage du continent africain, accroissant ou créant la pauvreté. Sevran préconise un véritable contrôle des naissances en Afrique comme les Chinois l’ont fait. Mais en Chine il y eut des campagnes de stérilisation forcée et même des meurtres de bébés de sexe féminin. En Inde aussi Indira Ghandi avait organisé de telles campagnes sans demander son avis à la population et il y eut des émeutes importantes à l’époque.
Depuis quelque temps, les déclarations à caractère méprisantes et racistes de la bouche même de personnalités ont tendance à se multiplier. C’est dans l’air du temps où pendant cette campagne électorale, les ténors de la politique rivalisent, à droite, ou dans la gauche version George Frêche, de propos allant dans le sens de l’électorat de Le Pen et Sarkozy. Les gens comme Sevran sur qui il n’y a pas de conséquence politique directe jouent, eux, les apprentis sorciers et dépassent leurs maîtres.
Sevran a beau se vouloir adepte d’un soi-disant parler vrai, ses propos n’en sont pas moins franchement racistes. Et comme le racisme lui-même ils sont bêtes et méchants.
Mais les vrais responsables de cette puante ambiance délétère sont ceux qui font l’opinion: dirigeants politiques, certains intellectuels à la Finkelkraut qui lui aussi s’en était pris à l’équipe de France «noire», qui flattent des sentiments peu glorieux existant au sein d’une fraction de la population française. Les difficultés économiques, le chômage, la pauvreté ne font qu’exacerber le racisme. Et ces gens en vue, comme Sevran ou autres Frêche s’appuient sur de tels sentiments pour alimenter leur fond de commerce en terme de popularité, publicité ou retombées politiques. Mais si au contraire, par des mesures les condamnant juridiquement et profession-nellement, ces propos devaient entraîner leur faillite personnelle, pour sûr qu’ils resteraient dans leur gorge.
Le budget d’Outre-Mer, toujours en trompe-l’oeil
Depuis 2001 l’Etat a entrepris de réformer sa gestion par la mise en place de la LOLF (loi organique relative aux lois de finances). La LOLF est entrée en vigueur par étapes et appliquée à toute l’administration au premier janvier 2006.
Ainsi, le budget général de l’Etat qui était défini par ministère est désormais découpé par missions. On trouve alors 34 missions qui se décomposent en 133 programmes qui eux-mêmes se décomposent en près de 580 actions.
A travers tout cela, il y a la mission «Outre-Mer». Ses crédits gérés directement par le ministère d’Outre-Mer qui étaient de 1,9 milliard d’euros en 2006 sont évalués à 1,96 milliard d’euros de crédits de paiement pour 2007. Ce projet de budget pour l’Outre-Mer (mission) est composé de trois programmes: conditions de vie (20 %), emploi (59 %), intégration et valorisation de l’Outre-Mer (21 %).
Pour le ministre des départements et territoires d’Outre-Mer, Baroin, ce budget a trois priorités qui consistent à soutenir le développement des collectivités territoriales, lutter contre l’immigration clandestine et réaffirmer l’Etat de droit, développer l’emploi durable.
Mais tout de suite après, Baroin ne manque pas d’ajouter que l’effort pour l’emploi passe notamment par la poursuite des mesures d’exonérations des charges fiscales spécifiques à l’Outre-Mer soit 823 millions d’euros.
En fait, ces politiciens sont au service des patrons. Leur démarche n’est pas de lutter radicalement contre le chômage et la précarité mais de se gargariser de belles phrases sur la création d’emploi. D’ailleurs Baroin ne parle que de l’emploi dans ses discours. Il le fait parce que, comme tous ceux qui l’ont précédé, c’est un moyen de distribuer des milliards aux patrons. Dans de petits pays comme la Guadeloupe, la Martinique et la Réunion (des villes moyennes) on trouve depuis des décennies plus de 40 % des populations au chômage. Depuis des décennies on nous parle d’atténuer notre isolement et de «combler nos retards structurels». Des paroles que des paroles que l’on nous assène depuis toujours, à gauche comme à droite.
Ceux qui créent les richesses de ce pays, les travailleurs, devront, quel que soit le résultat des futures élections de 2007, se battre pour arracher leur part méritée de cette manne qui sera versée au patronat encore une fois l’année prochaine.
Martinique
LEGISLATIVES: Occolier, un non-événement
Le maire du Vauclin, Raymond Occolier, ancien admirateur et autrefois fervent supporter de Marie-Jeanne, ancien militant communiste, a annoncé qu’il serait candidat lors des législatives de juin 2007 contre ce même Marie-Jeanne, député de la circonscription Sud depuis 1997.
Cette annonce a eu le même effet que celle de Sarkozy pour la présidentielle: aucun effet de surprise. Car depuis son dernier échec, il préparait déjà cette échéance.
Par contre les «propositions» du futur candidat Occolier pour répondre aux «préoccupations» des gens et les raisonnements d’arrière-boutique pour se partager des places méritent un petit arrêt sur image.
Occolier commence par proposer à Antiste, maire du François, également candidat déclaré dans cette circonscription d’attendre deux ans encore pour être …. sénateur. Et ainsi lui laisser la voie libre pour être député. Un deal du genre: «tu me donnes ça, je te donne ça». Pas nécessaire là de consulter la population pour savoir si tel serait son vœu, bien qu’il se dise chaud partisan de la «démocratie participative», ni ses camarades qui n’auront qu’à avaliser après avoir pris connaissance de son interview du lundi 4 décembre.
Plus intéressantes par contre sont ses propositions pour régler les problèmes du logement social, la situation des personnes âgées et l’emploi des jeunes: augmenter le taux de la TVA, créer une taxe sur les télécommunications et un prélèvement sur les jeux de hasard. En d’autres termes, le soi-disant socialiste Occolier demande à ceux qui sont victimes du système économique que défend le même Occolier, de lui confier un mandat pour mieux les détrousser par la suite.
Il fallait une bonne dose de culot, de démagogie et de cynisme pour oser faire de telles «propositions». Occolier l’a fait!
La politique erronée des dirigeants de l’UTS a placé en difficulté ses militants
Après les actions menées dans le CHU de Pointe-à-Pitre/Abymes par les militants de l’UTS durant pratiquement une année, qui visaient à obtenir le départ du directeur (DG) de ce CHU, les militants de l’UTS ont, d’une certaine manière, obtenu satisfaction, puisque le DG a finalement jeté l’éponge. Pour l’instant il n’y a pas de directeur dans l’établissement et ce sont des rumeurs qui circulent sur le nom du prochain préposé à ce poste de DG.
Il reste que le personnel du CHU reste très marqué par cet épisode et deux catégories de travailleurs reprochent aux dirigeants de l’UTS leur conduite dans cette affaire.
D’abord une sorte de parti pro directeur (pro Jolivière) s’est regroupé et dénonce pêle-mêle les comportements dictatoriaux anti-démocratiques de l’UTS et dit que c’est une injustice vis-à-vis d’un DG qui faisait bien son travail. Ce parti pro Jolivière explique que c’est précisément parce que Jolivière voulait réorganiser et régulariser le fonctionnement du CHU qu’il s’est heurté aux intérêts particuliers de l’UTS.
L’autre catégorie, dont la CGTG exprime les sentiments et en gros l’opinion s’est opposée aux comportements divers, anti-démocratiques de l’UTS parce que celle-ci ne s’est jamais souciée ni des opinions, ni des sentiments des travailleurs qui, dans leur grande majorité ne voulait ni se battre pour le départ du DG, ni se lancer dans les actions qu’a menées de façon totalement isolée l’UTS. Il n’y avait pas grève dans l’hôpital mais blocage de certains points clé (admissions, DRH, etc.) sans que les intéressés puissent se prononcer là-dessus.
Au total, aujourd’hui malgré sa «victoire» (puisque Jolivière semble bien parti!) l’UTS semble plutôt embarrassé ; elle a mis ses propres militants en difficulté et en porte à faux vis-à-vis des travailleurs du CHU. Au point qu’elle continue à ne rien proposer aux travailleurs sur leurs revendications qui restent au même point! L’application de la politique de désengagement de l’Etat dans les services publics hospitaliers va avoir des conséquences graves et néfastes pour tous les personnels hospitaliers. L’application de la dite «tarification à l’activité» vise à faire des hôpitaux des lieux où la notion de «rentabilité» va prendre le dessus sur celle du service rendu aux malades! La hiérarchie de la Santé encourage déjà les interventions «qui rapportent», au détriment des autres, bien sûr! Les budgets seront et sont déjà insuffisants, les titularisations se feront avec lenteur et au rabais, les remplacements des départs en congés aussi!
Sur tout cela, l’UTS ne dit rien et n’a rien à proposer... sinon la baguette magique d’un nouveau directeur! Bien sous tous les rapports, autrement dit soumis à la volonté des dirigeants de l’UTS!
Pour l’heure, nombre de ses militants doivent se défendre devant une multitude d’attaques judiciaires qui les vise! Des enquêtes seraient encore en cours dans le CHU.
Nous à Combat Ouvrier, fidèles à nos principes, estimons que la justice de l’état des patrons n’a rien à faire dans les conflits du travail. Les travailleurs du CHU sont assez grands pour régler leurs problèmes, y compris ceux qu’ils ont avec les dirigeants de l’UTS. D’autre part, nous disons aux travailleurs du CHU qu’ils n’ont pas intérêt à laisser la justice s’en prendre à des militants de l’UTS qui ont suivi la politique et les actions incohérentes, anti-démocratiques voire stupides, de leurs dirigeants. Les problèmes à l’intérieur du mouvement ouvrier peuvent y être réglés par les travailleurs eux-mêmes. Donc, en dépit de ce que nous pensons de leur conduite dans toute cette affaire du CHU, nous affirmons notre solidarité avec les militants syndicaux frappés ou visés par une justice qui est toujours pressée de vouloir s’introduire dans les conflits du travail, contre les syndicalistes, contre les travailleurs grévistes ou non, mais jamais contre les patrons!
Guadeloupe
Extraits de l’ “Echo de l’ANPE ”
LA LUTTE PAIE A l’agence de Saint François, les rendez-vous des DE ne sont plus fixés jusqu’à 12h30, comme cela se faisait auparavant.
Alors que ces rendez-vous tardifs gênaient tous les collègues les obligeant régulièrement à recevoir des demandeurs jusqu’à 13h30, les chefs faisaient la sourde oreille.
Il a fallu la mobilisation générale des collègues le 07 novembre pour que les chefs entendent autre chose.
Comme quoi, il y a bien moyen de faire entendre et appliquer nos revendications à nos chefs.
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