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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 16 décembre 2006      N° 958


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Salaire des travailleurs de la Fonction Publique: le gouvernement revient à la charge

Après l’attaque contre les salaires des ATER (Attachés temporaires d’enseignement et de recherche), qui n’ont obtenu le maintien de leur rémunération qu’à l’issue d’une longue grève, le gouvernement revient à la charge.
Il s’agit cette fois d’une mission diligentée par la commission des finances de l’Assemblée nationale, représentée par M. Brard, député de Seine St Denis. Ce dernier a rencontré entre autres les représentants syndicaux pour débattre de «l’amélioration de la transparence des règles applicables aux pensions de retraite et aux rémunérations outre-mer.» Dans le même temps, Jean Arthus, président UDF de la commission des finances du Sénat a présenté, pour la quatrième fois depuis 2003, un amendement au projet de loi de finance mettant un terme au régime des pensions de retraite des fonctionnaires en outre-mer. Cet amendement a été rejeté, le ministre du budget déclarant que le gouvernement «souhaitait prendre le temps de la concertation.» Les manifestations des fonctionnaires de la Réunion en 2003 pour sauver leur retraite ont sans doute encore de quoi faire réfléchir le gouvernement, plusieurs années après… Mais si les projecteurs sont ainsi braqués sur les retraites majorées dans certains DOM et TOM (Nouvelle Calédonie, Réunion, Mayotte, Polynésie, ce qui ne fait au fond pas grand monde), c’est pour glisser insensiblement vers l’ensemble des salaires: selon le même Arthus: «le plus gros problème en outre-mer est celui des sur-rémunérations des fonctionnaires. Cela ruine les collectivités locales.» Ce qu’on peut traduire par: le gouvernement ne veut plus payer.
Les représentants syndicaux, de leur côté, exigent «une juste indexation des pensions de retraite dans les DOM, aussi bien en Guadeloupe, en Guyane et en Martinique qu’à la Réunion, le coût de la vie restant inchangé quand nous partons à la retraite.» Un observatoire des prix impartial pour définir la différence réelle de coût de la vie entre les DOM et TOM et la France devrait prendre en compte tout ce qui est nécessaire pour vivre correctement au XXIème siècle, tant sur le plan des nécessités vitales que de la culture et des voyages. Et s’il doit y avoir vraiment «amélioration et transparence», la majoration ainsi définie devra s’appliquer aussi bien aux salaires et aux retraites de la fonction publique qu’à ceux du privé. Mais cela, il faudra des luttes encore plus dures que celles de la Réunion pour l’imposer.



Martinique
Saint Joseph: H. Dormoy esclavagiste!

Depuis un an, sur l’habitation Charmine à St Joseph, le patron Dormoy Henri ne paie pas la totalité des salaires dus aux ouvriers, alors même que ces derniers ont déjà vendu leur force de travail et effectué le travail demandé.
En effet, ce monsieur a licencié 5 ouvriers sur les 12 que comptait l’entreprise. Aujourd’hui, il exige que les ouvriers restant sur l’habitation exécutent la totalité du travail, sans payer ce sur-travail.
Face à cette situation inhumaine et méprisante, les ouvriers avec leur syndicat la CGTM exigent un salaire correspondant au travail fait et n’acceptent pas la dégradation de leurs conditions de travail.
Toujours avec mépris, cet exploiteur a fait un petit recul. Le 5 décembre dernier, il n’a donné à chaque ouvrier que 500 euros mais continue de refuser de leur verser le reste du salaire correspondant au mois de novembre.
«Nous sommes présents dans cette entreprise depuis 11 ans», disent les ouvriers et d’ajouter que «Cela a trop duré, d’autant que nous pouvons voir que les bénéfices et gains du patron au lieu de diminuer, deviennent plus importants».



Guadeloupe
Extraits de l’ “Echo des Assurances”

MAIF: MOBILISATION DES SALARIES LE 22 NOVEMBRE!
Environ 50 % du personnel a fait grève en Guadeloupe alors qu’en Martinique la grève a été largement suivie par l’ensemble du personnel. Sur le plan national, la mobilisation a été très forte et en particulier à Niort une manifestation a rassemblé plus de 500 salariés ce qui n’est pas fréquent à la MAIF. C’est dire le niveau de mécontentement du personnel.
Pour le moment la direction n’a encore rien cédé et campe sur ses positions, tout en disant que tout est négociable dans la NDS. Elle doit rencontrer les organisations syndicales le 13 décembre prochain.

ET VOILA COMMENT L’UGEM APPLIQUE LE DIALOGUE SOCIAL!
L’UGEM (l’union des groupements des employeurs mutualistes) a fixé de façon unilatérale le montant de l’augmentation des rémunérations minimales annuelles garanties (RMAG) à compter du 1er janvier 2007. Elle accorde royalement une augmentation de 1,3 % et fixe la valeur du point à 7,43 €. Pour les employeurs c’est à prendre ou à laisser. Si aucun syndicat ne signe, ils pourraient même donner moins que les 1,3 %. C’est un véritable ultimatum qu’ils donnent aux syndicats et ils refusent de mettre une clause de sauvegarde. Pour le moment la CGT et FO ont refusé de signer cette proposition, mais par contre la CGC, la CFTC et la CFDT seront signataires d’un accord au rabais.



Martinique
Extraits de “Chantiers en lutte”

UNE SOCIETE POURRIE
Les ouvriers de Hydraulique Service (HS) attendent de voir à quelle sauce ils seront mangés. Car ce sont 31 ouvriers de cette entreprise qui se trouvent menacés de licenciement depuis le 23 mai 2006 par leur patron qui a mis son entreprise en redressement judiciaire.
Ce type de méthode est courant en Martinique, chaque fois qu’un patron considère qu’il ne fait pas assez de profit.
En effet, cet ancien patron a trouvé une affaire qui lui rapporterait plus de profit. Il a décidé d’investir en République Dominicaine où la main-d’œuvre est bon marché et où les conventions collectives sont pratiquement inexistantes.
Voilà la société capitaliste, société basée sur l’exploitation et le profit.

ILS SONT COMME DES RAPACES
Il semblerait qu’un nouveau repreneur est d’accord pour racheter HS, mais ce monsieur avant même de reprendre les activités se frotte déjà les mains. Il ne veut embaucher que 20 ouvriers sur les 31, tout en se voyant faire exercer le même travail aux ouvriers avec un salaire moindre. Ce nouveau patron n’invente rien, il agit comme tout exploiteur qui ne voit qu’une chose, faire le maximum de profit avec un effectif réduit.



Attaques contres les congés bonifiés et la prime d’éloignement

Les fonctionnaires territoriaux et les agents hospitaliers originaires des DOM travaillant en France rencontrent toujours plus de difficultés pour obtenir leurs congés bonifiés. La CGT a mobilisé les originaires des DOM sur ce problème et une délégation a rencontré le 7 décembre dernier le directeur de cabinet du ministre de la Fonction Publique, Christian Jacob sur ce problème.
Il faut savoir que les fonctionnaires originaires des DOM bénéficient d’un congé bonifié de deux mois tous les 3 ans afin de se rendre dans leurs pays d’origine. L’administration doit donc prendre en charge le billet d’avion pour le voyage et octroyer les deux mois de congés. Mais pour refuser ce congé, de nouveaux critères d’attribution apparaissent et des pressions sont faites sur les agents pour qu’ils écourtent leur séjour ou y renoncent tout simplement. Le motif invoqué c’est que cela coûterait trop cher et en particulier dans les hôpitaux où il n’y a pas assez d’effectif du fait des 35 heures, leur dit-on. Pour la CGT c’est la remise en cause d’un acquis et il n’est pas normal que les fonctionnaires des DOM subissent les conséquences des restrictions budgétaires imposées par l’Etat dans les hôpitaux ou dans les autres administrations qui mènent la même politique. En ce qui concerne l’indemnité d’éloignement qui avait été instituée en 1953 pour inciter les originaires des DOM à venir travailler en métropole, elle est de moins en moins versée. Elle représentait douze mois de salaires brut dont le paiement était étalé sur 4 ans. La CGT constate que les originaires des DOM qui ont été mutés perçoivent difficilement cette prime alors que ce n’est pas le cas pour les fonctionnaires de métropole qui vont travailler dans les DOM et qui bénéficient de cette même prime sans difficulté. C’est pour cela qu’un courrier a été adressé en ce sens à la HALDE (haute autorité de lutte contre les discriminations) le 17 novembre dernier pour dénoncer cette situation.
Il est vrai qu’en ce moment le gouvernement essaie de récupérer par tous les moyens certains avantages qu’il qualifie injustement de privilèges. Ainsi actuellement c’est le congé bonifié et la prime d’éloignement, demain ce sera la prime de 40 % qu’il veut supprimer. Pour le moment 13000 dossiers ont été déposés au tribunal administratif par des travailleurs.
Ces attaques contre les acquis des travailleurs sont incessantes alors que les capitalistes continuent d’amasser des profits colossaux.



Guadeloupe
Sainte-Rose (Béron): La mobilisation des squatters se renforce

Grâce à leurs actions, les occupants de Béron ont obtenu pour leur terrain, 45 euros le m2 au lieu de 62 euros. Mais ils réclament moins de 45 euros car ils estiment qu’une partie du terrain a déjà été viabilisé et qu’ils ont payé cette viabilisation. La SEMSAMAR leur a proposé qu’ils demandent des aides financières à la commune de Sainte-Rose et aux collectivités locales pour qu’ils obtiennent satisfaction. Les courriers adressés par les occupants aux responsables des deux assemblées n’ont pas eu de réponse. Des occupants de Béron soutenus par des agriculteurs de Jabrun se sont rendus aux assises de l’agriculture qui se sont déroulées à Raizet, pour se faire entendre. Le jeudi 30 novembre, ils ont manifesté sur les lieux en diffusant des tracts. Une responsable du comité de Béron a pris la parole devant le public, les élus présents et des responsables des deux assemblées. Elle a remis deux courriers adressés respectivement à Victorin Lurel et à Jacques Gillot. Un responsable de la Région s’est engagé à transmettre les doléances des occupants à l’assemblée et à organiser une rencontre avec les élus et le comité de défense des occupants. Ces derniers revendiquent une aide financière pour payer leur terrain.
Les occupants se méfient de toutes ces promesses et demeurent vigilants sur le terrain. Ils organisent des réunions pour décider de nouvelles actions. C’est grâce à leur vigilance qu’ils ont combattu les nouvelles tentatives de la SEMSAMAR de les diviser. Des occupants subissent des pressions pour accepter les 45 euros. Deux responsables de la SEMSAMAR qui font ce travail de division tentent de les détourner du comité. Ils ont fait pression sur Popo Mamie un homme âgé qui a construit sa maison à Béron depuis 20 ans. Ils lui ont proposé de le loger dans un logement de Bois Rada où la SEMSAMAR a construit des appartements. Ils avaient l’intention de le déménager puis d’écraser sa maison. Les occupants se sont opposés à cela et se sont rapprochés des services sociaux pour défendre Popo Mamie. La SEMSAMAR a reçu une délégation du comité pour régler le problème. Elle s’est engagée à donner un terrain dans le lotissement à Popo Mamie et à lui construire une maison. Elle a également pris en considération les doléances de certains occupants qui ne veulent pas acheter un terrain près d’une ravine. Elle s’est aussi engagée à discuter avec les assemblées pour obtenir des aides financières permettant aux occupants qui ont leur maison, d’acheter leur terrain à un prix convenable. Ce ne sont pour l’instant que des promesses verbales. Les occupants réclament des engagements écrits et sont décidés à aller jusqu’au bout.



Nous publions ci-dessous le tract que nous ont fait parvenir les occupants de Jabrun (Baie-Mahault)
Sauvons Jabrun des griffes des accapareurs

Depuis 10 ans, les occupants de Jabrun luttent contre la disparition des terres agricoles au profit des richissimes bétonneurs

1997: L’occupation démarre

Un groupe de cultivateurs investit les terres de Jabrun à Baie-Mahault afin de défendre ce patrimoine agricole menacé de bétonnage. Ils veulent aussi comprendre qui a acquis ces terres et surtout comment, car ils soupçonnent une magouille.
Une Société dite «des Exploitants agricoles de Jabrun» (SCEA Jabrun) attaque les occupants en justice, se prétendant propriétaire des parcelles occupées. Mais elle est finalement incapable de montrer un titre de propriété et la procédure est suspendue.

De 1997 à 2006: Les occupants subissent des pressions et intimidations, et on saccage leurs jardins

Une association de «défense» qui s’est montée autour d’eux entame dans leur dos des négociations avec la SCEA. On promet aux occupants des indemnités de misère – 900 euros pour la plupart – alors que beaucoup n’ont que leur jardin pour vivre! Certains refusent, d’autres acceptent l’argent sachant qu’il couvre à peine les dégâts qu’on a infligés à leurs plantations… Puis, l’association de «défense» disparaît soudainement, dissoute par ses dirigeants. Où est passé l’argent des cotisations? Où sont les papiers qui «prouvent» selon eux que tous les occupants ont renoncé à leurs terres alors qu’en réalité une quinzaine d’occupants sont toujours là, tiennent bon et n’ont rien signé du tout?

En 2006: Le béton arrive!

En octobre, la Mairie de Baie-Mahault délivre un permis de construire à une société appartenant à BLANDIN. Mais… le jeudi 7 décembre 2006, la SCEA Jabrun qui se prétend toujours propriétaire attaque en justice 2 des occupants: ils sont convoqués dès le lendemain matin, sans avoir le temps de préparer leur défense ni de contacter un avocat… Au tribunal, la SCEA abandonne les poursuites le vendredi, sans doute parce qu’ils n’avaient pas assez d’éléments! Et dès le lundi suivant, le 11 décembre… elle réattaque!
Peut-on croire que la SCEA, qui a perdu en 1997, qui attaque le jeudi, se défile le vendredi pour réattaquer le lundi est légitimement propriétaire? Comment alors, peut-elle avoir signé une promesse de vente avec BLANDIN? Comment BLANDIN peut-il avoir le permis de bétonner Jabrun dans ces conditions?
Ces terres sont cultivées depuis des siècles… comme le prouvent les travaux archéologiques de l’INRAP (Institut national de recherches archéologiques préventives) qui cherchent en ce moment à sauver les restes d’une ancienne habitation à Jabrun – avec, probablement, un cimetière d’esclaves – avant que le béton ne les recouvre! Il ne peut y avoir de doute: moralement, légitimement, la terre revient aux descendants de ces esclaves! Ne la laissons pas accaparer par une petite minorité de super-riches qui possèdent déjà la moitié du pays!