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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 27 janvier 2007      N° 960


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Guinée
Grève générale et répression sanglante

La Guinée vient de connaître une importante grève qui a paralysé tout le pays pendant une vingtaine de jours. Cette grève qui a commencé le 10 janvier dernier a été suspendue le vendredi 17 janvier. Il y a eu une quinzaine de morts et des dizaines de blessés à travers le pays.
Cette grève a été déclenchée par l’ensemble des syndicats guinéens pour exiger notamment l’augmentation des salaires, la diminution du prix des carburants mais aussi pour protester contre la corruption et les détournements de fonds publics. La grève générale, très suivie, a envahi le secteur stratégique de la Bauxite (on en tire l’aluminium) –la Guinée est le premier producteur mondial de bauxite- . Le gouvernement guinéen du président Lansana Conté a laissé pourrir la situation et a provoqué les étudiants en décidant l’annulation des épreuves du baccalauréat. Il y a aussi eu des arrestations de syndicalistes. Les étudiants et lycéens ont manifesté dans toutes les grandes villes du pays mais les incidents les plus graves ont eu lieu le lundi 15 janvier à Enta, dans la banlieue sud de Conakry quand la garde présidentielle a tiré dans la foule de manifestants tuant cinq personnes (AFP). Trois étudiants ont aussi été abattus par les militaires dans la ville de Labé à 400 km de Conakry A Nzerekore au sud-est de la capitale Conakry, un commissariat de la police a été attaqué par les étudiant qui ont libéré des détenus.
Après avoir réprimé les manifestants le général président, Lansana Conté a appelé mardi 16 janvier à la reprise du travail, en promettant de baisser le prix des carburants, de revaloriser les salaires des enseignants, de cesser les exportations de denrées alimentaires et de lutter contre la corruption dans la police. Il frappe d’abord et propose ensuite de tout accorder, sans discuter.
L’intersyndicale a rejeté cet appel et durci le mouvement et demandé à l’Assemblée Nationale de «constater la vacance du pouvoir» car le président Lansana Conté, âgé de 72 ans, affaibli et amnésique, est incapable d’assumer ses fonctions.
Mais finalement, devant la grande misère et la détresse de la population qui vit pour la plupart avec moins d’un dollar par jour alors qu’un litre d’essence coûte 1,20$ et que la hausse des prix atteint 30 %, les travailleurs ont cédé pour de maigres augmentations de salaires. Celles-ci n’interviendront d’ailleurs qu’au mois d’avril prochain et de manière échelonnée. Beaucoup ont cessé la grève tout simplement pour éviter de n’avoir plus rien à manger.
Il s’agit de la troisième grève générale en un an dans ce pays pauvre d’Afrique de l’Ouest que dirige depuis 1984 le général Conté. Il faut s’attendre à ce que cette crise sociale provoque d’autres réactions peut-être encore plus violentes des travailleurs guinéens.

GUINEE (suite)
D.H.: Les grévistes sont redescendus dans la rue en nombre le 22 janvier. La police a tiré faisant 30 morts et 150 blessés à Konakry. Le règne de Conté, le corrompu, de surcroît trafiquant d’armes aux frontières et bien malade aujourd’hui touche probablement à sa fin. Des politiciens avides et surtout l’armée, bien organisée, sont candidats au pouvoir. Ils espèrent profiter du ras le bol et de la grève illimitée engagée par la population.



Martinique
Les voeux: selon que vous soyez puissants ou misérables...

Comme à chaque début d’année, le préfet Yves Dassonville et les présidents du conseil général Claude Lise et régional, Alfred Marie-Jeanne ont présenté leurs vœux à la population de la Martinique. Et comme d’habitude, ils se sont dit soucieux des conditions sociales de la population pauvre. Chacun y a été de son refrain sur le chômage, les sans-emploi ou encore les salariés déclassés, les exclus, etc.
Cependant, bon nombre de travailleurs ne sont pas dupes, car dans la réalité, les déclarations de ces messieurs concernent en priorité les possédants, c'est-à-dire les exploiteurs, même si elles sont saupoudrées de soi-disant soucis pour la classe des exploités.
C’est ainsi que le préfet a parlé des «29 millions d’euros par an à la banane antillaise» qui seront «accordés dès l’année 2007». Le président du conseil général, lui, parlait de «politique d’investissement pour soutenir l’activité économique» et quant au président du conseil régional il parlait de: «notre propre développement…dans le Schéma Martiniquais de Développement Economique».
Chacun de ces responsables nous a aussi déclaré ëtre préoccupé par le réchauffement de la planète, mais ils ont bien pesé leur mot pour ne pas dire que c’est le capitalisme et son système qui sont en grande partie responsables de cela et que c’est lui, le capitalisme, le véritable danger pour l’humanité toute entière.
A les regarder de plus près, ils avaient l’air très doucereux et modérés. Et bien entendu ils ont fini leur discours par des petits mots gentils: «dlo ki kouri, pa pôté kras» ou encore «des vœux de plein épanouissement et de bonheur» et enfin par «sé tchembé pou nou tchembé. Pa ladjé».
La classe des exploités, quant à elle, perçoit les choses d’une autre façon. Qu’il s’agisse des chômeurs de longue durée, de ceux qui sont menacés de licenciement ou qui subissent quotidiennement des pressions de la part de leurs exploiteurs pour que ces derniers perçoivent le maximum de profit. Quant à la jeunesse, elle ne voit aucun avenir à l’horizon.
A titre d’exemple, au cours des différentes interviews sur les ondes de télévision concernant l’année 2007, plus d’une personne a répondu aux journalistes «que la vie est de plus en plus chère» et qu’ils ne voient «aucun avenir ni pour eux ni pour leurs enfants et leur famille».



La Sécu: deux poids et deux mesures

Après avoir agité la «chasse aux fraudeurs par les organismes sociaux», c’est au tour de la Caisse Nationale d’assurance maladie, la CNAM, de déclencher «la chasse aux utilisateurs de médicaments non-génériques».
Les médicaments génériques sont les copies des médicaments originaux qui ne bénéficient plus d’une exclusivité commerciale. Ces copies ont la même composition en principe actif et doivent être déclarées bio équivalent par l’AFSSAPS (agence française de santé), c'est-à-dire avoir la même activité pharmaceutique, bien qu’ils ne sont pas forcément identiques.
Ces médicaments génériques pour lesquels les fabricants n’ont pas eu d’investissements de recherches, sont vendus souvent 30% moins chers que les originaux.
Certains malades continuent de réclamer leurs anciens médicaments originaux et refusent d’accepter les génériques, pour différentes raisons.
La CNAM, garante de l’équilibre des comptes de la sécurité sociale vient donc de décider de montrer du doigt les départements récalcitrants au passage aux génériques et particulièrement la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane. Pour mettre bon ordre à cette dérive venant des populations, elle décide à partir de la fin février, d’employer la manière forte. Elle supprimera carrément le tiers payant aux personnes qui refuseront les génériques.
En attendant, certaines caisses comme celle de Martinique redoublent d’actions de sensibilisation.
On n’a jamais vu les dirigeants des caisses mettre autant d’ardeur pour mettre au pas tous les patrons qui doivent des millions d’euros sur les cotisations sociales non payées.



La direction de la MAIF épinglée en justice

FO avait assigné la direction pour s’opposer à «l’accord de moyen». Il s’agit d’un accord pour déterminer les conditions de négociations dans la future «NDS» (nouvelle donne sociale). Seule, la CFDT avait signé. Cet accord, en particulier réduisait la délégation de chaque syndicat pour participer aux négociations alors que l’accord syndical qui est en vigueur permet de négocier avec une délégation de 8 personnes. La direction ne voulait rien entendre et voulait faire appliquer «cet accord de moyen» non signé par les autres syndicats. Le tribunal a donné raison à FO dont les représentants ne se sont pas gênés pour aller négocier à 8. La direction a bien été obligée de l’accepter. D’autant que le personnel a déjà répondu massivement à deux appels à la grève malgré toute la propagande de la direction.



Bush intensifie la guerre en Irak

Le 10 janvier, Bush a annoncé l’envoi de 21500 soldats supplémentaires en Irak. La guerre n’est pas près de s’arrêter dans ce pays ravagé par des destructions massives et des pertes humaines effroyables. Les chiffres officiels font état de 650 000 civils tués et 3000 soldats américains morts depuis le début de la guerre. Les bombardements n’épargnent pas les enfants. Les attaques au sol sont aussi meurtrières avec les interventions sanglantes de l’armée irakienne et les affrontements entre bandes rivales. L’armée irakienne terrorise la population et sème la terreur. C’est le chaos dans le pays où la population a du mal à être ravitaillée. Elle est également privée d’eau et d’électricité.
On aurait pu penser après l’échec électoral des Républicains aux Etats-Unis, que l’on se dirigeait vers un retour des troupes américaines dans leur pays. Au début du mois de décembre le Groupe d’études sur l’Irak dirigé par un républicain et un démocrate a publié un rapport appelant à un changement de direction dans la guerre. Ces déclarations traduisent un certain mécontentement dans l’opinion américaine concernant cette guerre et probablement un ras le bol face aux nombreux soldats tués ou estropiés. Mais l’hypocrisie de l’Etat américain se manifeste par la soi- disant nouvelle orientation militaire qui n’est que la continuation de la guerre. Bush n’est pas prêt à arrêter cette guerre qui dure depuis plus de quatre ans. L’armée irakienne formée par les Etats-Unis à prendre le relais, ne peut à elle seule imposer l’ordre impérialiste. Depuis le début de cette guerre, l’administration Bush a multiplié les fausses déclarations. Dès le départ elle savait bien qu’il n’y avait pas d’armes de destruction massive en Irak. Faire croire à la victoire par l’augmentation des troupes est également un mensonge.



Guadeloupe
Encore une hausse du prix des carburants

Le 11 janvier pour la deuxième fois en moins d’un mois, le prix des carburants et de la bouteille de gaz ont subi une augmentation. Et le préfet de nous expliquer que ce n’est pas de sa faute. Selon lui, il en a été obligé pour améliorer les marges de la SARA, car cette société doit dans un proche avenir fabriquer de l’essence aux normes européennes. C’est donc sur notre dos que la SARA prélève les fonds nécessaires à ses investissements. L’augmentation de la mi-décembre, elle, était due aux marges trop faibles des détaillants selon le préfet. Pour le représentant de l’Etat, dès qu’un rouage de ce circuit a une difficulté c’est aux consommateurs de payer. D’autres augmentations peuvent survenir si le dollar ou le prix du brut viennent à augmenter. Le préfet ne prévoit aucune baisse. Le président du conseil régional, Lurel, lui, s’insurge contre cette nouvelle hausse qui porte le prix d’un litre d’essence à près de 10 francs. Il promet de diminuer la taxe régionale de 7 centimes d’euros. La caisse de la région étant selon lui remplie. Sept centimes de baisse seulement, dans un avenir non déterminé, alors que les taxes prélevées en Guadeloupe donnent un prix du gasoil plus élevé de 19 centimes d’euros que celui de la Martinique.



Martinique
Ralliement officiel avant voyage

En fin de semaine, la ville de Trinité a accueilli la première réunion d’un comité de soutien à la candidate socialiste à l’élection présidentielle, Ségolène Royal. Les ténors locaux de la «gauche classique» se pressaient autour du député-maire FSM de Trinité, Louis Joseph Manscour, ceux du P.P.M. de Letchimy, du R.D.M. (rassemblement démocratique martiniquais) de Claude Lise ou de «Bâtir le pays Martinique» de Pierre Samot.
Il y avait peut être urgence à leurs yeux, puisque la candidate du Parti socialiste sera en tournée en Martinique et en Guadeloupe les 25 et 26 janvier prochain. Soudain, on n’entend plus les grandes déclarations de Letchimy, de Samot ou de Lise sur la nécessité pour le candidat qu’ils soutiendraient aux élections présidentielles de se positionner clairement sur l’avenir de la Martinique et sur le programme qu’ils lui avaient adressé. Pour se rallier au panache de Ségolène Royal et se trouver dans un «bon wagon », ils n’ont pas fait les difficiles. Ils ont même réussi à mettre de côté leurs sempiternelles chamailleries. Ils semblent s’être contentés du fait qu’elle était «ouverte au dialogue» comme le faisait remarquer C.Lise.
Voilà des gens pour qui le programme, les engagements réels pour améliorer la vie des travailleurs et des populations pauvres ne comptent pas vraiment. Ce n’est pas une surprise car les dits ténors locaux de la gauche classique ont exactement le même langage, celui qui consiste, au mieux, à s’apitoyer sur la situation des travailleurs et des pauvres, ou du dérèglement climatique…, mais sûrement pas à dénoncer le système qui crée les injustices et ses suppôts, les possédants.