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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 10 février 2007      N° 961


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Mobilisation des salariés des banques AFB

Le jeudi 1er février l’AFB (Association française des banques) avait convié les organisations syndicales à une rencontre en vue de discuter de l’organisation des modalités de la négociation d’une convention collective locale.
Il faut savoir que depuis l’année 2000 les salariés des banques AFB (BNP, BFC, BDAF et SGBA) se battent pour défendre leur convention collective locale de 1977. L’AFB avait décidé d’appliquer de façon unilatérale la convention collective nationale de 2000 qui est moins avantageuse. Fin 2003 les salariés ont dû faire 3 mois de grève et les différents tribunaux saisis ont toujours donné raison aux salariés et ont constaté que la perte financière était trop importante.
A la fin de l’année 2006, l’AFB faisait savoir que la convention de 1977 étant dénoncée, elle maintiendrait jusqu’au 31 octobre 2007 les avantages des salariés des banques. Mais ceux-ci ont constaté une modification de leur fiche de paie en janvier 2007 qui fait référence à la convention de 2000 et ne fait plus référence à certaines primes, même si le montant du salaire était identique.
L’unité syndicale des banques AFB qui regroupe la CGTG, la CFTC, FO, SU BDAF et SU SGBA avait appelé les salariés à faire une demi journée de grève et à être présents devant le lieu de la rencontre, la cité des Métiers au Raizet. Ces derniers sont venus nombreux, à plus de 200. Les salariés se méfient de la volonté de dialogue de L’AFB qui pour cette rencontre a invité les syndicats nationaux et avait refusé d’inviter les Syndicats unitaires SGBA et BDAF au motif qu’ils ne sont pas représentatifs dans la branche mais qu’ils sont des syndicats d’entreprise. Les salariés ont voulu montrer à l’AFB qu’ils ne sont pas prêts à perdre leurs acquis sans réagir.
Très rapidement les discussions ont porté sur le problème des syndicats unitaires qui n’avaient été invités que comme observateurs. L’AFB a voulu se montrer consensuelle et prête à dialoguer. Elle a indiqué avoir demandé au Ministre du Travail une réponse sur cette question car elle se demande si ces syndicats peuvent signer la convention. Finalement ils ont accepté leur présence au même titre que les autres syndicats. Une autre question délicate était la modification des fiches de paie. L’AFB a accepté de signer un document indiquant que la convention de 1977 était maintenue jusqu’au 31 octobre 2007 et s’est engagée à faire remettre les fiches de paie comme elles étaient auparavant. En ce qui concerne les discussions sur la convention collective, l’AFB a promis de transmettre un projet pour le 15 février au plus tard afin de commencer les négociations à compter du 26 mars.
Un autre point très important a été discuté c’est le problème du paiement des jours de grève car la Cour d’Appel de Basse-Terre a donné raison à 15 salariés de la BNP Basse-Terre. Ils ont donc été indemnisés mais les différentes banques refusent d’appliquer cette décision à l’ensemble des salariés. L’AFB s’est engagée à voir les directeurs des banques sur ce problème tout en disant qu’elle n’a pas le pouvoir de leur imposer le paiement des jours de grève.
L’AFB a tout fait pour rassurer les représentants syndicaux sur sa bonne volonté à aboutir à un accord. Mais c’est lorsque l’on discutera du problème des rémunérations que l’on verra si elle est réellement prête à négocier et non imposer. Mais pour cela les salariés devront rester mobilisés et prêts à se battre à tout moment. Le fait que de nombreux salariés aient débrayé le 1er février est un bel encouragement pour la mobilisation qui sera nécessaire pour faire reculer les patrons des banques AFB.



Martinique
Schéma régional de développement économique

C’est en 2004 que l’état a transféré aux régions la compétence du développement économique. La région Guyane a voté son schéma de développement régional (SRDE) qui prévoit une série de projets et d’actions qui sont sensés prévenir le scénario catastrophe pour les 5 à 10 ans car tous les voyants sont au rouge en Guyane.
La région Martinique a dû à son tour, se livrer à l’exercice. Le vendredi 26 janvier dernier le conseil régional de la Martinique devait présenter sa vision de l’avenir martiniquais. Il s’agissait pour les conseillers de construire «une Martinique performante et innovante» avec en point de mire l’année 2025. C’est Vincent Duville, vice- président (MIM) du conseil régional qui a ouvert les travaux en précisant que le travail présenté était le fruit de la réflexion de 80 experts et acteurs économiques, mais qu’il n’avait pas été validé politiquement.
Les objectifs annoncés du SRDE, selon les termes des conseillers de la majorité du Conseil Régional: «faire du Martiniquais le poto mitan du développement», rendre l’économie plus performante, donc plus compétitive, préserver et rééquilibrer le territoire, rechercher la gouvernance (le pouvoir de décision final!). Sept orientations stratégiques en découlent: «l’homme au cœur du développement», l’amélioration du cadre de vie, la recherche de performance et d’innovation, l’aménagement du territoire dans une logique de réseaux, la création des conditions et l’accompagnement du développement, la réduction de notre dépendance économique. Et bla, et bla, et bla!!! Tout cela bien ficelé et bien présenté!
Voilà un programme pour plaire à la base du MIM, et aux indépendantistes en général et aux capitalistes sévissant en Martinique. Tous ces gens réunis au palais des congrès de Madiana se félicitaient du consensus autour de leur projet. Quel spectacle! Dans la même salle, il y avait environ 400 personnes, patrons, institutionnels, membres de la société civile, associations.
C’est la première fois que les institutions régionales se livrent à un tel exercice. Mais y avait-il un aspect particulier dû au fait que les dirigeants de la région Martinique sont indépendantistes? Non! Il n’ y a aucune rupture, même aucune distance prise avec un système qui consiste à décider à partir des travaux d’experts et du point de vue des patrons. La majorité indépendantiste actuelle, est toujours prête à largement subventionner les patrons au nom du développement économique. Et ce sont les mêmes qui exigent la soumission des salariés. Comme un intervenant à cette manifestation a pu le dire «il faut que les syndicats comprennent ce qu’est une entreprise»! Toute cette mise en scène commune aux politiciens et aux patrons martiniquais ne masque même pas qu’elle est fabriquée pour les intérêts de la classe dominante. Et en mars 2007, il y aura à nouveau la présentation du plan d’actions.
Le film clôturant la session montre un scénario où il y a un enfant dont la mère est propriétaire d’une clinique privée! Image d’une «société développée» qui résume sans doute la vision ou les ambitions de ces gens-là.
Quant aux plus pauvres, avec ces visionnaires bureaucratiques et conformistes, ils risquent de se retrouver dans le «scénario catastrophe» présenté en début de séance, s’ils ne prennent pas leur avenir en main.



Les occupants de terre de Jabrun (Baie-Mahault) ne baissent pas les bras.

Les occupants de Jabrun ont organisé une petite marche avec distribution de tracts le mercredi 24 janvier entre Jabrun et Jarry. Ils protestaient contre la destruction sauvage de leurs jardins vivriers par les soi-disant propriétaires de la SCEA-Jabrun.
Ils se sont rendus dans les locaux de BMW, dirigé par Blandin, le plus important promoteur de l’opération Jabrun. Ce dernier étant absent ils ont vigoureusement protesté contre ses agissements et son comportement méprisant à l’égard de ces petits agriculteurs sans terre. Tous les ouvriers de l’atelier ont arrêté le travail et sont venus écouter les protestations des occupants. Les gendarmes furent dépêchés sur les lieux alors que la manifestation se terminait. Ensuite, les occupants se sont rendus à la mairie pour s’entretenir avec le maire de Baie-Mahault, Ary Chalus. Ce dernier était absent.
Les occupants entendent bien poursuivre leur lutte pour l’obtention d’un lopin de terre après les destructions de leurs plantations, dont un hectare de manioc qu’ils avaient planté en commun.



Guadeloupe
Dans les cliniques privées la grève continue

Deux rencontres étaient prévues entre les syndicats et les représentants de la FHP Guadeloupe (Fédération de l’hospitalisation privée) les 30 et 31 janvier derniers. Mais ces négociations n’ont donné aucun résultat. Les employeurs restent sur leur proposition d’augmenter les salaires de 1 % car c’est l’augmentation octroyée aux travailleurs de France. Ils ne veulent pas tenir compte du fait que l’augmentation du coût de la vie est plus importante en Guadeloupe (plus de 2 %). Ils se contentent de dire qu’ils ne peuvent pas supporter une plus forte hausse. Rappelons que la principale revendication de l’UTS-UGTG était une augmentation de salaire de 72,41 € brut ce qui représente environ 2,2 %.
Bien entendu l’UTS-UGTG qui avait appelé à des grèves tournantes dans les différentes cliniques a demandé aux salariés de continuer la mobilisation. Les patrons ont fixé de façon unilatérale la prochaine rencontre à la fin du mois de février. Pour eux les NAO (négociations annuelles obligatoires) 2006 sont terminées et ils veulent commencer les NAO 2007. Ils estiment qu’ils n’ont pas à discuter avec les syndicats et ont une attitude méprisante à l’égard des salariés.
La CGTG, qui n’a pas encore appelé à la grève, organise des assemblées générales dans les différentes cliniques le lundi 5 février, afin que les salariés se prononcent et s’organisent pour la grève.



Martinique
Service de démoustication. Les travailleurs font reculer leur direction

Le jeudi 1er février, les agents de ce service de la DSDS, elle-même dépendant du Conseil général de la Martinique ont débrayé pour obtenir de leur chef de service qu’il revienne sur des tracasseries administratives qu’il voulait leur imposer.
Ces agents sont chargés d’aller répandre des produits dans le cadre de la lutte contre les moustiques. Ils interviennent dans tout le département de la Martinique.
Ces agents recueillent leurs instructions préparées par leur chef de service le matin avant chaque mission et reviennent dans l’après-midi, une fois leur travail fait. Ce chef de service connaît donc en détail l’activité de ses agents qui est consignée dans un carnet mis en place par la direction elle-même.
Au motif que sa responsabilité pénale pourrait être engagée en cas de contrôle, il a décidé de demander des justificatifs aux agents pour pouvoir percevoir une indemnité quotidienne de … 15,75 euros, une espèce de prime de panier. Les agents ont donc débrayé en bloquant les accès et, dans sa démarche, le chef de service a bénéficié, curieusement, du soutien d’un responsable syndical qui lui a dit: « Ne cédez pas! Ne cédez pas!
Après une entrevue le lendemain jeudi 2 février à 14 H avec le directeur de la DSDS qui a tenté de déstabiliser les agents en leur disant que leur action était illégale, les choses sont rentrées dans l’ordre.
Curieusement, cette soudaine démarche procédurière du chef de service semble en fait être motivée par deux choses: masquer des insuffisances et surtout faire des économies.



Guadeloupe
Les négociations entre les occupants de Béron et la Semsamar se poursuivent

La SEMSAMAR poursuit ses travaux de lotissement à Béron. Mais le comité de défense des occupants continue de défendre une dizaine d’occupants qui revendiquent leurs droits. Ceux qui ont construit leur maison se sont battus pour réclamer un prix moins élevé pour leur terrain. Ils ont obtenu le prix de 45 euros le m2 contre 62 euros que voulait leur imposer au départ la SEMSAMAR. Celle-ci a fait pression individuellement sur certains occupants qui se sont désolidarisés du comité et ont finalement accepté les 45 euros. Trois occupants continuent de se battre et refusent ce prix qu’ils ne peuvent payer. Certains occupants n’ont pas obtenu d’indemnisation alors que leur jardin a été détruit.
Lors d’une rencontre qui a eu lieu le jeudi 1er février à Béron, avec une dizaine d’occupants et deux responsables de la SEMSAMAR, ces derniers se sont engagés à indemniser ceux qui n’ont rien obtenu jusqu’ici alors qu’ils ont tout perdu. Ils ont proposé une rencontre avec M. Fischer et les trois occupants qui refusent de payer 45 euros le m2. Certains occupants ont finalement accepté d’acheter un terrain à 38 euros le m2, mais pas au bord de la ravine.
Concernant M. Popo Mamie, un homme de 94 ans qui vit dans une case en bois depuis 20 ans sur le terrain, la SEMSAMAR a tenu ses engagements. Les deux responsables ont transmis au comité les résultats d’expertise de sa maison et de son jardin, ainsi que le projet de construction d’une maison en remplacement de sa case qui sera détruite. Pour l’instant M. Popo Mamie demeure sur le terrain. La SEMSAMAR s’est engagée à construire sa maison dans un délai d’un mois.
Si le comité de défense ne s’était pas mobilisé, la SEMSAMAR n’aurait pas tenu compte de ces occupants. Une quarantaine d’occupants sur 53 qui possédaient leur jardin ont tout perdu. Certains ont obtenu des indemnisations. Ceux qui avaient refusé ces indemnisations sont aujourd’hui défendus par le comité pour les obtenir. La majorité des occupants n’a pas pu acheter un terrain à 38 euros le m2 que la SEMSAMAR leur a proposé au bord de la ravine. Dans cette affaire, la SEMSAMAR a proposé des prix élevés pour éliminer les occupants et vendre les terrains à d’autres acquéreurs qui peuvent payer.
Si l’ensemble des occupants s’étaient mobilisés dès le départ ils auraient tous obtenu gain de cause. La SEMSAMAR a tout fait pour les diviser et s’imposer. Mais la lutte a payé même avec une minorité qui demeure vigilante pour faire respecter les engagements que la SEMSAMAR a pris avec elle.