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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 10 février 2007      N° 961


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Page 3

Guadeloupe
Le projet de construction d’une décharge à Sainte-Rose crée de plus en plus de mécontents

Le jeudi 1er février, une centaine de personnes s’est mobilisée à la mairie de Sainte-Rose pour interpeller le commissaire enquêteur et le représentant de la société Suez en Guadeloupe, M. Chouraki, sur le projet de construction d’un centre de stockage de déchets ultimes, à l’Espérance. Les participants ont exprimé leurs inquiétudes quant à l’organisation du transport de ces ordures vers ce centre de stockage. Les responsables de ce projet ne donnent pas suffisamment de garanties concernant des infrastructures routières permettant les rotations des camions. Selon eux, les camions ne passeront pas dans le bourg mais seront détournés au niveau de Viard où se trouve un pont et une route très étroits. Ces déclarations ne sont pas rassurantes quand on connaît l’environnement routier de Sainte-Rose. Les participants ont également demandé des garanties concernant le traitement des ordures en amont. Combien de déchetteries ont-elles été prévues? Le maire Richard Yacou, et des conseillers municipaux présents, ont été interpellés pour que le conseil municipal se prononce sur ce projet. Le maire a déclaré qu’il avait déjà réclamé pour sa commune un centre de tri pour les ordures. Les participants ne font pas confiance à tous ces décideurs. M. Chouraki qui s’est engagé avec la société Suez était responsable de la société ECODEC qui traitait les pneus et les objets en plastique à la décharge de la Gabarre. Cette société a fait faillite.
L’enquête publique doit bientôt s’achever. Il y aura-t-il suffisamment d’avis contre pour que la préfecture revoie le projet? Seule une mobilisation plus importante peut faire reculer les pouvoirs publics. Lundi 5 février, une manifestation a eu lieu devant la mairie de Sainte-Rose pour le dépôt de 3000 signatures contre le projet.



Dengue et prévention

Deux bébés sont morts récemment de dengue hémorragique en Guadeloupe. Un risque d’épidémie existe. Mais les moyens mis en oeuvre sont-ils vraiment à la hauteur du risque encouru?



Martinique
Grève au Club Méditéranée

Depuis le lundi 22 janvier, les travailleurs de la Société Martiniquaise des Villages Vacances (SMVV Club Méditerranée) sont en grève. En effet, Yann Monplaisir, le PDG de cette entreprise, qui est également un des chefs de l’UMP de Sarkozy en Martinique et candidat à la députation en juin 2007, a décidé de revenir de manière unilatérale sur un accord qui date de 2001 en matière d’organisation du temps de travail.
Depuis que les NAO ont débuté en juillet 2006, Monplaisir n’a jamais voulu avancer tant que les travailleurs n’auraient pas renoncé à cet accord. Constatant que ces derniers n’entendaient pas céder, il leur a lancé: «Je passerai en force».
Les travailleurs ayant montré leur détermination, Monplaisir a lui-même organisé le départ des touristes, passant avec un mégaphone annoncer aux résidents qu’ils avaient 10 minutes pour quitter la structure car leur sécurité n’était pas garantie. L’évacuation a eu lieu en bus et également par la voie maritime. Il a même offert le champagne aux clients avant leur évacuation.
En fait, Monplaisir, qui prend beaucoup de distance avec la vérité, oublie de dire qu’il a bénéficié de plusieurs millions d’euros de fonds publics pour la rénovation des installations, qu’il bénéficie encore d’exonérations sur les plans social et fiscal, de dérogations accordées par la municipalité de Sainte-Anne.
Et bien évidemment, de nombreux patrons sont accourus à son secours dans sa tentative de présenter les travailleurs comme étant les fossoyeurs du tourisme. Argumentation d’ailleurs reprise par Madeleine de Grandmaison, la présidente, ex PPM, du Comité Martiniquais du Tourisme qui allait dans le même sens.
André Lesueur, le maire de Rivière-Salée, ancien cadre de la Sécurité Sociale et dirigeant de l’UMP comme Monplaisir, a publié une tribune dans France-Antilles du samedi 3 février pour dénoncer les grévistes. Mais il n’a pas jugé utile de dire que Monplaisir qui se prétend aujourd’hui très soucieux du budget de son entreprise, avait profité de plusieurs centaines de milliers d’euros d’annulation de dette sociale dans le cadre de la procédure de redressement judiciaire dont a bénéficié une de ses sociétés…
Le président de la Région, Marie-Jeanne, qui a beaucoup aidé financièrement Monplaisir, est intervenu quant à lui pour lui demander fermement de respecter ses engagements ou de laisser la place s’il n’est pas à la hauteur.
En fait, le coup de force de Monplaisir serait motivé par le fait que le Club Med lui demanderait une redevance telle que Monplaisir aurait jugé trop petite la part qui lui revient. Et donc, Monplaisir tente de se rattraper sur le dos des salariés. Or le taux de réservation dépasse de loin les prévisions et selon une source, le carnet est plein jusqu’au 18 novembre 2007. C’est dire!
La CGTM a publié un communiqué de soutien aux travailleurs de la SMVV et une délégation avec à sa tête G. Joachim-Arnaud est allée le samedi 3 février sur place pour soutenir les travailleurs dans leur volonté de ne pas accepter le diktat patronal. Un geste qui a été très apprécié par les travailleurs en lutte. D’autres syndicats comme la CDMT et l’UGTM ont également apporté leur soutien aux grévistes de la SMVV.
A ce jour, salariés et direction ont accepté une médiation. Au moment où nous écrivons les salariés organisés en intersyndicale CGTM-FSM/CSTM, restent déterminés.




Echos des entreprises

Martinique
D’après “chantier en lutte”

TRAVAILLER PLUS ….POUR QUE LE PATRON GAGNE PLUS
A ENA, entreprise de réparation navale de la métallurgie, qui compte plus de 20 salariés, le patron vient d’annoncer à nos représentants qu’il va modifier nos horaires de travail. Ce monsieur entend tout bonnement raccourcir ou supprimer les temps de pause du matin et du midi, pour pouvoir nous utiliser à flux constant. Il voudrait peut être revenir au 19 ème siècle quand les travailleurs étaient sanglés à leurs établis.
Ce patron n’hésite pas à remettre en cause des accords de longue date pour augmenter ses profits. Mais pour nous ces modifications signifieraient une aggravation sérieuse de nos conditions de travail et de vie. D’autant que dans la métallurgie nous subissons la poussière, le bruit, la chaleur, les gaz. Bref…la pollution maximale.
Mais ce patron fait des petits calculs mesquins qui pourraient se retourner contre lui, car si nous sommes ainsi malmenés et victimes de la pollution, cela pourrait avoir des effets sur le travail fourni et sur le climat dans l’entreprise.



Guadeloupe
Extraits de “écho des Télécom”

A CHACUN SES VOEUX
Nous avons tous reçu les vœux 2007 du président Lombard. Mais il a eu un petit «oubli»: pas un mot sur les conditions de travail qui elles se dégradent tous les jours sous l’effet des réorganisations incessantes: Changements de métier en cascade, stress, mal-être, souffrances au travail toujours plus importants.

ENRICHISSEMENT DES ACTIONNAIRES
Les dirigeants de France télécom viennent de réaffirmer leur volonté de supprimer 22.000 postes d’ici 2008 afin de pouvoir verser plus de trois milliards d’euros aux actionnaires pour 2006 et renouveler l’opération pour les années à venir. Pour eux: ça baigne!



Guadeloupe
Extraits de “sucrerie en lutte”

ENCORE UN PETIT CHEF ARROGANT
Au niveau des cabines qui dirigent les chaînes à cannes il fait terriblement chaud, on a fait la remarque au chef d’atelier mécanique, afin qu’il fasse réaliser des ouvertures dans la toiture. Ce monsieur a décidé de faire réaliser par une entreprise des ouvertures qui correspondaient à ses besoins et il faisait toujours aussi chaud dans notre secteur.
Du coup, mardi 9 janvier, dans le secteur du moulin on a tous arrêté le travail pendant 3 heures pour montrer à ce personnage arrogant qu’il doit tenir compte de notre avis.

DESAVOUE PAR SES CHEFS
Le directeur technique Glomet est venu vérifier le travail fait pour améliorer la ventilation et il a constaté que le travail était mauvais. Il a demandé au chef d’atelier mécanique de tout refaire comme nous le proposions. A… a été tellement vexé d’être critiqué par son chef qu’il a dit que « les ouvriers suivent Glomet comme des toutous».

L’HOMME A LA MEMOIRE COURTE
Toutou, c’est comme un chien. A… veut être la « voix de son maître » en jappant sur nous les ouvriers. Il fait semblant d’oublier qu’avant d’être ETAM, il était ouvrier et que notre soutien a joué en sa faveur lors de sa promotion. Encore un autre qui mord la main qui l’a nourri!



Guadeloupe
Extraits de “plantations en lutte”

ET ILS CONTINUENT A LICENCIER
(..) Depuis des mois on parle des mesures qui sont mises en place pour permettre la relance de la production bananière en Guadeloupe et en Martinique. Chaque semaine ou presque apporte son lot d’informations sur les mesures arrêtées pour permettre cette relance. Et pourtant les patrons continuent à supprimer les quelques emplois qui restent dans ce secteur. C’est ainsi que la SCA La Grange, à Douville Goyave vient de licencier 3 des 7 derniers salariés de la plantation.
Ou les planteurs n’ont aucune intention de relancer la production de bananes et dans ce cas, ils attendent pour pouvoir déclasser tout ou partie de leurs terres et les vendre à prix d’or. Ou ils ne veulent avoir que de nouveaux embauchés sur leurs plantations et ainsi pouvoir imposer leurs «quatre volontés». D’où la nécessité, plus que jamais, de maintenir haut levé le drapeau de la lutte syndicale pour résister à l’arbitraire patronal.

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU SYNDICAT CGTG DES TRAVAILLEURS DE LA BANANE
C’est certainement ce qu’ont compris les camarades présents à l’assemblée générale du syndicat qui s’est tenue le vendredi 26 janvier à Capesterre-B-E, en présence des camarades du bureau confédéral du syndicat CGTG.
Bien sûr, le syndicat de la banane, avec les licenciements massifs qui ont ravagé le secteur, a perdu beaucoup de ses adhérents. Rien de surprenant à cela. Mais les camarades présents, quelques dizaines, ont renouvelé l’engagement de tenir haut levé le drapeau de la lutte des travailleurs de la banane contre l’arbitraire que veulent imposer certains patrons de la banane.
Il en a toujours été ainsi: la lutte des travailleurs contre l’exploitation et l’arbitraire a toujours connu des hauts et des bas. Aujourd’hui c’est le creux de la vague dans la banane. Mais il n’en sera pas toujours ainsi et surtout s’il y a relance de la plantation des bananes.



Guadeloupe
Extraits de “l’écho de l’Aéroport”

AIR LIB QUATRE ANS APRÈS…
En février 2003, 3200 employés de la compagnie Air Lib étaient jetés à la rue. Des promesses d’embauche ont été faites par différentes sociétés. En particulier Air France avait promis 1000 embauches de ceux d’Air Lib. Il n’en a rien été. Au contraire, à Air France même, les CDD et autres emplois précaires se sont multipliés.

… AIR LIB: LE SCANDALE DES INDEMNITÉS…
Les dirigeants, à quatre, se sont partagé 2,7 millions d’euros.
Les salariés licenciés de l’hexagone ont depuis près de 3 ans touché leurs indemnités, bien plus petites que celles des dirigeants bien sûr.
Mais pour ceux de Guadeloupe, Martinique et Guyane, rien n’est réglé. Un liquidateur gère cette opération, en faisant tout pour que les choses traînent. Malgré les récentes décisions de juges ordonnant de payer ces indemnités aux licenciés d’Air Lib des DOM, une soixantaine de personnes, le liquidateur ne paie pas.

… AIR LIB: UN DOSSIER D’INDEMNITÉS SAUCISSONNÉ
Au tribunal, le cas de l’ensemble des salariés des DOM n’est pas traité d’un seul coup. Sous le prétexte que le cas de chacun est particulier, chacun se retrouve quasiment seul ou avec deux ou 3 ex-collègues seulement face aux hommes de loi. C’est d’autant plus dur que plusieurs n’ont pas retrouvé un vrai travail.

CCI (POMPIERS): TI DIFÉ, GRAN LAFIMÉ!
France Antilles, dans son édition du 30 janvier, dénonce, photo à l’appui, la pollution causée par la destruction d’un sac poubelle à l’aéroport. Il s’agit des objets saisis à l’embarquement: depuis les mesures interdisant les pâtes, gels ou liquides en cabine, une certaine quantité de flacons ou tubes de boissons, dentifrices ou cosmétiques sont saisis et brûlés par les pompiers.
C’est certes peu respectueux des règles de l’environnement. Mais la destruction d’un sac poubelle par jour valait-elle la peine d’être citée, quand sur l’autre rive de la Rivière Salée, des tonnes de déchets sont déversés à ciel ouvert et brûlent souvent pendant des jours?



Guadeloupe
Extrait de “l’écho des Assurances”

MAIF: LES REUNIONS SE SUIVENT SANS RESULTAT!
Deux rencontres ont déjà eu lieu entre la direction et les organisations syndicales sur le dossier NDS (Nouvelle Donne Sociale) les 18 et 25 janvier. Pour l’instant il n’y a aucune avancée notable car la direction campe sur sa position et veut avancer alors que manifestement son projet ne passe pas. Mais le véritable problème est de vouloir demander plus de contraintes aux salariés, augmenter le temps de travail sans embauche et avec des compensations qui sont pour l’instant très floues. Le projet de la direction est de proposer à certains salariés de travailler 35 heures sans RTT, d’autres feront 36h45 avec 11 jours de RTT (comme c’est le cas actuellement) et certains feront 38h30 avec 22 jours de RTT. Mais l’horaire mobile serait supprimé et il n’y aurait plus qu’une micro variabilité. Pour l’instant nous avons le sentiment qu’il s’agit d’un marché de dupes et que nous y gagnerons plus de contraintes, mais ce sera tout bénéfice pour la direction qui augmentera l’amplitude d’ouverture des bureaux sans trop d’embauches.