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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES - Samedi 10 février 2007 N° 961
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Réchauffement de la planète: gérer l’augmentation de la température et vive le capitalisme!
En Martinique, le Conseil Général a organisé un colloque sur ce sujet les 11,12 et 13 décembre derniers. Les objectifs annoncés étaient: «faire de la grande Caraïbe une zone exemplaire de la lutte contre le changement climatique».
Depuis plusieurs décennies, les gaz émis dans l’atmosphère par combustion en grande quantité d’essence, de gaz naturel, de charbon crée un effet de serre qui dérègle le climat. Il y a des documentaires télévisés qui montrent les conséquences désastreuses que la planète pourrait subir si le réchauffement climatique s’aggravait.
Des scientifiques et aussi l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) affirmaient en ce début 2007, que le bilan 2006 confirme la tendance au réchauffement de la planète. Face à la catastrophe annoncée rien n’est fait mais les colloques et autres plans gouvernementaux se multiplient.
Pour l’Europe il s’agit de réduire d’ici 2020 de 30% les émissions de dioxine de carbone, de créer une bourse d’échange des émissions de gaz à effet de serre, de contraindre l’industrie à ne pas dépasser certains quotas d’émissions de gaz en leur faisant payer une taxe pour avoir le droit de polluer. Ainsi la Norvège est prête à acheter des quota de CO2 pour le transport aérien.
C’est avec ces mesures que les décideurs qui se prétendent les plus engagés entendent enrayer le réchauffement climatique. Dans cette affaire, scientifiques et citoyens sont mis à contribution. Pour les scientifiques il s’agit d’étudier les phénomènes, mais aussi de chercher des technologies de réduction de la consommation des énergies dans la construction, le chauffage et l’habitat. Pour le citoyen, il s’agit de le rendre responsable de sa consommation. Ainsi à Londres de grandes marques, lors d’une rencontre avec le premier ministre Tony Blair en décembre 2006, se sont alliées contre le réchauffement de la planète pour inciter les consommateurs à entrer dans la lutte contre le réchauffement climatique! Des entreprises qui constituent le fleuron de l’industrie de Grande Bretagne, un groupe de télévision (BSKYB), la BBC, Marks et Spencer, des banques,et l’Eglise d’Angleterre demandent au consommateur d’aider à réduire les gaz à effets de serre qu’il produit. Cette attitude des gouvernements et des entreprises se retrouve partout en Europe. En fait, il s’agit de concilier le défi climatique et les activités économiques tout en assurant le bon fonctionnement du système capitaliste.
Dans cette prétendue lutte globale contre l’aggravation du réchauffement climatique tous les politiciens qui défendent le capitalisme s’entendent très bien et ont élaboré des déclarations d’intention et des principes dans une série d’engagements internationaux en faveur de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, c’est le protocole de Kyoto. Il y a aussi la déclaration de Rio, déclaration de la Barbade, le programme d’action pour le développement durable des petits états insulaires en développement, la déclaration de Maurice.
Tous ces phénomènes de réchauffement du climat, de la pollution de l’atmosphère, des rivières, fleuves et océans, l’épuisement des ressources, de l’eau en particulier, l’extinction des espèces, la déforestation sont traités soit comme de purs phénomènes écologiques ou climatiques, soit comme des phénomènes qui auraient leur cause dans l’activité humaine en général sans que le système social soit incriminé. Cela arrange bien les affaires des capitalistes qui perpétuent leur système d’exploitation au détriment de la planète Terre et des êtres humains qui y vivent.
Les scientifiques confirment le rôle de l’activité humaine sur le réchauffement climatique
La réunion de scientifiques du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) qui s’est tenue à Paris du 26 janvier au 2 février a conclu qu’il n’y a plus d’équivoque sur le réchauffement de la Terre: les glaciers fondent, le niveau de la mer s'élève plus rapidement, de plus de 3 mm par an. Le GIEC prévoit dès à présent des vagues de chaleur comme la canicule de 2003, des cyclones à plus forte intensité. Pour 2100 il annonce une augmentation des températures globales pouvant atteindre 1,1 °C à 6,4 °C.
Selon le GIEC, les émissions de gaz carbonique, un des principaux gaz à effet de serre, et donc responsable du réchauffement de la Terre, doivent vite diminuer de 1/3. L’industrie et les transports sont responsables de ces émissions. Il faudrait donc une politique différente de la course aux profits actuelle. Or, les capitalistes pensent: «après moi le déluge!». Ils disposent largement de moyens pour diminuer les émissions, en particulier la modernisation des installations industrielles, mais se refusent à investir. Les scientifiques du GIEC ont rappelé les accords de Kyoto: tous les dirigeants, sauf ceux des Etats Unis, principal responsable de cette aggravation, avaient en 1992 signé qu’ils étaient d’accord pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre et autre polluants. Mais pratiquement rien n’a été fait. Il faut dire que ces accords permettaient aussi aux pays riches de payer pour avoir le droit de polluer. Ils ne s’en sont pas privés. Les industriels, les compagnies pétrolières refusent de modifier quoi que ce soit qui touche à leurs profits. Ils ont l’appui des gouvernements Bush et compagnie. Cette semaine, le groupe Exxon Mobil (ESSO) n’a pas hésité à proposer à des scientifiques du GIEC des dizaines de milliers de dollars pour qu’ils s’opposent aux conclusions du GIEC sur le réchauffement climatique.
Frêche viré
Le député Frêche a été exclu du PS pour ses propos contre le fait qu’il y aurait trop de Noirs dans l’équipe de France de football. Il avait, avant, traité les harkis de «sous-hommes». Maintenant il faudrait qu’il perde son poste de président de Région et autres mandats, et qu’il aille se reposer dans la zone «fraîche» de l’oubli.
Guinée
La grève générale est suspendue... jusqu’à quand?
La grève générale de 18 jours qu’a connue la Guinée, du 10 au 27 janvier 2007, a été suspendue suite à un compromis pour le moins fragile entre Lansana Conté, le président inamovible de la Guinée depuis la mort de Sékou Touré, et les syndicats et partis d’opposition. Le samedi 27 janvier dernier, au terme de longues heures de négociations les syndicats ont appelé à la suspension de cette grève générale qui a coûté la vie à 59 manifestants, en particulier des étudiants, et fait des dizaines de blessés.
En effet, les syndicats, soutenus par les partis politiques opposés au président en exercice, Lansana Conté, et les étudiants, ont obtenu de ce dernier la nomination d’un «premier ministre de consensus». Les opposants qui s’appuyaient sur les manifestations et la grève générale voudraient imposer pour la première fois depuis la prise du pouvoir par Conté, exercé depuis 24 ans sans partage, un chef du gouvernement qui agirait indépendamment de Conté! La fragilité de cet accord réside dans le fait que tous ceux qui se sont mis en mouvement lors de la grève et des manifestations ne sont pas prêts à se contenter d’un aménagement de façade.
Pour les syndicats, la nomination d’un «super» premier ministre n’est qu’un préalable pour lutter contre la corruption et plusieurs «mesures sociales» ont été mises dans l’accord. Mais encore faut-il qu’elles soient appliquées!
Mais aussi la population guinéenne et les jeunes en particulier ainsi que l’opposition politique demandent le départ du président Conté, qui n’a pas pour l’instant l’air de se décider à le faire.
Pour l’ancien premier ministre et opposant, Sidya Touré, président de l’Union des Forces Républicaines (UFR) et Mamadou Bâ, président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), « la grande inquiétude est de savoir si Conté va accepter de s’effacer» et c’est aussi cette même crainte qu’expriment syndicats et étudiants.
Ces derniers se disent « prêts à mourir pour le changement car ils en ont marre de ce pays». Il est donc peu probable que les choses en restent là.
La grève était politique au départ, car elle fut provoquée par le fait que deux hauts notables (patrons, ex directeurs de banques), amis de Conté, qui étaient en prison sous l’accusation de détournement de fonds, de corruption ont été purement et simplement libérés par Conté en personne! Mais la grève lancée par les syndicats permit ensuite à des couches de plus en plus profondes de la Guinée, des jeunes, des travailleurs, des pauvres de la capitale et des provinces d’exprimer leur colère devant une situation économique qui se dégrade sans cesse depuis des années.
En effet, malgré les revenus tirés de ses minerais, notamment la bauxite, dont la Guinée est le premier exportateur, mais aussi l’or, le diamant ou le fer, elle reste un pays pauvre incapable d’améliorer le niveau de vie de la grande masse de sa population. Les ressources minières rapportent surtout au trust américain Alcoa qui contrôle en fait les exportations de bauxite, tandis que les notables corrompus et autres banquiers guinéens s’enrichissent sur le dos de la population. Alors que plus de 60% des Guinéens souffrent de malnutrition, les notables du pouvoir, leurs sbires et autres s’engraissent sans vergogne. Il n’est pas certain du tout que les masses en colère qui ont manifesté et payé le prix fort pour leur opposition au pouvoir en place, celui des riches et notables corrompus au services des grosses sociétés internationales qui pillent la Guinée, se contentent de ces vagues accords sur des changements à la tête de l’Etat. Pour les pauvres il y va d’autre chose que de remaniements au sommet sans doute satisfaisants pour les politiciens de l’opposition qui veulent eux aussi aller au pouvoir. C’est toute leur vie que les masses veulent changer: avoir des salaires plus élevés, du travail, des ressources alimentaires en quantité suffisante, des services publics (eau, électricité, etc. qui marchent vraiment. Que les ressources minières du pays servent à le développer et soient au service de réelles améliorations du niveau de vie de la population).
Il faudra donc bien plus que des accords entre notables pour satisfaire leurs aspirations. Alors que les masses guinéennes avaient déjà mené un mouvement de grève en 2006 qui fut lui aussi durement réprimé, elles ont encore eu le courage de revenir dans les rues pour s’opposer à un pouvoir dictatorial de militaires et de notables corrompus et pilleurs des biens publics. En utilisant la force de la grève générale, les masses guinéennes ont fait la démonstration, malgré la répression, malgré le corps d’élite présidentiel, qu’elles pouvaient paralyser toute la vie économique de Guinée et constituer une véritable menace pour les possédants et leurs hommes de paille au gouvernement.
Elles ne se contenteront certainement pas de la vague promesse que Conté a concédé sous la pression de nommer un «vrai» premier ministre! Ceux, affairistes, notables, militaires, etc. qui ont le pouvoir en Guinée ne le quitteront que si les masses les y obligent et restent mobilisées jusqu’au bout pour contrôler, par elles-mêmes, la mise en application de véritables changements conformes à leurs aspirations.
Basse-Terre
Une première manifestation contre le niveau scandaleux des prix des carburants
Le samedi 3 février, à l’appel de la CGTG et de son association de défense des intérêts des consommateurs (INDECOSA CGTG), plusieurs dizaines de personnes, essentiellement des militants syndicaux, se sont regroupées devant la préfecture à Basse-Terre pour manifester contre les hausses successives des produits pétroliers. Un tract était distribué aux automobilistes dont la plupart faisaient part de leur sympathie pour ce mouvement.
Rien d’étonnant à cela, car - nous citons des extraits du tract - «A chaque augmentation du prix du baril de pétrole brut sur le marché mondial, le représentant de l’Etat répercute à la pompe le prix des carburants, du pétrole ainsi que celui de la bouteille de gaz. Nous avons vécu ce fait durant la période où le prix du baril est passé de moins de 50$ à plus de 76$... Alors que le prix de ce même baril de pétrole est passé sous la barre des 50$, force est de constater qu’il n’y a pas de baisse des prix ni à la pompe, ni des produits annexes… mais pire, en dépit de ces baisses successives du prix du baril de brut, le représentant de l’Etat a procédé, en 20 jours, à deux augmentations: 3 centimes le 21/12/06 et 3 centimes le 10/01/07.»
Par la suite, les manifestants ont défilé dans les rues de Basse-Terre pour terminer leur mouvement par une prise de parole devant le marché de Basse-Terre.
La sympathie rencontrée par ce mouvement montre à quel point la population est sensible à ce problème. Et surtout montre la nécessité de renouveler cette manifestation en tachant de lui donner une plus grande ampleur.
La SECU: deux poids et deux mesures
Après avoir agité la «chasse aux fraudeurs par les organismes sociaux», c’est au tour de la Caisse Nationale d’assurance maladie, la CNAM, de déclencher «la chasse aux utilisateurs de médicaments non génériques».
Les médicaments génériques sont les copies des médicaments originaux qui ne bénéficient plus d’une exclusivité commerciale. Mais ils ont la même activité pharmaceutique, bien qu’ils ne soient pas forcément identiques. Mais les fabricants n’ayant pas eu d’investissements de recherches, ces médicaments sont vendus moins chers que les originaux. Comme certains malades continuent de réclamer leurs anciens médicaments originaux et refusent d’accepter les génériques, la CNAM de Martinique a décidé d’employer la manière forte. Depuis décembre 2006, elle supprime carrément le tiers payant aux personnes qui refusent les génériques.
On n’a jamais vu les dirigeants des caisses mettre autant d’ardeur pour mettre au pas tous les patrons qui doivent des millions d’euros sur les cotisations sociales non payées. Contre la population, ils utilisent les grands moyens.
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