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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 24 février 2007      N° 962


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Le combat du GIE des maraîchers de Saint-Claude

Dans une ordonnance de Référé rendue le 12 décembre 2006, le Tribunal de Grande Instance de Basse-Terre, nous citons: «Ordonne l’expulsion du G.I.E Groupement des Maraîchers, Horticulteurs, Vivriers et Agriculteurs de la Guadeloupe… de l’immeuble appartenant à la commune de Saint Claude…et ce dans le délai de trois mois à compter de la notification de la présente ordonnance... ».
Il s’agit du local de l’ancienne coopérative SOCOGIAP, d’une superficie de 6700 m2 à l’abandon depuis la disparition de cette dernière et qui est occupé depuis août 1999 par des maraîchers de la région de Basse-Terre regroupés dans le GIE cité dans l’ordonnance. Or depuis août 1999, les occupants du GIE, à peine une dizaine au début et à plus de quarante aujourd’hui avaient rencontré l’ancien maire de Saint Claude, M. Barlagne pour solliciter l’achat du local.
Le maire avait à l’époque donné son accord. Par la suite, le Conseil Régional, lors d’une délibération en date du 13 janvier 2004, a décidé de procéder à l’acquisition de la structure, très probablement en vue de la mettre à la disposition des occupants. L’argent nécessaire à l’acquisition devait être imputé au chapitre 922-article 21210 du Budget régional.
Mais avec le changement d’équipes à la Région et à la mairie de Saint Claude, les choses ont changé. Il n’est plus question d’acquisition par la Région, et M. Califer, le nouveau maire de Saint-Claude informe les membres du GIE, par lettre en novembre 2005, de la décision de la commune de vendre à un groupe qui doit construire dans l’emplacement du local. Il leur fait savoir dans la même lettre que la Communauté de Communes du Sud Basse-Terre envisage la création d’un marché itinérant sur le territoire de la dite Communauté, avec possibilité, pour les membres du GIE d’être prioritaires. Or depuis octobre 2005, les occupants avaient renouvelé leur demande d’achat au maire M. Califer qui leur avait promis de leur communiquer le prix de vente du local, chose qui a été faite par l’intermédiaire d’un avocat.
Pourquoi la décision de M. Califer de vendre le local à une société qui veut très probablement «bétonner» le terrain? Est-ce la meilleure façon de défendre l’agriculture locale à qui tous les élus prétendent vouloir donner les moyens d’occuper une plus grande place dans l’approvisionnement local?
Quand on connaît les problèmes posés par la grande distribution aux maraîchers et aux petits producteurs locaux en général, marges, délai de paiement, etc, on comprend que ce groupe d’agriculteurs du GIE de Basse-Terre tienne à disposer d’un lieu leur permettant de commercialiser eux-mêmes leur production. Quant aux clients du GIE, ils sont nombreux à apprécier l’existence de cette structure qui leur permet de trouver des produits frais et à bons prix. Ils sont plus de 3000 à avoir signé une pétition soutenant les agriculteurs dans leur désir d’acquérir la structure et espèrent qu’un accord interviendra finalement entre les membres du GIE et l’équipe municipale de Saint-Claude pour l’achat du local de Desmarais par les occupants.



La répression sanglante du 14 février 1952, au Moule

La grève générale avait commencé au début du mois de janvier 1952. Les patrons usiniers, avec la complicité du gouvernement colonialiste français, et après plus de deux mois de négociations, ne proposaient que 76F (anciens francs: bien moins d’un euro) pour une heure de travail, alors que les ouvriers réclamaient 125F qu’ils ramenèrent dès le mois de décembre 1951 à 100F. Quant aux ouvriers des champs, ils réclamaient aussi une diminution des tâches, moins de 5 000 bouts de canne d’un mètre ce qui diminuait bien sûr d’autant, pour les amarreuses, le nombre de paquets de canne de 10 bouts à attacher.
Les CRS pourchassaient les ouvriers jusque dans les champs pour casser le mouvement. Le 10 février ils sont mis en déroute par des ouvriers de la région de Moule à Blanchet. Le 8 un des leurs avait perdu une main en voulant lancer une grenade lacrymogène sur les grévistes à Morne-à-l’Eau. C’en était vraiment trop pour l’Administration coloniale qui voyait les maires de plusieurs communes du pays ainsi que le conseil général soutenir le juste combat des ouvriers. Certains maires interdisaient purement et simplement la traversée de leur ville par les camions de canne.
Alors, les CRS occupèrent la ville du Moule le 11 février 1952 au petit matin. Cette présence brutale des militaires dura jusqu’au 14 février.
Pour résister aux provocations des CRS, les Mouliens s’organisèrent en érigeant des barricades dans la ville. Vers 10H30 les CRS commencèrent à lancer des grenades lacrymogènes et à tirer en l’air des balles à blanc. Puis les choses ne tardèrent pas à s’envenimer. Vers 11H les militaires se sont mis à tirer à balles réelles sur tout ce qui bougeait. Il y eut officiellement quatre morts: François Serdot (27 ans), Edouard Dernon (30 ans), Georges Capitolin (24 ans), Ferdeline Marignan-Dulac enceinte de 7 mois (30 ans) et des dizaines de blessés.
Le colonialisme français venait, avec la complicité des usiniers du sucre, d’assassiner des Mouliens qui refusaient l’occupation injustifiée de leur ville. Depuis les années 90, l’UGTG, la CGTG, le parti communiste, Combat Ouvrier et des personnalités de la ville inaugurent cet événement. Des gerbes sont déposées au pied de la stèle érigée pour la circonstance devant le cimetière du Moule. Des orateurs prennent la parole pour rappeler ce qui s’est passé ce jour-là et surtout appeler les travailleurs à la vigilance face à un événement qui pourrait se répéter. Cette année, comme l’année dernière, les organisations ont commémoré l’évènement chacune de son côté. Combat Ouvrier a marqué sa présence à côté des camarades de la CGTG. Notre camarade moulien, Claude Fletcher, témoin des événements de l’époque, a pris la parole au nom de notre organisation et des camarades du VTM (Voix des Travailleurs du Moule).



Soutenons Fritz et Mathias Mathiasin. Halte aux violences policières!

Rappel des faits. (Ci-dessous: extrait d’un tract du Comité Lefort contre le racisme et l’humiliation)
Le 8 février 2005, pendant un entraînement de vélo, Fritz et Mathias MATHIASIN, tous deux agents de la DDE, étaient tabassés par des gendarmes pour leur avoir fait remarquer qu’ils avaient arrêté un camion sur une piste cyclable. Envoyés au CHU de Pointe-à-Pitre, ils avaient reçu 14 jours d’incapacité de travail et avaient porté plainte. Aujourd’hui, plus d’un an après les faits, les gendarmes veulent faire passer leurs victimes pour des coupables! Ils accusent les MATHIASIN de rébellion, menaces, insultes, etc. La raison, est simple. En octobre dernier, deux sous-brigadiers du commissariat de Strasbourg accusés d’avoir passé à tabac un prévenu dans la nuit du 2 au 3 avril 2002, paraissaient devant la justice et se défendaient ainsi: « Si nous avions usé de violences, nous nous serions couverts par une procédure pour rébellion » (Libération du 01/09/05). C’est donc au tour des gendarmes du Lamentin qui ont agressé Fritz et Mathias de faire preuve du même intolérable culot. Les Mathiasin avaient tout de suite porté plainte, alors que le 14 mpars ils sont convoqués sur plainte des gendarmes déposée 1 an après.
Un an après les faits, ces messieurs se « souviennent » tout d’un coup que nos amis les auraient menacés et insultés en déclarant - et nous citons la plainte des gendarmes – «awêter fait chié l’moun sur la woute pendant vaval cougna mama». Ce faux créole frelaté, censé «faire authentique», non seulement témoigne d’une ignorance et d’un mépris du pays extraordinaires de la part de fonctionnaires ayant ici une mission de service public, mais constitue une véritable insulte à l’intelligence des citoyens et des magistrats. » fin de citation.
Si la justice prend la responsabilité de condamner les Mathiasin en protégeant sa gendarmerie contre de simples citoyens elle prendra alors le risque de se voir elle jugée une fois de plus comme une justice «à deux vitesses» par la population.
C’est pourquoi la mobilisation la plus large est nécessaire.

TOUS AU MEETING
Lundi 12 Mars 2007 à 18h30 à Rémy Nainsouta à Pointe à Pitre et au tribunal de Pointe à Pitre le mercredi 14 mars a 8 h!



Martinique
Bâtiment: “dis moi qui tu honores, je te dirai qui tu es!”

Serge Jean-Joseph, patron du BTP et ex président du Medef a été honoré par le COBATY c'est-à-dire par la Fédération internationale de la construction de l’urbanisme et de l’environnement. Il a reçu «l’honneur d’une personnalité qui s’est particulièrement distinguée dans le domaine de la construction ou de l’environnement». Inutile de dire que ce monsieur de 73 ans et patron de l’entreprise LTP Caraïbes était aux anges.
Dans une interview accordée au journal Antilla du 7 février 2007, ce monsieur affirme: «j’aime le bâtiment et je pense y rester. J’ai besoin de cette adrénaline. Si je devais m’arrêter comme beaucoup de mes copains de mon âge, je me porterais mal»… On le comprend, car son activité représente 25 % du marché de la construction. Il a des affaires dans la construction des logements, dans les carrières et dans la préfabrication. Bref des secteurs qui lui rapportent de juteux profits. Et pour couronner le tout, il est le président du syndicat des entrepreneurs du BTP.
Interrogé par ce même journaliste d’Antilla, un de ces proches dit de lui «il se plaira par exemple au cours d’une négociation à jouer les candides, à se donner pour naïf, ses interlocuteurs n’ayant le choix qu’entre s’attendrir ou tomber dans le piège qui leur est tendu». C’est clair et son ami confirme ce que nous savions déjà. En effet, au cours des négociations paritaires, ce monsieur a l’habitude de dire que la situation dans le bâtiment est difficile, que les entreprises n’ont pas réalisé de bénéfices et cela lui sert de prétexte pour n’accorder que des miettes d’augmentations de salaires aux travailleurs du bâtiment.
Pour ce qui nous concerne, nous travailleurs qui avons l’habitude de le côtoyer au cours des négociations des commissions paritaires du BTP, C’est effectivement un roublard, un sournois qui croit, et qui croit seulement bluffer les travailleurs!



Guadeloupe
Les occupants de Jabrun (Baie-Mahault) résistent

Le samedi 17 février les occupants du «GOJ», groupe des occupants de Jabrun ont entrepris la construction d’un carbet en face des terres d’où ils ont été expulsés. Leur ancien carbet situé prés de leurs jardins a aussi été détruit. Ils entendent ainsi se donner un autre lieu de rencontre, et poursuivre leur combat pour dénoncer leur expulsion sauvage, ainsi que la destruction des terres agricoles. Ce lieu est situé à gauche du rond point de convenance en allant sur Basse Terre au dessus du pont. Il est symboliquement situé en face des terres de Jabrun aujourd’hui transformées en camp retranché, clôturé avec vigiles, et chiens qui y patrouillent en permanence.
Pendant leurs travaux, les occupants ont reçu à 4 reprises la visite de la police municipale et des gendarmes. La police leur a demandé d’arrêter les travaux. Mais les occupants n’ont pas obtempéré. Les gendarmes ont demandé des explications et ont pris des photos.
Les occupants ont raconté aux forces de l’ordre dans quelles conditions leurs plantations ont été détruites par des envoyés, des nervis des soi-disant propriétaires des terres, la SCEA-Jabrun dirigée par le sieur Blandin, gros capitaliste de la place. Ils réclament d’être indemnisés en terres pour ces destructions. Les occupants déclarent entreprendre une «lutte de résistance» à long terme, s’il le faut jusqu’à satisfaction. Ils pensent entreprendre parallèlement à l’action sur le terrain une série de démarches auprès des responsables politiques et la SAFER, en commençant par le maire de Baie Mahault.
Le «GOJ» organisera une conférence de presse sur les lieux le vendredi 2 mars à 10 h du matin.
Il appelle aussi à un meeting sur les lieux le samedi 3 mars à 18h30.



Martinique
Après les élections à la chambre d’agriculture

La chambre d’agriculture de la Martinique instituée en décembre 1960, assure des services aux agriculteurs dans le cadre de missions définies par la loi.
Ce sont des agriculteurs et des représentants du monde rural élus au suffrage universel par tous les acteurs du secteur soit 44 membres répartis en 10 collèges qui dirigent cette structure.
Après les élections du 31 janvier 2007, la Fédération Départementale des syndicats d’Exploitants Agricoles de la Martinique (FDSEA) a remporté 27 sièges sur les 44.
L’autre liste d’exploitants conteste ces résultats et envisage de faire un recours devant le tribunal administratif.
La chambre d’agriculture c’est aussi 50 salariés: ingénieurs, techniciens, animateurs et conseillers et aussi un budget annuel de 3,3 millions d’euros dont les 2/3 proviennent de subventions accordées par l’Europe, le Conseil régional et le Conseil général.
La chambre d’agriculture consacre près des 2/3 de ses dépenses aux actions d’appui technique et de formation aux exploitants.
Les salariés agricoles sont aussi représentés: 4 sièges pour les salariés de la production agricole qui sont revenus à la liste du syndicat CGTM des ouvriers agricoles de la Martinique et 4 sièges pour les salariés des groupements professionnels. En tout 8 sièges salariés.
Même si la loi dit que cette chambre est l’expression de l’intérêt agricole, à savoir faire remonter les avis des différents acteurs de la vie agricole, c’est avant tout les intérêts des exploitants et surtout des gros qui sont pris en compte. Ce sont eux qui décident de l’octroi des aides et subventions entre les planteurs et ce pouvoir de décision est avant tout aux mains des gros et moyens planteurs présents dans la FDSEA, majoritaire à la chambre d’agriculture.