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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES - Samedi 24 février 2007 N° 962
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Guadeloupe
La grève continue dans les cliniques privées
La mobilisation continue dans les cliniques privées. Ce qu’il y a de nouveau c’est l’entrée dans le mouvement des salariés affiliés à la CGTG. Mais les deux syndicats même s’ils réclament des augmentations de salaire n’ont pas la même vision des choses.
Ainsi pour l’UTS-UGTG, les patrons des cliniques privées doivent reprendre les NAO (négociations annuelles obligatoires) 2006 alors que la CGTG réclame l’ouverture des NAO 2007.
Il faut se rappeler que le conflit a démarré parce que les patrons des cliniques privées ont accordé de façon unilatérale une augmentation des salaires de 1 % en prétextant que c’était ce que les travailleurs de France avaient obtenu. Ils prétendent qu’ils ne peuvent aller au-delà et refusent toute négociation. Les salariés réclamaient une augmentation de 72,41 € brut ce qui représente environ 2,2 %. L’UTS-UGTG estime être loin du compte et ne veut pas commencer les négociations des NAO 2007 alors que pour 2006 aucun accord n’a été signé. Pour l’instant la grève touche surtout les Eaux Marines, la clinique de l’Espérance et le Gai Foyer. Le travail a repris aux Eaux Claires. A la clinique Choisy, la grève est suspendue durant le week end, mais la mobilisation continue.
Les patrons des cliniques privées ont proposé une rencontre le 6 mars prochain mais uniquement pour discuter des revendications concernant l’année 2007.
Martinique
Club Med: un requin
Un collectif des prestataires du club Med a été créé par des travailleurs indépendants sous-traitants pour cet hôtel. La porte parole de ce collectif a déclaré devant la presse: «Nous avons fait des investissements matériels et créé des emplois parce que le club Med nous ouvrait un marché intéressant. Aujourd’hui, tout s’est arrêté, sauf nos dettes».
Eh oui! quand le grand patronat en l’occurrence Yann Montplaisir patron du club Med veut défendre ses intérêts pour se faire plus de profits, il laisse pourrir la situation alors que les grévistes défendent une juste cause. Ces requins asphyxient tous ceux qui sont à leur service; même les travailleurs indépendants.
La meilleure façon pour faire cracher le morceau à la direction du club Med, c’est que tous ceux qui subissent les injustices de cette direction, y compris les travailleurs indépendants, se mettent ensemble avec les grévistes et les soutiennent.
Martinique
Dans le BTP: on veut aussi notre part
Par l’intermédiaire de son directeur, l’IEDOM (Institut d’Emission des Départements d’Outre-Mer) a dressé un bilan sur la situation économique de la Martinique pour l’année 2006. Le BTP, a-t-il déclaré, «est celui qui a particulièrement tiré son épingle du jeu». En annonçant que «les ventes cumulées de ciment ont enregistré une augmentation annuelle de 10,3 %». Mais de combien ont augmenté les profits des patrons du bâtiment!!! Silence…
Alors les travailleurs n’ont aucune hésitation à avoir pour réclamer de véritables augmentations de salaire. Augmentations qui ne devraient pas être inférieures à 10,3 %.
C’est par la lutte que les travailleurs auront satisfaction. Alors nous pourrons dire aussi: «Nous ouvriers du BTP avons particulièrement tiré notre épingle du jeu».
La grève du 8 février dans la fonction publique
Le jeudi 8 février, un mot d’ordre de grève était lancé dans la fonction publique par les différents syndicats. En Guadeloupe, ce sont essentiellement les enseignants qui ont répondu à l’appel. Plusieurs centaines d’entre eux se sont retrouvés devant le centre culturel Rémy Nainsouta à Pointe à Pitre, puis ils ont manifesté en direction du rectorat. Les revendications générales de cette journée de grève nationale portaient sur la revalorisation des salaires dans la fonction publique, car depuis 2000, le pouvoir d’achat a diminué d’au moins 6% en France, davantage encore aux Antilles.
En Guadeloupe, les enseignants ont mis en avant leur refus des suppressions de postes, la titularisation des personnels précaires, l’arrêt des fermetures de classes dans le 1er degré. Mercredi 14, les enseignants ont tenu un meeting pour envisager les suites à donner à leur mouvement. Une réunion doit avoir lieu avec le recteur pour mettre au point les conditions de la rentrée prochaine. Si des garanties ne sont pas données, les enseignants pourraient reprendre et durcir leur mobilisation. Pour le recteur, tout va toujours bien, tout fonctionne, et s’il y a des échecs, les enseignants en sont rendus responsables. Pourtant la situation ne cesse de se dégrader dans l’éducation, avec une augmentation insidieuse du temps de travail, une précarisation croissante, un manque de personnel administratif et d’encadrement des élèves entre autres.
Le 8 février grève aussi à l’ANPE... mais pas en Guadeloupe
Les collègues en France étaient aussi en grève le 08, à l’appel de FO, SNU, UNSA, Solidaires et la CGT.
Tous les problèmes auxquels nous sommes ou nous serons confrontés méritent bien que nous nous préparions à une vaste mobilisation.
En Guadeloupe, aucune organisation syndicale de l’ANPE n’a appelé à la grève. Nous avons pourtant autant de raisons que nos collègues de nous préparer à la lutte.
Pointe-à-Pitre
A la poste Messagerie: grève pour des embauches!
A Pointe-à-Pitre Messagerie le personnel a démarré une grève à l’appel de la CGTG et dénonce des conditions de travail déplorables en raison du sous- effectif et d’un climat social qui se dégrade de plus en plus.
Les agents dénoncent le non remplacement des absences pour cause de décès, départ à la retraite, congé de maternité, de longue maladie, temps partiel et tous les congés de maladie.
La direction de la poste ne remplace pas les agents absents et ne tient pas compte de la surcharge de travail. Le bureau de Pointe-à-Pitre Messagerie est très fréquenté et il y a souvent de longues queues car il n’y a pas assez de personnel pour ouvrir plus de guichets et recevoir dans de meilleures conditions les usagers. Ces derniers doivent souvent faire la queue à l’extérieur du bureau de poste tellement il y a du monde. Ce qui a déclenché la colère des agents est le fait qu’actuellement il y a 7 suppressions de postes qui sont prévues dans les différents projets de réorganisation de la Poste, alors que de nombreuses absences ne sont pas compensées. Pour la direction elle va régler le problème en demandant au personnel plus de polyvalence. Ainsi celui qui s’occupe de comptabilité peut se retrouver au guichet.
Il ne faut pas oublier que la Poste dont une partie est devenue « la Banque Postale » s’éloigne de plus en plus du service public pour être privatisée. Le problème de Pointe-à-Pitre Messagerie est le même dans tous les bureaux de poste de la Guadeloupe et de France. De nombreux conflits y ont déjà opposé travailleurs et direction.
Deux rencontres ont déjà eu lieu entre la direction et les grévistes. Pour l’instant la direction ne propose aucune solution pérenne, mais des redéploiements.
En fait elle veut déshabiller Pierre pour habiller Paul et le personnel ne peut accepter ce genre de solution qui ne règle aucun problème.
En réalité, c’est une lutte d’ensemble qui pourrait faire reculer la direction de la Poste plus vite et plus radicalement. La CGTG a prévu une assemblée générale de tout le personnel le 24 février prochain et le mouvement pourrait se généraliser dans les jours qui viennent car le mécontentement est très important.
Guadeloupe
Au CFA rien n’est réglé: la grève continue
Cela fait déjà 3 mois que les travailleurs du CFA (Centre de Formation des Apprentis) sont en grève. Un accord était déjà sur le point d’être signé car le président de la Chambre des Métiers, Joël Lobeau avait fini par accepter le principe de la titularisation de 16 salariés alors que jusque là il disait que c’était impossible. Alors que l’on pensait que tout était réglé, le protocole n’a pas été signé car les grévistes se sont rendus compte à la dernière minute que deux «emplois jeunes» avaient été écartés de l’accord alors qu’au départ ils étaient prévus. Durant la grève leur contrat est arrivé à expiration et selon Lobeau il n’a aucune obligation de les embaucher.
Le mécontentement des grévistes est d’autant plus important que ces deux «emplois jeunes» (qui sont des mères de famille) ont déjà travaillé 5 ans à la Chambre et ne peuvent se retrouver au chômage alors que le besoin existe et ils estiment que la Chambre peut les embaucher.
Le bras de fer continue. Les grévistes font pression et sont allés à la Région rendre une visite surprise au président Victorin Lurel afin qu’il s’implique dans le conflit même s’il répète que ce conflit ne concerne pas la Région. Ils ont rencontré Ernest Moutoussamy, le maire de St François, et ce dernier a promis d’intervenir auprès de Lurel qui finance le CFA. Pour l’instant il n’y a aucune date de rencontre et c’est le statu quo. Mais les grévistes demeurent confiants et espèrent une issue favorable au conflit.
Les actionnaires de Total ont touché le pactole
Thierry Desmaret, surnommé «le petit prince de l’or noir» a annoncé avec fierté que la société qu’il préside, TOTAL, a réalisé 12 milliards 585 millions d’euros de bénéfices pour l’année 2006. Actuellement, TOTAL est la cinquième société pétrolière du monde. Ses bénéfices sont passés de 7 milliards en 2003 à plus de 12 l’an dernier. Elle a absorbé le belge Pétrofina en 1998 et Elf en 1999. Tout va au mieux pour ce président et surtout pour les actionnaires. En effet, les dirigeants de TOTAL ont décidé de leur faire des cadeaux royaux. Ces actionnaires recevront un peu plus de 4 milliards sous formes de dividendes. De plus, 3 milliards d’euros seront consacrés a l’achat d’actions de TOTAL pour provoquer leur hausse et donc l’enrichissement des actionnaires.
C’est bien la preuve que dans cette société tout est au service des actionnaires, au détriment de la population.
Car pendant qu’on annonçait ces profits record, s’ouvrait le procès de l’Erika. On se rappelle que le 13 décembre 1999 un pétrolier vétuste affrété par TOTAL faisait naufrage et sa cargaison, 30 000 tonnes de fioul lourd, souillait 400 kilomètres de côtes françaises. Au lieu de dédommager les communes sinistrées avec quelques centaines de millions d’euros, TOTAL tente de fuir ses responsabilités. Il utilise sa puissance financière pour embaucher un bataillon d’avocat.
Quand un militant de «Que Choisir» a proposé de taxer ces sur-profits de 1 milliard d’euros par an pendant 5 ans, pour financer un programme écologique, Thierry Desmaret a failli faire une syncope. Il parla de coup de couteau dans le dos, du droit des entreprises performantes de faire des bénéfices, bref des boniments pour justifier son gros salaire et la grosse prime qu’il va toucher pour son départ du poste de directeur.
Guadeloupe
Autour du prix des carburants
Pétrole: Quand le cours mondial monte, il monte en Guadeloupe mais quand il baisse il monte encore!
A chaque augmentation du prix du prix du baril de pétrole brut sur le marché mondial, le représentant de l’Etat répercute à la pompe le prix des carburants, du pétrole ainsi que celui de la bouteille de gaz. Mais même en dépit des baisses successives du prix du baril de brut, le préfet a procédé en 20 jours à deux augmentations: 3 centimes le 21/12/06 et 3 centimes le 10/01/07!
MANIFESTATION DE LA CGTG ET DE L’INDECOSA
Contre ces augmentations indues du prix des carburants, la CGTG et l’association de défense des intérêts des consommateurs ont manifesté avec plusieurs dizaines de travailleurs mécontents devant la préfecture le samedi 3 février!
ET… SOUDAINEMENT, BAISSE DES CARBURANTS
La manifestation a eu des résultats puisque dimanche 11 février, le litre de gazole a baissé de 5 centimes, le super de 2 centimes. Baisse trop timide mais à coup sûr, le coup de colère a été entendu. Comme quoi, l’expression publique du mécontentement est toujours efficace.
Martinique
Habitation du Sud-Est: discrimination au travail pour cause de handicap
Embauché comme bouvier, donc responsable et s’occupant seul de près de 70 bovins, un salarié de l’habitation du Sud-Est au Lamentin se retrouve en situation d’incapacité de travailler après un accident de travail dû au renversement de son tracteur dans un ravin.
Après son arrêt de travail, l’employeur refuse de l’embaucher dans son poste habituel de travail et l’envoie sur une exploitation bananière. Le patron refuse de faire les aménagements nécessaires afin de faciliter le maintien dans le poste de travail et d’embaucher un autre salarié vu le nombre d’animaux à traiter, au prétexte que les bovins ne rapportent pas. Malgré toute la législation qui est censée protéger le salarié victime d’un accident de travail voilà encore un patron pour qui un salarié n’est intéressant qu’en parfaite condition pour le maximum de rendement.
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