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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES - Samedi 24 février 2007 N° 962
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Page 4
Guinée
Misère, révoltes, et répression sanglante
Depuis le 10 janvier dernier, grève générale et manifestations de travailleurs et de jeunes, soutenues par les partis d’opposition au régime, rythment la vie en Guinée Conakry. Au début du mouvement les syndicats réclamaient entre autres, des augmentations de salaires, l’arrêt de la corruption, mais ils se sont rendus compte que le vieux président souffrant d’une maladie chronique, Lansana Conté, était sourd à toute revendication. Alors ils exigent le départ de Conté.
Après plusieurs semaines de manifestations anti-régime qui ont déjà fait pas moins de 113 morts et des centaines de blessés, le président Lansana Conté -considéré comme inapte à gouverner- a décrété du 12 au 23 février un état de siège mettant le pays sous le contrôle de l’armée. Autorités et syndicats se sont rencontrés à Conakry le jeudi 15 février pour tenter de mettre fin à la grève générale qui paralyse le pays. L’état de siège a donné lieu ce même jour à des exactions militaires et à une suspension de nombreuses libertés. Des groupes de soldats patrouillaient dans les rues des différentes villes du pays et de la capitale, Conakry, où on entendait des tirs sporadiques. Le chef d’état-major de l’armée guinéenne, le général Kerfalla Camara, a déclaré vendredi 16 février que la loi martiale serait maintenue tant que les syndicats continueraient de faire grève et d’organiser des manifestations.
Des dizaines de morts sont victimes de la répression de Conté. La communauté internationale, en réalité les grandes puissances, dont la France, ex-puissance coloniale, accentue sa pression sur les autorités guinéennes en vue d’un règlement négocié de cette crise politique. Il n’empêche que le président Conté a rejeté le vendredi 16 février l’envoi d’une commission d’enquête internationale en Guinée. Ce même vendredi les autorités guinéennes ont levé le couvre feu en vigueur dans les différentes mines de bauxite pour permettre les acheminements de minerai. Malade mais lucide le petit potentat fait un geste pour calmer le mécontentement de ses amis des grandes puissances. Mais ces dernières sont plus intéressées par leurs intérêts économiques que par les jeunes et les travailleurs guinéens assassinés par le Pouvoir.
Le samedi 17 février les syndicats guinéens ont rompu les négociations avec le gouvernement, peu avant une réunion qui était prévue dans la journée, et ont exigé, préalablement à toute négociation avec les autorités, la levée de l’état de siège imposé lundi 12 par le président L. Conté.
La France s’apprête à prendre des mesures d’évacuation de ses 2 000 ressortissants. Et comme toujours «la protection des ressortissants» sert de paravent à l’envoi de membres de services spéciaux, et pourquoi pas, armes, mercenaires et militaires déguisés ou pas. Autant de manœuvres pour tenter de contrôler une sphère d’influence héritée du colonialisme pour le bénéfice des grosses sociétés capitalistes.
Haïti
A quoi servent les forces de l’ONU?
La force militaire de l’ONU restera en Haïti jusqu’au 15 octobre 2007, ainsi en a décidé le Conseil de sécurité de l’ONU. Après des multiples tractations entre les représentants des pays membres, il a pris la décision de prolonger le mandat de la Mission des Nations Unies (MINUSTAH) pour «la stabilisation» en Haïti de 8 mois.
La MINUSTAH avait été dépêchée en Haïti le 30 avril 2004 pour préparer le retour d’Aristide qui était alors en exil au USA après le coup d’état de septembre 2001. Sa mission d’origine était de 6 mois pour faciliter la transition démocratique, selon les termes du contrat, son mandat a été prolongé à chaque expiration et aujourd’hui elle se compose d’environ 7200 militaires originaires de 17 pays. Cette mission n’était que la permanence de la présence des militaires de l’ONU en Haïti pour venir à la rescousse des gouvernements qui se sont succédé depuis la chute de Duvalier en 1986 et à chaque fois leur objectif proclamé a toujours été de «faciliter la transition démocratique».
Cette fois-ci les termes du contrat sont plus précis: «intensification des opérations de police contre les bandes armées afin de rétablir la sécurité dans le pays et notamment à Port-au-Prince». La MINUSTAH se situerait donc au côté de la police pour maintenir la sécurité, mais il n’y a pratiquement pas d’appareil d’Etat pour maintenir un semblant d’ordre dans le pays. La police est gangrenée, nombre de ses membres participant à des trafics et des actes de banditisme. Mais la bande armée officielle qu’est la police n’est pas la seule dans le pays, ni même la plus puissante. La justice est pourrie et les bandits qui se seraient fait arrêter par la police, par hasard ou par concurrence, n’ont aucun mal à acheter le juge qui les libère.
Le banditisme qui sévit dans la capitale et jusqu’aux alentours de la zone industrielle n’est certainement pas favorable aux affaires et il est difficile pour les dirigeants américains de laisser Haïti se transformer en sorte de «no man’s land», plate-forme pour les trafiquants de drogue et d’armes pour toute la région qui n’ont à craindre aucune force de répression.
L’ONU demande le retour à la sécurité, et il est probable que la bataille entre la police et les bandes armées aboutira à des compromis ; mais même si l’Etat parvient à rétablir la sécurité, il ne la rétablira pas pour les classes populaires. La police saura faire la part des choses et laisser le contrôle de certains quartiers populaires aux bandes de voyous.
Guadeloupe
La fête de Combat Ouvrier le dimanche 1er avril de 12 h à 20 h
En effet, cette année la fête de Combat-Ouvrier se déroulera assez tôt dans le calendrier et ce en raison des élections présidentielles et législatives qui ne nous permettent pas de la fixer à une autre date.
PROGRAMME DE LA FÊTE
La fête se déroulera dans le cadre champêtre du domaine du «Pako» à Baie Mahault. La carte que vous proposent dès maintenant nos militants sera exigée à l’entrée.
Programme:
12 h 00: 0uverture de la fête. Apéritif;
12 h 3O: Repas (le menu sera précisé ultérieurement) avec l’animation musicale du groupe «NEGOCE SIGNATURE», un groupe de quadrille, biguine, valse avec l’accordéoniste Négoce qui a obtenu le prix de Musique du Monde de Radio France International (RFI);
14 h 15: Allocutions;
14 h 30: Conférence: «Le ré-chauffement de la planète, causes et conséquences». Par Jack Molinié, maître de conférences à l’Université Antilles-Guyane, Président de l’association de qualité de l’air «Gwad’air»;
15 h 30: Bal titane et…début des forums de discussion-débat;
Forum de Combat-Ouvrier: «Pourquoi voter Arlette Laguiller aux Elections présidentielles?»
Forum(s) de nos invités
20 h: Clôture de la fête.
Tout au long de la fête, vous pourrez:
• Consulter nos panneaux sur l’activité de nos camarades dans les entreprises, sur nos positions politiques
• Vous entretenir avec nos camarades sur la politique, la vie, l’activité de Combat-Ouvrier
• Acheter, consulter livres, brochures et documents à la librairie de la fête
• Prendre une collation, un café au stand réservé à cet effet
• Commander des boissons au bar
• A partir de 15H30 danser jusqu’à 20H si vous le voulez
• Gagner à la tombola si vous êtes chanceux
• Visiter les stands des autres organisations politiques ou associations qui seront présentes à la fête
• Vous amuser avec les jeux vidéo, surtout pour les jeunes
• Vous exercer au stand de tir
Participation aux frais: 20 euros. 10 euros pour les enfants de moins de 12 ans.
Cette participation comprend l’apéritif, le repas et toute l’animation de la fête à l’exception des collations, du bar et du champagne.
Alors, le 1er avril, soyez nombreux à vous rendre à la fête annuelle de Combat-Ouvrier. Emmenez vos parents, amis, camarades de travail. Réclamez dès maintenant votre carte d’entrée aux militants.
Téléphone de contact:
0590.82.92.94
0690.72.61.33
Portugal
Victoire du oui au référendum pour le droit à l’avortement
Le dimanche 11 février, 59,3 % des votants portugais se sont prononcés en faveur de l’interruption volontaire de grossesse. Le résultat de ce référendum permettra l’adoption d’une loi autorisant le choix pour toutes les femmes d’avorter au cours des dix premières semaines de grossesse. Jusqu’ici, seules les femmes ayant été victimes d’un viol, en danger de mort, ou dont le fœtus présentait des risques de santé graves, avaient le droit de le faire.
Cela fait plusieurs années que les partisans de l’avortement luttent pour que les femmes au Portugal soient libres de le pratiquer. En 1998, il y a eu également un référendum, mais les partisans du oui n’avaient pas obtenu le meilleur score. Au cours de ces 10 dernières années, de nombreuses protestations et luttes ont fait valoir le droit des femmes à choisir ou pas d’avoir un enfant. Ces luttes n’ont pas été faciles à cause du poids de l’église catholique. La situation des femmes au Portugal devenait de plus en plus dramatique. L’avortement illégal prenait des proportions inquiétantes: sur un peu plus d’un million de femmes on pouvait compter chaque année entre 20 000 et 40 000 avortements clandestins et cela malgré la répression. Les femmes étaient condamnées à des peines lourdes y compris la prison.
Les résultats de ce référendum en faveur de l’avortement constituent une première victoire. Il faudra que les femmes continuent de se battre pour avoir le droit de choisir ou pas d’avoir un enfant. Cette liberté continue d’être contestée dans de nombreux pays soumis à l’obscurantisme religieux.
Guadeloupe
NAO dans l’industrie sucrière: les basses manoeuvres des patrons
Voilà la huitième fois que les représentants ouvriers se déplacent, chaque semaine, de Gardel et de Marie-Galante pour se rendre à Jarry dans le cadre de la NAO. A chaque réunion les représentants des patrons font traîner les discussions en voulant dicter aux représentants syndicaux ce qui est «raisonnable» et ce qui ne l’est pas. Chaque année, lors des NAO, c’est cette même attitude méprisante, paternaliste que constatent les représentants des travailleurs.
L’intersyndicale (CGTG –UGTG-CTU) réclame que ouvriers et agents de maîtrise puissent changer de grille quand ils atteignent le plafond de leur grille ou qu’ils restent dans leur grille mais qu’on leur accorde des points réservés à la catégorie supérieure. Les patrons refusent en se réfugiant derrière la convention collective. Les syndicats réclament encore notamment, 5% d’augmentation de salaires, ce que refusent les patrons.
Et Ivan de Dieuleveult, PDG de Gardel, le visage mauvais, écrit dans le France-Antilles du week-end dernier que le discours des représentants ouvriers est radical et sans fondement. Pour lui, le pouvoir d’achat des travailleurs des usines a augmenté de 2% en moyenne les 10 dernières années. Mais le passage à l’euro a fait chuter de beaucoup le pouvoir d’achat des travailleurs, sans compter les augmentations régulières des prix des produits de première nécessité tout au long de l’année. En réclament 5%, les travailleurs sont bien loin du compte.
Et le P.D.G. parle de discours sans fondement alors que tout le monde sait que les statistiques officielles ne présentent pas la réalité des prix. Des études effectuées l’an dernier par des organisations syndicales en France, notamment la CGT, l’ont prouvé. L’intersyndicale a raison de défendre le pouvoir d’achat de ses mandants.
C’est la mauvaise gestion de la direction de l’usine qui est aujourd’hui la cause de sa soi-disant incapacité à payer les salaires puisque ce qui lui reste de sucre en stock est en passe d’être saisi par la banque. Les travailleurs n’en sont aucunement responsables et l’on sait bien que les capitalistes ont à droite et à gauche toutes sortes de moyens financiers ou matériels tirés de l’exploitation des travailleurs.
Il ne reste donc auP.D.G. qu’à invectiver et mépriser les ouvriers pour tenter de sauver la face.
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